Bataille de Dybbøl (1864)

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Bataille de Dybbøl
Bataille de Dybbøl, de Jørgen Valentin Sonne, 1871
Bataille de Dybbøl, de Jørgen Valentin Sonne, 1871
Informations générales
Date 18 avril 1864
Lieu Dybbøl (Danemark)
Issue Victoire décisive des Allemands (exclusivement troupes prussiennes)
Belligérants
Drapeau de la Prusse Royaume de Prusse Drapeau du Danemark Danemark
Commandants
Frédéric-Charles de Prusse George Daniel Gerlach
Forces en présence
11 000 en première vague + 26 000 en réserve
126 canons
5 000 en défense + 6 000 en réserve
66 canons 11 mortiers[1],[2]
Pertes
1 201 morts, blessés ou prisonniers 4 834 dont 700 morts
554 blessés, 3 534 prisonniers
Guerre des Duchés
Coordonnées 54° 54′ 25″ N 9° 45′ 29″ E / 54.906944444444, 9.758055555555654° 54′ 25″ Nord 9° 45′ 29″ Est / 54.906944444444, 9.7580555555556  

Géolocalisation sur la carte : Danemark (relief)

(Voir situation sur carte : Danemark (relief))
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Dybbøl (1864).

Vue du moulin de Dybbøl après la bataille
Vue du moulin de Dybbøl après la bataille

La bataille de Dybbøl ou de Düppel (Slaget ved Dybbøl ; Erstürmung der Düppeler Schanzen), qui eut lieu le 18 avril 1864, est une bataille de la Guerre des Duchés. Elle suivit un siège commencé le 2 avril et vit la victoire décisive de la confédération allemande sur le Danemark. Dybbol a aussi servi de champ de bataille lors de la première guerre de Schleswig.

Contexte[modifier | modifier le code]

Après que le roi danois Christian IX ait annexé le duché de Schleswig, dont il était lui-même duc, en novembre 1863, les troupes prussiennes et autrichiennes envahissent le Jutland en janvier 1864.

L'armée danoise est équipée de fusils plus petits et plus anciens que l'armée allemande. Les Prussiens sont en effet équipés de fusils à aiguilles Dreyse, fusils ayant pour avantage de permettre le rechargement en position allongée et donc sûr. Alors que les Danois doivent eux être debout pour effectuer l'opération ce qui les expose aux tirs ennemis.

Le fort de Dybbøl se trouve sur une petite péninsule, sur laquelle se trouve une jetée permettant aux ferries de traverser le détroit de l'Als et de rejoindre la ville de Sønderborg, sur l'île éponyme.

La ville est mal préparée, les efforts des Danois s'étant surtout concentrés à fortifier la Danevirke. Il manque notamment des abris pour les lignes avancées, et pire, les avancées technologiques dans le domaine de l'artillerie rendent la position géographique du fort inadaptée à une défense efficace. Les deux mois de bombardements forcent les troupes danoises à se réfugier toujours plus loin des lignes de front. Lorsque l'assaut final est donné, les troupes allemandes trouvent des lignes danoises dégarnies et dont les troupes sont à la fois démoralisées et fatiguées.

Les Danois peuvent toutefois compter sur leur contrôle peu disputé de la mer pour déployer un cuirassé moderne, le Rolf Krake, qui supporte les troupes au sol en bombardant les côtes grâce à ses tourelles équipées de canons de 8 pouces. Il sert de fait d'artillerie mobile à l'armée danoise. Les Prussiens n'ont d'ailleurs aucun moyen de contrer le Rolf Krake, ne disposant pas eux-mêmes d'une marine pouvant rivaliser : cela a un impact très négatif sur le moral des troupes prussiennes. Cependant la puissance de feu du navire danois n'est pas exploitée à son maximum : il aurait en particulier pu attaquer l'artillerie allemande, qui était relativement exposée au bombardement naval.

