Bataille d'Anchialos

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Bataille d'Anchialos
Chronique de Jean Skylitzès
Chronique de Jean Skylitzès
Informations générales
Date 20 août, 917
Lieu Anchialos, Bulgarie
Issue Victoire bulgare décisive
Belligérants
Empire byzantin Premier Empire bulgare
Commandants
Léon Phocas, Jean Bogas, Romain Ier Lécapène Siméon Ier
Forces en présence
110 000 entre 60 et 70 000 hommes
Pertes
70 000 20 000
Guerres entre l'empire byzantin et l'empire bulgare
Coordonnées 42° 38′ 35″ N 27° 38′ 12″ E / 42.643055555556, 27.636666666667 ()42° 38′ 35″ Nord 27° 38′ 12″ Est / 42.643055555556, 27.636666666667 ()  

Géolocalisation sur la carte : Bulgarie

(Voir situation sur carte : Bulgarie)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille d'Anchialos.

Carte du déroulement de la bataille ; illustration du texte plus loin dans l'article

La bataille d'Anchiolos a eu lieu le 20 août 917, à proximité de la mer Noire sur l'emplacement de la ville actuelle de Pomorie en Bulgarie, entre les Bulgares et l'Empire byzantin.

Prélude[modifier | modifier le code]

À la suite de la victoire bulgare lors de la guerre de 894-896 les Byzantins furent obligés de payer tribut à Simeon. En 912 quand l'empereur byzantin Léon VI meurt, son frère Alexandre a refusé de payer le tribut aux Bulgares et Siméon y a vu une occasion de lancer une nouvelle guerre lui permettant de conquérir Constantinople. Alexandre meurt la même année et le nouveau gouvernement suivant les tentatives désespérées du patriarche Nicolas Mystikos d'éviter la guerre a promis que l'empereur encore enfant Constantin VII se marierait à une fille de Siméon[1], mais en 914, la nouvelle régente Zoé, la mère de Constantin, rejette le mariage. Pour réponse les Bulgares conquièrent la Thrace orientale, et sa population a accepté de reconnaître Siméon comme nouvel empereur[2] et en septembre 914, les Bulgares capturent Andrinople[3],[4],[5], alors que l'armée byzantine était occupée plus à l'est[6]. L'année suivante les armées bulgares ont attaqué les secteurs de Dirrachium et Solun[7].

Préparatifs de la bataille[modifier | modifier le code]

Pour trouver une solution à ce conflit et vaincre les Bulgares, l'impératrice Zoé fait la paix avec les Arabes et engage l'armée entière de l'Est[8],[9]. Les Byzantins se cherchent aussi des alliés[10] et envoient des émissaires en Hongrie, chez les Petchenègues et en Serbie[11] mais Siméon au courant des méthodes de la diplomatie byzantine prend des mesures pour renverser les alliances à son profit[12]. Ainsi les Byzantins sont forcés de combattre seuls.

L'armée byzantine[modifier | modifier le code]

En 917, l'Empire byzantin avait stabilisé ses frontières orientales, et les généraux Jean Bogas et Léon Phocas pouvaient ainsi bénéficier des troupes des thèmes orientaux[13], peut-être 110 000 hommes. Ce fut une énorme armée et son but était l'élimination finale de la menace bulgare au nord. Le moral de l'armée fut augmenté, car les soldats reçurent leur paye à l'avance.

Une flotte commandée par Romain Ier Lécapène fut placée quant à elle à l'embouchure du Danube. Les Byzantins tentèrent de payer des tribus petchénègues pour que ces dernières aident les Byzantins durant la bataille. Finalement les Petchénègues, devant le refus de Romain Lecapène de leur faire traverser le Danube, attaquèrent directement le territoire bulgare[14].

L'armée bulgare[modifier | modifier le code]

Les Bulgares sous Siméon Ier disposent d'une armée de 70 000 hommes. Bien que les diplomates bulgares eussent réussi à empêcher les tentatives d'alliances byzantines avec les Petchénègues, les Hongrois et les Serbes, Siméon craignait toujours une intervention de leur part. Pour parer cette éventuelle menace, il envoya deux petites armées sur les frontières nord de la Bulgarie, dans la région bosniaque ainsi qu'à l'ouest du Dniepr. En outre des forces bulgares furent déployées à la frontière serbe.

La bataille[modifier | modifier le code]

