Bataille d'Ấp Bắc

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Bataille d'Ap Bac
Hélicoptère UH-1 Huey détruit durant la bataille d'Ap Bac
Hélicoptère UH-1 Huey détruit durant la bataille d'Ap Bac
Informations générales
Date 2 janvier 1963
Lieu près du hameau d'Ap Bac, Sud-Viêt Nam
Issue Victoire du Việt Cộng
Belligérants
FNL Flag.svg Viêt Cong Flag of South Vietnam.svg Sud-Viêt Nam
Flag of the United States.svg États-Unis
Forces en présence
environ 350 hommes[1] 2 000 soldats sud-vietnamiens (encadrés par des conseillers américains)
Plusieurs chars M113 et hélicoptères UH-1 Huey et Vertol H-21[1]
Pertes
18 morts[2],[3]
39 blessés
83 morts et 120 blessés
5 hélicoptères
3 blindés[4]
Guerre du Viêt Nam
Batailles
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Coordonnées 10° 26′ 18″ N 106° 11′ 43″ E / 10.438333333333, 106.1952777777810° 26′ 18″ Nord 106° 11′ 43″ Est / 10.438333333333, 106.19527777778  

Géolocalisation sur la carte : Viêt Nam

(Voir situation sur carte : Viêt Nam)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille d'Ấp Bắc.

La bataille d'Ap Bac est une bataille de la guerre du Viêt Nam (1959-1975), qui vit la première victoire majeure du Viêt Cong contre les troupes régulières du Viêt Nam du Sud, soutenues par les Américains.

Cette bataille se déroula le 2 janvier 1963, près du hameau d'Ap Bac à 65 km, au sud-est de Saïgon dans le delta du Mékong. Les forces de la 7e Armée de la République du Viêt Nam (ARVN), équipées de véhicules de transport de troupes (VTTs) et d'artillerie, ainsi que d'un support d'hélicoptères américains, engagèrent les hostilités face à des éléments, retranchés dans la zone, du 261e et 514e bataillon du Viêt Cong[5].

Contexte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre du Viêt Nam.
Ngô Đình Diệm
Le président de la République du Viêt Nam, Ngô Đình Diệm.

Les opérations militaires de petite envergure, dans ce qui allaient devenir la guerre du Viêt Nam, ont débuté vers la fin des années 1950, lorsque le président du Viêt Nam du Sud Ngô Đình Diệm instaura une campagne anti-communiste dans le but de déloger les forces du Viêt Minh « laissées en arrière » par le Viêt Nam du Nord après la fin de la guerre d’Indochine. En même temps, le Nord demeurait dans l’attente d’une élection, promise par les accords de Genève (1954), censée unifier les deux pays, chose que le Sud refusait[6]. En outre, il s’est inquiété de l’incitation du gouvernement du Sud envers les États-Unis, pour que ceux-ci supportent directement leurs forces armées, et recommanda donc une politique d’évitement du conflit à n’importe quel prix. Cependant, la campagne de Diệm était assez couronnée de succès pour laisser à leurs forces la responsabilité de ne rien faire, et de petites escarmouches éclatèrent bientôt à travers tous le pays. Mais le Viêt Nam du Nord restait inquiet au sujet de l’implication des États-Unis et refusa toute forme de soutien militaire à ses combattants au Sud, forçant par-là même les Viêt Minhs restant, à se retirer dans des zones inaccessibles dans les collines ainsi que dans les estuaires des rivières. Ces faits eurent pour conséquence d'enliser le conflit, car les forces du Sud mirent trop de temps à atteindre ces régions où les combattants de la guérilla avaient eu peu de difficultés à se retirer.

Prélude[modifier | modifier le code]

Fin 1962, des avions espions de la 3e unité de repérage radio des services de renseignements localisent un émetteur radio Viêt-Cong. Il est situé dans le village de Tan Thoï. Ap Bac est à 1 km au sud. Les deux villages sont reliés par un canal. À l'ouest, toute la zone est bordée d'une mince bande de jungle, donnant elle-même sur une vaste étendue de rizières. Ap Bac et Tan Thoï comptent environ 600 habitants chacun.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Le 11e régiment (7e division de l'armée du Sud-Vietnam), commandé par le colonel Bui Dinh Dam est chargé d'éliminer cet émetteur radio. L'attaque aura lieu le 2 janvier 1963. Les forces Viêt-Congs sont estimées à 120 hommes. Le plan d'attaque est simple : la bataille devra être gagnée par un encerclement massif, avec une seule porte de sortie pour l'ennemi, l'est, en terrain très découvert, donc une cible idéale pour l'aviation. Les forces sud-vietnamiennes disposeront d'un soutien aérien permanent, ainsi que d'une force d'artillerie d'appui, composée de batteries de mortiers et d'obusiers de 105 mm.

