Basilique Saint-Apollinaire in Classe

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Basilique Saint-Apollinaire in Classe
Image illustrative de l'article Basilique Saint-Apollinaire in Classe
Présentation
Nom local Basilica di Sant'Apollinare in Classe
Culte Église catholique romaine
Type Basilique
Début de la construction vers 540
Style dominant Architecture byzantine
Protection patrimoine mondial de l'UNESCO en 1996
Géographie
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Émilie-Romagne
Commune Classe près de Ravenne
Coordonnées 44° 22′ 49″ N 12° 13′ 59″ E / 44.380289, 12.23307344° 22′ 49″ Nord 12° 13′ 59″ Est / 44.380289, 12.233073  

La basilique Saint-Apollinaire in Classe est une basilique du VIe siècle, située à Classis (en italien : Classe), ancien port antique de Ravenne, Italie, aujourd'hui ensablé.

Elle est connue pour son ensemble de mosaïques du VIe siècle et inscrite, avec d'autres monuments de Ravenne, sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.

Histoire[modifier | modifier le code]

Entrée, narthex, campanile

Commencée par l'évêque Ursicinus, l'église fut inaugurée le 9 mai 549 par l'évêque Maximien. Les travaux ont été financés par le banquier Julianus Argentarius.

Le terme in Classe vient de l'antique ville romaine de Civitas Classis (signifiant « ville de la flotte »), qui s'était développée autour du port de Ravenne et qu'Auguste avait renforcée pour la défense de toute la mer Adriatique. La ville avait une population assez homogène de migrants originaires des provinces orientales de l'Empire byzantin, dont faisait partie Apollinaire de Ravenne, venu d'Antioche à la fin du Ier ou au début du IIe siècle.

Apollinaire rassembla la première communauté chrétienne de Ravenne et en fut le premier évêque. La basilique de Classis fut bâtie sur son tombeau, mais ses ossements furent transférés au milieu du IXe siècle à Saint-Apollinaire-le-Neuf dont la position centrale près du palais offrait une meilleure sécurité, à l'abri d'éventuelles incursions ou pillages.

Extérieur[modifier | modifier le code]

Les murs extérieurs de l'église, très simples, sont composés de briques rouges très plates (48 x 4 cm) comportant des joints de mortier blanc, eux-mêmes de 4 cm d'épaisseur, qui donnent à l'église son aspect bicolore. L'entrée est surmontée d'une fenêtre à trois arcs. Elle est précédée d'un narthex, qui succède au quadriportique d'origine. Le campanile cylindrique du Xe siècle comporte des ouvertures à un, deux et trois arcs.

Intérieur[modifier | modifier le code]

L'intérieur (55,58 × 30,30 m) est à trois nefs délimitées par deux rangées de 12 colonnes cannelées de marbre grec, surmontées de chapiteaux byzantins. Le plafond a perdu ses caissons d'origine, et les anciennes mosaïques de sol ont disparu.

L'abside est accessible par les marches d'un large escalier. Sous l'autel se trouve la tombe de saint Apollinaire.

Abside[modifier | modifier le code]

La mosaïque de l'abside présente une croix inscrite dans un médaillon sur un fond de ciel étoilé, que contemplent trois agneaux répartis en deux groupes dans une prairie verdoyante, symbolisant les apôtres de Pierre et les deux frères Jacques le Majeur et Jean. Au-dessus de la croix figure la main de Dieu et les prophètes Élie et Moïse, sur fond d'or. Sous la croix, saint Apollinaire, lève les bras dans une prière vers le ciel, au milieu d'un pré fleuri et entouré d'agneaux venus le voir. L'évêque, vêtu de l'habit sacerdotal et du Pallium épiscopal, est entouré de douze agneaux, figurant les fidèles qui suivent leur berger.

Arc triomphal[modifier | modifier le code]

La décoration de l'immense arc triomphal a été modifiée à une date inconnue, entre le VIIe et le IXe siècle. Le médaillon central montre une image du Christ bénissant, au regard fixe, fronçant le sourcil. En arrière-plan, sur fond de ciel aux nuages alternativement bleus et rouges flottent les symboles des quatre évangélistes : l'aigle de Jean, l'homme ailé de Matthieu, le lion de Marc et le taureau de Luc. Au registre inférieur, douze agneaux, symbolisant les apôtres, quittent les cités de Jérusalem et de Bethléem pour rejoindre le Christ. À la naissance de l'arc se détachent des palmiers chargés de dattes sur fond de ciel bleu foncé. Ces représentations, ainsi que celles des archanges Michel et Gabriel, visibles sur les montants de l'arc, sont caractéristiques de l'art du VIe siècle, tandis que les évangélistes Matthieu et Luc, qui apparaissent sous la forme de symboles personnifiés, ne sont probablement pas antérieurs au XIIe siècle.

Crypte[modifier | modifier le code]

La crypte en hémicycle est attenante au mur de l'abside. Les deux entrées sont munies de grilles. Le caveau central, placé sous le maître-autel, renferme le sarcophage de marbre grec qui contenait les ossements d'Apollinaire de Ravenne avant leur transfert à la basilique Saint-Apollinaire-le-Neuf. À côté d'une chapelle, à gauche, se dresse un ciboire ou baldaquin de marbre du IXe siècle, consacré à saint Eleucadius, évêque de Ravenne, constitué de quatre colonnes, dont les chapiteaux et les arcs sont décorés de motifs byzantins classiques, qui dénotent toutefois une nette influence lombarde.

Bas-côtés[modifier | modifier le code]

Les bas-côtés abritent dix sarcophages de marbre grec, anciennes sépultures des évêques de Ravenne, entre les Ve et VIIIe siècles.

La tombe de l'évêque Théodore (688) porte des motifs tels que des grappes de raisin, des paons bleus, des pigeons, des croix et des monogrammes du Christ. Le sarcophage des Douze apôtres montre le Christ transmettant à Paul le rouleau de la Loi, tandis que Pierre crucifié élève la clé, aux côtés des autres apôtres.

Le sarcophage de l'évêque Gratiosus (788), qui avait reçu Charlemagne, est décoré de croix ; il est placé devant une pierre tombale, de la première moitié du VIe siècle, qui déclare qu'« à cet endroit se trouvait le cercueil de saint Apollinaire, avant qu'il ne fût transporté en la basilique par l'évêque Maximilien ».

Le quatrième sarcophage montre des reliefs de coquillages, de palmiers et de paons, qui boivent à la source de la vie éternelle. Le dernier du bas-côté droit est au nom de « Licina Valeria, Faustina Italica, qui repose en paix, âgée seulement d'un an, six mois et six jours, la très tendre fille de ses parents pleins de douleur ».

Cinq autres sarcophages sont déposés du côté droit de l'église.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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