Bataille de Benavente

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Bataille de Benavente
Le général Henry William Paget en uniforme de hussard (peinture de Francis William Wilkin).
Le général Henry William Paget en uniforme de hussard (peinture de Francis William Wilkin).
Informations générales
Date 29 décembre 1808
Lieu Benavente, Espagne
Issue Victoire britannique
Belligérants
Drapeau de la France France Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Commandants
Charles Lefebvre-Desnouettes Sir Henry Paget
Forces en présence
550 hommes 600 hommes
Pertes
30 tués
25 blessés
70 prisonniers[note 1]
50 tués ou blessés[1]
Guerre d'Espagne
Batailles
Campagne de Napoléon Ier en Espagne (1808-1809)

Durango · Valmaseda · Palo Hincado · Burgos (1re) · Rosas (ca) · Espinosa · Tudela · Bubierca · Somosierra · Saragosse (2e) · Sahagún · Molins de Rei · Gérone · Benavente · Castellón · Mansilla · Lugo · Astorga (1er) · La Corogne

Coordonnées 42° 00′ 11″ N 5° 40′ 27″ O / 42.00306, -5.67417 ()42° 00′ 11″ Nord 5° 40′ 27″ Ouest / 42.00306, -5.67417 ()  

Géolocalisation sur la carte : Castille-et-León

(Voir situation sur carte : Castille-et-León)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Benavente.

Géolocalisation sur la carte : Espagne

(Voir situation sur carte : Espagne)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Benavente.

La bataille de Benavente se déroule le 29 décembre 1808 en Espagne, et au cours de laquelle la cavalerie britannique de Lord Henry Paget vainc les chasseurs à cheval de la Garde impériale pendant la retraite vers La Corogne durant la guerre d'indépendance espagnole. Les chasseurs français sont battus et leur commandant, le général Charles Lefebvre-Desnouettes, est capturé. Cette action est le premier incident majeur de la retraite britannique vers le port de la Corogne.

Prélude de la bataille[modifier | modifier le code]

Officier des chasseurs à cheval de la Garde impériale (peinture de Théodore Géricault, 1812).
Le brigadier-général Charles Stewart (1778-1854) conduit l'attaque des hussards de la King's German Legion contre les chasseurs à cheval de la Garde (peinture de Thomas Lawrence, 1812).

Dans le cadre de la guerre d'indépendance espagnole, le général britannique Sir John Moore commande une armée dans le nord-ouest de l'Espagne, dans le but d'aider les Espagnols dans leur lutte contre l'occupation française. Cependant, Napoléon entre dans la péninsule Ibérique à la tête de la Grande Armée afin de réaffirmer son autorité. Après la chute de Madrid, la position de l'armée britannique devient intenable. Moore décide d'amorcer sa retraite, poursuivie par la principale armée française dirigée par Napoléon. La cavalerie anglaise, commandée par Lord Henry Paget est chargée de couvrir la retraite. Le jour de Noël, le 10th hussards capturent une centaine de cavaliers français et le 27 décembre, le 18th hussards est attaqué à six reprises, effectuant à chaque fois une contre-attaque avec succès. Le 28, la cavalerie britannique, postée sur la rivière Esla, agit en tant qu'arrière-garde pour couvrir le retrait de l'armée sur Astorga[2].

Le général Lefebvre-Desnouettes, colonel des chasseurs à cheval de la Garde impériale.

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Lefebvre-Desnouettes aligne trois escadrons des chasseurs à cheval de la Garde impériale[3], ainsi qu'un détachement des mamelouks[4],[note 2], formant un total d'environ 550 cavaliers[4].

Les Anglais, commandés par le général Henry Paget, disposent de quelques escadrons des 10th et 18th hussards auquel s'ajoute un détachement du 7th hussards et du 3th hussards de la King's German Legion, commandées par le général Stewart.

La bataille[modifier | modifier le code]

Le 29 décembre, les détachements de la cavalerie britannique sont stationnés le long de la rive ouest de la rivière Esla, semblable à un torrent à cause de la pluie. Le pont de Castro Gonzalo est démoli au matin par les sapeurs britanniques, et ce n'est que vers 9 h que le général Lefebvre-Desnouettes, un favori de Napoléon, est en mesure de passer à gué la rivière avec trois escadrons de chasseurs à cheval et un petit détachement de mamelouks, tous de la Garde impériale[5]. Les Français refoulent les premiers détachements de la cavalerie britannique sur le 18th hussards de Loftus Otway. Ce dernier charge mais est repoussé sur deux miles en direction de la ville de Benavente. Dans une zone où leurs flancs sont couverts par des murs, les cavaliers anglais, maintenant renforcés par une troupe ou un escadron du 3th hussards de la King's German Legion commandée par le brigadier-général Stewart, contre-attaquent, et une mêlée confuse s'ensuit. Les Français, bien que temporairement repoussés, ont néanmoins la supériorité du nombre et obligent les hussards britanniques à se retirer une fois de plus. Stewart sait qu'il attire les chasseurs de la Garde vers Paget qui attend avec d'importantes réserves[6]. Les Français se préparent à livrer l'assaut final lorsque Lord Paget fait une intervention décisive. Il dirige le 10th hussards, avec les escadrons du 18th à l'appui, dans le quartier sud de Benavente. Paget réussit à dissimuler ses escadrons à la vue des Français jusqu'à ce qu'il tombe sur leur flanc gauche[7],[8]. Les épées britanniques, souvent émoussées par leur fourreau en fer, se montrent d'une redoutable efficacité à cette occasion. Un témoin déclare avoir vu les armes des cavaliers français coupées « comme des saucisses de Berlin ». Des soldats français sont également tués par des coups qui divisent la tête jusqu'au menton[9].

