Expédition d'Alger (1541)

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Expédition d'Alger en 1541
Illustration.
Informations générales
Date 19 octobre au
Lieu Siège et blocus maritime d'Alger, campagne environnante
Casus belli
Issue Victoire tactique de Hadım Hasan Ağa, mais la retraite de Charles Quint V est un léger succès vers le port Béjaïa.
Changements territoriaux Hégémonie algéroise sur la Méditerranée occidentale ainsi que sur l’Algérie septentrionale
Belligérants
Flag of the Ottoman Empire (1453-1517).svg Régence d'Alger

Soutenu par

Flag of the Ottoman Empire (1453-1517).svg Empire ottoman (suzerain)

Drapeau du Royaume de France Royaume de France (Allié)

Flag of the Habsburg Monarchy.svg Habsbourgs

Alliés et vassaux

Flag of Genoa.svg Gênes

Flag of Most Serene Republic of Venice.svg Venise

Flag of the Sovereign Military Order of Malta.svg Hospitalier

Savoie flag.svg Duché de Savoie

Flag of the Papal States (pre 1808).svg Papauté

Hafsid Flag - Tunisia.svg Royaume Hafside

Allié tardif

Flag of Herat until 1842.svg Koukou

Commandants
Hadım Hasan Ağa

Généraux

  • Cheykh Said Cherif
  • El H'adj Bacha
  • El H'adj Mâmi
  • El H'adj Bekir
  • Khidr

Amiraux

  • Kutchuk Ali
  • Haïder
Charles de Habsbourg

Généraux

Amiraux

Forces en présence
10 500 hommes

5 à 6 000 auxiliaires 8 à 1 500 janissaires 1 000 barbaresques 2 000 citadins

8 à 15 000 cavaliers
23 500 hommes

6 000 espagnols 6 000 allemands 5 000 italiens 3 000 mercenaires 2 000 kabyles tardifs 3 000 volontaires 150 Hospitaliers 150 officiers 200 gardes

12 300 marins

516 navires

Pertes
Inconnu
  • Port endommagé
17 000 morts
2 000 prisonniers
4 000 chevaux
1 400 prisonniers libre
200 canons
200 navires
Conflit continu entre la Guerre vénéto-ottomane (1537-1540) et la Neuvième guerre d'Italie
Batailles
Bataille de Prévéza - Grand Siège de Malte - Siège de Nice (1543) - Siège de Famagouste - Bataille de Djerba - Siège de Castelnuovo - Bataille de Lépante- Siège de Vienne (1529) - Bataille de Mohács (1526) - Bataille de Tunis (1574) - Siège de Szigetvár - Conquête de Tunis (1535) - Bataille de Wadi al-Laban - Bataille de la Kalâa des Beni Abbès (1559) - Siège de la Kalâa des Beni Abbès (1590) - Siège de Corfou (1537) - Bataille de Ponza (1552) - Siège de Tripoli (1551) - Bataille de Mostaganem (1558) (en) - Bataille de Sahart

L'expédition de Charles Quint contre Alger[2] est menée entre le 21 et le 25 octobre 1541.

Confiant de son succès par la conquête de Tunis en 1535, Charles Quint décide d’attaquer Alger et d’en finir avec le pirate Barberousse qui sème la terreur en Méditerranée. Toutes les nations de la Méditerranée occidentale hormis la France, allié du sultan Soliman, participent à cette expédition et plusieurs de ses alliés mettent en garde l'empereur d'attaquer tard dans l'année : aucune entreprise navale d'importance ne doit se faire entre septembre et mars. Mais l'empereur passe outre et organise cette bataille pour s'assurer le contrôle de la Méditerranée occidentale.

Un corps expéditionnaire de 23 500 hommes et 516 navires réussit à débarquer[3] mais une tempête disperse les navires, entraînant des pertes en vivres et en munitions. L'expédition se solde par un échec et l'empereur doit rembarquer sans pouvoir prendre la ville.

Ni le fol héroïsme des chevaliers hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ni la réputation de cruauté qu'Hernán Cortés avait acquise en Amérique, ni la présence dans l'armée d'Octave Famèse, neveu du pape Paul III… , ni la valeur d'Andrea Doria le plus célèbre amiral de l'époque, ne purent empêcher la déroute de l'armée ni le naufrage de la flotte.

Historiographie[modifier | modifier le code]

Les contemporains de l'expédition d'Alger en 1541, frappés par la défaite de Charles Quint, ont laissé deux types de témoignages : des récits des évènements par des participants, comme celui de Nicolas Durand de Villegaignon[4], publié en latin vers 1542, traduit en français en 1542 par Pierre Tolet[n 1], le rapport fait au pape Paul III par le secrétaire de son légat dès son retour à Rome[n 2], peut-être le document dit Mehkemé (tribunal supérieur d'Alger où étaient conservés les actes juridiques de la Régence) d'un auteur inconnu, peut-être contemporain des faits malgré quelques erreurs historiques dues à une forte propension hagiographique, et traduit de l'arabe par Venture de Paradis, ou d'autres textes, récits de deuxième main comme El Zohrat el Nayerat de Mohamed ben Mohamed ben Abd-er-Rahman ben El Djilani ben Rakia traduit par Alphonse Rousseau en 1841[5],[n 3], ou Razaouât de Sinan-Tchaouch écrit au XVIe siècle et traduit par Venture de Paradis en 1837 sous le titre de Fondation de la Régence d'Alger[6], pour les textes en arabe[n 4].

Et puis l'expédition est tombée dans l'oubli comme le signale Abd El Hadi Ben Mansour du CNRS dans une recension du livre de Norman : « Et l’on peut presque dire que, si la tempête d’octobre 1541 a bien marqué les esprits, comme celle d’ailleurs, mais à un degré moindre, qu’a éprouvée Diego de Vera lors de son expédition contre Alger en septembre-octobre 1516, l’expédition elle-même de Charles Quint a été quasiment oubliée. » Alger y avait gagné le qualificatif de « Bien Gardée » - al-Ǧazā’ir al-maḥrūsa ou al-Ǧazā’ir al-manṣūra. C'est un Flamand, protonotaire apostolique, J.-B. Gramaye, au destin peu commun[n 5], prisonnier un temps à Alger, qui rencontrera Philippe III d'Espagne puis Philippe IV, pour leur soumettre sans succès, dans un texte de 27 pages, l'Appendix suggerens media expellendi Turcas tota Africa, un plan d'occupation de Maghreb[7].

Il faudra attendre l'expédition française de 1830 pour qu'un député du département de la Seine, Alexandre de Laborde, cherchant à montrer l'injustice, l'inutilité et l'illégalité de l'action des troupes coloniales françaises dans une adresse Au Roi et aux Chambres sur les véritables causes de la rupture avec Alger et l'expédition qui se prépare pour exhumer du fond des mémoires toutes les tentatives de s'emparer d'Alger pendant les trois siècles précédents[8],[n 6].

Aux XIX et XXe siècles, nombre d'auteurs reprendront ou citeront les récits ultérieurs sans jamais ou très rarement citer leurs sources. Il faut compter au nombre de ces publications, hormis le travail de H. D. de Grammont, celui de Jean de Vandernesse, Le journal des voyages de Charles V et de Philippe II, son fils, qui n'existe qu'à l'état de manuscrit à la Bibliothèque nationale[n 7], et que Grammont considère d'« une exactitude scrupuleuse des dates et des détails »[9].