Il y aura donc trois axes d'attaque :

  • au nord, trois compagnies (300 hommes), seront déposées par des hélicoptères H21 Shawnee (pouvant embarquer 10 fantassins), à 1 km de Than Thoï.
  • au sud, deux bataillons (1 500 hommes) de la garde civile sud-vietnamienne marcheront vers Ap Bac. Leur chef est le commandant Lam Quang Tho, chef de la province de Dinh Tuong. Son quartier-général de campagne se situe à 3 km au sud d'Ap Bac.
  • à l'ouest, une compagnie d'infanterie mécanisée, embarquée dans 13 véhicules M113 (transport de troupes blindé), complètera la tenaille, empêchant les Viêt-Congs de s'enfuir par la jungle et les rizières. Sa mobilité lui permettra également d'apporter un soutien éventuel aux unités sud-vietnamiennes.

Par ailleurs, 2 compagnies héliportées restent en réserve à Than Hiep, le quartier-général situé à quelques kilomètres à l'est de Tan Thoï. Malheureusement, dès le départ, les choses ne se passent pas comme prévu. Il n'y a pas assez d'hélicoptères pour acheminer en une seule fois les 3 compagnies, ce qui fait que la garde civile attaque seule au sud. Un soutien aérien est rapidement demandé par le commandant Tho. Les compagnies en réserve interviennent, héliportées par des appareils UH-1 Huey (hélicoptère d'assaut pouvant transporter 6 hommes, popularisé dans nombre de films sur la guerre du Vietnam). De plus, les Viêt-Congs étaient dans la confidence du projet de l'attaque, informés par un espion au sein de l'état-major de l'armée sud-vietnamienne. Ils ont eu tout le temps d'organiser les défenses, composées de trous individuels, de digues cachant des mortiers et des mitrailleuses. Tapis dans les sous-bois, en lisière de la jungle, ils prendront en embuscade les soldats sortant des chars M113. De même, ils ont eu le loisir de fortifier Ap Bac et surprendront les gardes civils (qui, on l'a vu, attaquent sans que les commandos héliportés aient pu faire diversion au nord). De plus, leurs positions camouflées n'ayant pas été repérées par la reconnaissance aérienne américaine, les forces Viêt-Congs ont été sous-estimées. En fait, il y avait presque 500 hommes[réf. nécessaire], constitués par le 261e bataillon et une compagnie du 514e bataillon, venue en soutien.

Les combats dureront toute la journée. À la tombée du jour, des parachutistes sud-vietnamiens seront envoyés à l'ouest, pour couper toute retraite (plan initialement dévolu à la compagnie mécanisée). Comble de l'ironie, les Viêt-Congs finiront par fuir par l'est, à découvert, ce qui était prévu, mais à la faveur de la nuit, donc sans risques car l'obscurité ne permettait pas de tirs précis d'artillerie.

Bilan[modifier | modifier le code]

Finalement, cette bataille est un échec total pour les forces pro-américaines. L'armée sud-vietnamienne est mal organisée, et la technologie militaire américaine n'a pas réussi à battre un ennemi hautement motivé, camouflé et mobile. Cependant le général américain Paul D. Harkins dans son rapport déclara que cette bataille fut une victoire car une position ennemie avait été capturée[2].

« Yes, I consider it [the battle of Ap Bac] a victory. We took the objective »[7].

Il voulut ainsi mettre un terme à la controverse avec l'article du 7 janvier 1963 du New York Times qui présenta le déroulement du conflit comme mauvais car des Américains pouvaient y laisser la vie[1],[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (fr) Jacques Portes, Les Américains et la guerre du Vietnam, Editions Complexe, 1993,p76-77 ISBN 2870274718 sur google book
  2. a et b (fr) Barthélémy Courmont, La guerre, Armand Colin, 2007, p61-62 ISBN 2200346751.
  3. D'autres sources ne mentionnent pas de chiffres exactes, 3 corps seulement ayant été retrouvés.
  4. 3 conseillers militaires américains ont également trouvé la mort.
  5. (en) Article de Charles E. Kirkpatrick, paru dans le numéro du mois de juin 1990 de Viêt Nam Magazine.
  6. (fr) Serge Berstein et Pierre Milza, Histoire du XXe siècle, tome 2, p. 260-263, 1996, ISBN 9782218715655
  7. (en) David M. Toczek, The battle of Ap Bac, Vietnam, Greenwood Publishing Group, 2001, préface p. 20 ISBN 0313316759
  8. (en) Article du 3 janvier 1963 sur le site du New York Times

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]