Bassin de Silwan

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31° 46′ 13″ N 35° 14′ 06″ E / 31.7703, 35.2349 ()

Le bassin de Silwan, Siloam ou en français Siloé (en grec κολτμβηθπα σοτ Σιλωαμ (kolymbēthra tou Silōam), en hébreu שִּׁלֹחַ (silōaḥ) ou שֶּׁלַח (šelaḥ)) désigne différents réservoirs situés au sud de la colline de l'Ophel dans la portion inférieure de la cité de Jérusalem du temps du royaume de Juda. Il collecte l'eau le long le flanc est de la colline. C'est un lieu mentionné tant dans la Bible hébraïque que dans le Nouveau Testament : c'est le bassin d'Ézéchias, et l'endroit où Jésus guérit un aveugle de naissance dans l'Évangile selon Jean. Le bassin actuel est situé dans le district de Silwan à Jérusalem, juste au sud et en dehors des murs d'enceinte de la Vieille Ville.

Le bassin d'Ézéchias[modifier | modifier le code]

Selon la Bible hébraïque[1], le bassin est construit sous le règne d'Ézéchias vers 700 av. J.-C.. Il doit assurer l'approvisionnement en eau de Jérusalem face à l'attaque de Sennacherib. Ézéchias fait alors creuser une tunnel, le « Tunnel d'Ézéchias », pour rediriger les eaux de la source de Gihon située à l'est de la cité vers un côté moins vulnérable de la ville. La localisation de ce premier réservoir n'est pas connue[2].

Le bassin inférieur[modifier | modifier le code]

Le bassin inférieur (partiellement dégagé). Au fond, le minaret de la mosquée construite au-dessus du bassin de l'époque byzantine.

Le bassin inférieur est un réservoir alimenté par un canal depuis la source de Gihon. Le lieu est connu en arabe sous le nom de Birkat al-Hamra[3]. Le canal qui l'alimente date de l'âge du bronze moyen et a été appelé « canal II » par les archéologues du début du XXe siècle. Il longe le versant ouest de la vallée du Cédron. Ce canal ou aqueduc est partiellement couvert et partiellement découvert. Un certain nombre d'ouvertures permet d'irriguer la vallée. L'alimentation en eau de la vallée permet le développement de la végétation. Le « jardin du roi » mentionné dans le deuxième livre des Rois est probablement à situer dans ce secteur[4].

Après l'Exil, le bassin inférieur est appelé « piscine de Shelah »[5]. Pendant la période du Second Temple, l'historien juif Flavius Josèphe mentionne la « fontaine de Siloam » et la situe au sud de la vallée du Tyropœôn (B.J. 5.4.2). Le Talmud indique que pendant la fête de Soukkot, de l'eau est puisée à la fontaine de Siloé et transportée en procession jusqu'au Temple et à l'autel (Soukkot 4:9)[6].

Un large bassin trapézoïdal de 60x50m est construit vers le Ier siècle av. J.-C.. Il a été mis au jour en 2004[7]. Seule une partie du bassin a été dégagée. Le reste semble s'entendre sous un jardin appartenant à l'église grecque orthodoxe. L'accès au bassin se fait par trois séries de cinq marches en pierre, séparées par de larges plateformes. Au moins trois des côtés du bassin étaient équipés de marches. Les plateformes facilitaient peut-être l'usage de l'eau à des fins rituelles pour les pèlerins venant à Jérusalem[3]. Sous les pierres du bassin, on a trouvé les traces d'un bassin plus ancien datant de l'époque hasmonéenne. Les marches de ce premier bassin n'étaient pas en pierre mais en plâtre. Quatre monnaies d'Alexandre Jannée permettent de dater cette première phase de construction de la fin de la période hasmonéenne ou du début de la période hérodienne. Le bassin est utilisé jusqu'à la destruction de Jérusalem par les Romains. On y a retrouvé des pièces datant de la Grande Révolte[2]. Selon Josèphe, le bassin est détruit en même temps que le reste de la ville :

« les Romains chassèrent les brigands de la ville basse et brûlèrent tout jusqu'à la fontaine de Siloé »

— Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, 6

Le bassin supérieur[modifier | modifier le code]

Bassin de Silwan

Le bassin actuellement connu comme la « piscine de Siloam » est situé au nord du bassin inférieur. En 333, l'Anonyme de Bordeaux décrit une piscine qui date probablement d'une reconstruction sous Hadrien. Une église est construite au Ve siècle par l'impératrice byzantine Eudoxie à la sortie du tunnel d'Ézéchias pour commémorer le miracle de l'aveugle que Jésus de Nazareth envoie à la piscine de Siloé[8]. Cette église est mentionnée dans plusieurs itinéraires de pèlerinage de l'époque byzantine. L'Anonyme de Plaisance en donne une description. L'église est détruite par les Perses en 614. La colonnade entourant la piscine est encore décrite au Moyen Âge[6]. Une mosquée est construite sur le site en 1890[9].

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Notes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jérôme Murphy-O'Connor, The Holy Land, Oxford University press, coll. « Oxford Archaeological Guides »,‎ 2008 (ISBN 978-0-19-923666-4)
  • Jérôme Murphy-O'Connor, Guide archéologique de la Terre Sainte, Paris, Denoël,‎ 1982
  • W. Harold Mare, « Siloam, pool of », dans Anchor Bible Dictionary, vol. 5,‎ 1992
  • Hershel Shanks, « The Siloam Pool. Where Jesus Cured the Blind Man », Biblical Archaeology Review, no 31,‎ 2005 p. 16–23