Bassma Kodmani

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Bassma Kodmani

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Bassma Kodmani en octobre 2012.

Naissance 29 avril 1958
Damas, Syrie
Profession Politologue
Autres activités
Cofondatrice du Conseil national syrien
Distinctions
Chevalier de la Légion d'honneur[1]

Bassma Kodmani (en arabe : بسمة قضماني), née le 29 avril 1958 à Damas, est politologue, universitaire, chercheur, directrice de l'Initiative Arabe de Réforme et cofondatrice du Conseil national syrien[2] qu'elle quitte le 28 août 2012[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Bassma Kodmani est la fille de Nazem Kodmani, ancien ambassadeur de Syrie en France, artisan du rétablissement des relations diplomatiques entre la France et la Syrie après la crise du canal de Suez et diplomate responsable du département Europe occidentale au ministère syrien des Affaires étrangères à son retour à Damas ; arrêté quelques mois peu après la guerre des Six Jours pour avoir critiqué son ministre de tutelle, il finit par rejoindre Beyrouth, Londres, puis l'UNESCO accompagné de sa famille[2],[4]. Sa mère, Hyam Mardam-Bey, est la nièce de Jamil Mardam-Bey, un dirigeant syrien de l’époque post-indépendance du mandat français, et la cousine de l'éditeur franco-syrien Farouk Mardam-Bey[4]. Bassma Kodmani est également la sœur de la journaliste franco-syrienne Hala Kodmani.

Aujourd'hui divorcée, elle fut l'épouse du journaliste palestinien Nabil Darwiche et la belle-sœur d'un officier palestinien proche de Yasser Arafat et assassiné à Rome dans les années 1980[5].

Carrière académique[modifier | modifier le code]

Bassma Kodmani acquiert un doctorat en science politique à Sciences-Po Paris[6] avant d'intégrer en 1981 l'Institut français des relations internationales (IFRI)[2]. Cette année-là, elle crée à l’IFRI le programme d’études sur le Moyen-Orient et l’Islam, qu'elle dirige jusqu’en 1998[7], date à laquelle elle quitte l'IFRI[6]. Elle est par ailleurs maître de conférences à l’Université Paris I Sorbonne et Marne-La-Vallée où elle enseigne les relations internationales[7]. De 1999 à 2005, elle dirige le programme « Gouvernance et Coopération Internationale pour le Moyen-Orient » à la Fondation Ford, basée en Égypte avec pour mission de soutenir les institutions de recherche arabes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord[7]. En septembre 2005, elle fonde et devient directrice exécutive de l'Initiative de Réforme Arabe, un consortium d’instituts de recherche du monde arabe initié par le Council on Foreign Relations et travaillant en partenariat avec des instituts européens et américains sur les questions de réforme et de transition démocratique dans le monde arabe[8]. Elle occupe ensuite les fonctions de chercheur visiteur au Collège de France de 2005 à 2006, chercheur associé au CERI – Sciences Po de 2006 à 2007 et chargée de mission à la direction internationale du CNRS de 2007 à 2009[9]. Elle est également membre du Conseil européen des relations étrangères et directrice du programme académique de l'Académie diplomatique internationale[8].

Elle est auteur et directrice de publications sur les conflits du Moyen-Orient, la sécurité régionale, la question palestinienne, l’évolution politique des sociétés arabes et les relations entre pouvoirs politiques et pouvoirs religieux[7].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Bassma Kodmani est engagée depuis plus de 30 ans dans la défense des droits du peuple palestinien à travers ses publications académiques, ses analyses politiques, ses interventions médiatiques, son soutien à des institutions de la société civile palestinienne et la coordination pendant trois ans (2008-2011) d'un groupe de hautes personnalités politiques européennes agissant comme un groupe informel de pression sur leur gouvernement.[réf. nécessaire]

Elle participe aux réunions du groupe Bilderberg en 2008 et en 2012[8].

Opposition au régime Assad[modifier | modifier le code]

En 2011, dans le contexte de la guerre civile syrienne, elle participe à la fondation du Conseil national syrien (CNS) dont elle intègre le comité exécutif. Elle est également porte-parole et responsable des relations extérieures de l'organisation[10],[2].

De janvier à juin 2012, elle participe à la rédaction du projet Le Jour d’Après. Soutenir une transition démocratique en Syrie[11].

En février 2012, la télévision iranienne et des sites syriens reprennent une vidéo datant de 2008, qui crée la polémique en raison des propos de Bassma Kodmani à l'égard d'Israël. Celle-ci participait alors, avec des écrivains israéliens et Théo Klein, à un débat télévisé pour l'émission Bibliothèque Médicis sur Public Sénat, à l'occasion du Salon du livre de Paris dont Israël était l'invité d'honneur[2],[12]. Bassma Kodmani s'est défendue face à ces accusations : « C'est une tentative de me discréditer. Si je n'étais pas venue, qui aurait parlé de l'occupation israélienne ? Pour moi, la question palestinienne restera toujours centrale »[2].