Aujourd'hui, au XXIe siècle, le travail de recherche qui fait références est la publication de Daniel Norman, directeur de recherche émérite au CNRS section 33, Tempête sur Alger : l'expédition de Charles Quint en 1541, publiée en 2006. Ce gros travail de recherche, 702 pages, fait suite au travail de de Grammont dont il reprend en partie le plan, l'étude par elle-même 335 pages, suivie de 279 pages de documents rares, peu connus ou difficiles à trouver, en version originale et en traduction française, qu'il met à la disposition des chercheurs, des annexes détaillées sur 15 pages, telles que des chronologies, 9 pages d'index des noms de personnes et de lieux et enfin une importante bibliographie de 64 pages[7]. Cette publication à fait l'objet de plusieurs recension, en France comme celle de Abd El Hadi Ben Mansour[7] (déjà citée), en Espagne par María José Rodríguez Salgado[10], en Italie[11], en Turquie[12] ou en Algérie[13] et est présente dans beaucoup de bibliographies d'ouvrages traitant de cette période de l'histoire de la Régence d'Alger, ou Saint-Empire romain germanique ou de l'Empire ottoman.

Contexte[modifier | modifier le code]

La Reconquista de la péninsule Ibérique se termine le 2 janvier 1492 par la reddition de Grenade[14] par le roi nasride Boabdil. Vaincu, il signe un traité et livre la ville au roi Ferdinand d’Aragon et à la reine Isabelle de Castille.

Pour conforter leur reconquête territoriale face aux Maghrébins[14], les rois espagnols n'auront de cessent de contrôler la côte maghrébine. Les Portugais s'étaient déjà emparer de Ceuta en 1415, de Tanger en 1471. Les Espagnols s'emparent de Melilla en 1497, de Mers-el-Kebir en 1505, d’Oran en 1509, de Bougie, de Tripoli et el Peñón de Argel en 1510 mais échouent devant Djerba la même année[15]. Ils s'installent à Honein en 1531, à La Goulette, Bizerte, Africa et Bône en 1535. Ils ont installés l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem à Tripoli et à Malte en 1530 et rétabli leurs alliés à Tunis en 1535. Ils possèdent donc des ports sur toutes la côte barbaresque à l'exception d'Alger depuis qu'ils ont perdu el Peñón de Argel en 1529. De la Reconquista à la bataille de Lépante, en passant par les expéditions aux Maghreb, cela serait « une dernière lame de fond des croisades[16] »[17],[n 8].

En Méditerranée, la piraterie, qui n'est pas que barbaresque, est le fait de marins sans foi, de renégats sans pays, tous capitaines de navire qui gagnent ou perdent leur vie à la pointe de leurs sabres[18]. Les routes de commerce entre toutes les rives de la Méditerranée sont innombrables comme les besoins en marchandises de toutes sortes[19]. Des représentations, des blancs-seins, des saufs-conduits se jouent des souverainetés et des religions[20]. Les corsaires trouvent sur toutes les côtes de la Méditerranée des repaires inexpugnables sur des îles perdues, au fond des criques sauvages, dans des ports sous contrôle[15]. Des complicités de puissants locaux, l'appui de leurs clientèles, la barbarie de leurs mœurs se jouent des souverainetés et des religions[20]. Quand ils sont faits prisonniers, des marchands et leurs obligés, payent rançon, sont tenus en otages ou vendus en esclavage ou, s'ils n'ont pas de valeur par eux-mêmes, simplement exécutés sans scrupule ni remord[20]. Seuls comptent les bénéfices des marchands ou les prises des pirates[21]. À partir de 1516 avec les Barberousses, « commence alors la dure, sanglante, inexpiable conquête des royaumes des Maures par les Turcs, leurs janissaires et leurs corsaires. Cette entreprise (fit) de la course [...] une entreprise d’État, décidée et encouragée par le sultan [...] Tout se décidait à Constantinople, à la cour ou au harem[22]. »

En Méditerranée orientale, la police maritime est assurée par l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem à partir de leurs possessions rhodiennes[23]. Depuis la perte de la Terre sainte, Rhodes est en ce XVIe siècle le seul territoire héritier des croisades[24]. La flotte de La Religion mène une guerre de course, d'abord contre les pirates turcs, puis contre les Ottomans[23]. Les Hospitaliers font face en 1440 puis en 1444, au sultan d'Égypte, mais les chevaliers repoussent ces deux attaques[25]. En 1480, le siège est mis autour de Rhodes[26]et le grand maître Pierre d'Aubusson repousse à trois reprises l'assaut des troupes du pacha Misach, ancien prince byzantin converti à l'Islam. Le siège décisif a lieu en 1522 lorsque Soliman le Magnifique assiège pendant cinq mois Rhodes et expulse l'Ordre le 1er janvier 1523[27],[25].

Si Charles Quint fait la paix avec Soliman en 1530, Il renforce ses positions par deux décisions importantes pour le contrôle de la Méditerranée : il cède, en 1530, Tripoli et l'archipel maltais à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem[28] pour que celui-ci puisse continuer ses contre-courses contre les Barbaresques et les Ottomans ; il intervient pour préserver la dynastie hafside de Tunis en redonnant Tunis[29] en suzeraineté à Abû `Abd Allâh Muhammad V al-Hasan en 1535 et pour conforter sa position, il occupe La Goulette, Bizerte, Africa et Bône. Cette victoire personnelle de Charles Quint sur Khayr ad-Din Barberousse, donné un moment pour mort, ce qui empêchera Charles Quint de le poursuivre jusqu'à Alger, lui fera sous-estimer les ressources de cet allié de Soliman.

Enfin il faut aussi prendre en compte la situation maghrébine à cette époque. Cette zone géographique, coincée entre le désert et la mer, cumule de graves lacunes : la sécheresse, le manque de mise en valeur des terres, l'extension de l'élevage pastoral rétrécie la culture sédentaire, mais aussi l'agressivité des nomades, le déclin démographique, les famines et les épidémies, et aussi le détournement des circuits commerciaux hors du Maghreb. Cela a pour conséquence, la faiblesse de l'état, de l'armée et de l'administration[30].

Trois puissances s'affrontent en Méditerranée[modifier | modifier le code]

En Méditerranée occidentale, trois puissances vont s'affronter sur fond de piraterie barbaresques : François Ier devient roi de France en 1515 ; Charles Quint, petit fils des rois catholiques, devient, conjointement avec sa mère Jeanne de Castille, roi des Espagnes en 1516 et empereur du Saint-Empire en 1519[31] ; enfin Soliman le Magnifique devient le 10e sultan de l'empire ottoman en 1520[32].

Le roi de France cherche d'abord la neutralité, dans les affaires italiennes, d'Henri VIII d'Angleterre et de Charles de Habsbourg futur Charles Quint sans pouvoir l'obtenir. François Ier est vainqueur à la bataille de Marignan[31] et défait et prisonnier de Charles Quint à la bataille de Pavie en 1525[33]. Il est en compétition avec Charles Quint pour la couronne du Saint-Empire[31]. La France et le Saint-Empire s'opposent pour la possession, pour l'une, du duché de Milan, pour l'autre, du duché de Bourgogne. Finalement la France se fera l'allié des Ottomans en obtenant en 1536 des privilèges commerciaux, les « Capitulations »[34].

Charles Quint et Soliman s'affrontent sur deux fronts : territorialement en Europe centrale, en 1526, les Ottomans défont les Hongrois à la Bataille de Mohács[35] et s'emparent de Budapest[35] mais échouent devant Vienne en 1529[36] ; et aussi pour le contrôle de la Méditerranée occidentale, les Espagnols veulent préserver le commerce maritime face aux actes de piraterie des Barbaresques qui inscrivent leurs actions dans le cadre de l'expansion de l'empire ottoman dès les premières années du XVIe siècle. En 1531, le génois Andréa Doria qui a quitté François Ier pour Charles Quint, attaque Cherchell et les Espagnols se rendent maître de Honein.

