Basilique Notre-Dame d'Afrique
| Basilique Notre-Dame d'Afrique | |||
La basilique Notre-Dame d'Afrique en 2012 |
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| Présentation | |||
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| Nom local | Madame l’Afrique ou Lalla Myriem | ||
| Culte | Catholicisme | ||
| Type | Basilique mineure | ||
| Début de la construction | 1858 | ||
| Fin des travaux | 1872 | ||
| Architecte | Jean Eugène Fromageau | ||
| Style dominant | Architecture romano-byzantine | ||
| Géographie | |||
| Pays | |||
| Commune | Bologhine, Alger | ||
| Coordonnées | |||
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Géolocalisation sur la carte : Algérie |
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Notre-Dame d'Afrique est une basilique catholique située à Alger, en Algérie.
Sommaire |
Situation [modifier]
La basilique est construite sur un promontoire dominant la mer de 124 m, au nord d'Alger[1]. Elle est accessible par un téléphérique qui porte son nom depuis Bologhine (ex-Saint Eugène), où se trouve le Cimetière Saint-Eugène. Elle est considérée comme « la sœur jumelle de l’église marseillaise Notre-Dame-de-la-Garde[2]. »
La basilique est surnommée « Madame l’Afrique » ou « Lalla Myriem » [1] par les habitants du voisinage[N 1]. Pour le journaliste Lyes Menacer, elle constitue un « symbole du brassage culturel et de la cohabitation religieuse depuis 160 ans[2]. »
Histoire [modifier]
La chapelle et le pèlerinage [modifier]
Une statuette en bronze de la Vierge Marie, copie d'une œuvre originale créée par Bouchardon en 1750, fut offerte en mai 1840 à Mgr Dupuch, premier évêque d'Alger. Elle fut placée au monastère de la Trappe de Staouëli à Bouchaoui[3].
Suite à la définition du dogme de l'Immaculée Conception par le pape Pie IX le 8 décembre 1854[4], son successeur, Mgr Pavy, décide d'édifier une grande église de pèlerinage à Notre-Dame. Il déplace la statue dans une chapelle, inaugurée le 20 septembre 1857[1].
La fête de Notre-Dame d'Afrique se tient le 30 avril[5].
La construction de l’église [modifier]
Mgr Pavy, d’origine lyonnaise, entendait édifier « un autre Fourvières, auprès d’Alger ! »[6]. Il engage, le 20 février 1858[1], la construction de l’église. Elle est confiée à Jean Eugène Fromageau, qui était architecte en chef des édifices diocésains de l'Algérie[7]. Elle fut achevée en 1872. Mgr Pavy, décédé en 1866, est inhumé dans le chœur.
L'édifice fut consacré le 2 juillet 1872, par Monseigneur Lavigerie, archevêque d’Alger. Il y transféra la statue de Marie le 2 mai 1873. Elle accueille le 4 mai 1873 un « concile provincial d’Afrique », rassemblant les évêques et abbés d’Algérie, première réunion de ce type pour les temps modernes[8].
Toutes deux fondées sur l’impulsion du cardinal Lavigerie, la Société des missionnaires d'Afrique (Pères blancs) (1868) et les Sœurs missionnaires de Notre-Dame d'Afrique ou Sœurs Blanches (1869) se voient confier la garde du sanctuaire[1].
Le pape Pie IX accorde à l’église le titre de Basilique ; elle est consacrée le 30 avril 1876[1].
La restauration [modifier]
L’église a été fortement touchée par le séisme de 2003 qui a fait 3 000 morts, notamment dans la ville de Boumerdès. Des travaux de restauration sont engagés en 2007 sous l’impulsion de Bernard Lefebvre, recteur de la basilique ; l’inauguration a lieu le 13 décembre 2010[2].
Architecture et décoration [modifier]
Architecture [modifier]
Comme la cathédrale du Sacré-Cœur d'Oran, la basilique est de style romano-byzantin. Le plan est dû à Jean Eugène Fromageau ; il offre la particularité d'être orientée avec le chœur au sud-ouest (au lieu de l'est habituellement).
Deux chapelles, ornées de reliquaires, entourent l'autel. La première, consacrée à saint Augustin abrite notamment six ex-votos de Charles de Foucauld[9]. Celle dédiée à la mère d’Augustin d'Hippone, sainte Monique rend hommage aux dix-neuf religieuses et prêtres tués dans les années 1990 en Algérie.
Décoration [modifier]
La décoration de la basilique comprend au centre du dôme, sous la statue de la Vierge, une céramique due à Mohamed Boumehdi (1924-2006), un artiste algérien musulman[5]. La statue elle-même est couronnée d'or avec une parure de velours bleu brodée en fils d'argent recouverts d'or, réalisée par M. Sekkal, maître brodeur de Tlemcen[5]. Elle a été réalisée en 1840 par le sculpteur Charles Gallien Choiselat[5] (1816-1858), bronzier à Paris.
