Bataille d'Iwo Jima

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Bataille d'Iwo Jima
First Iwo Jima Flag Raising.jpg
Informations générales
Date 19 février 194526 mars 1945
Lieu Iwo Jima, Japon
Issue Victoire américaine décisive
Belligérants
Drapeau : Japon Empire du Japon Drapeau des États-Unis États-Unis
Commandants
Tadamichi Kuribayashi
Sadasue Senda
Rinosuke Ichimaru
Holland Smith
Marc Mitscher
Alexander Vandegrift
Graves Erskine
Clifton Cates

Keller Rockey
Chester Nimitz

Forces en présence
22 000 80 000
Pertes
20 703 tués, 216 prisonniers, 1152 disparus 6 821 tués, 19 189 blessés, 494 disparus
Seconde Guerre mondiale,
Guerre du Pacifique
Batailles
Batailles et opérations de la Guerre du Pacifique

Chine · Indochine française (1940) · Guerre franco‑thaïlandaise · Eaux australiennes · Nauru · Pearl Harbor · Atoll de Wake · Hong Kong · Philippines (1) · Invasion japonaise de la Thaïlande · Attaque du Prince of Wales et du Repulse  · Malaisie ·Ceylan · Bataan · Singapour · Indes orientales néerlandaises · Bornéo (1)  · Birmanie · Nouvelle-Guinée · Timor · Java · Mer de Java · Détroit de la Sonde · Îles Salomon · Australie · Taungû · Île Christmas · Yenangyaung · Mer de Corail · Corregidor · Midway · Îles Aléoutiennes · Komandorski · Attu  · Îles Gilbert et Marshall · U-Go · Kohima  · Imphal · Peleliu · Angaur · Tinian · Guam · Opération Forager · Saipan · Mer des Philippines · Philippines (2) · Morotai · Leyte · Golfe de Leyte (navale) · Singapour (air) · Cabanatuan · Luçon · Manille · Kita · Iwo-Jima · Indochine française (1945) · Okinawa · Opération Ten-Gō · Bornéo (2) · Détroit de Malacca · Bombardements navals sur le Japon · Invasion soviétique de la Mandchourie (Kouriles) · Bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki · Capitulation du Japon


Guerre sino-japonaise


Front d'Europe de l’Ouest


Front d'Europe de l’Est


Bataille de l'Atlantique


Campagnes d'Afrique, du Moyen-Orient et de Méditerranée


Théâtre américain

Coordonnées 24° 47′ 00″ N 141° 19′ 00″ E / 24.783333333333, 141.31666666667 ()24° 47′ 00″ Nord 141° 19′ 00″ Est / 24.783333333333, 141.31666666667 ()  

La bataille d'Iwo Jima est l'assaut durant la guerre du Pacifique par les forces américaines de l'île japonaise d'Iwo Jima (硫黄島, Iōtō?), petite île faisant partie de l'archipel d'Ogasawara, à environ 1 000 km au sud de Tokyo et solidement défendue par l'armée impériale japonaise. Elle se déroula entre février et mars 1945 et s'acheva par la conquête de l'île par les Américains au prix de 20 703 tués et 1152 disparus japonais (la quasi-totalité de la garnison) et 6 821 tués, 492 disparus et 19 189 blessés américains.

La bataille a été particulièrement médiatisée par la photographie des Marines érigeant le drapeau au sommet du mont Suribachi (prise le 23 février 1945 par le photographe américain Joe Rosenthal).

Bombardements des mois précédents et contexte de l'assaut[modifier | modifier le code]

L'île subit les bombardements les plus longs de toute la guerre du Pacifique avec d'août à octobre 1944, 48 raids aériens[1], principalement pour détruire ses deux aérodromes. À partir du 8 décembre 1944, les navires de l'US Navy prirent le relais.

