Basilique Notre-Dame d'Avesnières

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Basilique Notre-Dame d’Avesnières
Image illustrative de l'article Basilique Notre-Dame d'Avesnières
Présentation
Culte Catholique romain
Type Basilique
Rattachement Diocèse de Laval
Début de la construction XIIe siècle
Fin des travaux XIXe siècle
Style dominant Roman, gothique, Renaissance
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Mayenne
Commune Laval
Coordonnées 48° 03′ 36″ N 0° 45′ 47″ O / 48.059883, -0.762997 ()48° 03′ 36″ Nord 0° 45′ 47″ Ouest / 48.059883, -0.762997 ()  

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La basilique Notre-Dame d'Avesnières est une basilique située à Laval, dans le département français de la Mayenne. Elle se trouve dans le quartier d'Avesnières, sur la rive droite de la Mayenne et au sud du centre-ville.

Elle fait partie de la paroisse « La Trinité - Avesnières - Cordeliers », qui regroupe notamment la cathédrale de Laval et l'église des Cordeliers.

L'église existe au moins depuis le XIe siècle, mais elle a obtenu son aspect actuel au XIIe siècle, lorsque des Bénédictines y ont installé un prieuré. Les religieuses ont quitté Avesnières pendant la Guerre de Cent Ans et l'église est alors redevenue simple église paroissiale. Elle a été élevée au rang de basilique mineure en 1898, par le pape Léon XIII[1].

L'édifice, de style roman, possède aussi un clocher mêlant les architectures gothique et Renaissance. Son chevet, étagé et ponctué de chapelles voûtées en cul-de-four, est son élément le plus remarquable. La basilique possède enfin un certain nombre de statues anciennes.

L'église figure sur la liste des 1 034 premiers monuments historiques français classés en 1840[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge et époque moderne[modifier | modifier le code]

Bas-relief du XIXe siècle illustrant la légende de la fondation de l'église.

Une légende locale tente d'expliquer la fondation de l'église. Guy II de Laval, seigneur de la fin du XIe siècle, aurait chuté dans la Mayenne avec son cheval alors qu'il descendait du château. Emporté par le courant, il aurait été ramené sur la rive à Avesnières. Ainsi sauvé de la noyade, il aurait fait la promesse à la Vierge de faire construire une église à cet endroit[3]. Cette légende a été écrite pour la première fois par Perrette de Montbron, prieure d'Avesnières morte en 1516[4].

Cependant, l'église d'Avesnières est bien antérieure à Guy II. En effet, elle est mentionnée pour la première fois au début du XIe siècle. Elle est alors décrite comme ancienne, et elle existait donc déjà vraisemblablement au Xe siècle[5]. L'édifice est restauré vers 1040 et 1050 par Yves de Saint-Berthevin, vassal du comte de Laval[5],[3]. Celui-ci consacre l'église à la Vierge, puis son fils Garin l'offre à des Bénédictines en 1073[4]. Celles-ci viennent de l'abbaye du Ronceray d'Angers et elles font de l'église le siège d'un prieuré. L'édifice conserve en même temps sa vocation paroissiale[5].

L'église est presque totalement reconstruite par les Bénédictines au cours de la seconde moitié du XIIe siècle[5].

Lors de la guerre de Cent Ans, les Anglais prennent Avesnières en 1429. Ils pillent et incendient l'église et le prieuré. Les sœurs se réfugient définitivement à Angers[4]. L'église reste endommagée pendant plusieurs décennies et les premières travées de la nef ne sont refaites qu'en 1478. Le clocher est élevé de 1534 à 1538 sur des plans de Jamet Nepveu[5].

C'est à la suite de la guerre de Cent-Ans que l'église est devenue une destination de pèlerinage. L'afflux de pèlerins permettait en effet de réunir les fonds nécessaires aux travaux de restauration. L'objet du pèlerinage d'Avesnières est une statue du XIVe siècle illustrant la « Madonne d'Avesnières », qui aurait sauvé Guy II de la noyade, d'après la légende locale. Selon Guillaume Le Doyen, chroniqueur du XVIe siècle, cette Madone guérissait les maladies[1].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

La flèche, reconstruite dans les années 1870.

L'église d'Avesnières est épargnée par la Révolution et c'est la première église lavalloise rendue au culte, le 4 mai 1800. L'église reçoit par ailleurs les corps des 14 martyrs de Laval[4].