Une grande fresque, au fond du chœur représente Marie en gloire, vénérée par le cardinal Lavigerie, entourée de personnages évoquant le passé chrétien de l’Afrique du Nord : les saints Cyprien et Augustin, les saintes Perpétue et Félicité, le Monseigneur Lavigerie, les martyrs de l’Ouganda (1886), le Père Siméon Lourdel (1853-1890), Charles de Foucauld et le cardinal Duval[10].
Une phrase, extraite d’une prière, est inscrite en français, en arabe et en berbére sur le mur de l'abside derrière l'autel[2] :
« Notre Dame d'Afrique priez pour nous et pour les Musulmans. »
L’orgue [modifier]
L’instrument actuellement installé dans la basilique a été réalisé en tant que grand orgue de concert par la manufacture Cavaillé-Coll et signé par Charles Mutin, facteur français, pour la résidence de M. et Mme A. Weddell, qui résidaient villa Georges à Alger, au 47, rue du Télemly (actuellement rue Krim Belkacem). C’est un orgue de 26 jeux et plus de 1500 tuyaux. Il a été inauguré le 31 décembre 1911 par le musicien Camille Saint-Saëns, ami et voisin des propriétaires. L’orgue fut donné en 1930 par Mme Weddell et installé dans la basilique. Il a été restauré entre 2000 et 2002[11].
Bibliographie [modifier]
- Louis-Antoine-Augustin Pavy : Appel de Monseigneur l'évêque d'Alger en faveur de la chapelle de Notre-Dame d’Afrique, Bastide, Alger, 1862
- Louis-Antoine-Augustin Pavy : évêque d'Alger : Évêché d'Alger. Chapelle de Notre-Dame d'Afrique. But et situation de l'œuvre ; Vve M. Olive, 1863
- R.P. Michel : Notice sur le pèlerinage de Notre-Dame d’Afrique à Alger, 1885 ; 2e édition revue, corrigée et augmentée avec une préface de Monseigneur Leynaud, archevêque d’Alger, Papeterie – Imprimerie E. Gaudet, Alger, 1924 ; 3e édition, 1939
- Augustin-Fernand Leynaud, archevêque d’Alger : La basilique de Notre Dame d'Afrique - Histoire du pèlerinage, L. Crescenzo, Alger, 1948
- P. Laily, La basilique Notre-Dame d’Afrique, Lyon, 1989
- Jean-Claude Ceillier : Histoire des Missionnaires d'Afrique (Pères Blancs), Karthala, Paris, 2008
- P. Bernard Lefèbvre, recteur de Notre-Dame d’Afrique : Notice historique sur la basilique et le pèlerinage de Notre Dame d'Afrique, Alger, s.d.
Notes et références [modifier]
Notes [modifier]
- Plusieurs romans portent le titre de « Madame l’Afrique » : Monique Enckell, Le Seuil, Paris, 2011 ; Eugène Ebodé, Apic éditions, Ben Aknoun Alger, 2011
Références [modifier]
- Augustin-Fernand Leynaud, archevêque d’Alger : La basilique de Notre-Dame d'Afrique - Histoire du pèlerinage, L. Crescenzo, Alger, 1948
- Lyes Menacer : Notre-Dame d’Afrique veille toujours sur les marins et l’Algérie, in La Tribune, quotidien, Alger, 17/12/2010
- P. Henri Maurier : Notre-Dame d'Afrique in Voix d'Afrique, revue des Pères blancs, Paris, n° 45, 1999
- bulle Ineffabilis Deus
- Raphaël Deillon : Notre-Dame d’Afrique, lu le 24 septembre 2012 sur le site de la Société des missions africaines
- Louis-Antoine-Augustin Pavy, Appel de Monseigneur l'évêque d'Alger en faveur de la chapelle de Notre-Dame d’Afrique, Bastide, Alger, 1862
- Bulletin officiel de l'Algérie et des colonies, Paris, n° 17, février 1859
- Jean-Claude Ceillier : Histoire des Missionnaires d'Afrique (Pères Blancs), Karthala, Paris, 2008
- P. Bernard Lefèbvre, recteur de Notre-Dame d’Afrique : Notice historique sur la basilique et le pèlerinage de Notre Dame d'Afrique, Alger, s.d.
- P. Laily, La basilique Notre-Dame d’Afrique, Lyon, 1989
- K. Smaïl : L’orgue à pleins tubes, in El Watan, quotidien, Alger, 17/06/2012