Bataille de Boonville

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Bataille de Boonville
Bataille de Boonville
Bataille de Boonville
Informations générales
Date 17 juin 1861
Lieu Boonville (Missouri)
Issue Victoire de l'Union
Belligérants
US flag 34 stars.svg Union
CSA FLAG 28.11.1861-1.5.1863.svg Garde de l'État du Missouri
Commandants
Nathaniel Lyon John Sappington Marmaduke
Forces en présence
1 700 Inconnue
Pertes
31 50
Guerre de Sécession
Batailles
Fort Sumter — Bull Run (1re) — Shiloh — Campagne Péninsulaire — Bull Run (2e) — Antietam — Fredericksburg — Stones River — Chancellorsville — Gettysburg — Vicksburg — Chickamauga — Chattanooga — Wilderness — Spotsylvania — Petersburg — Five Forks — Appomatox
Coordonnées 38° 58′ 35″ N 92° 44′ 35″ O / 38.9765, -92.743 ()38° 58′ 35″ Nord 92° 44′ 35″ Ouest / 38.9765, -92.743 ()  

Géolocalisation sur la carte : Missouri

(Voir situation sur carte : Missouri)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Boonville.

La bataille de Boonville s'est déroulée durant la guerre de Sécession, le 17 juin 1861. La victoire de l'Union établit le contrôle du gouvernement fédéral sur la rivière Missouri, et aida à contrarier les efforts entrepris pour rallier l'État à la confédération.

Le contexte[modifier | modifier le code]

Claiborne Fox Jackson, gouverneur du Missouri et favorable à la confédération, désirait que l'État fasse sécession afin de rejoindre les États Confédérés. L'opinion était à l'origine neutre sur cette question, et la convention élue ne passa pas d'ordonnance de sécession comme il l'avait espéré.

Cependant, le 20 avril 1861, peu après le déclenchement de la guerre civile, des éléments sécessionnistes s'emparèrent d'un petit arsenal dans la ville de Liberty. Ils comptaient mettre la main sur des stocks d'armes plus importants entreposés à Saint-Louis, mais leurs plans furent contrariés par un jeune officier, le capitaine Nathaniel Lyon. Il rallia à lui le politicien Francis Preston Blair, Jr., ainsi que des immigrants opposés à la sécession et à l'esclavage, afin de protéger l'arsenal. À Camp Jackson, le 10 mai 1861, il utilisa principalement une milice constituée de soldats d'origine allemande afin de capturer une milice du Missouri favorable à la confédération. Lyon tenta imprudemment de faire défiler ses prisonniers dans les rues de Saint-Louis, ce spectacle exacerba les sentiments pro-confédération latents au sein de la population et des émeutes se déclenchèrent. Le 11 mai 1861, en réponse à cet incident, dit l'« affaire du camp Jackson » (« Camp Jackson Affair »), la Missouri State Guard fut créée par la Missouri General Assembly à partir de la milice déjà existante.

L'État du Missouri n'ayant pas fait sécession, des efforts furent entrepris pour reconcilier les points de vue et la constitution de la milice fut interrompue. Dans le même temps, Lyon fut nommé général de brigade et gagna son poste. La méfiance des deux camps entraîna finalement l'interruption des négociations.

Le gouverneur Claiborne Jackson et le commandant de la milice, le major-général Sterling Price, s'enfuirent vers Jefferson City, la capitale de l'État. À leur arrivée, ils conclurent qu'il serait impossible de tenir la ville. Dès le lendemain ils partirent pour Boonville, située sur la rive sud de la rivière Missouri, au nord-ouest de Jefferson City. Nathaniel Lyon se lança à leur poursuite par bateau, avec deux régiments de volontaires, une compagnie de l'armée régulière et une batterie d'artillerie, soit un total d'environ 2 000 hommes. Son objectif était de prendre la capitale et de disperser la milice de l'État. Il rejoignit Jefferson City le 15 juin et constata que Jackson était parti vers Boonville.

Sterling Price espérait gagner assez de temps pour regrouper des unités de la milice de l'État stationnées à Lexington et à Boonville, et comptait quitter la localité si Lyon s'en approchait. Le poste de commandement du colonel John Marmaduke commença à s'organiser à Boonville, alors que le général de brigade Mosby Parsons reçut l'ordre de prendre position à Tipton, à 20 miles (environ 30 km) au sud.