Les frères Barberousse[modifier | modifier le code]

Parmi les Barbaresques, une famille va se faire connaître en Méditerranée et au Maghreb, les Reïs, plus connu sous le nom de Barberousse. D'abord les quatre frères sont marchands en poteries pour leur père renégat chrétien[37],[38], ils se font pirates à l'occasion. Lors d'une action, Elias est tué et Arudj est prisonnier des chevaliers de Rhodes. Racheté[n 9] au grand maître hospitalier avec quarante autres prisonniers, il se met au service du gouverneur ottoman de Antalya qui lui fournit les moyens de ses ambitions aux services des Ottomans.

En 1502 ou 1503, les frères Barberousse, Arudj et Khayr ad-Din s'installent à Djerba[39]. Ils sont rejoints par leur dernier frère, Ishak, ils se mettent au service du roi maure de Tunis en 1504[40]. Ensemble ou Arujd seul, ils s'attaquent sans succès à Djidjelli en 1512 et en 1514[41].

En 1516, invité en ami à Alger, Arudj fait assassiner l'émir Salim at-Toumi et se rend maître d'Alger en la livrant au pillage des janissaires turcs[42]. En 1517, Arujd prend le port de Tenes et se rend maître de Tlemcen qu'il confie à Ishak[43]. Arudj et Ishak sont tués par les Espagnols en défendant Tlemcen en 1518[44]. Resté seul des Barberousses, Khayr ad-Din défait cette même année, aidé déjà par la tempête, les Hospitaliers et les Espagnols sous les ordres du chevalier hospitalier Hugo de Montcade qui voulaient le chasser d'Alger[45]. En 1519, il est au Îles d'Hyères[46] pour les Ottomans et subit une cuisante défaite face à Andrea Doria près de l'île de Pianosa au sud de l'île d'Elbe[47]. De retour à Alger, Khayr ad-Din prend Collo et Constantine en 1521 et Bône en 1522 et, revenu à Alger, s'empare d'el Peñón de Argel en 1529[48].

De son coté, Soliman, s'il est confronté au Saint Empire en Europe centrale, est aussi en guerre contre les Perses séfévides sur son front de l'est. C'est alors qu'il signe avec Charles Quint une paix de façade en 1530[49] et fait appel à Kheir ed-Din en lui confiant le commandement d'une forte armée pour intervenir en Syrie[49] sous les ordres du grand vizir Pargali Ibrahim Pacha.

Bien installé à Constantinople au palais d'Aya Sofia, Kheir ed-Din fait allégeance à Soliman et acquiert une nouvelle stature auprès de la Porte, il est l'un des plus proche conseiller du sultan et le soutient du grand vizir Pargali Ibrahim Pacha face au parti du chef des eunuques[49]. Il soumet Alger aux Ottomans qui fournissent alors des forces d'occupation janissaires pour étendre leurs conquêtes territoriales au Maghreb[50].

Pendant ce temps, devenu lieutenant général de la marine ottomane, il participe à l'expédition de Fondi, il prend la ville mais échoue à ramener Julie de Gonzague, la « Shéhérazade de l'Italie », au harem du Sultan[51].

La Ligue de Nice[modifier | modifier le code]

En mer Adriatique, confrontée aux deux empires après l'avoir été à la république de Gênes[52], la république de Venise tente de préserver sa puissance économique. Les comptoirs vénitiens s'étendent du nord et de l'est de la mer Adriatique, que la Sérénissime nomme le golfe de Venise[53], à la mer Égée et à l'île de Candie jusqu'à la mer Noire. Si la République perd Négroponte en 1470[54], elle acquiert le royaume de Chypre en 1489. Devant la montée des prises en mer, la République impute sur ses profits la construction d'une flotte de galères et de « coques de guerre »[55] pour faire face aux Ottomans. Après une période de mutuelle réserve, pendant lequel les Portugais, les Espagnols, les Français, les Hongrois et les Hospitaliers, incapables de s'entendre, laissent seule Venise face à la défaite en 1501[56].

En 1529, la République entre en guerre contre l'empire ottoman. Cela engage alors le pape Paul III à créer, en 1538, la Ligue de Nice qui réunit aux forces temporelles du pape celles des républiques de Venise et de Gênes, du Portugal, du Saint Empire et de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem[57] sous le commandement de l'amiral génois Andréa Doria au service du Saint Empire. La défaite de Prévéza en 1538 délite la Ligue malgré la prise de Castelnuevo. Venise en revendique sa possession refusée par Charles Quint, Venise retire sa flotte et de plus Andréa Doria abandonne trop facilement la partie. Les Vénitiens résignés signent en 1540 la paix avec les Ottomans et les dédommagent des frais de guerre mais préservent leur commerce.

Diplomatie[modifier | modifier le code]

La montée en puissance des frères Barberousse et de la piraterie barbaresque à partir d'Alger pose problème à Charles Quint. C'est alors que l'empereur pense à soumettre Barberousse en réduisant Alger, le port de piraterie le plus actif de la côte maghrébine[58], et de mettre fin à l'expansion ottomane ; à défaut de toucher Constantinople, il s'attaquera au plus proche conseiller du sultan. L'expédition d'Alger se situe dans un vaste contexte diplomatique[59]

Les premiers historiens à faire la relation de cette expédition sur Alger se sont tous poser la question du choix de la période fixée par Charles Quint pour une aussi lourde opération militaire[60]. Mettre à la mer, au début de la mauvaise saison, une flotte aussi importante de navires de charge, qui ne tiennent pas aussi bien la mer que les galères, est par bien des aspects incompréhensibles de la part d'un marin éprouvé comme le prince de Melfi, Andrea Doria, comme le fait d'accumuler autant de bâtiments sur une côte sans abri que les vents de nord-est rendent très dangereux[60]. Ne pas mettre à terre tous les moyens de guerre à disposition, vêtements, vivres, tentes, artillerie de siège, quand l'état de la mer le permettait est tout aussi incompréhensible de la part d'un militaire expérimenté comme Charles Quint[60]. Lancer des attaques de façon si imprudente, sans préparation, sans garder de réserves, en laissant les cavaliers arabes venir sur les arrières est encore plus incompréhensible de la part d'hommes de guerre comme le duc d'Albe, Ferdinand Alvare de Tolède, l'hospitalier, Camille Colonna, ou le conquistador Fernando Cortez[60]. Comment a pu être pris le parti d'étendre sur une aussi longue ligne les forces autour d'Alger[60]. Tout cela fera écrire à Sander-Rang et Denis, cités par Grammont, « La constance avec laquelle il [Charles Quint] persista dans son entreprise paraîtra toujours une chose fort étrange ; c'est que, selon toute probabilité, on n'en a jamais bien connu le véritable motif[61]. »

Charles Quint sait que Khayr ad-Din Barberousse s'est volontairement placé sous la dépendance des Ottomans pour avoir l'appui des janissaires pour tenir à distance les chefs des tributs qui lui contestent l'adjoac d'Alger. Depuis la conquête de Tunis en 1535, où Charles Quint en personne a défait Barberousse, il envisage un retournement d'alliance. Dès 1538, il entreprend des discussions secrète avec Khayr ad-Din[58]. Charles Quint confie ses négociations au prince de Malfi qui utilise Alonso de Alarcon, puis le capitaine Vergara et enfin le docteur Romero[62]. Il s'agissait d'affaiblir la Sublime Porte en aidant Khayr ad-Din à se rendre seul maître de la Barbarie à l'est comme à l'ouest avec l'appui des forces espagnoles et en restant en possession d'une grande partie de la flotte ottomane et de ses capitaines les plus expérimentés fidèles à Barberousse[62]. Charles Quint laissait miroiter qu'il pourrait rendre ses places et ports en échange d'une déclaration apparente de vassalité, de sa neutralité maritime et du versement d'un faible tribut. En fait Charles Quint n'avait aucune intention de soutenir Barberousse, il l'aurait abandonné à son triste sort, il cherchait seulement à affaiblir les Ottomans et à contrôler Alger, comme il l'avait fait avec Tunis, en profitant des guerres intestines[62].