Le 28 août 2012, alors que le CNS est en perte de vitesse auprès des acteurs syriens et internationaux, elle annonce, avec d'autres membres, sa démission de l'organisation en déplorant son absence de crédibilité[3] et en déclarant notamment que « le CNS ne travaille pas bien avec les autres groupes d'opposition »[13]. Elle retourne alors à ses activités universitaires et se consacre à l'effort humanitaire pour le peuple syrien[14]. Si Kodmani affirme qu'elle n'a pas démissionné à cause de tensions, un article - anonyme - sur le site du magazine Jeune Afrique estime qu'elle ne supportait plus les attaques à son encontre[12]. Pour l'universitaire Fabrice Balanche, « cela faisait longtemps que Bassma Kodmani, vue comme la représentante du camp occidental au sein du CNS, était fragilisée »[15].

En septembre 2012, elle participe à la création de l'association "Initiative pour une nouvelle Syrie" dont l'action est dédiée à l'assistance humanitaire et à des projets pour favoriser une transition réussie. Elle en est également la trésorière[16].

En février 2013, elle soutient la proposition de dialogue faite au régime syrien par Mouaz al-Khatib, président de la Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution[17].

En juillet 2013, elle signe une lettre ouverte à François Hollande réclamant la mise en place en Syrie d'une zone d'exclusion aérienne, « la mise au ban diplomatique du régime syrien » et « une aide substantielle sur le plan militaire aux brigades de l’Armée libre »[18].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Quelle sécurité pour le Golfe, Travaux et Recherches de l'IFRI, Economica, Paris, 1984
  • Perceptions de sécurité et stratégies nationales au Moyen-Orient, Travaux et Recherches de l'IFRI, Éditions Masson, Paris, 1990
  • Golfe et Moyen-Orient: les conflits, RAMSES Points (IFRI), Paris, 1991 (coauteur)
  • La Diaspora palestinienne, Presses universitaires de France, Paris, 1997
  • The Danger of Political Exclusion. Egypt’s Islamist Problem, Carnegie Papers, n° 63, Washington, octobre 2005
  • Abattre les murs. Les Arabes et leurs craintes, Éditions Liana Lévi, février 2008
  • Peace in the Middle East: The Dangers of Delay, Politique Etrangère, special issue for the World Policy Conference, octobre 2008

Références[modifier | modifier le code]

  1. Décret du 31 décembre 2012 portant promotion et nomination
  2. a, b, c, d, e et f « Bassma Kodmani, la voix de l'opposition syrienne à l'étranger », Le Monde, 29 juin 2012
  3. a et b Syrie: Démission d'une figure du Conseil national, 20 Minutes, 28 août 2012
  4. a et b Syrie-Opposition : Un paravent Kurde à la tête de l’opposition off-shore 1/2, René Naba, 7 septembre 2012
  5. « La controverse à propos de Basma Kodmani », René Naba, 7 avril 2012
  6. a et b Biographie de Bassma Kodmani sur le site de l'Initiative pour une Nouvelle Syrie
  7. a, b, c et d Fiche de Bassma Kodmani par l'Académie diplomatique internationale
  8. a, b et c (en)« The Syrian opposition: who's doing the talking? », The Guardian, 12 juillet 2012
  9. (en)2011 Georis Prize recipient - Dr Bassma Kodmani, Executive Director of the Arab Reform Initiative, The Mercator Fund
  10. Bertrand Delanoé (21/02/2012) "Rencontre de Bertrand Delanoë avec Bassma Kodmani, porte parole du Conseil national syrien", Mairie de Paris.
  11. (en)Document original : The Day After. Supporting a Democratic Transition in Syria - About us
  12. a et b Syrie : les malheurs de Bassma Kodmani, Jeune Afrique, 5 septembre 2012
  13. Syrie: turbulences au sein de l'opposition à Bachar el-Assad, Radio France International, 29 août 2012
  14. Syrie: une voiture piégée explose, 27 morts, l'opposition se divise, RTBF, 29 août 2012
  15. La perspective d’un gouvernement syrien provisoire s’éloigne, La Croix, 6 septembre 2012
  16. Site de l'Initiative pour une Nouvelle Syrie
  17. Le chef de la Coalition nationale syrienne prêt à dialoguer avec le régime Assad, Le Monde, 14 février 2013
  18. Lettre ouverte au Président de la République Française sur la situation en Syrie, Ignace Leverrier pour Le Monde, 26 juillet 2013