Au début de 1945, le Japon est bombardé quotidiennement depuis les Îles Mariannes (opération Scavenger) et Iwo Jima sert de station d'alerte pour la défense nippone. Quelques mois auparavant, les Alliés avaient débarqué sur l'île de Leyte dans les Philippines, la trouvant vide de défenseurs, ce qui avait hâté de huit semaines le programme de conquête. Mais l'attaque sur l'île d'Okinawa ne pouvait pas commencer avant huit semaines. Alors il fut décidé d'envahir Iwo Jima, sous le nom d'opération Detachment.

Les défenses japonaises[modifier | modifier le code]

L'île, d'une superficie de seulement 21 km2, présente dans son ensemble un relief relativement plat, avec un plateau sur sa partie la plus large au nord et une pointe sud basse et resserrée, mais à l'extrémité de laquelle se dresse le volcan Suribachi[1]. Les défenseurs japonais étaient prêts. L'île était défendue par une garnison de 22 000 soldats composée de la 109e division d'infanterie japonaise[1] et de renforts. Elle était fortifiée par un réseau de protections souterraines, dont le but était d'infliger des pertes sévères aux Alliés et de les décourager d'envahir l'archipel du Japon. Tous devaient faire le sacrifice de leur vie pour leur patrie en emportant dix ennemis avec eux. Les invasions d'autres îles tenues par les Japonais les mois précédents avaient rendu les Américains méfiants. Ainsi, à partir du 16 février débuta un pilonnage aérien et naval systématique, qui dura trois jours. Malgré cela, les défenses enterrées furent très peu endommagées.

La bataille sur l'île[modifier | modifier le code]

Carte américaine
Débarquement de la 5e division de Marines depuis les navires de la sixième flotte U.S. avec Le mont Suribachi en arrière plan
Matériel sur la plage.

L'opération Detachment regroupait 8 cuirassés, 8 croiseurs et 10 porte-avions d'escorte[1]. Cette flotte est chargée d'appuyer le Ve Corps amphibie (3e, 4e et 5e divisions de Marines) composé de 30 000 hommes qui débarquent sur la longue plage sud-est de l'île le 19 février. Ils doivent faire face à un feu nourri depuis le volcan Suribachi qui domine au sud de la plage. Les Japonais ont attendu que les Marines aient mis pied à terre avant de déclencher un feu d'enfer. Les Américains sont cloués sur les plages mais la progression se fait avec l'appui du feu de la Navy. À la fin du premier jour, ils ont réussi à établir une tête de pont sur toute l'extrémité sud de l'île, excepté le mont Suribachi[1].

Il n'est pas possible de creuser des trous dans le basalte et seuls les lance-flammes et les grenades peuvent déloger les défenseurs retranchés. Quarante mille Marines suivent et, finalement, le 23 février, le sommet est atteint. Un drapeau est élevé sur le Suribachi et un deuxième le remplace peu après. La scène du deuxième est immortalisée par un cliché de Joe Rosenthal, Raising the Flag on Iwo Jima.

La prise des aérodromes[modifier | modifier le code]

L'île comprend 2 aérodromes et un 3e en construction sur le plateau de la partie nord de l'île.

Les 22 000 Japonais se battent de toutes leurs forces mais un premier aérodrome est pris le 22 février. Le deuxième est l'objet de combats sauvages et confus où les Japonais se lancent dans des contre-attaques suicides qui provoquent le désordre dans la bataille. Les chars Sherman sautent les uns après les autres à cause des canons antichars dissimulés et des nombreuses mines. Le 25 février, les derniers soldats japonais défendant le deuxième aérodrome se suicident.

Le 2 mars, le troisième terrain d'aviation tombe après des combats sanglants. Une zone située à l'est du deuxième aéroport est baptisée the meatgrinder (le hachoir à viande) par les Marines. Elle tombe le 3 mars mais a coûté à elle seule 6 600 Marines blessés ou tués.

Le 15 mars, l'île est prise mais les Américains doivent nettoyer des poches de résistance tenaces. Le blockhaus au nord de l'île du lieutenant général Tadamichi Kuribayashi, commandant la garnison japonaise, ne sera neutralisé que le 25 mars[1] ; il n'y aura aucun survivant.