La seconde moitié du XIXe siècle est marquée par de grands événements. Le premier a lieu le 9 décembre 1855, l'année de la création du diocèse de Laval. Casimir Wicart, premier évêque de Laval, se rend à l'église d'Avesnières pour y proclamer la bulle de Pie IX promulguant le dogme de l’Immaculée Conception. Plus de 10 000 personnes assistent à l'événement. Le pape place par ailleurs l'église sous le patronage de l'Immaculée. En 1859, il la fait finalement consacrer à Notre-Dame de Lorette. Cette même année, la statue de la Vierge d'Avesnières est couronnée, entraînant une grande procession[4],[3].

Pendant la guerre franco-allemande de 1870, l'évêque de Laval promet de faire reconstruire le clocher, en mauvais état, en remerciement de la protection de la Vierge sur la ville[4]. Les travaux ont lieu de 1874 à 1876, et la flèche est refaite à l'identique. D'autres travaux sont ensuite entrepris : les premières travées ainsi que la façade ouest sont refaites de 1883 à 1887[5].

L'église est élevée au rang de basilique mineure le 10 juillet 1898, par un bref du pape Léon XIII[1]. D'importantes processions saluent cette élévation, et d'autres grandes fêtes religieuses ont lieu en 1910, pour le cinquantenaire du couronnement de la Vierge d'Avesnières, puis en 1944, lors de la Libération de la ville, et enfin en 1988, pendant l'année mariale[4].

Architecture[modifier | modifier le code]

La basilique possède un plan en croix latine, avec un chevet légèrement désaxé, qui évoque la tête penchée de Jésus Christ sur la croix. L'édifice fait environ 55 mètres de long pour 34 mètres de large. Dans son ensemble, il est caractéristique de l'art roman, à l'exception notable du clocher, qui mêle des éléments gothiques et Renaissance[3].

Plan de la basilique, avec les différentes époques de construction.

Nef et portail[modifier | modifier le code]

La nef.

L'église possède une nef large, bordée de bas-côtés. Ses voûtes font 17,5 mètres de haut[3]. Elles sont voûtées d'ogives, tandis que celles des bas-côtés sont en arêtes[5]. L'ensemble est éclairé par des fenêtres en plein-cintre. La nef a été endommagée pendant la Guerre de Cent Ans, et la première travée fut refaite au XVe siècle[3]. Les deux premières travées furent totalement reconstruites au XIXe siècle, d'après des plans des architectes Lambert et Eugène-Joseph Hawke[5].

La nef s'ouvre sur un portail néoroman construit dans les années 1880, en même temps que les deux premières travées de la nef[5]. Il est orné de trois bas-reliefs. Ils illustrent trois grands moments de l'histoire de l'édifice : la légende de Guy II de Laval, le couronnement de la Vierge d'Avesnières en 1859, et le vœu de l'évêque de Laval en 1871, qui annonce la reconstruction du clocher si la ville est épargnée par l'armée prussienne[4].

Chevet et transept[modifier | modifier le code]

Le chevet de la basilique et la Mayenne.

Le chevet est l’élément le plus remarquable de l'église. C'est la partie la plus ancienne de l'édifice, et sa particularité réside dans sa silhouette étagée visible à l'extérieur. Le chevet possède un déambulatoire et cinq chapelles rayonnantes en cul-de-four. Ces chapelles sont contigües. Le transept est saillant et il possède lui aussi des chapelles en cul-de-four. Les voûtes possèdent un schéma similaire à celui de la nef et de ses bas-côtés : celles du transept et du chœur sont en ogives, comme la nef, tandis que le déambulatoire est en arêtes, comme les bas-côtés[5].

Le chœur est formé par sept arcades reposant sur des colonnes monocylindriques. Ces arcades soutiennent un triforium de douze arcs en plein-cintre. Au-dessus, sept fenêtres, également en plein-cintre, permettent l'éclairage du chœur. Chaque fenêtre et chaque arc est encadré par des petites colonnes. Les chapiteaux qui ornent ces colonnes datent d'époques diverses, ce qui donne une grande variété de motifs, incluant des masques, des animaux imaginaires, des végétaux, des rinceaux, des entrelacs, des crossettes[3]...

