Basilique de Constantin de Trèves

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Basilique de Constantin
Image illustrative de l'article Basilique de Constantin de Trèves
Présentation
Nom local Konstantinbasilika
Culte Église luthérienne
Type Basilique
Rattachement Église évangélique en Rhénanie, Communauté luthérienne de Trèves
Début de la construction IIIe siècle?
Fin des travaux IVe siècle
Reconstruite aux XIXe et XXe siècles
Style dominant Architecture romaine
Protection  Patrimoine mondial (1986)
Géographie
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Région Flag of Rhineland-Palatinate.svg Rhénanie-Palatinat
Commune Trèves
Coordonnées 49° 45′ 12″ N 6° 38′ 36″ E / 49.75333, 6.64333 ()49° 45′ 12″ Nord 6° 38′ 36″ Est / 49.75333, 6.64333 ()  

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Basilique de Constantin

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Basilique de Constantin
Basilique de Constantin vue de l’ouest
Basilique (estampe de 1648, d'après un croquis de 1548-50)[1]
Vue actuelle de l'espace intérieur (côté nord)

La basilique de Constantin de Trèves, à l'origine une aula (ou galerie couverte) romaine, abrite la plus vaste salle qui nous soit parvenue intacte de l’Antiquité classique. L'espace intérieur de l’édifice est long de 67 m, large de 27,20 m (soit 225×92 pieds romains) et haut de 33 m. La basilique est inscrite au Patrimoine mondial de l'UNESCO. L'édifice fut plusieurs fois remanié avant de retrouver au XIXe siècle son aspect initial. En 1856, elle a été consacrée au protestantisme et fait depuis fonction d'église protestante.

Histoire[modifier | modifier le code]

L’aula, construite entre le IIIe et IVe siècle, servait de salle du trône à l’empereur Constantin. Elle était habillée intérieurement de parements de marbre, avec des niches abritant des effigies de marbre. Le plancher et les murs étaient chauffés. La taille et le luxe de leurs édifices servaient aux Romains à démontrer leur puissance.

Il est impossible de dater avec précision la construction de la basilique. Ce qui est certain, c'est qu'elle fut construite avec les pierres d'édifices plus anciens, et qu'elle ne constituait pas un bâtiment isolé, mais qu’à l'époque de l'Antiquité tardive elle faisait partie de l'enceinte du palais impérial : les vestiges des bâtiments adjacents ont été mis au jour dans les années 1980 et sont aujourd'hui visibles.

L'aspect actuel de la basilique ne restitue pas l'architecture d'origine, car à l’époque les briques étaient couvertes d'un crépi. Quelques traces de ce crépi d'origine ainsi que certains traits antiques ont été conservés à hauteur des baies.

Le chauffage de cette gigantesque pièce était assuré par le dispositif suivant : sous un plancher double fonctionnant comme hypocauste se trouvaient cinq chaudières, d'où l'air chaud s'élevait par convection aussi bien entre les deux planchers que derrière le revêtement de marbre rapporté sur les murs. Ainsi le plancher n'était pas la seule surface chauffante. L'évacuation de l'air chaud par les ouvertures en partie supérieure de l'édifice était ainsi conçue qu'elle chauffait au passage les murs, lesquels servaient pratiquement de radiateurs.

Le toit s'est probablement effondré au Moyen Âge ; dès 1008 les murs étaient reconvertis en château fort. Par la suite, le complexe servit de résidence princière à l'archevêque de Trèves. L'abside fut reconvertie en maison-tour, flanquée de tourelles à la jonction avec la façade, et les murs découpés de créneaux. Cet aspect prévalut jusqu'aux alentours de l'année 1600.

L’archevêque Lothaire de Metternich fit édifier son palais princier tout contre la basilique au début du XVIIe siècle. Pour cela, on abattit les murs est et sud de l'édifice ; le reste fut intégré directement au nouveau palais. Puis à l'initiative du roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV, la basilique fut rendue à son architecture romaine d'origine, selon une reconstitution du colonel Carl Schnitzler (1846-1856).

La basilique est fréquentée depuis 1856 par les fidèles protestants, bien qu'elle demeure la propriété du Land de Rhénanie-Palatinat.

À la fin du XIXe siècle, le sculpteur Gustav Kaupert de Francfort réalisa cinq statues pour la basilique. Elles représentent Jésus Christ et les Évangélistes. De ces statues il ne subsiste aujourd'hui que les têtes.

L'édifice brûla entièrement en 1944. La reconstruction après la guerre s'est faite volontairement avec beaucoup de prudence. Lors de la reconstruction, seules les briques de parement apparentes ont été utilisées pour les murs intérieurs, reconstitués avec un souci historique au XIXe siècle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La planche gravée de Matthäus Merian datée de 1646 rappelle singulièrement un bois gravé de Trèves de 1548 inséré dans la Cosmographiæ Universalis de Sebastian Münster (titre: Situs & figura antiquissimæ & praecipuæ Medioniatricum civitatis Trevirensis), qui passe pour la première vue d'ensemble authentique de Trèves. S'il est vrai que le dessin de Merian est plus précis que le bois gravé, les modifications apportées aux édifices entre 1548 et 1646 lui échappent (par ex. à propos de la basilique de Constantin). Comparez-là avec Gravure de l'édition latine de la Cosmographiæ Universalis de 1550 sur Historic Cities

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Konstantinbasilika » (voir la liste des auteurs)
  • Gerardo Brown-Manrique, Places. Forum of design for the public realm, vol. 3,‎ 1986 (lire en ligne), « Konstantinplatz in Trier. Between Memory and Place », p. 31–42
    consacré à l'urbanisme antique avec de nombreuses illustrations
  • Eberhard Zahn: Die Basilika in Trier. Rheinisches Landesmuseum, Trèves, 1991, (ISBN 3-923319-18-5)

Liens externes[modifier | modifier le code]