Khayr ad-Din négocie pendant deux ans avec les émissaires de Doria, discutant point par point de tous les détails, marchandant ceci, négociant cela, concédant ici, refusant là et certainement échangeant des présents et des bons gages[62]. Le 2 décembre 1539, Doria écrit à Charles Quint « Barbe rousse a le plus vif désir de complaire et d'être le perpétuel serviteur de Votre Magesté[62]. » Mais c'était un mauvais calcul, c'était oublier qu'Alger n'existe et ne vit que de la guerre de course et le commerce espagnol représente le gros du trafic entre les rives ouest et est du bassin occidental de la Méditerranée. En fait Khayr ad-Din se jouait des émissaires, il tenait régulièrement au fait le sultan, lui transmettant tous les documents, toutes les lettres. Ce n'est qu'en 1540, que le docteur Romero adresse une lettre à Doria pour l'informer du double jeu de Barberousse[62].

Si les relations sont alors rompues avec Barberousse, elles reprennent par l'entremise du gouverneur d'Oran, le comte d'Alcaudète, avec Hasan Agha[63], un Sarde, enlevé enfant par Khayr ad-Din Barberousse, qui en fait son successeur comme gouverneur d'Alger quand il part à Constantinople en 1533[58].

C'est un fidèle d'Hasan, un certain Marzo, qui assure la liaison entre les deux hommes[63]. S'il reste quelques lettres, dont certaines datent d'après l'expédition, ce qui prouverait que l'échec de l'expédition d'Alger n'a pas détourné Charles Quint de son objectif, elles ne donnent pas le détail de ces négociations. Toujours est-il que certains faits trouvent ainsi leurs explications. L'empereur négociait bien avec Hasan et comptait plus sur un déploiement de forces que sur une guerre de siège[63] ; il avait autorisé des femmes à monter à bord des navires comme pour assister à la parade militaires de leurs maris. Il ne débarque pas toutes ses forces et envoie aussitôt un émissaire, le chevalier Don Lorenzo Manuel, auprès de Hasan. Il faut aussi noter que les historiens ne trouvent pas d'explication au fait qu'Hasan, connaissant l'éminence de l'expédition, a dégarni la défense d'Alger en envoyant vers l'ouest la majeure partie des janissaires, ne gardant auprès de lui que 800 de ceux-ci[64]. Il est aussi fait mention, dans diverses relations des faits, que Charles Quint aurait reçu, en pleine nuit d'orage et de tempête, un émissaire d'Hassan, soit, les versions divergent, lui demandant de laisser libre un passage pour que les occupant d'Alger puissent gagner l'arrière pays[64], soit que les circonstances, la tempête et la mobilisation réussie des algérois par le caïd Mehemed, juif espagnol renégat, futur roi de Tagora, ne permettait plus de livrer Alger à l'empereur[64]. En fait ce qui devait être une simple démonstration de force se transforme en pleine tempête en véritable expédition guerrière, mal préparée, mal exécutée[64].

Chronologie de l'expédition[modifier | modifier le code]

La chronologie de l'expédition est reprise de celle reconstituée par Daniel Nordman[65].

  • lundi 12 au dimanche 18 septembre 1541 : entretiens de Charles Quint avec le pape à Lucques ;
  • mercredi 21 au mercredi 28 septembre : Charles Quint à La Spezia ;
  • jeudi 29 septembre au jeudi 6 octobre : Charles Quint en Corse ;
  • vendredi 7 octobre : Charles Quint en Sardaigne ;
  • samedi 8 octobre : arrivée des troupes italiennes à Majorque ;
  • dimanche 9 octobre : Charles Quint à Minorque ;
  • jeudi 13 au lundi 17 octobre : Charles Quint à Majorque ;
  • mardi 18 octobre : départ de l'expédition de Majorque ;
  • mercredi 19 octobre : arrivée de l'expédition en vue d'Alger ;
  • jeudi 20 octobre : à 7 heures, la flotte est dans la rade d'Alger. À 15 heures la mer grossie, la flotte de Charles Quint va s'abriter vers le cap Matifou et la flotte espagnole au cap Caxine ;
  • vendredi 21 octobre : la flotte reste à l'abri ;
  • samedi 22 octobre : la flotte toujours à l'abri mais reconnaissance de la plage et approvisionnement en eau ;
  • dimanche 23 octobre : retour de la flotte espagnole, débarquement des troupes espagnoles, puis italiennes et allemandes (Charles Quint est à terre à 9 heures). Installation du camp à Hamma. Attaque de nuit des Algérois ;
  • lundi 24 octobre : installation du quartier général de Charles Quint au Koudiat es-Saboun. Début des combats. La tempête se lève vers 21 heures ;
  • mardi 25 octobre : tempête, sortie des Algérois, combat de Ras Tafoura. La tempête augmente de puissance détruisant une partie de la flotte avec provisions et matériel de guerre, le reste va s'abriter au cap Matifou ;
  • mercredi 26 octobre : la tempête dure, Charles Quint est sur le rivage, la retraite est décidée (les chevaux sont abattus) le long de la mer jusqu'à l'oued Knis ;
  • jeudi 27 octobre : retraite jusqu'à l'oued El-Harrach ;
  • vendredi 28 : traversée de l'oued qui déborde ;
  • samedi 29 octobre : la retraite se poursuit jusqu'au cap Matifou et rassemblement des forces ;
  • dimanche 30 octobre : reconstitution des forces avec mise au repos, conseil de guerre et réparation de la flotte ;
  • lundi 31 octobre : début du rembarquement des troupes italiennes ;
  • mardi 1er novembre : rembarquement de Charles Quint et des troupes allemandes ;
  • mercredi 2 novembre : rembarquement des troupes espagnoles. La mer grossie de nouveau ;
  • jeudi 3 novembre : navigation dans la tempête ;
  • vendredi 4 novembre : débarquement de Charles Quint à Bougie. Dispersion des restes de la flotte d'expédition pour l'Espagne, Majorque et la Sardaigne ;
  • samedi 5 novembre : arrivée des cinq derniers bateaux à Bougie ;
  • vendredi 11, samedi 12 et dimanche 13 octobre : processions à Bougie ;
  • lundi 14 octobre : Charles Quint décide le renforcement des fortifications de Bougie ;
  • mardi 15 octobre : renvoi de tous les navires ;
  • mercredi 16 au samedi 19 octobre : Charles Quint tente vainement de quitter Bougie mais des vents contraires le ramènent à Bougie par deux fois ;
  • samedi 19 au mercredi 23 octobre : Charles Quint reste à bord devant Bougie ;
  • mercredi 23 octobre : vers 22 heures, Charles Quint quitte Bougie ;
  • samedi 26 et dimanche 27 octobre : Charles Quint séjourne à Majorque ;
  • lundi 28 octobre : Charles Quint quitte Majorque ;
  • mardi 29 octobre : Charles Quint est à Ibiza ;
  • jeudi 1er décembre : dans la soirée, Charles Quint arrive à Carthagène ;
  • vendredi 2 au dimanche 4 décembre : Charles Quint séjourne à Carthagène ;
  • lundi 5 décembre au vendredi 9 décembre ; Charles Quint séjourne à Murcie.

