Basilique Saint-Jean-de-Latran

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Basilique
Saint-Jean-de-Latran
Image illustrative de l'article Basilique Saint-Jean-de-Latran
Présentation
Nom local Basilica di San Giovanni in Laterano
Culte catholique
Type Cathédrale
Basilique
Rattachement Archidiocèse de Rome (siège)
Début de la construction 320
Fin des travaux 324
(reconstruction) XVIIIe siècle
Style dominant Baroque
Protection  Patrimoine mondial (1990)
Géographie
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Commune Rome (Possessions Pontificales)
Coordonnées 41° 53′ 09″ Nord 12° 30′ 22″ Est / 41.885905, 12.5061545 / 41.885905; 12.506154541° 53′ 09″ N 12° 30′ 22″ E / 41.885905, 12.5061545 / 41.885905; 12.5061545  

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La Basilique Saint-Jean-de-Latran (San Giovanni in Laterano), connue à l'origine sous le nom de Basilique du Saint-Sauveur, est l'une des quatre basiliques majeures de Rome sur la place homonyme. Premier édifice religieux chrétien construit en Occident, à partir de 320, elle est l'église cathédrale de l'évêque de Rome qui n'est autre que le pape. Tout comme le palais du Latran qui lui est contigu, elle est la propriété du Saint-Siège et bénéficie à ce titre du privilège d'extraterritorialité. Elle est considérée comme la « mère » en ancienneté et dignité de toutes les églises de Rome et du monde.

Première église à être publiquement consacrée — le 9 novembre 324 par le pape Sylvestre Ier — elle prit progressivement (à partir du XIIe siècle) le nom de Basilique Saint-Jean-l'Évangéliste par association à son important baptistère voisin, le plus ancien de Rome.

Pendant plus de dix siècles les papes (évêques de Rome) y célébrèrent les offices religieux principaux, et résidèrent dans le palais du Latran voisin. Dans ses murs se réunirent plus de 250 conciles, dont les cinq conciles œcuméniques du Latran.

Sommaire

Historique[modifier]

Baldaquin
Le plafond de la basilique.


Cathédrale et siège de l'évêché de Rome, dont le titulaire n'est autre que le Pape, c'est la plus ancienne et la première dans l'ordre protocolaire des basiliques papales, devant la Basilique Saint-Pierre du Vatican, la Basilique Saint-Paul-hors-les-murs et la Basilique Sainte-Marie-Majeure. Elle porte le titre, inscrit sur le fronton, de omnium urbis et orbis ecclesiarum mater et caput, qui signifie "mère et tête de toutes les églises de la ville et du monde".

Le lieu doit son nom à la demeure d'une grande famille de patriciens, les Laterani. Il s'agit de la basilique Saint-Jean-de-Latran. Elle fut construite sous le règne de l'empereur Constantin Ier et consacrée en 324 par le pape Sylvestre Ier. Sa nef longue de 130 mètres en fait la plus grande église après Saint-Pierre. Le palais du Latran voisin (le Patriarcho) fut la résidence des papes jusqu'en 1309, date à laquelle Clément V transféra sa résidence à Avignon.

Vue du cloître

Ce monument a subi de nombreux outrages au cours des siècles. Elle subit des dégâts lors des sacs de Rome, par Alaric Ier en 410, puis Genséric en 455. Un tremblement de terre la détruisit en l'an 896. Reconstruite entièrement par le pape Serge III au Xe siècle, elle fut à nouveau détruite par un terrible incendie dans la nuit du 6 mai 1308 sous le pape Clément V qui la fit reconstruire. Les travaux furent terminés sous le règne de son successeur Jean XXII. Elle fut encore endommagée par un séisme en 1349, puis par un autre incendie en 1361, et à nouveau restaurée par Urbain V qui confia les travaux à l'architecte Giovanni Stefani.

L'édifice actuel est en fait une reconstruction du XVIIe siècle, due pour la nef et l'aménagement intérieur à l'architecte Francesco Borromini, réalisés pour le pape Innocent X à l'occasion du Jubilé de 1650, et pour la façade extérieure, monumentale, construite en travertin en 1734, à l'architecte Alessandro Galilei.

