Bataille de Dobro Polje

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Bataille de Dobro Polje
Volontaires Yougo-slaves, 1918.
Volontaires Yougo-slaves, 1918.
Informations générales
Date 15 septembre 1918
Lieu Dobro Polje, municipalité de Novatsi, Macédoine
Issue Victoire décisive franco-serbe
Belligérants
Drapeau bulgare Royaume de Bulgarie Drapeau français France
Drapeau : Royaume de Serbie Royaume de Serbie
Commandants
Drapeau de la Bulgarie Ferdinand Ier Drapeau de la France Louis Franchet d'Esperey
Drapeau : Serbie Živojin Mišić
Forces en présence
26 bataillons
146 pièces d'artillerie
75 bataillons
580 pièces d'artillerie
Première Guerre mondiale
Coordonnées 41° 03′ 03″ N 21° 53′ 13″ E / 41.0507, 21.8869 ()41° 03′ 03″ Nord 21° 53′ 13″ Est / 41.0507, 21.8869 ()  

Géolocalisation sur la carte : Macédoine

(Voir situation sur carte : Macédoine)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Dobro Polje.

La bataille de Dobro Polje (ou bataille de Dobropolje) a eu lieu les 14 et 15 septembre 1918 en Macédoine. Elle permet aux troupes françaises et serbes, commandée par le général Louis Franchet d'Espérey, de percer les lignes bulgares, d'atteindre la vallée du Vardar au niveau de Prilep et d' Uskub, de couper ainsi l'armée bulgare en deux et d'obliger la Bulgarie à signer l'armistice le 29 septembre.

Prélude[modifier | modifier le code]

Carte moderne;

Du côté des empires centraux[modifier | modifier le code]

Une fois le front stabilisé en Grèce (novembre 1916) et la Roumanie vaincue (janvier 1917), le moral au front se dégrade rapidement du côté bulgare et la guerre devient moins populaire. La Bulgarie a maintenant réalisé tous ses buts de guerre, mais elle est contrainte de continuer à se battre pour aider les Empires centraux, ses alliés. Comme peu de main-d'œuvre reste disponible pour l'agriculture, des insuffisances alimentaires sérieuses touchent aussi bien les civils que les militaires pendant qu'une inflation galopante ruine l'économie. En 1917 les émeutes alimentaires éclatent et une propagande d'opposition à la guerre commence à circuler largement

Du côté des Alliés[modifier | modifier le code]

Le 17 juin 1917, la Grèce rejoint la guerre aux côtés de la Triple-Entente (après une déclaration de guerre le 23 novembre 1916). En septembre 1918, les forces de l'Entente lancent une offensive en Macédoine occupée par les Bulgares.

La bataille[modifier | modifier le code]

Étude stratégique[modifier | modifier le code]

L'analyse du terrain montre que la Macédoine présente deux régions nettement séparées par les Monts Bélès.

  • À l'ouest, le terrain est montagneux et offre deux pénétrantes étroites, la vallée du Vardar et la boucle de la Tcherna séparées par la montagne de la Moglena. Ces axes sont lourdement défendus par les Bulgares bien fortifiés. Toutefois, les liaisons transversales sont rares ce qui empêche l'adversaire de faire passer des troupes d'un compartiment de terrain à l'autre ce que les alliés peuvent faire le long de la frontière grecque. Il existe le long de la vallée du Vardar des nœuds comme Gradsko et Uskub dont le contrôle permet de couper les communications entre les armées bulgares de l'ouest, autour d'Ohrid et celle de l'est autour de Guevgueli. Mais remonter directement la vallée du Vardar et de la Tcherna est dangereux. Les défenses sont extrêmement développées et les étranglements comme celui de Démir Kapou sont difficiles à dépasser.
  • À l'est, les voies de communication sont orientées soit vers Sofia par la vallée de la Strouma, soit vers Constantinople en longeant la côte. Mais, là aussi, ces pénétrantes sont lourdement protégées.

