Basilique Saint-Jean d'Éphèse

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37° 57′ 09″ N 27° 22′ 04″ E / 37.9525, 27.3678

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Localisation de Saint-Jean (Hagios Theologos) à Éphèse.

La basilique Saint-Jean d'Éphèse est l'une des principales églises de la ville romaine tardive et byzantine d'Éphèse, construite sur la tombe attribuée à l'évangéliste Jean sur la colline d'Ayasoluk, dans les faubourgs nord de la ville gréco-romaine. Elle est désormais en ruines.

La tradition de la tombe apostolique[modifier | modifier le code]

Dès le IIe siècle, la tradition chrétienne attribue à l'évangéliste Jean une sépulture sur la colline voisine de l'Artémision, alors semble-t-il déserte. L'archéologie a confirmé que la tombe date au moins de cette époque[1]. Elle est située dans une nécropole romaine qui continue d'être utilisée aux IIIe et IVe siècle, à en juger par l'épigraphie funéraire retrouvée. La tombe est l'objet d'un culte dès avant la Paix de l'Église. Lorsqu'avec l'avènement de Constantin, le christianisme devient une religion licite, un petit martyrium de plan carré est construit au-dessus de la tombe. Il devient rapidement insuffisant aux besoins du culte apostolique, et une grande église vient le remplacer.

Saint-Jean le Théologien, plan de l'église de Justinien.

La première basilique théodosienne[modifier | modifier le code]

Cette première église, de plan basilical, possède trois nefs et mesure plus de 80 m de long. Elle se distingue par un plan cruciforme probablement hérité du modèle constantinopolitain de l'Apostoleion. La tradition apocryphe qui prête à l'apôtre le désir de se faire enterrer dans une tombe cruciforme[2] relève probablement d'une reconstruction a posteriori pour rendre compte du plan particulier de cette première église. Les quatre bras de la croix partent du centre matérialisé par la tombe de l'apôtre et sont chacun divisés en trois nefs. Le bras occidental correspondant au vaisseau principal est légèrement plus long, précédé par un ou deux narthex. Le bras oriental de la croix est terminé par une abside : il est de même longueur que les bras latéraux mais sa largeur est supérieure avec quatre nefs au lieu de deux. Cette taille exceptionnelle doit répondre à la nécessité d'abriter le nombreux clergé qui, seul, y a accès[3]. Citée à plusieurs reprises dans les actes du concile d'Éphèse, comme l'Apostoleion ou l'église Saint-Jean, cette église est donc antérieure à 431. D'après son décor sculpté, elle pourrait dater des années 390-420. Elle existe toujours lors du second concile d'Éphèse en 449[4].

La basilique de Justinien[modifier | modifier le code]

Chapiteau ionique à imposte portant le monogramme de Théodora, nef centrale de Saint-Jean d'Éphèse.

C'est, d'après Procope de Césarée[5] parce que l'église Saint-Jean originelle est en mauvais état qu'elle est en grande partie rasée au VIe siècle sous l'épiscopat d'Hypatius, pour laisser place à une nouvelle et grandiose église, sous le patronage de l'empereur Justinien. La construction en aurait débuté en 535-536 pour s'achever au début des années 540 : elle est en effet mentionnée comme « l'édifice le plus saint de la cité » par le même Procope dans son Histoire secrète[6], tandis que Jean d'Éphèse mentionne l'ordination de 70 prêtres en 541 par le missionnaire monophysite Jean d'Héphaestopolis dans un lieu identifié comme l'atrium de Saint-Jean[7]. La présence de chapiteaux portant le monogramme de l'impératrice Théodora suggère d'autre part que l'église fut réalisée avant sa mort en 548.

Le nouvel édifice mesure 130 m de long (en incluant le narthex) pour 65 m de large. C'est également une basilique cruciforme, mais pourvue de six grandes coupoles sur pendentifs, au-dessus du chœur, du transept, et de la nef : son plan est similaire à celui de l'église des Saints-Apôtres de Constantinople, reconstruite par Justinien à la même époque. La tombe de l'apôtre occupe le centre de l'édifice, dans une crypte accessible par un escalier, sous l'autel. L'édifice est entièrement construit en briques à l'exception des piliers massifs supportant les coupoles, qui sont réalisés en blocs de marbre en remploi. Les ailes latérales sont surmontées de galeries.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Foss [1979], 87 et note 85. On y a trouvé des fragments de sarcophages datés vers 160 et des monnaies d'Antonin et de Géta.
  2. Vita Ioannis, 163, cité par Foss [1979], p. 88 note 86.
  3. R. Krautheimer, S. Ćurčić, Early Christian and Byzantine Architecture, Yale University Press, 1986 (4e éd.), 106-108.
  4. Foss [1979], p. 88 note 86.
  5. De Aedificiis, V, 1, 4.
  6. Histoire Secrète, III, 3.
  7. Foss [1979], p. 88 note 88.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) S. Ladstätter et A. Pülz, Ephesus in the Late Roman and Early Byzantine Period : Changes in its Urban Character from the Third to the Seventh Century AD, in A. G. Poulter (éd.), The Transition to the Late Antiquity on the Danube and beyond, Proceedings of the British Academy 141, Londres, 2007, p. 391-433.
  • (en) Peter Scherrer (éd.), Ephesus. The New Guide, Selçuk, 2000 (tr. L. Bier et G. M. Luxon) (ISBN 975-8070-36-3) ;
  • (de) Andreas Thiel, Die Johanneskirche in Ephesos, Wiesbaden, 2005 ;