Préparatifs[modifier | modifier le code]

Charles Quint à la bataille de Muehlberg, par Titien

Charles Quint, « le souverain itinérant », a parcouru en 1541, L'Allemagne et l'Italie : Spire, Heidelberg, Nuremberg, Ratisbonne, le 12 juillet 1541, il est à la diète, Munich, Innsbruck, Trente, Milan, Pavie, Gênes, La Spezia, Lucques, Portovenere. À Ratisbonne, l'empereur apprend que les Turcs viennent de débarquer sur les côtes d'Italie. Son frère Maximilien II reste à la surveillance de la frontière de Hongrie. Charles, bloqué à Lucques par de mauvais vents, rencontre le pape Paul III les 10 et 11 septembre et l'informe de son intention de partir en expédition contre Alger[66]. Tous ceux, informés de ses intentions, pape y compris, lui déconseillent une expédition tardive dans la saison, mais pour des raisons qui lui sont propres (voir ci-dessus Diplomatie), il persévère dans son action.

Charles Quint confie l'armée de terre à Ferdinand de Gonzague, vice-roi de Sicile, avec le titre de capitaine général et nomme Andrea Doria chef de la flotte. Participent à l'expédition, le duc d'Albe, Ferdinand Alvare de Tolède, Camille Colonna, neveu du pape, Hernán Cortés, conquistador de l'Empire aztèque[66] et l'Hospitalier Nicolas Durand de Villegagnon.


Passant par la Corse, la Sardaigne et Majorque, il rassemble ses forces, réunissant les flottes de Gênes, de Naples, de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, qui transportent les troupes venues d'Espagne et des Pays-Bas[67]. La flotte, composée de plus de 65 galères et de 451 navires de transport, montés par 12 300 matelots, est commandée par Andrea Doria[67] ; le Duc d'Albe dirige les troupes de débarquement, 25 700 hommes dont 6 000 Allemands, 6 000 Espagnols et Siciliens, et 5 000 Italiens, 3 000 volontaires, 1 500 cavaliers, 200 gardes de la maison de l'empereur, 150 officiers nobles, et 150 hospitaliers[68] qui doivent être renforcés par 2 000 hommes du Zouaoua, hostiles aux Turcs d'Alger, qui ne peuvent arriver à temps[69].

La défense de la ville est assurée entre 800 à 1 500 janissaires et 6 000 morisques auxiliaires réfugiés récemment amenés d'Espagne avec des renforts de 15 000 cavaliers arabes. Le mardi 18 octobre 1541, la flotte quitte Majorque, ralliée par les galères de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Le 19 octobre 1541, la flotte est devant Alger; les Algérois, ayant aperçu la flotte, se préparent à la défense. Le beylerbey Hasan Agha (seigneur Hassan en turc) commandant Alger, en l'absence de Barberousse, réunit les principaux habitants de la ville, les gens de loi, les imams des mosquées, l'ordre des Janissaires et les chefs des zaviés à se rendre à l’hôtel du gouvernement qui est le palais de la jenina, et sous un ton énergique les motive au combat[70].

Débarquement[modifier | modifier le code]

800 à 1500 Janissaires s'occupèrent selon plusieurs sources à la défense de la Casbah d'Alger et de la basse ville

Après bien des retards, cette flotte formidable appareilla, dans les premiers jours d’octobre, époque fatale, où les vents de l’équinoxe dominent en maîtres dans les parages de l’Algérie. Hassan Aga, pris au dépourvu, fit ses efforts pour résister à cette invasion : il ajouta de nouvelles fortifications à celles qu’avait déjà fait construire Khair-Eddine, fit armer toutes les batteries de la marine, et flanquer de tours le mur d’enceinte qui enfermait Alger du côté de terre. Pendant ces préparatifs, il affecta de se montrer à la multitude, tranquille et comme assuré du triomphe. Il défendit aux habitants, sous peine de mort, de quitter la ville; puis fit raser tous les jardins et abattre tous les arbres qui avoisinaient la ville. Les forces dont il disposait alors n’étaient pas considérables : il n’avait que 800 à 1500 janissaires, auxquels il avait donné pour auxiliaires un corps de 5,000 hommes, levé à la hâte et composé d’Algériens, niais surtout de Maures d’Andalousie, qui maniaient très adroitement l’escopette ou se servaient d’arcs en fer d’une grande puissance. Dans la plaine, il comptait sur les Arabes. Tels étaient les moyens de défense d’Hassan; il est facile de voir qu’ils se trouvaient bien inférieurs ceux des chrétiens.

Plan d'Alger au XVIe siècle

Quoi qu’il en soit, le 19 octobre, le saheb el nadour (l’officier de la lunette) vint annoncer à Hassan que l’on découvrait à l’horizon une flotte immense. Hassan parcourt aussitôt à cheval les divers quartiers de la ville, examine minutieusement tous les préparatifs, assigne à ses officiers les positions qu’ils doivent occuper; puis il se rend à la porte Bab-Azoun, où il pensait que commencerait l’attaque, et monte à la batterie qui défendait cette partie des fortifications. De là, son œil pouvait embrasser toute l’étendue de la baie, le rivage et les premières crêtes du Sahel, qui commençaient à se couronner de burnous blancs. Dès que les divers chefs de poste aperçurent Hassan sur la plate-forme de la batterie, ils s’empressèrent de le saluer par une décharge générale de leurs armes à feu. Le grand drapeau national d’Alger, formé de trois bandes de soie, rouge, verte et jaune, se déploya majestueusement au-dessus de la porte de Bab-Azoun, tandis que les tours, les forteresses, les remparts, se hérissaient d’armes, se pavoisaient de drapeaux de diverses couleurs, la plupart chargés de symboles mystiques ou de versets du Coran. Les Algériens étaient remplis de confiance car une prédiction avait dit que les Espagnols seraient détruits dans trois expéditions différentes, dont une commandée par un grand prince, et qu’Alger ne serait prise que par des soldats habillés de rouge.

Le 21 octobre, la flotte impériale, complètement ralliée, se trouvait dans la baie d’Alger; le 23 seulement, elle put opérer son débarquement. On choisit cette partie de la plage qui avoisine la rive gauche d’El-Harrach, située au pied des hauteurs qui dominent la plaine de Mustapha. Monté sur la poupe de la Réale, qui portait l’étendard impérial, Charles-Quint dirigea cette opération. Toutes les galères, pavoisées de leurs couleurs nationales, étalaient leurs rames et disputaient de vitesse pour faire arriver les transports mouillés au large et les rapprocher du rivage, tandis que les bateaux plats prenaient les soldats et les déposaient à terre. Sur la plage, on voyait une multitude compacte d’Arabes, les uns à pied, les autres à cheval, défier les Espagnols en élevant leurs armes au-dessus de leur tête, et en agitant les pans de leurs burnous. Leur nombre augmenta surtout lorsque le débarquement commença, ils tentèrent même de s’y opposer; mais les galères qui s’étaient rapprochées de terre soutinrent cette opération difficile par des bordées bien nourries, qui forcèrent les Arabes de se tenir à distance. Aussitôt que l’infanterie fut entièrement débarquée, Charles-Quint, qui avait toujours présente à l’esprit sa conquête de Tunis, envoya à Hassan un parlementaire pour le sommer de se rendre. « Dis à ton maître, répondit celui-ci à l’officier espagnol, qu’Alger s’est déjà deux fois illustrée par la défaite de Francisco de Vero et de Hugues de Moncade, et qu’elle espère acquérir une gloire nouvelle par celle de l’empereur lui-même. » L’intimidation étant restée sans effet, il fallut songer à agir. Le 24 octobre, l’armée de Charles-Quint, divisée en trois corps, se porta sur Alger.

Escarmouches et embuscades[modifier | modifier le code]

Infanterie du Saint Empire

La première division, ou l’avant-garde, se composait des Espagnols commandés par Ferdinand de Gonzague; les Allemands formaient le corps de bataille; ils étaient commandés par l’empereur ayant pour lieutenant le duc d’Albe; l’arrière-garde, composée de la division italienne, des chevaliers hospitaliers et des volontaires, était sous les ordres de Camille Colonna. L’avant-garde occupait la gauche, c’est-à-dire le haut de la plaine; l’arrière-garde suivait le bord de la mer, et le corps de bataille gardait le centre. Dès que l’armée impériale se mit en mouvement, les Arabes ne cessèrent de la harceler, si bien qu’après six heures de marche elle n’avait pas avancé d’un mille; le soir elle prit position à El-Hamma, sans toutefois pouvoir goûter un seul instant de repos, car les Arabes continuèrent leurs escarmouches pendant toute la nuit.