Bataille[modifier | modifier le code]

Le 18 avril 1864, les troupes allemandes commencent à manœuvrer à 2h du matin. Vers 4h, les bombardements débutent. À 10h, l'artillerie prussienne cesse son bombardement. Les troupes prussiennes entament leur charge sous le feu des Rolf Krake, qui ne parvinrent toutefois pas à les arrêter. Seulement 13 minutes plus tard, les Prussiens ont pris le contrôle de la première ligne de défense de la redoute danoise[3],[4].

Les troupes danoises peuvent partiellement prendre la fuite. Les Prussiens subissent ensuite une contre attaque de la 8e brigade, qui se sera elle-même contrée par une nouvelle attaque prussienne qui leur permettent une avancée de près d'un kilomètre et d'atteindre le moulin de Dybbøl. Dans cette contre-attaque la 8e brigade perd presque la moitié de ses hommes. Ce qui reste de la 1reet 3e brigade fuit en direction de Sønderborg sur l'autre berge. À 13h, toute résistance du côté de Dybbøl est vaincue[3], les combats se poursuivent pourtant par des échanges d'artilleries à travers le détroit.

Pendant la bataille 3 600 Danois et 1 200 Prussiens sont tués, blessés ou portés disparus. Dans le détail, les chiffres officiels de l'armée danoise font état de : 671 morts, 987 blessés dont 473 furent capturés, 3 131 capturés sans être blessés ou déserteurs; soit au total 4 789 pertes. Ce sont les 2e et 22e régiments qui perdirent le plus d'hommes. Du côté maritime, les équipages des cuirassés recensent seulement 1 mort et 10 blessés[5],[3].

La bataille de Dybbøl est la première bataille supervisée par des membres de la Croix-Rouge, à savoir : Louis Appia et Charles van de Velde[6].

Des suites de la bataille, le fort servit aux Prussiens de point de départ pour leur offensive contre l'île d'Als en juin 1864.

Conséquences[modifier | modifier le code]

La défaite de Dybbøl révèle la faiblesse de la marine prussienne face aux Rolf Krake. Afin de remédier à ce problème, les forces allemandes envoient un escadron en mer Baltique. Ce dernier est défait par la marine danoise à la bataille de Heligoland. Un traité de paix de Vienne est signé entre les belligérants le 30 octobre 1864. Il prévoit que le Danemark renonce aux duchés de Schleswig et de Holstein. Les duchés seront dirigés conjointement par l'Autriche et la Prusse. La question du contrôle de ces duchés entraînera 2 ans plus tard la guerre austro-prussienne[7].

Postérité[modifier | modifier le code]

Chaque année, le 18 avril, des commémorations ont lieu à Dybbøl. Des soldats danois y sont habillés en costume d'époque. L'anniversaire des 140 ans de la bataille en 2004, ont été un événement important au Danemark. Les sociologues se réfèrent souvent à cette bataille quand ils parlent des relations dano-allemandes.

Karl Klinke, un soldat prussien ayant commis une action suicidaire contre la redoute danoise, a été immortalisé par un poème de Theodor Fontane. Johann Gottfried Piefke, un compositeur de marche militaire, écrit la Düppeler Schanzen Sturmmarsch en référence à cette bataille.

Sur le champ de bataille se trouvaient auparavant les deux symboles des nations ayant combattu : le moulin de Dybbøl pour les Danois et le monument de Düppel pour les Allemands. Le premier est toujours debout, tandis que le second a été détruit en 1945.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (da) « effectifs danois » (consulté le 21 février 2011)
  2. (en) « Ironclad Warship » (consulté le 21 février 2011)
  3. a, b et c (de) Wolfgang Zank, « In Gottes Namen Drauf! », die Zeit, no 6,‎ 30 janvier 2014, p. 17
  4. Les nombres indiqués ici proviennent de WP:en. Zank parle de 6 minutes pour prendre la redoute
  5. (da) « Tableau des pertes danoises » (consulté le 27 février 2011)
  6. Véronique Harouel, Histoire de la Croix-Rouge, France, 1999 (ISBN 978-2130496274), p.15
  7. (de) Volker Ullrich, Otto von Bismarck, Reinbek bei Hamburg, Rowohlt,‎ 1998 (ISBN 3-499-50602-5), p. 70-72

Liens externes[modifier | modifier le code]

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