Vue de l'abside

Sous le baldaquin gothique du XIVe siècle, seul le pape peut célébrer l’eucharistie.

Les portes centrales en bronze sont les portes originales de la Curie romaine. L'empereur Charlemagne y fut baptisé à Pâques en l'an 774.

Elle fut, ainsi que le palais du Latran attenant, le siège de cinq conciles :

Elle accueille les sépultures de trois papes: Martin V, Clément XII et Léon XIII.

Liens avec la France[modifier]

Article détaillé : Chanoine.
Inscription sur la base de la statue d'Henri IV sous le portique du transept droit, mentionnant l'attribution du titre de chanoine d'honneur

Le président de la République française, comme successeur des rois de France, en est chanoine d'honneur.

En 1482, Louis XI avait accordé des droits au chapitre de la cathédrale du Latran sur l'abbaye de Clairac en Aquitaine (aujourd'hui département du Lot-et-Garonne). Mais l'essor du protestantisme dans la région empêchait ce dernier de percevoir ces revenus. Le 22 septembre 1604, Henri IV confirme le chapitre dans ces droits et fait en sorte qu'il soit en mesure de toucher les revenus de l'abbaye qui lui sont dus. En contrepartie, le chapitre fait ériger une statue à l'effigie du roi de France, auquel il attribue le titre de chanoine d’honneur. Par ailleurs, il fait célébrer une messe pour la prospérité de la France le 13 décembre, jour anniversaire de la naissance d'Henri. En 1729, Louis XV augmente les revenus du chapitre de ceux de deux prieurés dépendant de l’abbaye de Clairac. La Révolution française supprime ces droits en 1791. Louis XVIII, Charles X et Napoléon III les restaureront sous forme d'une rente, qui sera définitivement abolie en 1871.

Les traditions de la messe du 13 décembre et du titre de chanoine honoraire décerné au chef d'État français ont perduré depuis. Il était toutefois négligé par les présidents de la République jusqu'à René Coty. Depuis le début de la Cinquième République, les présidents Charles de Gaulle, Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac sont allés prendre discrètement possession de leur stalle. Par contre, Georges Pompidou et François Mitterrand n'ont pas fait le même geste, tout en acceptant le titre de chanoine[1]. La cérémonie d'intronisation de Nicolas Sarkozy est à l'origine d'une polémique sur la laïcité suite à un discours où il confirme les racines chrétiennes de la France et fait un éloge de la foi[2]. Il prononce entre autres la phrase suivante : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. »

Un autre lien avec la France est à souligner: la présence, sur le parvis de la Basilique, d'une réplique de la dalle en l'honneur des victimes de la misère, inaugurée à Paris, sur le parvis des droits de l'homme, place du Trocadéro, le 17 octobre 1987, par le père Joseph Wresinski. La réplique romaine a été inaugurée le 15 octobre 2000, dans le cadre de l'année du Grand Jubilé. Elle reprend, en italien, le texte de la dalle originale, auquel a été ajoutée une citation du Pape Jean-Paul II: "Jamais plus l'exclusion, la discrimination, l'oppression, le mépris des pauvres et des petits". La Journée mondiale du refus de la misère y est célébrée chaque année, le 17 octobre.

Archiprêtres[modifier]

Les statues du Christ et des apôtres de la façade

Comme pour les trois autres basiliques majeures, la fonction d'archiprêtre de Saint-Jean de Latran est assurée par un cardinal. Depuis 1970, ce titre, attaché à la cathédrale de Rome, est traditionnellement donné au cardinal-vicaire de Rome.

Liste depuis 1896 :

Les statues d'apôtres de saint-Jean-de-Latran[modifier]

Tombeaux et reliques[modifier]

Notes et références[modifier]

  1. La Croix, 20 décembre 2007
  2. Vidéo du 20 décembre 2007 sur le site officiel de la présidence de la République elysee.fr.

Voir aussi[modifier]

Articles connexes[modifier]

Liens externes[modifier]

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