Le 25, l’armée, après une marche difficile, constamment entravée par les attaques partielles des Arabes, parvint néanmoins à gagner les hauteurs qui dominent la ville. L’avant-garde se porta jusqu’auprès du ravin de Bab-el-Oued, et Charles-Quint s’établit, avec le corps de bataille, sur la même colline du Coudiat-el-Saboun où en l’année 1518 Hugues de Moncade avait pris position, et où fut construit plus tard le fort de l’Empereur. Son arrière-garde formait l’aile droite, et occupait tout l’espace compris depuis le pied des montagnes jusqu’au bord de la mer au cap Tafoura, là où est aujourd’hui le fort Bab-Azoun. La position était on ne peut plus avantageuse. Par cette manœuvre on avait isolé les Arabes de la ville, et des ravins profonds les tenaient éloignés de l’armée, il n’y avait plus qu’à commencer les travaux du siège. Charles-Quint fit débarquer sa grosse artillerie, et ordonna en même temps à la flotte de s’embosser le plus près possible de la place, afin de pouvoir la canonner simultanément par terre et par mer. Ni l’empereur ni ses généraux ne comptaient sur une longue résistance : les murs d’enceinte étaient très faibles, et l’artillerie des Algériens peu nombreuse; mais Alger avait pour elle de plus puissants auxiliaires : c’est-à-dire les orages qui jusque là l’avaient protégée, grâce au mauvais choix de la saison pendant laquelle on était chaque fois venu l’attaquer.

Bataille[modifier | modifier le code]

Le chevalier de Malte de la Langue de France Ponce de Balaguer, enfonce son poignard dans la porte de Bab-azoun avant de tomber en martyr en disant : « Nous reviendrons ! »

Dès l’après-midi du 25, le ciel était devenu tout à coup orageux, et de larges gouttes d’eau avaient humecté la terre. Vers le soir, le temps devint glacial; la pluie tomba en abondance, ruina les chemins, grossit les torrents, et les soldats sans abri étaient transis de froid. Pendant la nuit, survint une violente rafale : on entendait les câbles se rompre avec fracas; les navires chassaient sur leurs ancres, s’entrechoquaient les uns les autres, et finissaient par couler à fond. Cette nuit fut terrible pour l’empereur; sa douleur était poignante, mais rien ne trahissait au dehors ses émotions intérieures, et, constamment entouré de ses généraux et de ses principaux officiers, il s’efforçait de les rassurer par son calme apparent.

Au point du jour, un brouillard épais couvrait la plage et la pleine mer ; la pluie n’avait pas cessé ; il était impossible de rien distinguer à une faible distance. En ce moment de crainte et d’incertitude, on entendit, vers le bas de la montagne, non loin des murs d’Alger, des cris tumultueux: c’étaient les Turcs et les Maures, qui, profitant de l’orage et de la pluie, venaient attaquer l’armée impériale jusque dans ses retranchements. Les soldats de Charles-Quint coururent aux armes; mais leurs mousquets tout mouillés les servaient mal : les Maures, au contraire, armés d’arcs en fer, leur envoyaient une grêle de flèches qu’ils ne pouvaient éviter, le vent et la pluie leur battant au visage. Pour faire cesser cette lutte inégale, les Italiens et les chevaliers hospitaliers, car c’était l’arrière-garde qui se trouvait ainsi attaquée, voulurent combattre corps à corps; mais leurs ennemis, plus agiles et connaissant mieux les chemins, les esquivaient en se repliant sur Alger. Cette escarmouche se continua jusqu’aux portes de la ville. Alors les Turcs et les Maures, se voyant en sûreté, montent sur les remparts, et aux nuées de flèches font succéder des décharges de mousqueterie. Les Italiens, surpris et effrayés, se mettent à fuir; les chevaliers conservent seuls leurs rangs, et, malgré une nouvelle sortie, ils se replient en bon ordre.

À la vue du danger que court cette partie de son armée, l’empereur vient en personne, accompagné de ses fidèles Allemands, rétablir le combat. Les chevaliers, à leur tour, se sentant appuyés, reprennent l’offensive; ils chargent, quoique à pied, les cavaliers turcs; ils les refoulent dans les rues étroites et tortueuses du faubourg Bab-Azoun, et les pressent avec une telle vigueur qu’ils seraient entrés dans Alger avec eux, si Hassan Aga, pour prévenir ce danger, n’eût sacrifié une partie de son armée en faisant fermer précipitamment les portes. C’est à ce moment que le chevalier Ponce de Balagner, qui tenait déployé l’étendard de l’Ordre, furieux de se voir arrêté dans sa poursuite, se jeta contre la porte et y enfonça son poignard.

Bientôt après, les Turcs et les Maures, ralliés par Hassan, se précipitaient sur cette brave milice, qui formait l’arrière-garde pendant que l’armée chrétienne se retirait dans ses retranchements. Les chevaliers hospitaliers, après tant d’efforts, étaient trop accablés de fatigue pour résister à cette nouvelle attaque; ils voulurent néanmoins tenir tête à l’ennemi, et on les vit se former en bataille dans les gorges étroites qui avoisinent le pont des Fours. Mais leur courage ne servit qu’à illustrer ce lieu, qui depuis a retenu le nom de Tombeau des Chevaliers !

Ce fut au retour de ce déplorable engagement que la brume, venant à s’éclaircir, dévoila à l’armée de Charles-Quint les désastres de la nuit. Cent cinquante navires de diverses grandeurs étaient brisés sur la plage ou bien coulés à quelque distance, ne laissant apercevoir que l’extrémité de leur mâture. Presque tout ce qu’ils contenaient avait été submergé, et les hommes avaient péri, soit dans les flots, soit sous le yatagan des Arabes. La grosse artillerie, tout le matériel du siège, étaient perdus, car, avant que les ordres donnés par Charles-Quint eussent pu recevoir un commencement d’exécution, les bateaux de transport avaient été engloutis. Les soldats, qui n’avaient ni vivres ni tentes, contemplaient avec effroi le désastre de la flotte; leur douleur s’accrut encore lorsqu’ils virent les bâtiments qui avaient échappé à la tempête mettre à la voile et gagner le large. L’amiral se portait sur le cap Matifou. « Mon cher empereur et fils, écrivait André Doria à Charles-Quint en l’instruisant de cette manœuvre, l’amour que j’ai pour vous m’oblige à vous annoncer que, si vous ne profitez pour vous retirer de l’instant de calme que le ciel vous accorde, l’armée navale et celle de terre, exposées à la faim, à la soif et à la fureur de l’ennemi, sont perdues sans ressource. Je vous donne cet avis parce que je le crois de la dernière importance. Vous êtes mon maître, continuez à me donner vos ordres, et je perdrai avec joie, en vous obéissant, les restes d’une vie consacrée au service de vos ancêtres et de votre personne. » Cette lettre décida l’empereur à lever le siège. Voici les principales dispositions qu’il prit pour assurer sa retraite la prévoyance et le sang-froid qu’il mit à ordonner tous les détails de cette difficile opération l’honorent à la fois comme prince et comme guerrier.

Retraite[modifier | modifier le code]

Poursuite lors de la retraite par la cavalerie des tribus de la Mitidja.

