Bataille de Bulgarophygon

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41° 26′ N 27° 06′ E / 41.433, 27.1 La bataille de Bulgarophygon se déroula à l'été 896 près de la ville de Bulgarophygon, aujourd'hui Babaeskir en Turquie. Elle opposa l'Empire byzantin au Premier Empire bulgare qui remporta la victoire.

Prélude[modifier | modifier le code]

Siméon à Bulgarophygon. Chronique de Jean Skylitzès.

En 894, les deux marchands byzantins chargés du marché bulgare déplacèrent celui-ci de Constantinople à Thessalonique avec l'accord de Stylianos Tzaoutzès, le logothète du drome (sorte de premier ministre). Cela entraîna une forte hausse des taxes qui menaçait les intérêts bulgares[1]. Après avoir protesté sans résultat, Siméon Ier déclare la guerre à l'Empire byzantin qu'il défait en 894. Léon VI fit alors appel aux Hongrois qui défirent les Bulgares à plusieurs reprises avant d'être vaincus par les Bulgares, aidés en cela par les Pétchénègues qu'ils avaient appelé à l'aide. Cela permit à Siméon Ier de reprendre sa campagne contre l'Empire byzantin qui profita de l'aide hongroise pour positionner son armée à la frontière méridionale de la Bulgarie.

La bataille[modifier | modifier le code]

Les deux armées se rencontrèrent près de Bulgarophygon à l'été de l'année 896. Les Byzantins rassemblèrent une énorme armée en appelant même les troupes qui combattaient contre les Arabes et gardaient les frontières asiatiques de l'Empire. Cela ne servit à rien car les Bulgares remportèrent une éclatante victoire. Léon Katakalon, le général en chef byzantin lors de la bataille réussit toutefois à s'enfuir.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Pour parer au danger bulgare, Léon VI prit une mesure aux accents désespérés en armant les prisonniers arabes et en les envoyant combattre les Bulgares qui assiégeaient Constantinople. Cette mesure fut néanmoins efficace car les Bulgares durent se replier mais le traité de paix qui s'ensuivit contraint Byzance à payer un tribut annuel au royaume bulgare[2]. En échange, les Byzantins obtinrent le retour de 120 000 prisonniers civils et militaires[3] mais durent céder la région comprise entre la mer Noire et Strandzha à l'Empire bulgare[4]. Cette paix dura jusqu'à la mort de Léon VI en 912, date à laquelle son successeur, Alexandre dénonce les conditions imposées par le traité.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ostrogorsky, Histoire de l'État byzantin, éditions Payot, p.282
  2. S. Runciman, A history of the First Bulgarian Empire, p.148
  3. Treadgold, A History of the Byzantine State and Society, p.464
  4. Zlatarski, Istorija na Pǎrvoto bǎlgarsko carstvo, pp. 318-321.