Clocher[modifier | modifier le code]

Le clocher est élevé sur la croisée du transept. Il date des années 1870, mais il s'agit d'une reconstruction du clocher élevé au XVe siècle. Il fait 57 mètres de haut. Sa flèche combine des éléments typiques de l'architecture de la Renaissance, à sa base, et de l'architecture gothique, à son sommet[3].

Mobilier[modifier | modifier le code]

Statuaire[modifier | modifier le code]

Le retable baroque.

La basilique renferme un riche ensemble de statues. « Notre-Dame d'Avesnières », qui est l'objet d'un pèlerinage, est une statue en calcaire qui date probablement du XIVe siècle. Elle fait 65 cm de haut et la tête, en bois, est une restitution moderne. Elle est placée dans le chœur, entre deux arcades[1]. Elle surplombe une croix du XVe siècle. Celle-ci comprend un Christ et ses extrémités sont ornées de quadrilobes peints qui illustrent les symboles des Évangélistes (Matthieu est représenté par un homme, Marc par un lion, Luc par un taureau et Jean par un aigle)[3].

Dans une des chapelles se trouve la « Vierge au lait », en bois polychrome, et datée du XIIIe siècle ou du XIVe siècle. La tête de la Vierge est disproportionnée par rapport au corps, une particularité qui se rencontre fréquemment sur les statues médiévales. Une autre chapelle contient une statue de Bonaventure de Bagnoregio, patron des tisserands, et une pietà bretonne en terre cuite du XVIIe siècle est visible dans une autre[3].

La porte principale est encadrée par deux statues en bois illustrant le Saint Sauveur et Christophe de Lycie. Le Saint Sauveur date du XIIIe siècle ou du XIVe siècle. Il est représenté sur la pointe des pieds, les paumes ouvertes et coiffé d'une tiare à trois rangs. La statue de saint Christophe date de 1583. Les deux œuvres sont de très grandes dimensions (la statue de saint Christophe fait par exemple 3,50 mètres de haut)[3]. Ces deux statues sont classées au titre d'objets historiques, tout comme une statue en tuffeau de saint Michel du XVIe siècle[6].

Un cénotaphe dédié aux 14 martyrs de Laval est visible dans le bras sud du transept. Il s'agit d'une pyramide en marbre noir datant de 1816. Les restes de ces 14 prêtres guillotinés en 1794 ont été placés dans le chœur après leur béatification en 1955. Ce même bras sud est orné par un grand retable lavallois baroque du XVIIe siècle. Il a été réalisé par les frères Langlois et il comprend trois groupes de statues. Celui du centre représente sainte Anne et la Vierge, celui de gauche saint Urbain, et celui de droite, Tobie et l'archange Raphaël. L'ensemble est surmonté d'une petite statue de l'Enfant Jésus[3].

Tableaux[modifier | modifier le code]

La basilique possède un triptyque du XVe siècle attribué à Coppin de Delft, peintre néerlandais qui travaillait à la cour du roi René d'Anjou. Il illustre la Descente de croix. Ce tableau se trouve dans la chapelle du Couronnement, une annexe construite en 1974. Cette chapelle renferme un second triptyque, offert en 1900 et composé de différents émaux sur cuivre qui illustrent la Passion du Christ ainsi que l'Annonciation[3].

La basilique possède aussi un panneau peint du début du XVIe siècle illustrant la Vierge de douleur[7], ainsi qu'une toile du XVIIe siècle représentant le Christ devant Caïphe provenant de l'ancienne chapelle des Bénédictins de Laval[8]. Ces deux œuvres sont classées au titre objets historiques.

Vitraux[modifier | modifier le code]

La chapelle du Couronnement contient une verrière du XVIe siècle illustrant le Couronnement de la Vierge. Les autres vitraux ont été détruits lors du bombardement du pont d'Avesnières en 1944. Ils ont été remplacés par des créations de Max Ingrand en 1945[3].

Mobilier liturgique[modifier | modifier le code]

À l'intérieur on trouve une chaire en pierre, sculptée par M. Cosnard.

À la tribune, au fond de la nef, on trouve les grandes orgues de Louis Debierre, grand facteur d'orgues nantais arrivé à l'apogée de son art à la fin du XIXe siècle. C'est un des seuls orgues à transmission électrique en France datant de cette époque.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]