Charles-Quint décida que l’artillerie et les bagages seraient abandonnés, que les chevaux de trait serviraient à la nourriture de l’armée jusqu’au moment où il serait possible de recevoir des vivres de la flotte ; puis il fit rassembler les blessés ainsi que les malades, et les établit au centre de la colonne. Sur les deux flancs il plaça les divisions allemande et italienne, et réserva pour l’arrière-garde les troupes qui avaient conservé le plus d’énergie: c’étaient les Espagnols et les chevaliers hospitaliers; la cavalerie fit aussi partie de ce poste d’honneur. Ainsi s’achemina vers le cap Matifou cette armée naguère si brillante et si pleine d’espérance; sa marche fut lente, pénible, semée d’obstacles. Les pluies avaient détrempé le sol et considérablement enflé les torrents. Les soldats, énervés par la disette, pouvaient à peine se tenir sur ce terrain fangeux; les Arabes les harcelaient avec une rage féroce, se précipitant comme une nuée d’oiseaux de proie sur ces malheureux qui tombaient de fatigue, et les massacraient sans pitié.

Les Turcs et les Maures ne dépassèrent pas les rives d’El-Harrach ; ils retournèrent vers Alger, où de plus riches dépouilles les attendaient, laissant aux Arabes de la plaine et du Sahel le soin de poursuivre et d’inquiéter l’armée chrétienne. Ceux-ci s’acquittèrent si bien de leur tâche, que plus de deux mille cadavres jalonnèrent l’espace qui s’étend depuis Tafoura jusqu’à Matifou. Une fois arrivé en présence de la flotte, Charles-Quint pressa l’embarquement; mais, malgré ses soins et sa diligence, il perdit encore un grand nombre de soldats, et ne parvint à ramener en Espagne que la moitié de son monde.

Conséquences[modifier | modifier le code]

La Bataille tourne au désastre quand des tempêtes dispersent et détruisent en partie la flotte d'invasion peu après le début du débarquement, et l'empereur rentre en Espagne avec ce qui reste de ses troupes au mois de novembre. Le 8 mars 1542, Antoine Escalin des Aimars, nouvel ambassadeur français auprès de Soliman, revient de Constantinople avec la promesse du sultan d'apporter son aide à la France dans la guerre contre Charles Quint. François Ier déclare la guerre à l'empereur le 12 juillet à la suite de la défaite devant Alger mais aussi en invoquant diverses offenses subies dont le meurtre de Rincon.

Hasan Agha expédie une galiote pour porter la nouvelle de la victoire à la Sublime Porte. Khaïr-ed-din pacha, l’introduit dans le sérail du sultan qui lui donne une magnifique pelisse et un khattichérif qui l’établit gouverneur à Alger avec le titre de pacha. Après le désastre de Charles Quint, Alger devient le port le plus puissant de la rive Sud de la Méditerranée[71]. Grâce à sa victoire, Hassan Agha obtient le ralliement de certaines tribus, en Kabylie, dans le Hodna, le Zab et le Constantinois

En avril 1542, Hasan Agha entreprend de châtier le roi de Koukou qui a fourni 2 000 hommes à Charles Quint. Il envoie un corps de 3 000 Turcs armés de mousquets, 2 000 cavaliers arabes, 2 000 fantassins berbères et douze pièces d'artillerie, la plupart de petit calibre et montées sur affûts. Devant les armes à feu, le roi de Koukou donne une grosse somme d'argent et du bétail et promet de se soumettre dorénavant au tribut annuel, livrant son fils en otage[72].

En 1543, Hassan Agha marche sur Tlemcen avec une armée de 14 000 hommes afin de soumettre le roi Moulay Ahmed qui avait rompu son allégeance au roi d'Alger pour s'allier aux Espagnols. Le roi de Tlemcen se soumet à Hassan Agha qui retourne à Alger. Le général espagnol Don Martin de Cordova, marquis de Cortès, décide de châtier Moulay Ahmed pour ce renversement d'alliance. Vaincu, Moulay Ahmed se réfugie à Fès[73].

La disgrâce de Hassan Agha[modifier | modifier le code]

Lors des préparatifs de l'expédition de Charles Quint, Hassan Agha avait été en relation avec des émissaires de l'empereur. Ce dernier lui ayant fait miroiter le pachalik d'Alger s'il livrait la ville à condition que l'empereur l'attaque avec des forces considérables. La défaite de Charles Quint, due principalement aux très mauvaises conditions météorologiques, permit à Hassan Agha de gagner la bataille.[pas clair] Khayr ad-Din Barberousse, informé de cette possible duperie, douta de la fidélité d'Hassan[74].

