Base antarctique Vostok

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Base antarctique Vostok
Image illustrative de l'article Base antarctique Vostok
Vue de la station Vostok en 2004.

Coordonnées 78° 27′ 52″ S 106° 50′ 14″ E / -78.464422, 106.83732878° 27′ 52″ Sud
       106° 50′ 14″ Est
/ -78.464422, 106.837328
  
Pays Drapeau de Russie Russie
Création 1957

Géolocalisation sur la carte : Antarctique

(Voir situation sur carte : Antarctique)
Base antarctique Vostok

Vostok est une station russe (anciennement soviétique) installée en Antarctique depuis 1957 à l'occasion de l'année géophysique internationale, pour l'étude du climat.

C'est la plus isolée des stations de recherche sur le continent Antarctique. Le site a été choisi pour les possibilités de forage profond qu'il offre.

Vostok se situe au-dessus du lac le plus austral du monde, le lac Vostok.

On y a recensé la plus basse température du monde : -89,2 °C[1].

Sommaire

Histoire [modifier]

Le 16 décembre 1957, la seconde expédition soviétique en Antarctique (en) établit une station scientifique à Vostok. Celle-ci a fonctionné sans interruption pendant plus de 37 ans. La station a été fermée temporairement en janvier 1994. Aujourd'hui la station est devenue un lieu de coopération international utilisé à la fois par les chercheurs russes, américains et français.

Le 21 juillet 1983, la température record la plus basse jamais enregistrée à la surface de la terre y a été relevée : -89,2 °C[1]. La température y serait même descendue jusqu'à -91 °C pendant l'hiver 1997 mais ce chiffre n'a pas été confirmé par les scientifiques.

En 1996 les scientifiques russes et britanniques découvrirent le plus grand lac sous la glace au monde, le lac Vostok, en dessous de la station scientifique. Le lac Vostok est situé 4 000 mètres en dessous de la calotte glaciaire Antarctique et s'étend sur une surface de 15 690 km².

Description [modifier]

La station est située à une altitude de 3 844 mètres au-dessus du niveau de la mer. C'est la station scientifique la plus isolée du continent Antarctique. Une distance de 1 253 kilomètres la sépare du pôle Sud géographique et la côte la plus proche ne se trouve qu'à 1 260 kilomètres. En hiver, il est pratiquement impossible de se rendre à la station et ses habitants ne peuvent alors compter sur aucune aide extérieure. Sa localisation à proximité du pôle Sud magnétique (qui s'est déplacé depuis) en a fait un emplacement idéal pour étudier les variations du champ magnétique terrestre. D'autres études scientifiques dans les domaines de la géophysique, de la climatologie et de la médecine y sont effectuées. La station abrite en temps normal 25 scientifiques en été mais ce nombre chute à 13 en hiver.

Climat [modifier]

La plus basse température du monde a été enregistrée à Vostok le 21 juillet 1983 : -89,2 °C[1] et la station est connue comme étant le pôle du froid de l'hémisphère Sud. Mais on peut être certain que la température de l'air est descendue plus bas en des points plus élevés de la calotte glaciaire Antarctique puisque la température décroît avec l'altitude. Durant la longue nuit polaire, la température moyenne de l'air est de -65 °C tandis que durant le bref été elle est de -30 °C. La température la plus chaude enregistrée à Vostok est égale à -12,2 °C (11 janvier 2002). La température mensuelle la plus basse a été enregistrée en août 1987 avec -75,4 °C.

Vostok a un climat de type EF (Polaire d'Inlandsis) avec comme record de chaleur -12,2 °C le 11/1/2002 et comme record de froid -89,2 °C le 21/7/1983. La température moyenne annuelle est de -54,1 °C.

Mois jan. fév. mar. avr. mai jui. jui. aoû. sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) -36,8 -49,8 -61,9 -66,4 -68,9 -68,6 -69,9 -70,8 -69,8 -63,9 -48,4 -36,6 -58,2
Température moyenne (°C) -32,4 -44,6 -58 -63,4 -66 -65,4 -66,7 -67,7 -65,8 -58 -43,1 -32,2 -54,1
Température maximale moyenne (°C) -28 -39,4 -54 -60,4 -63 -62,1 -63,5 -64,5 -61,8 -52,1 -37,8 -27,6 -49,9
Précipitations (mm) 0,2 0,4 1 1 2 1 2 2 3 1 0,4 0,6 14,6
Record de froid (°C) -52,1 -64 -74,9 -80,3 -81,2 -83,1 -89,2 -85,3 -85,5 -76 -62,5 -48 -89,2
Record de chaleur (°C) -12,2 -21 -35,5 -33 -41,5 -40 -34 -36 -35,1 -33,5 -23,8 -14 -12,2
Source : Le climat à Vostok (en °C et mm, moyennes mensuelles 1971/2000 et records depuis 1973)[1]


Mais d'autres facteurs que la température y mettent à rude épreuve l'organisme humain :

  • la sécheresse extrême de l'air ;
  • un vent dont la vitesse moyenne est égale à 5 m/s (18 km/h) mais pouvant atteindre parfois 27 m/s (97 km/h) ;
  • le manque d'oxygène lié à l'altitude (3 844 mètres). Du fait que la densité d'oxygène décroît lorsqu'on s'approche des pôles, la densité d'oxygène à Vostok est comparable à la densité d'oxygène à une altitude de 5 000 mètres à une latitude plus tempérée ;
  • une pression partielle des gaz différente de celle à laquelle l'homme est ordinairement habitué ;
  • une plus forte ionisation de l'air ;
  • un déficit de l'air en CO2 qui provoque des troubles au niveau des mécanismes de la respiration ;
  • une nuit polaire qui dure trois mois de l'année.

Le temps d'adaptation de l'organisme à des conditions aussi extrêmes peut durer d'une semaine à deux mois et s'accompagne de maux de tête, d'une sensation de suffocation, de douleurs aux oreilles, de saignements de nez, de hausse brusque de la pression artérielle, de perte de sommeil, de perte de l'appétit, de vomissements et d'une perte de poids de 3 à 5 kg.

Forage de la calotte glaciaire [modifier]

Évolutions de la concentration en CO2 atmosphérique et des températures, données de Vostok complétées par EPICA

Dans les années 1970, l'Union Soviétique effectua à Vostok une série de forages à une profondeur comprise entre 500 et 952 mètres. Ces forages avaient pour but d'étudier la teneur en oxygène isotopique de l'eau composant les calottes et permirent de montrer que ces calottes contenaient de la glace datant de la dernière glaciation à une profondeur supérieure à 400 mètres. Ensuite trois autres forages furent effectués. Le trou 3G atteignit une profondeur finale de 2 202 mètres en 1984, le trou 4G atteignit une profondeur finale de 2 546 mètres en 1990 et enfin le trou 5G atteignit la profondeur de 2 755 mètres en 1993. Après une brève interruption durant l'hiver 1995 le forage du trou 5G reprit et en 1996 il fut stoppé à une profondeur de 3 623 mètres à la demande de la communauté scientifique sur la recherche en Antarctique qui exprimait son inquiétude d'une possible contamination des eaux du lac Vostok. L'étude de la carotte glaciaire extraite grâce à ce forage permit de connaître le climat passé sur une période longue de 420 000 ans. Pendant longtemps ce fut la seule carotte glaciaire dont les données couvraient plusieurs cycles glaciaires. Mais en 2004 la carotte glaciaire de l'EPICA permit de connaître le climat passé sur une période de temps encore plus longue. En 2003 le forage put reprendre mais fut stoppé à une distance estimée de seulement 130 mètres des eaux du lac Vostok.

Bien que le forage de Vostok atteigne une profondeur de 3 623 mètres l'extrémité finale de la carotte ne contient plus d'informations relatives au climat passé car il s'agit de glace provenant du regel des eaux du lac Vostok. En fait seuls les 3 310 premiers mètres de la calotte glaciaire contiennent des informations exploitables pour la connaissance du paléoclimat.

Le forage, repris en janvier 2012, atteignit le lac Vostok le 5 février 2012.

Source [modifier]

Notes [modifier]

  1. a, b et c (ru) Budretsky, A.B., « New absolute minimum of air temperature », Bulletin of the Soviet Antarctic Expedition, Leningrad, Gidrometeoizdat, no 105, 1984 [texte intégral] 

Annexes [modifier]

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Bibliographie [modifier]

  • Jean-Robert Petit, Vostok, le dernier secret de l'Antarctique, Éd. Paulsen, 2012, 245 p. (ISBN 9782916 552194) 

Article connexe [modifier]

Lien externe [modifier]