Malade, Price quitta Boonville pour rejoindre les forces rassemblées à Lexington ; il laissa le commandement au gouverneur Jackson. Au lieu d'ordonner la retraite, celui-ci décida de résister pour éviter les conséquences politiques d'un nouveau repli. Ses troupes étaient impatientes d'en découdre avec l'ennemi, mais étaient moins bien armées et entraînées que celles de l'Union. Marmaduke ne voulait pas livrer bataille, mais assura à contrecoeur le commandement.

Nathaniel Lyon laissa derrière lui 300 soldats de l'armée fédérale pour garder Jefferson City, le 16 juin il rembarqua le reste de ses troupes sur la rivière Missouri. Ils prirent pied à 8 miles (environ 13 km) de Boonville au matin du 17 juin. Informé de l'approche de Lyon, le gouverneur Jackson tenta de prévenir Mosby Parsons, stationné à Tipton, mais celui-ci ne parvint pas à Boonville à temps.

La bataille de Boonville[modifier | modifier le code]

La bataille se limita à une grosse escarmouche, mais eut de graves conséquences sur les plans de la confédération dans l'État du Missouri.

Après avoir débarqué, les troupes de Lyon marchèrent vers Boonville en empruntant la route de Rocheport. Elles rencontrèrent plusieurs détachements ennemis mais Lyon déploya des tirailleurs et encouragea une avance rapide. Quelques compagnies de la Missouri State Guard, au total 500 hommes environ, assemblés à la va-vite et mal équipés, attendaient les assaillants sur une crête en retrait des berges du fleuve. Ils ne disposaient pas d'artillerie, celle-ci étant déployée à Tipton, où Mosby Parsons avait pris position. Inexplicablement, le gouverneur Jackson garda en réserve la seule unité relativement disciplinée et organisée dont il disposait, la compagnie du capitaine Kelly, qui ne prit pas part aux combats. Jackson observa les affrontements depuis une distance d'un mile (1,6 kilomètre environ).

Nathaniel Lyon déploya son artillerie, qui délogea bientôt les tireurs embusqués, et fit avancer ses troupes. L'infanterie de l'Union s'approcha des lignes de la milice confédérée et tira plusieurs salves, provoquant leur retraite. Cette partie des combats dura seulement une vingtaine de minutes. Les efforts entrepris pour résister à l'avance des unités de l'Union furent anéantis lorsqu'une compagnie pris de flanc les confédérés et s'empara de leur camp, et qu'un obusier, embarqué sur l'un des navires de Lyon, commença à bombarder leurs positions.

Comme le craignait Marmaduke, la retraite se transforma rapidement en déroute. Les miliciens s'enfuirent à travers Camp Bacon et le bourg de Boonville. Certains rentrèrent chez eux, mais la plupart suivit le gouverneur et fit retraite en direction du sud-ouest de l'État. En raison des courts affrontements, et de la retraite précipitée, la bataille fut surnommée « La course de Boonville » (« The Boonville Races »).

Lyon prit possession de la ville à 11 heures.

Bilan et conséquences de la bataille[modifier | modifier le code]

Les pertes furent légères dans les rangs de l'Union, cinq hommes tués ou mortellement blessés, et environ sept moins sérieusement touchés. Il n'existe aucune estimation fiable des pertes dans les rangs Confédérés, seuls quelques morts sont attestés, ainsi qu'une douzaine de blessés. Lyon fit 80 prisonniers, il mit la main sur le ravitaillement et l'équipement de la milice d'État, qui comprenait deux canons de 6 livres et leurs munitions, 500 mousquets pratiquement obsolètes, 1 200 paires de souliers, quelques tentes, ainsi que de la nourriture.

L'impact stratégique des combats alla bien au-delà des quelques pertes humaines, la victoire du général Nathaniel Lyon assura le contrôle de l'Union sur le centre de l'État du Missouri. Le major-général Sterling Price, qui avait rejoint Lexington, réalisa qu'il ne pourrait tenir la ville et se joignit à la retraite. Les communications des confédérés avec la vallée de la rivière Missouri, pro-sécessionniste, furent coupées. Les recrues potentielles dans les régions situées au nord de la rivière Missouri et favorables à l'esclavage eurent des difficultés à rejoindre l'armée du sud. Enfin, cette partie de l'État ne pouvait plus fournir de ravitaillement aux forces Confédérées.

Même si la milice du Missouri aurait de nouveau l'occasion de se battre, ses hommes étaient pour l'heure démoralisés par cette défaite. La déception du colonel John Marmaduke le conduisit à démissionner de la milice de l'État, et à s'engager dans l'armée régulière des États Confédérés.

Notes et références[modifier | modifier le code]