Barre des Écrins

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Barre des Écrins
Face Nord de la Barre des Écrins, avec le Dôme de neige des écrins à droite et la Barre noire à gauche
Face Nord de la Barre des Écrins, avec le Dôme de neige des écrins à droite et la Barre noire à gauche
Géographie
Altitude 4 102 m[1]
Massif Massif des Écrins
Coordonnées 44° 55′ 19″ N 6° 21′ 34″ E / 44.92194, 6.3594444° 55′ 19″ Nord 6° 21′ 34″ Est / 44.92194, 6.35944  [1]
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Hautes-Alpes
Ascension
Première 25 juin 1864 par A. W. Moore, Horace Walker et Edward Whymper, avec Christian Almer et Michel Croz, par le couloir Whymper en face N
Voie la plus facile versant N et arête W (PD+)[2] depuis le refuge des Écrins
Géologie
Roches Gneiss et granite[3]

Géolocalisation sur la carte : Hautes-Alpes

(Voir situation sur carte : Hautes-Alpes)
Barre des Écrins

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Barre des Écrins

La Barre des Écrins est un sommet des Alpes françaises culminant à 4 102 m d'altitude. Il est le point culminant du massif des Écrins, dans les Hautes-Alpes, et le plus méridional des « 4 000 » alpins. Avant l'annexion de la Savoie en 1860, il était le point culminant de la France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Représentation de la Barre des Écrins en trois dimensions.

La Barre des Écrins est le plus haut sommet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, d'Occitanie et des Alpes du Sud. Elle se trouve sur la commune de Pelvoux dans la Vallouise et est située à l'écart de la ligne de séparation des eaux entre la Durance et le Vénéon. Cette ligne passe à l'ouest du sommet, sur l'arête sommitale au pic Lory (4 088 mètres). La face Sud est rocheuse tandis que la face Nord est glaciaire (point de départ du Glacier Blanc).

La Barre des Écrins est entourée de quatre glaciers : au nord-ouest du sommet le glacier de Bonne Pierre, au nord-est le glacier Blanc, au sud-ouest le glacier du Vallon de la Pilatte et enfin au sud-est le glacier Noir. Elle est séparée du Dôme de Neige des Écrins (4 015 m) par la brèche Lory (3 974 m) à l'ouest, de la barre Noire (3 751 m) par la brèche des Écrins (3 661 m) au nord-est et du Fifre (3 699 m) par le col des Avalanches (3 499 m) au sud.

Géologie[modifier | modifier le code]

La Barre des Écrins est constituée de gneiss migmatisés, une roche acide de composition quartzo-feldspathique ; sur les versants supérieurs du sommet, les gneiss prennent un faciès amphibolique et surmontent les gneiss migmatisés formant le sommet. Cet ensemble chevauche un grand pluton granitique qui compose le sommet du Pelvoux[4],[5],[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Écrins n'ont été découverts par les géographes que tardivement, au XIXe siècle, alors qu'ils étaient pourtant le point culminant de la France (la Savoie étant un duché indépendant avant 1860). Ils sont situés en fait aux confins de l'Oisans et du Briançonnais, le point culminant lui-même étant déjà complètement en Briançonnais. Ils étaient parfois nommés Pointe des Arsines par les locaux.

Les Anglais A. W Moore, Horace Walker et Edward Whymper, guidés par le chamoniard Michel Croz et le suisse Christian Almer, font la première ascension de la Barre des Écrins le 25 juin 1864. Ils taillent des marches sur la face nord de la Barre jusqu'à atteindre la partie supérieure de l'arête orientale en passant par le couloir Whymper. Ils atteignent ensuite le sommet par cette arête aérienne et composée de rochers très instables. Edward Whymper a décrit cette ascension dans son livre Escalade dans les Alpes de 1860 à 1868[2].

William Auguste Coolidge réalise la première directe de la face nord de la Barre des Écrins en juillet 1870, en taillant 500 marches[7].

La première ascension sans guide, en 1878, est au crédit de Frederick Gardiner en compagnie de Charles Pilkington et Lawrence Pilkington.

Le versant sud est gravi pour la première fois en 1880 par Pierre Gaspard, en compagnie de Henri Duhamel. Le pilier sud, qui part du glacier Noir et aboutit au sommet, a été gravi pour la première fois en 1944, par le célèbre couple d'alpinistes, Jeanne et Jean Franco[2].

Ascension[modifier | modifier le code]

Face sud de la Barre (à droite). Au fond, le pic Coolidge et Le Fifre.

La Barre des Écrins, en tant que point culminant attire beaucoup d'alpinistes. Il en résulte de nombreuses voies d'ascension[8].

La Barre des Écrins est traditionnellement gravie depuis le Pré de Madame Carle, dans la Vallouise (1 874 m). L'itinéraire, par la voie normale, consiste à remonter l'intégralité du Glacier Blanc. Il est très fréquenté car il constitue aussi la voie normale du Dôme de neige des Écrins, un des « 4 000 » les plus faciles des Alpes.

Les guides de La Bérarde ont équipé le col des Écrins de câbles, leur permettant ainsi d'emmener leurs clients sur ce sommet.

La voie normale, essentiellement glaciaire, part du refuge des Écrins (3 170 m) et emprunte la face Nord jusqu'aux environs de la brèche Lory (3 974 mètres, séparation entre les voies normales du Dôme et de la Barre), puis suit l'arête sommitale (mixte) jusqu'au sommet.

On peut aussi gravir en fin de printemps la directe Coolidge, à l'aplomb du sommet, avec crampons et piolet plus franchissement aléatoire de la rimaye. Selon les conditions de neige, cet itinéraire peut également être skié.

La traversée sud-nord de la Barre des Écrins fait également partie des beaux itinéraires classiques du massif.

En été il est possible d'escalader une des voies de la vertigineuse face Sud, le Pilier Sud étant la plus parcourue.

Les Écrins et le Glacier Blanc

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Cartes IGN consultées sur Géoportail.
  2. a, b et c Richard Goedeke, 4000 des Alpes, Libris, coll. « Les Guides Libris », juin 2007, 22 p.
  3. La Barre des Écrins et la rive droite du haut Vénéon, Geol-Alp.com
  4. Carte géologique de la France au 1/50 000e consultée sur InfoTerre (feuille de Saint-Christophe-en-Oisans).
  5. J.-C. Barfêtry, A. Pécher, « Notice de la feuille de Saint-Christophe-en-Oisans », sur http://infoterre.brgm.fr/, BRGM,‎ 1984 (consulté le 6 février 2013), p. 21 – 23
  6. Maurice Gidon, « La Barre des Écrins et la rive droite du haut Vénéon », sur http://www.geol-alp.com/,‎ 1er juin 2010 (consulté le 6 février 2013).
  7. Barre des Écrins, Summitpost.org
  8. Topo d'alpinisme, Les voies d'ascension sur camptocamp.org

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Labande, Guide du Haut-Dauphiné : Massif des Écrins, t. 2 : Partie est : Écrins, Ailefroide, Pelvoux, Roche Faurio, Combeynot, Agneaux, Clouzis, Éditions de l'envol,‎ 1996