L'armée byzantine se dirigea vers le nord et plaça son camp à proximité de la forteresse Anchialus. Léon Phocas avait prévu de prendre Moesia et pour ainsi faire sa jonction avec l'armée Petchénègues et celle de Romain Lecapène à Dobrudzha. Simeon a vite concentré son armée aux alentours de la forteresse. Le matin du 20 août 917, la bataille entre les Bulgares et Byzantins commença aux alentours du fleuve Akelooi (près du village moderne d'Acheloi, à 8 kilomètres au nord de la ville d'Anchialos (aujourd'hui Pomorie). Les généraux byzantins projetèrent de déborder l'aile droite bulgare afin de détacher les troupes de Siméon des passages balkaniques. Les Bulgares ont eux concentré leurs forces les plus puissantes sur leurs deux ailes, le centre étant relativement faible afin d'encercler l'ennemi. Simeon lui-même posta de grandes réserves de cavalerie cachées derrière les collines qui étaient censées porter le coup décisif. L'attaque byzantine fut féroce et obligea très vite les Bulgares à battre en retraite[15]. La cavalerie byzantine chargea l'infanterie au centre tuant beaucoup de Bulgares. La position bulgare devint vite désespérée car ils ne pouvaient plus tenir les tailles au sud du fleuve et commencèrent une retraite précipitée en direction du nord. Exaltés, les Byzantins se mirent à poursuivre les Bulgares et leurs formations de combat ont bientôt commencé à se casser. La bataille qui se mit en place fut furieuse. Le moment décisif vint quand les corps de cavalerie bulgares tenus en réserve menés par Simeon attaquèrent l'aile gauche byzantine par derrière les collines[16]. Très vite les combattants byzantins surpris se replient précipitamment[17]. Certains Byzantins ont essayé de repousser la cavalerie mais ils furent simultanément attaqués par l'infanterie adverse. Le tsar Siméon a personnellement participé au combat, son cheval blanc fut tué lors de la bataille. La fuite des Byzantins fut complètement désorganisée, la plupart étant tués par les Bulgares. Léon Phocas se sauva à Mesembria (aujourd'hui Nessebar), cependant beaucoup de commandants subalternes byzantins périrent lors de la bataille. Vers la fin du jour les Bulgares capturent la ville de Mesembria, Léon Phocas se sauvant alors en bateau. On estime qu'approximativement 70 000 soldats byzantins sont morts dans cette bataille. L'historien byzantin Léon Diaconus dit que 75 ans après cette catastrophe militaire, le champ près d'Anchiolos était encore couvert de dizaines de milliers de squelettes byzantins. Avec un total de 90 000 morts la bataille fut parmi les plus sanglantes de l'histoire médiévale et quelques historiens se réfèrent à elle comme « bataille du siècle ».

Conséquence[modifier | modifier le code]

Le reste de l'armée byzantine s'est sauvé à Constantinople, suivi des Bulgares. Plusieurs jours plus tard Phokas fut de nouveau battu à la Katasyrtai. Le chemin vers Constantinople était libre de toute embûche pour les Bulgares[18],[19]. Les Byzantins proposèrent alors un traité et Siméon entra dans la ville impériale où il fut couronné une deuxième fois Tsar. Il reçut de plus le titre de César par le patriarche de Constantinople. Siméon a également exigé que sa fille se marierait avec Constantin VII, le fils de l'impératrice Zoé, mais Zoé refusa et s'allia avec la Hongrie et la Serbie. Toutefois en août 918, un général byzantin déposa Zoé et l'exila dans un monastère, lui permettant de devenir empereur. L'alliance avec la Serbie obligea Siméon d'amener ses armées plus au nord où il battit l'armée serbe et captura son chef. Cependant, cette bataille permit aux Byzantins de se défaire de la présence bulgare.

Signification de la bataille[modifier | modifier le code]

La bataille d'Anchialos fut l'une des batailles les plus importantes pour la Bulgarie. Elle a fixé le titre impérial des tsars bulgares pour les siècles à venir et fut une énorme humiliation pour l'empire byzantin. La bataille a également fixé la survie de la nation bulgare, son ennemi byzantin n'ayant pas réussi à la vaincre avec une armée de 110 000 hommes.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Epistolae, PE. 8, colonne. 61C-68C
  2. Островски, Г. ИсторијаВизантије, с.255
  3. Theophanes Continuatus. Chronographia, p. 387
  4. Leo Grammaticus. Chronographia, p. 293-294
  5. Pseudo-Simeon. Chonographia, p. 723
  6. Georgius Monachus Continuatus. Chronicon, p. 805
  7. Nicolaus Patriarcha. Epistolae, PE. 9, colonne. 76C
  8. Theophanes Continuatus. Chronographia, p. 388
  9. Georgius Monachus Continuatus. Chronicon, p. 806
  10. Ioannes Skylitzes. Historia, 2, p. 283-284
  11. Constantinus Porphyrogenitus. L'imperio de De administrando, §32, p. 156
  12. Божилов, Ив. Българияипеченезите, 47-51
  13. Leo Grammaticus. Chronographia, p. 244
  14. Nicolaus Patriarcha. Epistolae, PE. 9, colonne. 73A
  15. Théophane Continué. Chronographia, p. 388-390
  16. Leo Grammaticus. Chronographia, p. 294-296
  17. Ioannes Skylitzes. Historia, 2, p. 284-288
  18. Leo Grammaticus. Chronographia, p. 296
  19. Georgius Monachus Continuatus. Chronicon, p. 808

Sources[modifier | modifier le code]

  • Theophanes Continuatus, The Byzantine Attack on Bulgaria, AD 917, Theophanes Continuatus, ed. Bekker, 388-90.
  • John Skylitzes, Synopsis Historion, translated by Paul Stephenson.
  • Васил Н. Златарски, История на българската държава през средните векове, Част I, II изд., Наука и изкуство, София 1970.
  • Атанас Пейчев и колектив, 1300 години на стража, Военно издателство, София 1984.
  • Йордан Андреев, Милчо Лалков, Българските ханове и царе, Велико Търново, 1996.
  • (en) John Haldon, Warfare, State and Society in the Byzantine World, 565-1204, Londres, Routledge,‎ 1999, poche (ISBN 978-1-85728-495-9, LCCN 00501749)
  • (en) John Haldon, The Byzantine Wars, The History Press,‎ 2008
  • (en) Paul Stephenson, Byzantium’s Balkan Frontier: A Political Study of the Northern Balkans, 900-1204, Cambridge, Cambridge University Press,‎ 2004 (ISBN 978-0-511-03402-2)