Bataille d'Anoual

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Bataille d'Anoual
Informations générales
Date 1921
Lieu Anoual
Issue Victoire rifaine
Belligérants
Flag of the Republic of the Rif.svg République du Rif Drapeau : Espagne Espagne
Commandants
Flag of the Republic of the Rif.svg Abdelkrim Al Khattabi Drapeau : Espagne Manuel Sylvestre †,
Jésus Villar
Forces en présence
Flag of the Republic of the Rif.svg
~5 000 hommes[1]
Drapeau : Espagne
60,000 hommes
Pertes
Flag of the Republic of the Rif.svg
~1 000 morts
Drapeau : Espagne
~12 000 morts et des milliers de blessés
~700 prisonniers [2]

Suicide du général Fernández Silvestre

Flag of the Republic of the Rif.svg
Coordonnées 35° 07′ 12″ N 3° 35′ 00″ O / 35.12, -3.5833333335° 07′ 12″ Nord 3° 35′ 00″ Ouest / 35.12, -3.58333333  

Géolocalisation sur la carte : Maroc

(Voir situation sur carte : Maroc)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille d'Anoual.

Photo de cadavres de troupes espagnoles prise en janvier 1922 à Monte Arruit, plusieurs mois après la bataille.

La bataille d'Anoual, connue comme le désastre d'Anoual par l'historiographie espagnole (desastre de Annual en espagnol), opposa un contingent militaire espagnol à l'armée rifaine de Mohamed Abdelkrim Al Khattabi, dans la région du Temsamane, dans le Rif en juillet 1921. Les affrontements ont eu lieu à 120 km de Melilla dans le Nord du Maroc et marquent le début de la guerre du Rif.

La victoire d’une armée de résistants rifains sur l’armée espagnole devint un important symbole de la lutte anticoloniale et marqua un tournant de la résistance au double protectorat espagnol et français instauré au Maroc.

Le désastre d'Anoual est une défaite cuisante de l'armée espagnole. Elle marque la naissance d’un mythe : celui d’Abdelkrim, héros de guerre, fin stratège et chef charismatique de la résistance.

La crise politique que provoqua cette défaite fut une des plus importantes que dût subir la monarchie libérale d'Alphonse XIII. Elle fut la cause directe du coup d'État et de la dictature de Miguel Primo de Rivera[3].

Origine[modifier | modifier le code]

Depuis dix ans, l’Espagne éprouve beaucoup de difficultés à administrer la région nord du Maroc placée sous son autorité depuis 1912. Ses troupes se heurtent continuellement à des poches de résistance, particulièrement face aux tribus Temsamane et Aït Ouriaghel.

En 1921, trois tribus du Rif, les Aït Ouriaghel, les Temsamane, les Aït Ghannou et les Ait Touzine, déclenchent véritablement un vent de révolte et de résistance. À leur tête, Mohamed ben Abdelkrim al-Khattabi, alias Abdelkrim, âgé de 39 ans, fils de cadi (« juge ») du clan des Ait Youssef Ouaâli de la tribu des Aït Ouriaghel. Journaliste à ses heures, il possédait un bagage d'étude sur la technologie militaire avant d’entrer dans l’administration espagnole.

Le général Manuel Fernández Silvestre, qui commande les forces espagnoles dans la région, est convaincu d’avoir affaire à une petite bande de brigands et continue d’avancer vers le cœur du Rif. Abdelkrim lui fait alors porter un message d’avertissement en le mettant en garde contre le franchissement de l'Oued Amekrane que le fier général décide d’ignorer. Celui-ci charge néanmoins Jésus Villar, un de ses chefs de bataillon, de poster 250 hommes à une dizaine de kilomètres à l'ouest d'Anoual dans la région de Temsamane à "Dhar Obaran". C'est un mont surplombant la région qui offre une vue stratégique sur la ville d'Al hoceima.

Le 1er juin 1921, à peine les hommes de Villar franchissent-ils l'Oued Amekrane pour prendre position sur le "Dhar Obaran" qu’ils se retrouvent encerclés par un millier de combattants rifains et sont massacrés. Une poignée d’entre eux seulement parvient à fuir, abandonnant leur artillerie aux combattants d’Abdelkrim.

Grâce à la prise de ces canons, ces derniers poursuivent, près de deux mois durant, leur offensive. Dans l’après-midi du 21 juillet 1921, à Anoual, 5 000 combattants rifains fondent sur les 60 000 soldats espagnols, les contraignant à battre en retraite. A l'issue de trois semaines de combats acharnés, le contingent espagnol est taillé en pièces (le général Fernández Silvestre se suicida à Anoual[4]).

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les guerriers d'Abdelkrim récupèrent à l'issue de la bataille le matériel abandonné par les troupes espagnoles en retraite soit : 20 000 fusils, 400 mitrailleuses, 200 canons de calibres différents (des 75 mm, des 65 mm et des 77 mm), un stock important d'obus et des millions de cartouches, des camions, des approvisionnements en vivres, des médicaments et du matériel médical ainsi que 2 avions. L'Espagne perdit lors de la bataille plus de 12 000 soldats, en plus des 700 prisonniers faits par le contingent rifain.

Cette défaite cinglante des forces coloniales fut lourde de conséquences de part et d’autre de la Méditerranée. C'est cette « humiliation » qui, en 1923 à Barcelone, incita le général Miguel Primo de Rivera à lancer un pronunciamiento et à instaurer une dictature militaire. La guerre du Rif dura encore cinq années et se solda par la victoire de la France et de l'Espagne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Fernando Caballero Poveda, La Campaña del 21 en cifras reales (I) et (II), revue Ejército, Nº 522 et 523, Madrid, 1984.
  2. D'après Abd El Krim El Khattabi : « Au total nous avions tué plus de 12 000 espagnols et nous ne fîmes que 700 prisonniers.  », Jean Wolf, Les secrets du Maroc espagnol: l'épopée d'Abd-el-Khaleq Torrès, p. 117., en ligne [1]
  3. voir Antony Beevor (2006) pp. 50-51
  4. voir Antony Beevor (2006), p. 50 2e §

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Antony Beevor (trad. Jean-François Séné), La guerre d'Espagne, Calmann-Lévy,‎ 2006, 896 p. (ISBN 978-2-253-120092-6[à vérifier : isbn invalide])
  • Mimoun Charqi, La Guerre Chimique Contre Le Rif, les Editions Amazigh, 2004.
  • Philippe Conrad et al., Franco, Éditions Chronique,‎ 1997, 128 p. (ISBN 2-905 969-83-0, ISSN 1272-3622)

Articles connexes[modifier | modifier le code]