Les Français effectuent un repli vers la rivière, mais leurs escadrons sont finalement rompus et une poursuite s'engage. Les chasseurs sont forcés de repasser la rivière. Ceux qui restent sur la rive ouest sont abattus ou faits prisonniers. Le cheval de Lefebvre-Desnouettes est blessé et il ne peut traverser la rivière. Il est finalement capturé, soit par Levi Grisdale du 10th hussards ou Johann Bergmann des hussards de la King's German Legion, les opinions divergent à l'époque[10]. Alors que les chasseurs tentent d'aborder la rive opposée, les soldats britanniques tirent sur eux avec leurs carabines et leurs pistolets. La cavalerie française réussit malgré tout à franchir l'obstacle, et se reforme sur la rive opposée. Elle engage à son tour un feu de carabine sur les Anglais, mais les chasseurs sont finalement dispersés par l'artillerie à cheval britannique[11].

Pertes[modifier | modifier le code]

Dans son rapport, Paget estime que les chasseurs à cheval de la Garde laissent sur le terrain 30 hommes tués et 25 blessés, ainsi que 70 prisonniers dont fait partie le général Lefebvre-Desnouettes. Les Anglais, de leur côté, déplorent 50 tués ou blessés.

Conséquences[modifier | modifier le code]

La victoire remportée sur l'élite de la cavalerie légère française augmente le moral des hussards britanniques, soulignant l'ascendant moral qu'ils ont atteints contre la cavalerie française lors de la bataille antérieure de Sahagún. La retraite de l'armée britannique se poursuit cependant. Napoléon a vu l'action d'une hauteur surplombant la rivière[12]. Ce soir-là, Lefebvre-Desnouettes, qui a reçu une blessure superficielle à la tête, est invité à la table du général Sir John Moore ; ce dernier lui donne sa propre épée pour remplacer celle du général français, qui lui a été prise lors de sa capture[13]. Lefebvre est emmené en Angleterre d'où, libéré sur parole, il gagne la France. À son arrivée, Napoléon le rétablit dans son ancien commandement des chasseurs à cheval de la Garde.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. D'après le rapport du général Henry Paget.
  2. La compagnie des mamelouks est rattaché au régiment depuis 1804.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Smith 1998, p. 273
  2. Anglesey 1961, p. 84
  3. Beauvais 1831, p. 240
  4. a et b Pawly 2006, p. 35
  5. Anglesey 1961, p. 85
  6. Fletcher 1999, p. 97
  7. Haythornthwaite et Hook 2001, p. 46
  8. Anglesey 1961, p. 86
  9. Hibbert 1961, p. 78
  10. Haythornthwaite et Hook 2001, p. 47
  11. Anglesey 1961, p. 86 et 87
  12. Fletcher 1999, p. 97
  13. Hibbert 1961, p. 78 et 79

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Charles-Théodore Beauvais, Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des français depuis les temps les plus reculés jusques et compris la bataille de Navarin, vol. 24, C.L.F. Panckoucke,‎ 1831. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Abel Hugo, France militaire. Histoire des armées françaises de terre et de mer de 1792 à 1837, vol. 4, Delloye,‎ 1838.
  • (en) Marquis d' Anglesey, One-Leg : The Life and Letters of Henry William Paget, First Marquess of Anglesey, KG, 1768–1854, The Reprint Society,‎ 1961. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Ronald Pawly, Napoleon's Mamelukes, Osprey Publishing,‎ 2006, 48 p. (ISBN 1 84176 955 X). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) I. Fletcher, Galloping at Everything : The British Cavalry in the Peninsula and at Waterloo 1808-15, Spellmount,‎ 1999 (ISBN 1-86227-016-3). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) C. Hibbert, Corunna, Batsford,‎ 1961. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) D. Smith, The Napoleonic Wars Data Book, Greenhill,‎ 1998 (ISBN 1-85367-276-9).
  • (en) P.J. Haythornthwaite et C. Hook, Corunna 1809: Sir John Moore's Fighting Retreat, Osprey Publishing,‎ 2001 (ISBN 1-85532-968-9)