De toute la bataille, seuls deux cents seize Japonais[2] sur les vingt-deux mille seront faits prisonniers.

Les pertes[modifier | modifier le code]

Les forces américaines subirent 6 821 morts, dont 5 931 marines (soit environ un tiers des marines tués durant la Seconde Guerre mondiale)[3] et 15 000 blessés. Le héros de guerre John Basilone y perdit notamment la vie le premier jour du débarquement américain. Le quart des médailles d'honneur attribuées aux Marines pendant la Seconde Guerre mondiale sera attribuée pour l'invasion d'Iwo Jima.

Seuls 8 700 corps de Japonais sur les 20 à 22 000 combattants morts ont été retrouvés, des recherches étant toujours en cours en 2011[4].

Après la bataille : une base aérienne américaine[modifier | modifier le code]

Dès le 9 mars, un aérodrome pris permet l'atterrissage en urgence d'un B-29[1] (il y en aura en tout 2251[1]).

La semaine suivante, des chasseurs américains menaient leurs opérations depuis les aérodromes conquis et dès le 7 avril, les chasseurs d'escorte accompagnant les raids de B-29 sur le Japon décollèrent de l'ile[1]. Les travaux d'agrandissement et de construction de nouvelles pistes feront que la structure aéroportuaire américaine couvrira jusqu'à la moitié d'Iwo Jima[1].

Avec la prise d'Okinawa quelques semaines plus tard, l'encerclement du Japon était total[1].

Postérité[modifier | modifier le code]

Trois navires de l'US Navy porteront le nom d'Iwo Jima :

  • l'USS Iwo Jima (CV-46), un porte-avions de la classe Essex, dont la construction débuté en janvier 1945 ne sera jamais achevée,
  • l'USS Iwo Jima, (LPH-2), le premier navire de la classe de navires d'assaut amphibie Iwo Jima, en service de 1961 à 1993,
  • l'USS Iwo Jima (LHD-7), un navire d'assaut amphibie de la classe Wasp, mis en service en 2001.

Le mémorial du Corps des Marines aux abords du cimetière d'Arlington près de Washington D.C avec une statue de bronze reproduisant la célèbre photo Raising the Flag on Iwo Jima.

Films[modifier | modifier le code]

Cette bataille inspira le film Iwo Jima (Sands of Iwo Jima), réalisé en 1949.

Clint Eastwood a réalisé en 2006 une version cinématographique en deux parties :

Séries télévisées[modifier | modifier le code]

Steven Spielberg et Tom Hanks ont réalisé de 2007 à 2008 la série The Pacific, dont l'épisode 8 avec la reconstitution du débarquement à Iwo Jima du 19 février 1945.

Dans l'épisode 7 de la saison 2 de NCIS : Enquêtes spéciales, la bataille d'Iwo Jima est mise en scène par le biais d'un ancien soldat récipiendaire de la médaille d'honneur de la Marine, Ernest Yost, qui avoue le meurtre de son meilleur ami lors de la bataille.

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Willmott (trad. Geneviève Brzustowski, préf. Philippe Masson, ill. Cassel), La Guerre du Pacifique : 1941-1945 [« The Second World War in the Far East »], Paris, Autrement, coll. « Atlas des Guerres »,‎ 2003 (1re éd. 2001), 224 p. (ISBN 2-7467-0042-5), « Dernière étape : Suprématie et victoire », p. 182 et 183
  2. Ce chiffre est celui donné par Robert S. Burrell dans son ouvrage "The Ghosts of Iwo Jima", 2006, Texas A&M University Press, (ISBN 1-58544-483-9).
  3. (en) Mitchell Landsberg, « On War: Joe Rosenthal & Iwo Jima », DenverPost.com,‎ 27 avril 2010
  4. Leo West, « Naoto Kan promet de trouver les derniers soldats d’Iwo Jima », Aujourd'hui le Japon, le 16 février 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :