Basic Input Output System

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Le Basic Input Output System (BIOS, en français : « système élémentaire d'entrée/sortie ») est, au sens strict, un ensemble de fonctions, contenu dans la mémoire morte (ROM) de la carte mère d'un ordinateur, lui permettant d'effectuer des opérations élémentaires lors de sa mise sous tension, par exemple la lecture d'un secteur sur un disque. Par extension, le terme est souvent utilisé pour décrire l'ensemble du micrologiciel de la carte mère.

Aperçu d'écran du BIOS de 1999.

Rôle du BIOS[modifier | modifier le code]

Le BIOS fournit un ensemble de services permettant de faire le plus possible abstraction de la couche matérielle. Ces services sont utilisés par le système d'exploitation et sont accessibles via certaines zones mémoires (40:00 par exemple) ou certaines interruptions logicielles (10h, 11h, 12h et 13h notamment). Cependant, dans la pratique, les systèmes d'exploitation modernes n'utilisent ces services que lors de l'amorçage ; ils utilisent ensuite soit leurs propres pilotes, soit les fonctions ACPI pour les opérations liées à la carte mère.

Le BIOS a un rôle essentiel pour le fonctionnement de la carte mère :

  • il initialise tous les composants de la carte mère, du chipset et de certains périphériques ;
  • il identifie tous les périphériques internes et externes qui lui sont connectés ;
  • si cela n'a pas déjà été fait il initialise l'ordre de priorité des périphériques d'entrée ;
  • il démarre le système d'exploitation présent sur le premier périphérique disponible.

Principales fonctionnalités[modifier | modifier le code]

Peu importe comment le fabricant a développé cette carte mère (quels composants il a choisi, peu importe comment fonctionne le « hardware » de cette carte mère), en utilisant les mêmes fonctions du BIOS sur deux cartes mères différentes, on obtiendra le même résultat. Les systèmes d'exploitation peuvent utiliser ces fonctions, au moins pendant les premières étapes du démarrage de l'ordinateur, et ensuite lors du fonctionnement normal.

Le BIOS comprend également le logiciel nécessaire à l'amorçage de l'ordinateur. La première phase de l'amorçage (boot) est l'auto-configuration à l'allumage (POST, Power-On Self-Test), qui compte la quantité de mémoire, teste les disques et configure les composants. La séquence d'amorçage continue avec la recherche d'un système d'exploitation, avant de le lancer.

Le BIOS prend en charge à bas niveau les communications avec les périphériques, néanmoins le système d'exploitation peut aussi s'adresser directement aux périphériques s'il le juge nécessaire. Parmi les prises en charge offertes par le BIOS, il y a celle du clavier, au moins dans un mode (pas forcément l'USB) et celle d'un mode d'affichage simplifié.

Le BIOS contient également des outils de diagnostic pour vérifier sommairement l'intégrité des composants critiques comme la mémoire, le clavier, le disque dur, les ports d'entrée/sortieetc.

Certains paramètres du BIOS peuvent être réglés par l'utilisateur (ordre des périphériques à scruter pour détecter une zone de boot, type et fréquence du processeur, etc.). L'ensemble de ces paramètres est stocké de manière permanente grâce à une mémoire de taille réduite (quelques centaines d'octets) à faible consommation (type CMOS) alimentée par une pile (généralement au lithium) présente sur la carte mère. Cette mémoire est communément appelée, par abus, « CMOS ».

Fournisseurs[modifier | modifier le code]

Le BIOS est presque toujours développé par le fabricant de la carte mère car il contient les routines élémentaires pour effectuer les opérations simples d'entrée/sorties évoquées ci-dessus.

Le code source des premiers PC et AT BIOS était inclus avec le Manuel des Références Techniques IBM. Aujourd'hui[Quand ?], la plupart des cartes mères sont livrées sans le code source du BIOS. L'utilisateur doit télécharger des mises à jour fournies par le constructeur. Ces mises à jour sont parfois nécessaires à la prise en charge de certains périphériques.

Depuis 1999, la Fondation pour le logiciel libre soutient coreboot (LinuxBIOS) un BIOS sous licence Licence publique générale GNU car on peut maintenant flasher le BIOS de sa carte mère pour le remplacer par un autre. L'avantage de ce système (machine fonctionnant avec un BIOS) est de ne pas devoir développer un système d'exploitation spécifique pour chaque carte mère.

Le BIOS est écrit en code machine et a généralement été développé en langage assembleur.

Les deux BIOS historiques du PowerPC se sont nommés successivement PREP (en) et CHRP (en).

Le BIOS pour amorcer[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Power-on self-test.

Le signal power good déclenche le BIOS.

Le BIOS a à l'origine été conçu pour les systèmes CP/M et se limitait à l'époque à la gestion des entrées-sorties (comme son nom l'indique d'ailleurs). Depuis l'introduction des PC compatibles IBM en août 1981, le BIOS émet les premières commandes au système durant la phase de démarrage.

Le Power-on self-test (POST, l’auto-test au démarrage) désigne la première étape de ce processus plus général appelé amorçage.

Lors de cette étape, le BIOS teste la présence des divers périphériques et tente de leur attribuer les ressources nécessaires à un fonctionnement sans conflit. Le POST terminé, le contrôle est cédé au chargeur d'amorçage, dont le rôle est de démarrer le système d'exploitation.

Le BIOS détermine sur quel disque et à quel endroit de celui-ci trouver le chargeur d'amorçage (ou Boot loader) du système d'exploitation, en général Windows, Linux, Mac OS ou autre. Dans le cas de Windows, il s'agit du NTLDR, dans le cas d'un système en multiboot (possibilité de démarrer plusieurs systèmes d’exploitation sur un même ordinateur, par exemple Windows et Linux), il s'agit souvent du GRUB.

La gestion des disques par le BIOS[modifier | modifier le code]

Article connexe : Cylindre/Tête/Secteur.

De nos jours, les blocs de données d'un disque sont numérotés linéairement et contiennent une quantité donnée de secteurs.

Il n'en a pas toujours été ainsi. Les anciens BIOS souffraient du problème des 1 024 cylindres. Un bloc de données était repéré par un triplet de chiffres : cylindre, tête et secteurs. Au maximum, les anciens BIOS étaient conçus pour 1 024 cylindres, 256 têtes et 63 secteurs. Par conséquent, si le chargeur d'amorçage se trouvait au-delà du 1024e cylindre, le BIOS ne pouvait pas l'atteindre et échouait donc à lancer le système d'exploitation.

Le BIOS en tant que firmware[modifier | modifier le code]

Le BIOS est parfois appelé firmware, car il est très proche du hardware. Avant les années 1990, les BIOS étaient stockés sur des puces ROM qui ne pouvaient être modifiées. Au fur et à mesure que leur complexité, et le besoin de mises à jour se sont fait sentir, ils furent stockés sur des mémoires EEPROM ou Flash qui pouvaient être modifiées.

Ainsi, il est possible de mettre à jour, de manière logicielle, le BIOS d'un ordinateur. Cette action est appelée « Flasher le BIOS ». Un problème (coupure d'électricité, mauvaise version de ROM…) lors de cette opération peut rendre la carte mère définitivement inutilisable. Il est donc conseillé de ne flasher le BIOS que lorsque cette opération est vraiment nécessaire. Certaines cartes mères possèdent deux versions du BIOS : la version actuelle qu'il est possible de modifier logiciellement et une copie de sauvegarde, un cavalier permettant d'écraser la version actuelle par la version de sauvegarde. Il existe, de plus, des mécanismes permettant d'ajouter une deuxième mémoire flash à une carte mère n'en possédant qu'une, à condition que la puce initiale du BIOS soit extractible.

Le firmware sur les cartes d'extension[modifier | modifier le code]

Un ordinateur peut héberger plusieurs puces BIOS. En plus du BIOS de boot, qui contient les fonctions pour accéder au matériel important, comme le clavier, des cartes d'extension comme les cartes SCSI ou les cartes vidéo peuvent embarquer leur propre BIOS, améliorant ou remplaçant les fonctions du BIOS de boot.

Vulnérabilités du BIOS[modifier | modifier le code]

Le BIOS étant le firmware lancé au démarrage, il peut être la cible de logiciels malveillants. En 1999[1], le BIOS a connu sa première attaque d'envergure avec la propagation du virus CIH qui était très agressif puisqu'il effaçait l'intégralité du contenu des disques[2]. L’utilisation permanente d'un logiciel anti-virus efficace et mis à jour, est la meilleure parade à ce type d'attaque[réf. nécessaire].

Depuis que les mises à jour du BIOS peuvent être réalisées à la volée, il est possible que ceux-ci soient la cible d'attaques de type homme du milieu.

Extensible Firmware Interface[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Extensible Firmware Interface.

L’Extensible Firmware Interface (EFI), aujourd'hui remplacé par l'UEFI (Unified EFI) est un logiciel intermédiaire entre le micrologiciel (firmware) et le système d'exploitation (OS) d'un ordinateur, et est néanmoins un véritable petit système d'exploitation. Cette interface est appelée à être le successeur du BIOS.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mon amie la bios Sur le site blogs.orange-business.com
  2. CIH/Chernobyl Virus Sur le site cert.org

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Développeurs de BIOS[modifier | modifier le code]