Bataille d'Entrammes

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Bataille d'Entrammes
Mort du général Beaupuy, peinture d’Alexandre Bloch, 1888[n. 1].
Mort du général Beaupuy, peinture d’Alexandre Bloch, 1888[n. 1].
Informations générales
Date 26 octobre 1793
Lieu Entrammes, Château-Gontier
Issue Victoire vendéenne
Belligérants
France Républicains Drapeau de l'Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
Royal Standard of King Louis XIV.svg Chouans
Commandants
Jean Léchelle
Jean-Baptiste Kléber
Michel de Beaupuy
François-Joseph Westermann
Alexis Chalbos
François Muller
Louis Danican
Louis Blosse
Henri de La Rochejaquelein
Jean-Nicolas Stofflet
Prince de Talmont
Gaspard de Marigny
Charles de Royrand
Jean Chouan
Forces en présence
20 000 hommes 30 000 à 40 000 hommes
Pertes
4 000 morts ou blessés
19 canons perdus
400 morts
1 200 blessés
Guerre de Vendée
Coordonnées 47° 59′ 48″ N 0° 42′ 45″ O / 47.996666666667, -0.712547° 59′ 48″ Nord 0° 42′ 45″ Ouest / 47.996666666667, -0.7125  

Géolocalisation sur la carte : Mayenne

(Voir situation sur carte : Mayenne)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille d'Entrammes.

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(Voir situation sur carte : Pays de la Loire)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille d'Entrammes.

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille d'Entrammes.

La bataille d'Entrammes se déroula le 26 octobre 1793 lors de la guerre de Vendée. L'armée républicaine de l'Ouest lancée à la poursuite des Vendéens rattrapa l'armée catholique et royale près d'Entrammes.

Prélude[modifier | modifier le code]

L'avant-garde de l'armée républicaine commandée par François-Joseph Westermann et Michel de Beaupuy avait été mise en déroute à la bataille de Croix-Bataille et les deux généraux s'étaient repliés sur Château-Gontier avec ce qui leur restait d'hommes. Le lendemain, le gros de l'armée républicaine arriva à son tour. Kléber apprit avec colère l'annonce de la déroute, cependant l'armée étant épuisée par plusieurs jours de marche Kléber choisit de donner un ou deux jours de repos à l'armée avant de lancer une contre-attaque. Mais c'était sans compter l'impatience de Westermann, ce dernier réussit à convaincre le général en chef Jean Léchelle de lancer une attaque immédiate sur Laval toujours tenue par les Vendéens en passant par les collines d'Entrammes.

La bataille[modifier | modifier le code]

Le 26 octobre[1], les Républicains passèrent à l'attaque. Westermann et Danican envoyés en avant-garde avec 300 cavaliers commencèrent par prendre le contrôle du pont sur la Jouanne près d'Entrammes.

Prévenu, Henri de La Rochejaquelein rassembla toute son armée et se porta au nord d'Entrammes. Au moment où les Vendéens commençaient à déployer leurs troupes, Westermann reçut l'ordre d'évacuer sa position, le pont fut ainsi provisoirement abandonné.

Conformément aux consignes du Comité de salut public, Léchelle avait imposé son plan aux autres généraux: attaquer en colonne « majestueusement et en masse ». Les généraux se rendirent compte de la stupidité de ce plan mais ils n'eurent d'autres choix que d'obéir. Sur ordre de Léchelle, les Mayençais de Beaupuy, suivis de ceux de Kléber passèrent à l'attaque en colonne deux par deux.

Du côté des Vendéens, La Rochejaquelein, sur les conseils de Lescure blessé, avait disposé ses hommes en demi-cercle, avec Jean-Nicolas Stofflet au centre, Talmont, Royrand et d'Autichamp à droite et les chouans, menés notamment par Jean Cottereau à gauche. Lorsque les Républicains paraissent l'artillerie de Marigny ouvre le feu sur la colonne de Beaupuy, l'avant-garde de celle-ci est décimée par la mitraille. Les Vendéens passent alors à la charge et Beaupuy, sur le point d'être enveloppé doit ordonner la retraite. Sa colonne se replie en bon ordre jusqu'à la Jouanne (affluent de la Mayenne) où il est grièvement blessé. Dans un premier temps le renfort de Kléber permet aux républicains de tenir solidement leurs positions. Mais Henri de La Rochejaquelein lance plusieurs attaques simultanées qui permettent de franchir la rivière en plusieurs endroits. La panique commence alors à se répandre dans les rangs républicains et Kléber et Marceau parviennent difficilement à rallier quelques troupes un peu plus loin. Mais elles sont rapidement enfoncées et se replient en désordre vers le pont sur l'Ouette. Le relief de la vallée leur offre cependant un terrain favorable et ils résistent encore un moment avant d'être pris à revers. Pendant ce temps, les colonnes commandées par Chalbos et Muller étaient enfin arrivées à pied d’œuvre au moment où les premiers fuyards quittaient le champ de bataille. Emportées à leur tour par la panique ambiante, elles s'enfuient sans combattre vers Château-Gontier. Léchelle lui-même, resté à l'arrière, donne l'ordre de la retraite puis prend la fuite à son tour. La déroute était générale et toute l'armée se réfugia à Château-Gontier, poursuivie par les Vendéens qui taillaient en pièces les fuyards.