Hassan Agha étant tombé malade lors de son retour de Tlemcen, la milice des janissaires (Odjak) d'Alger choisit Hadji Pacha comme successeur d'Hassan Agha. Mais Hadji Pacha ne gouverne que huit mois, car Barberousse a obtenu du sultan de Constantinople la nomination de son fils Hassan comme nouveau gouverneur d'Alger.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. repris par H. D. de Grammont en 1874.
  2. connu par Giacomo Bosio dans Dell'istoria della sacra Religione, dell'illustrissima milizia di Santo Giovanni Gierosolimitano (1611) , traduit de l'italien par Pierre de Boissat en 1612 et repris par l'Abbé Vertot dans son Histoire des chevaliers de Malte en 1726.
  3. dans son avant-propos, Rousseau semble penser que El Zohrat el Nayerat serait la suite de Razaouât.
  4. tous ces textes sont repris par Daniel Nordman dans Tempête sur Alger : l'expédition de Charles Quint en 1541 de 2006.
  5. fait prisonnier en Méditerranée en 1619 par les Barbaresques, il est conduit à Alger, où il restera environ six mois, temps qu'il mettra à profit pour se faire élire et proclamer évêque d'Afrique, avant d'être libéré.
  6. entre autres l'échec de Charles Quint, mais aussi celui cuisant de l'expédition ordonnée par Louis XIV en 1664 contre Gigel.
  7. mais aussi celle de Besançon et de Tournai, et dont la partie traitant de l'expédition d'Alger, a été reprise et publiée par Rotalier Histoire d'Alger ou Weiss Lettres et Papiers d’État du cardinal de Granvelle.
  8. Nordman explique (p.30 note 4) « Je n'ignore pas le risque que prend l'historien quand il désigne sous le terme « croisade » des opérations et expéditions très diverses, surtout dans le temps.L'expression est commode [...] ». Ou encore Jean Flori dans Le Monde du 1er août 2007 « N'abusons pas du mot croisade ! »
  9. suivant Jacques Heers (2008) p.68, une légende voudrait qu'il se soit évadé sur une barque jusqu'en Égypte.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Pierre Mesnard, "Charles Quint et les Barbaresques", Revue hispanique, 1959, (vol. 61, 2-3), p. 215-235.
  2. Tous résultats pour expédition d'alger 1541 » François Joseph Ferdinand Marchal, Edmond Marchal, Secrétaire perpétuel de l'Académie Royale de Belgique, Histoire politique du Règne de l'Empereur Charles-Quint, 1856, p. 602 : "EXPÉDITION D'ALGER, 1541".
  3. Recueil des notices et mémoires de la Société archéologique de la province de Constantine, vol. 13, Alessi et Arnolet,‎ (présentation en ligne)
  4. H. D. de Grammont, (1874) p.50
  5. H. D. de Grammont, (1874) p.111
  6. H. D. de Grammont, (1874) p.121
  7. a, b et c Abd El Hadi Ben Mansour, « Nordman Daniel, Tempête sur Alger. L’expédition de Charles Quint en 1541 » in BCAI 28, IFAO, 2012, p.95-96
  8. Daniel Nordman (2006) p.279
  9. H. D. de Grammont, (1874) p.133
  10. [http://mcv.revues.org/5400 Mélanges de la Casa de Velázquez, 43-2, 2013
  11. Au programme des études History of the Mediterranean in Modern Age de l'université de Pise
  12. Au programme du Master Monde de la Méditerranée à l'université d'Istanboul
  13. recension par El Watan
  14. a et b Jacques Heers (2008) p.13
  15. a et b Jacques Heers (2008) p.14
  16. Daniel Nordman (2011) p.30
  17. Daniel Nordman (2011) p.34
  18. Jacques Heers (2008) p.15
  19. Daniel Dordman (2011) p.19-22
  20. a, b et c Daniel Nordman (2011) p.22-24
  21. Jacques Heers (2008) p.13-16
  22. Jacques Heers (2008) p.21
  23. a et b Jacques Heers (2008) p.57
  24. Jacques Heers (2008) p.58
  25. a et b B. Galimard Flavigny (2006) p. 331.
  26. Nicolas Vatin, L'Ordre de Saint-Jean-de Jérusalem, l'Empire ottoman et la Méditerranée orientale entre les deux sièges de Rhodes (1480–1522), coll. « Turcica » n°7, Paris, 1994, (ISBN 2-87723-161-5)
  27. Jacques Heers (2008) p.59-60
  28. Jacques Heers (2008) p.109
  29. Jacques Heers (2008) p.80
  30. Daniel Nordman (2011) p.64
  31. a, b et c Jacques Heers (2008) p.82
  32. Jacques Heers (2008) p.66
  33. Jacques Heers (2008) p.84
  34. Jacques Heers (2008) p.88
  35. a et b Jacques Heers (2008) p.86
  36. Jacques Heers (2008) p.87
  37. Jacques Heers (2008) p.46
  38. Jacques Heers (2008) p.68
  39. Jacques Heers (2008) p.68-69
  40. Jacques Heers (2008) p.70
  41. Jacques Heers (2008) p.71
  42. Jacques Heers (2008) p.71-72
  43. Jacques Heers (2008) p.73
  44. Jacques Heers (2008) p.73-74
  45. Jacques Heers (2008) p.74-75
  46. Jacques Heers (2008) p.75-76
  47. Jacques Heers (2008) p.77
  48. Jacques Heers (2008) p.76
  49. a, b et c Jacques Heers (2008) p.78
  50. Jacques Heers (2008) p.75
  51. Jacques Heers (2008) p.79
  52. Jacques Heers (2008) p.17
  53. Jacques Heers (2008) p.53
  54. Jacques Heers (2008) p.56-64
  55. Jacques Heers (2008) p.55
  56. Daniel Nordman (2011) p.45
  57. Jacques Heers (2008) p.91
  58. a, b et c H. D. de Grammont, (1874) p.86
  59. Daniel Nordman (2011) p.53
  60. a, b, c, d et e H. D. de Grammont, (1874) p.84
  61. H. D. de Grammont, (1874) p.84, note 2
  62. a, b, c, d, e et f H. D. de Grammont, (1874) p.87
  63. a, b et c H. D. de Grammont, (1874) p.88
  64. a, b, c et d H. D. de Grammont, (1874) p.89
  65. Daniel Nordman (2011) p.617-618, ses sources sont indiquées p.619
  66. a et b Daniel Nordman (2011) p.133
  67. a et b Edmond Marchal, Histoire politique du règne de l'empereur Charles-Quint avec un résumé des événements précurseurs depuis le mariage de Maximilien d'Autriche et de Marie de Bourgogne, Tarlier,‎ (présentation en ligne)
  68. Léon Galibert, L'Algérie : ancienne et moderne depuis les premiers établissements des Carthaginois jusqu'à la prise de la Smalah d'Abd-el-Kader, Furne et cie,‎ (présentation en ligne)
  69. Louis Piesse, Itinéraire historique et descriptif de l'Algérie : comprenant le Tell et le Sahara, Hachette,‎ (présentation en ligne)
  70. Fondation de la Régence d'Alger, Histoire des Barberousse. Chronique arabe du XVIe siècle sur un manuscrit de la Bibliothèque royale, avec un appendice et des notes Expédition de Charles-Quint. J. Angé éditeur, Rue Guénégaud, no 19 Versailles, même maison, Librairie de l’Évêché, Rue Satory, 28. et la Librairie orientale de Mme Dondy-Dupré. 1837
  71. Alexandre Rang, Histoire d'Aroudj et de Khaïr-ed-din, fondateurs de la régence d'Alger : chronique arabe du XVIe siècle, vol. 2, J. Angé et cie,‎ (présentation en ligne)
  72. Adrien Berbrugger, Les époques militaires de la grande Kabylie, Bastide,‎ (présentation en ligne)
  73. Diego de Haëdo, p. 81.
  74. Henri-Delmas de Grammont, page 78.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jacques Heers, Les Barbaresques, éditions Perrin, coll. tempus, Paris, 2008, 369 pages (ISBN 978-2-262-02866-4) (Ce professeur émérite à Paris IV-Sorbonne, ancien professeur à l'université d'Alger, est un médiéviste spécialiste de la Méditerranée. Son ouvrage présente 23 pages de notes, 7 pages de bibliographie et 9 pages d'index)
  • Daniel Nordman, Tempête sur Alger : l'expédition de Charles Quint en 1541, éditeur Bouchene, coll. Histoire du Maghreb, Saint-Denis, juin 2006, 702 pages, (ISBN 978-2-35676-003-6) (Ce directeur de recherches émérite du CNRS présente un ouvrage qui a le mérite de fournir en 279 pages des sources primaires mais Nordman a tendance à donner à toutes ces sources une valeur équivalente).
  • Nicolas Durand de Villegaignon, Relation de l'expédition de Charles-Quint contre Alger, éditeurs Auguste Aubry, Paris, et Juillet-Saint-Lager, Alger, 1874, 253 pages (comprend El Zohrat el Nayerat de Mahamed ben Mohamed ben Abd-er-Rahman ben El Djilani ben Rakia, Razaouât de Sinan-Tchaouch et les archives du Mehkemé. Le principal de cet ouvrage est repris dans les annexes de Nordman - 2006).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens extérieurs[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé de Vertot, Histoire de l'ordre des chevaliers de Malte, Rollin, Quillau, Desaint éditeurs, Paris, 1726, tome quatrième. (Relation du siège d'Alger d'après le secrétaire du légat du pape Paul III, p.106-120. Vertot est relativement hagiographique mais la relation des faits est généralement précise.)
  • Arsène Berteuil, L'Algérie française : histoire, mœurs, coutumes, industrie, agriculture, Dentu éditeur, Paris, 1856. (Relation de l'expédition p.51-56. Cite Galibert comme source)
  • Léon Galibert, L'Algérie : ancienne et moderne depuis les premiers établissements des Carthaginois jusqu'à la prise de la Smalah d'Abd-el-Kader, Furne et cie, 1844. (Relation de l'expédition p.180-185. Galibert ne cite pas ses sources)
  • Edmond Marchal, Histoire politique du règne de l'empereur Charles-Quint avec un résumé des événements précurseurs depuis le mariage de Maximilien d'Autriche et de Marie de Bourgogne, Tarlier, 1856. (Expédition d'Alger, p.601-605. cinq passages sourcés)
  • Alexandre Rang, Histoire d'Aroudj et de Khaïr-ed-din, fondateurs de la régence d'Alger : chronique arabe du XVIe siècle, vol. 2, J. Angé et cie, 1837. (Relation de l'expédition d'Alger, p.53-68. Récit hagiographique d'après des sources en arabes non mentionnées)
  • Odile Sassi, Mathilde Aycard, sous la direction de Pierre Vallaud, Atlas historique de la Méditerranée, éditions Presse de l'université Saint-Joseph, Beyrouth (pour les cartes) et Fayard, Paris (pour les textes), 2009, (ISBN 978-2-213-63562-0) (Partie 6 -Grandeur et Décadence- et Partie 7 -La déchirure- p.113-139)