Franchey d'Esperey a deux options :

  • Soit il attaque de face les forces armées bulgares et place sa pointe d'effort autour de Guevgueli et du lac Doiran pour se porter directement sur Sofia
  • Soit il cherche à atteindre les « nœuds » de communication le long de la vallée du Vardar en contournant les défenses de la vallée à travers la montagne. Ce faisant, il coupe l'armée bulgare en deux, d'un côté la XIe armée, de l'autre la Ire.

Il choisit la deuxième option.

Préparation[modifier | modifier le code]

La concentration de troupes est permise par les efforts faits depuis le début de 1918 pour construire des chemins, des voies ferrées de 60 et des lignes téléphoniques entre Salonique et le pied de la montagne et pour mettre à jour la cartographie. Les forces alliées comprennent :

Exécution[modifier | modifier le code]

La bataille commence le 14 septembre avec un intense bombardement d'artillerie pour laquelle 2096 pièces sont concentrés. La préparation dure une journée complète. Les Bulgares s'enorgueillissaient de n'avoir perdu jusque là aucune bataille dans cette guerre et Ferdinand Ier décide de rester et de combattre. L'équivalent de deux divisions se fortifient dans les tranchées.

  • 15 septembre, la 17e DIC se lance à l'assaut des crêtes du Goliak, du Kravista et du Kravichi-Kamen. Jusqu'au 21 septembre, les Bulgares résistent et se voient encerclés. Les lance-flammes français les délogent des fortifications. Dépassés par le nombre, incapables de réagir stratégiquement, les Bulgares sont hors d'état d'arrêter l'avance alliée.

Pendant que la bataille se déroule sur les sommets, les troupes serbes exploitent la rupture. Le 21, elles atteignent Démir Kapou. Le 23, elles sont à Velès après s'être heurtées au col de la Babouna à quelques troupes allemandes ramenées de Russie. La brigade de cavalerie des spahis marocains et chasseurs d'Afrique du général Jouinot-Gambetta lance alors un raid à travers la montagne. Le 29 septembre, elle débouche sur Uskub dont elle s'empare. La XIe armée germano-bulgare est obligée de se replier sur l'ouest vers Kalkandelen (Tetovo). Elle abandonne ses positions autour de la vallée du Vardar, dans la plaine de la Tcherna et doit capituler. Le centre bulgare, la Ire armée, est rejeté vers Sofia par les troupes serbes. La gauche se bat encore face aux Grecs et aux Britanniques sur la Basse Strouma.

Révolte[modifier | modifier le code]

Après la défaite de Dobro Polje, d'autres soldats bulgares commencent à se révolter et abandonnent les premières lignes. Les rebelles se dirigent vers Sofia dans l'idée de négocier avec le gouvernement mais quand ils atteignent Sofia, ils sont écrasés par des troupes allemandes et des troupes bulgares loyalistes.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Dix jours après la bataille, les premières lignes ayant été abandonnées par l'armée bulgare, l'avance en Bulgarie des troupes de la Triple-Entente rencontre peu de résistance. La Bulgarie signe un armistice avec les puissances alliées, abandonnant officiellement la guerre. Immédiatement ensuite, un gouvernement « agrarien » prend le pouvoir, conduit par des paysans.

En novembre 1919 le traité de Neuilly accorde la Thrace à la Grèce, privant la Bulgarie de son accès à la mer Égée. Le royaume des Serbes, Croates et Slovènes nouvellement créé s'empare de la Macédoine, et la Dobroudja du Sud est de nouveau occupée par la Roumanie. La taille de l'armée bulgare est sévèrement limitée et des dommages de guerre énormes, en nature et en argent, doivent être payés aux Alliés.

Décoration[modifier | modifier le code]

  • DOBROPOLJE 1918 est inscrit sur le drapeau des régiments cités lors de cette bataille.

Divers[modifier | modifier le code]

À Paris, la rue du Dobropol est nommée en souvenir de cette bataille.
Description de l'armée bulgare dans le roman de Roger Vercel : Léna, Albin Michel, 1936 - rééd. Les Éditions du Sonneur, 2012.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Battle of Dobro Pole » (voir la liste des auteurs)
  • Gérard Fassy, Le Commandement français en Orient (octobre 1915 - novembre 1918), Economica, 2003.