Bataille de Hohenmölsen

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Rodolphe, compétiteur d'Henri IV, perd son bras à Hohenmölsen. Gravure de Bernhard Rode, 1781

La bataille de Hohenmölsen, aussi connue sous le nom de Bataille à l’Elster Blanc, est une rencontre militaire du jeudi 15 octobre 1080, décidant du sort de trois années de guerre civile, entre l'empereur Henri IV et Rodolphe de Rheinfelden. Bien qu’il fût militairement perdant, Henri sortit politiquement vainqueur de cet affrontement, son rival Rodolphe ayant trouvé la mort au cours de la bataille.

Les origines du conflit[modifier | modifier le code]

En février 1076 le pape Grégoire VII avait excommunié Henri IV, suite au refus d’Henri de se voir retirer le droit de nommer les évêques, provoquant un conflit dans le Saint-Empire, dont les souverains se devaient d’être catholiques. Les nobles se liguant contre l’empereur annoncent une diète à Augsbourg, qui liera le sort du souverain à la décision du pape. Henri effectue la pénitence de Canossa en février 1077, qui ne tourne pourtant pas à son avantage puisque le pape le dépose officiellement le 15 mars à Augsbourg, au profit du prince Rodolphe. Mais Henri refuse ce jugement et entraîne le pays dans une guerre civile de trois ans, ponctuée par deux batailles : la bataille de Mellrichstadt le 7 août 1078 et la bataille de Flarchheim le 27 janvier 1080, toutes deux remportées par Rodolphe. C’est ensuite le 15 octobre 1080 que les deux adversaires se rencontrent à nouveau, avec l’avantage militaire pour Rodolphe, sur le site de Hohenmölsen.

La bataille[modifier | modifier le code]

Henri venait de Hesse par la route de Thuringe, et attendait les troupes de Marc de Meissen et du duc Bratislav de Böhmen. Il disposait de cavaliers saxons et des ressources pillées à Erfurt, sur la route, et avait pris au large de Naumbourg. Mais l’influence de Rodolphe agissant jusqu’à Goslar, le duc de Souabe le rattrapa à l'Elster blanche, sur le site de Hohenmölsen

Henri pris position derrière le cours d’eau de Grunau, impossible à passer pour des cavaliers. Rodolphe passa rapidement à l’attaque, avant l’arrivée de Meissen et Böhmen. Commence alors un dur combat de cavaliers sur la ligne de front, tandis que, sous la conduite d’Otto de Northeim, une troupe de chevaliers traversent le cours d’eau et attaque à revers l’empereur, faisant pencher la bataille en faveur de Rodolphe.

Henri s’enfuit donc vers le sud, où il rencontre le duc de Böhmen qui le protège dès lors. Mais Rodolphe a été mortellement blessé par un chevalier inconnu, l’épée lui traversant l’abdomen, et il meurt un jour plus tard. Il est enterré à la cathédrale d’Augsbourg et sa main, tranchée par le mystérieux chevalier, y est conservée comme une relique dans le musée de la cathédrale.

Dès qu’il apprend le décès du rebelle, Henri rassemble les restes de son armée et assiège les châteaux de Teuchern, Hohenmölsen, Grunau et Pegau, où les soldats de Rodolphe se sont retranchés. Il finit par soumettre ces derniers bastions et déclare terminée la rébellion.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Henri a, avec cette bataille soumis les derniers bastions de la rébellion nobiliaire, utilisant la main droite coupée, celle du serment au roi que Rodolphe avait parjuré, comme image de la justice divine. Ainsi prirent fin les trois années de guerre civile qui avait suivi la révocation de Henri par le pape. Mais Henri est toujours excommunié et il a toujours le pape comme ennemi. Les années suivantes, et ce jusqu’à la fin de sa vie, il reprendra le combat contre le despote religieux, allant jusqu’à assiéger Rome en 1084, mais sans jamais parvenir à ses fins.

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