Bataille de Krésna

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Bataille de Kresna
Les positions grecques lors de la bataille de Krésna
Les positions grecques lors de la bataille de Krésna
Informations générales
Date 22 au 31 juillet (9 au 18 juillet calendrier julien) 1913
Lieu Gorges de Kresna, (Bulgarie actuelle)
Issue Cessez-le-feu politique avant la fin de la bataille
Belligérants
State Flag of Greece (1863-1924 and 1935-1970).svg Royaume de Grèce Drapeau bulgare Royaume de Bulgarie
Commandants
Constantin Ier Général Nikola Ivanov
Forces en présence
inconnue inconnue
Pertes
10 000 lourdes
Deuxième Guerre balkanique

La bataille de Kresna fut livrée pendant la Deuxième Guerre balkanique. Elle opposa la Grèce à la Bulgarie du 22 au 31 juillet (9 au 18 juillet calendrier julien) 1913. Ce fut la dernière bataille du conflit.

Phase ultime : contre-attaque bulgare[modifier | modifier le code]

Les derniers affrontements eurent lieu à partir du 29 juillet.

Sur le « front serbe », les IVe et Ve armées bulgares réussirent à repousser les forces serbes et monténégrines à Kalimantsi le 19 juillet. Moins menacée de ce côté, les troupes bulgares tentèrent alors une contre-attaque contre les troupes grecques dans les gorges de Kresna. Cette vallée encaissée du Strymon dans les Rhodopes au sud de Blagoevgrad constituait une excellente position défensive. De plus, les forces grecques étaient épuisées et au bout de leurs lignes de ravitaillement prêtes à rompre. Le gouvernement de Venizélos songeait à négocier un armistice. Le Premier ministre se rendit au quartier-général pour tenter de convaincre le roi et commandant en chef. Mais, Constantin Ier désirait une victoire militaire décisive. Des éléments des IIe, IVe et Ve armées bulgares qui se repliaient furent regroupés et réorganisés à l'entrée des gorges. Elles y furent rejointes par la Ire armée qui arrivait du nord-ouest du pays. Le 29 juillet, les forces bulgares passèrent à l'attaque[1].

Le flanc gauche bulgare était chargé de contenir les Serbes tandis que le centre et le flanc droit avançaient sur les Grecs. Les flancs gauche et droit des Grecs furent repoussés dans les vallées du Strymon et de la Mesta poursuivis par les Bulgares. Ceux-ci étaient même en position de complètement encercler les troupes grecques. Les Grecs, en mouvement, ne pouvaient utiliser leur principal atout : l'artillerie qui ne pouvait se déplacer facilement sur ce terrain accidenté et qui n'avait jamais le temps de se mettre en batterie. Le manque de coordination entre les forces grecques et serbes vint s'ajouter aux difficultés grecques : leurs alliés ne pouvaient leur apporter un soutien efficace. Il semblerait aussi que le gouvernement serbe était inquiet des succès militaires grecs et craignait de perdre Bitola. L'inefficacité de l'aide serbe eut donc aussi peut-être une raison politique. Le 30 juillet, les forces grecques étaient au bord de l'annihilation totale. Le roi - commandant en chef, qui risquait d'être fait prisonnier, envoya un télégramme à son Premier ministre à Bucarest : « Mon armée est physiquement et moralement épuisée. Dans ces conditions, je ne peux plus refuser un armistice ou un cessez-le-feu[1]. »

Les Grecs et leur roi furent en fait sauvés par le gouvernement bulgare qui suggéra de son côté un cessez-le-feu car Sofia était menacé par les Roumains. Cette ultime défaite grecque ou ultime victoire bulgare ne changea pas le cours général du conflit mais permit à la Bulgarie d'espérer conserver au moins une partie de ses conquêtes de la première guerre balkanique[1].

Victoire ?[modifier | modifier le code]

Les deux belligérants considèrent qu'ils ont remporté cette bataille. Les Bulgares disent avoir réussi à arrêter l'avancée grecque. Les Grecs considèrent qu'ils ont résisté aux assauts bulgares et qu'ils ont finalement fini par prévaloir sur le champ de bataille.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Richard C. Hall, The Balkan Wars 1912-1913. Prelude to the First World War., Routledge, Londres et New York, 2000. (ISBN 0415229464)
  • Raphaël Schneider, « Les guerres balkaniques (1912-1913) », revue Champs de Bataille, n° 22, juin-juillet 2008.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c R. C. Hall, op. cit., p. 121-122.