Bataille de Marchfeld

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Bataille de Marchfeld
La bataille de Marchfeld selon un tableau de Julius Schnorr von Carolsfeld
La bataille de Marchfeld selon un tableau de Julius Schnorr von Carolsfeld
Informations générales
Date 26 août 1278
Lieu entre Dürnkrut et Jedenspeigen, Basse-Autriche
Issue Victoire décisive du Saint-Empire et de la Hongrie
Belligérants
Saint-Empire romain germanique Saint-Empire
Royaume de Hongrie
Duché d'Autriche
Royaume de Bohême
Commandants
Rodolphe Ier du Saint-Empire
Ladislas IV de Hongrie
Ottokar II de Bohême
Forces en présence
30 000 hommes 25 000 hommes
Pertes
inconnues 12 000 hommes
Coordonnées 48° 28′ 53″ N 16° 52′ 38″ E / 48.481513888889, 16.877316666667 ()48° 28′ 53″ Nord 16° 52′ 38″ Est / 48.481513888889, 16.877316666667 ()  

Géolocalisation sur la carte : Autriche

(Voir situation sur carte : Autriche)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Marchfeld.

La bataille de Marchfeld eut lieu le , entre les villages de Dürnkrut et Jedenspeigen, en Basse-Autriche et fut un évènement décisif pour l'histoire de l'Europe centrale pour les siècles à venir. Cet affrontement opposa les forces impériales, dirigées par Rodolphe de Habsbourg et son allié Ladislas IV de Hongrie, à celles du Royaume de Bohême, menée par le roi Ottokar II, et se termina par la victoire des premiers.

Situation[modifier | modifier le code]

La déposition de l'empereur Frédéric II du Saint-Empire par le pape Innocent IV en 1245 a provoqué une grave crise pour le Saint-Empire romain germanique car, dans les décennies suivantes, plusieurs nobles sont élus comme Roi des Romains sans qu'aucun d'entre eux ne soit capable de détenir un pouvoir effectif. Durant cet interrègne, Ottokar II, fils du roi Venceslas Ier de Bohême, se rend en 1250 dans les duchés d'Autriche et de Styrie, qui n'ont pas de duc en titre, et s'y fait proclamer duc l'année suivante.

En 1253, Ottokar II devient roi de Bohême suite à la mort de son père et sa montée en puissance est vue d'un mauvais œil par le roi Béla IV de Hongrie, qui entre en campagne contre lui mais est finalement vaincu en 1260 à la bataille de Kroissenbrunn. En 1269, Ottokar hérite du duché de Carinthie, incluant la Marche de Carniole et la Marche windique, et, arrivé au faîte de son pouvoir, vise désormais la couronne impériale. Néanmoins, les princes-électeurs se méfient de lui et préfèrent élire comme Roi des Romains le comte Rodolphe de Habsbourg le 29 septembre 1273.

Prélude[modifier | modifier le code]

Comme l'élection s'était déroulé en son absence, Ottokar ignore que Rodolphe a été élu. Rodolphe, quant à lui, promet de reconquérir les territoires qui devraient être réunis au pouvoir impérial, avec l'assentiment des princes-électeurs. Il proclame que les territoires d'Autriche et de Carinthie doivent être rattachés à l'Empire et convoque Ottokar à la Diète d'Empire de Würzburg en 1275. En n'apparaissant pas à la Diète, Ottokar est mis au ban de l'Empire et tous ses droits territoriaux sont révoqués, y compris celui sur la Bohême.

Dans le même temps, Rodolphe rassemble des alliés et se prépare à la bataille. Il conclut deux de ses alliances par des mariages. Il marie tout d'abord son fils Albert à Élisabeth de Gorizia-Tyrol et, en retour, le père de celle-ci, Meinhard de Görtz, reçoit le duché de Carinthie comme fief. Ensuite, Rodolphe établit une fragile alliance avec Henri XIII de Bavière en offrant en mariage sa fille Katharina au fils de celui-ci, Otton, et en offrant la région correspondant actuellement à la Haute-Autriche comme présent pour sa dot. Rodolphe conclut pour finir une alliance avec le roi Ladislas IV de Hongrie qui a l'intention de régler de vieux comptes avec Ottokar.

En 1276, Rodolphe, désormais renforcé dans son pouvoir, met le siège devant Vienne. Ottokar est forcé de renoncer à toutes ses acquisitions et conserve seulement la Bohême et la Moravie en tant que fiefs qu'il tient de Rodolphe. Dans une tentative pour reconquérir les territoires dont il a été privé, Ottokar contracte une alliance avec le margrave du Brandebourg et envahit l'Autriche en 1278. Rodolphe quitte Vienne pour l'affronter dans une bataille en terrain ouvert où la cavalerie du roi Ladislas pourra aisément le rejoindre.

La bataille[modifier | modifier le code]

Le 26 août 1278, Ottokar se porte à la rencontre de l'armée adverse près de Dürnkrut. Quand il arrive, ses ennemis ont déjà eu l'opportunité d'étudier la topographie du futur champ de bataille. Au matin, les troupes bohémiennes sont entraînées dans de durs combats avec la cavalerie hongroise mais, au fur et à mesure que la bataille avance, la cavalerie d'Ottokar semble prendre le dessus, alors même que le cheval de Rodolphe est tué sous lui et que le sexagénaire sauve sa vie de justesse.

Mais, après trois heures de combat sans discontinuer, les chevaliers d'Ottokar en armures lourdes sont exténués. À midi, Rodolphe donne l'ordre à un corps de chevaliers autrichiens et hongrois, qu'il avait caché derrière des bois et des collines aux abords du champ de bataille, d'attaquer les troupes d'Ottokar par l'arrière. Bien qu'une embuscade de la sorte soit communément regardée comme déshonorante, elle entraîne la déroute de l'armée bohémienne et la victoire décisive de Rodolphe et de ses alliés. Le camp d'Ottokar est pillé et lui-même est trouvé mort sur le champ de bataille.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Rodolphe assure sa mainmise sur les duchés d'Autriche et de Styrie, territoires qui vont dès lors constituer le centre de la puissance de la Maison de Habsbourg. En 1282, il élève conjointement au titre de ducs d'Autriche et de Styrie ses fils Albert et Rodolphe. En Bohême, Rodolphe agit prudemment et arrive à un accord avec la noblesse et la veuve d'Ottokar, Cunégonde de Slavonie, pour l'accession de Venceslas II au trône. Il se réconcilie également avec le margrave du Brandebourg en lui cédant la tutelle de Venceslas, âgé de sept ans.

Monument érigé en 1978 sur le champ de bataille de Marchfeld

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Kurt Peball, Die Schlacht bei Dürnkrut am 26. August 1278 (La bataille de Marchfeld), (en allemand), Österreichischer Bundesverl. f. Unterricht, Wissenschaft u. Kunst, 1968
  • Richard Schmitt, Rot-weiss-rote Schicksalstage Entscheidungen um Oesterreich (Les batailles décisives de l'Autriche), (en allemand), St. Pölten: NP Buchverlag, 2004
  • Václava Kofránková, 26. 8. 1278 – Moravské pole: poslední boj Zlatého krále (Marchfeld: le dernier combat du roi Ottokar), (en tchèque), Havran, 2006
  • Josef Žemlička, Století posledních Přemyslovců (Le siècle du dernier des Přemyslides), (en tchèque), Melantrich, 1998

Références[modifier | modifier le code]