Arrivés à Château-Gontier les Vendéens ne laissèrent pas les républicains se reprendre et ils tentèrent immédiatement d'emporter la ville.

Le général Louis Blosse resté en réserve dans la ville au début de la bataille tenta alors d'intervenir avec sa division sur le pont situé devant la ville, mais il fut tué et sa division repoussée. Sous la conduite énergique de La Rochejaquelein, les Vendéens parvinrent alors a pénétrer dans Château-Gontier. Les Républicains furent finalement forcés d'évacuer la ville à la nuit tombante, n'étant plus poursuivis par les Vendéens il bivouaquèrent en pleine campagne et ils regagnèrent Le Lion-d'Angers le lendemain.

Pour les Vendéens la victoire était complète, La Rochejaquelein songea un moment à profiter de l'opportunité pour retourner en Vendée, mais les femmes et les enfants, ainsi qu'une partie de l'armée étant restée à Laval, il dut faire demi-tour.

Suites[modifier | modifier le code]

L'armée républicaine était dans un piteux état, sur 20 000 soldats, elle en avait perdu 4 000 d'après Charles-Louis Chassin. Elle n'allait plus pouvoir organiser d'opérations avant des jours, le temps de la réorganiser. La colère des soldats et même des généraux était grande contre Léchelle dont le plan catastrophique les avaient conduits au massacre. Kléber, notamment, n'avait pas de mots assez durs pour dénoncer l'imbécilité du plan du général en chef. Craignant de servir de bouc émissaire, il écrivit une lettre au Comité de salut public où il dénonça l'incompétence de son supérieur et inversement loua les qualités militaires de La Rochejaquelein. Pourtant lui-même avait sa part de responsabilités : Il n'exécuta les ordres de Léchelle qu'avec mauvaise volonté et retard. Pour rattraper le temps perdu, ses hommes durent couvrir 9 kilomètres en 2 heures et se lancer immédiatement dans la bataille. Et c'est une de ses manœuvres vers le pont sur l'Ouette qui est en partie à l'origine de la panique. Selon l'officier vendéen Bertrand Poirier de Beauvais, les pertes des Royalistes lors de la bataille furent de 400 morts et de 1 200 blessés.

Peu de temps après Léchelle voulut passer en revue ce qui restait de ses troupes. Ayant accusé ses soldats de lâcheté, Léchelle fut conspué par ses troupes au cris de « À bas Léchelle. Vive Kléber ». Les soldats réclamèrent également le retour des généraux Canclaux et Aubert du Bayet.

Après cet incident il était évident aux yeux des représentants en mission que Léchelle ne pouvait plus commander. Malgré les protestations de Jean-Baptiste Carrier et des Sans-culottes Léchelle fut destitué et arrêté sur ordre du représentant Antoine Merlin de Thionville et envoyé à Nantes où il mourut le 11 novembre dans des conditions controversées.

L'abbé Angot signale[2] que le récit du combat publié par Arthur Duchesne, d'après les notes du soldat Bellanger, contiennent de fortes exagérations. L'affaire du 27, poursuite d'Entrammes à Château-Gontier est pour lui plus exacte et conforme aux autres sources, spécialement la charge sur l'aile gauche de Léchelle et le rôle de l'artillerie (La guerre des Chouans, p. 67-70)..

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En réalité Beaupuy ne fut que blessé lors de cette bataille, référence.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sur la foi des mémoires de Kléber et de Savary, plusieurs auteurs placent cette bataille le 27 octobre. Mais les rapports militaires indiquent bien la date du 26 octobre. Réf : Pierre Gréau La bataille d'Entrammes
  2. Ref. : article additif « Croix Bataille » in Dictionnaire historique, topographique et géographique de la Mayenne Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain éd. Joseph Floch, Mayenne, 1962, tome IV, p. 272.

Bibliographie[modifier | modifier le code]