Barrages du Maroc

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le barrage Youssef Ibn Tachfin dans la province de Tiznit.

Les grands barrages du Maroc en fonctionnement sont en 2011, selon le gouvernement marocain, au nombre de 128 et offrent une capacité totale d'environ 17,2 milliards de m3[1]. L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) dénombrait quant à elle, en 2005, 104 grands barrages d'une capacité totale de 16,904 milliards de m3, ainsi que 17 petits et moyens barrages et 67 barrages ou lacs collinaires, d'une capacité totale de 9,9 millions de m3[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Depuis 1920, les autorités coloniales françaises, soucieuses des efforts de la Première Guerre mondiale, trouvaient dans le Maroc un grand réservoir compensateur des déficits en matière de production agricole.

Dans le cadre de la campagne du Maroc, la France a occupé les grandes plaines marocaines susceptibles de fournir les produits agricoles, tâche prise en charge par les colons encouragés par la propagande. Les régions occupées présentaient tous les avantages d'une agriculture prometteuse pour les investisseurs coloniaux.

Le Maroc, avec ses potentialités hydrologiques et la fertilité de ses terres, manquait d'infrastructures adéquates pour assurer l'irrigation des plaines marocaines, notamment la plaine de Tadla, la plaine d'Abda Doukala, de la Chaouia et celle des plaines atlantiques considérées comme zones faisant partie du Maroc utile.

[réf. nécessaire]

L'introduction des aménagements modernes a débuté avec la réalisation des premiers grands barrages réservoirs dont l'objectif est de fournir de l'eau potable, de l'eau pour l'irrigation et de produire de l'électricité.

À partir des années 1950, les gouvernements successifs mettent en place une politique de construction et d'édification de barrages. Mais la véritable révolution est menée pendant le règne du roi Hassan II (1961-1999)[3]. Notamment avec l'objectif, annoncé en 1974 mais déterminé dès la fin des années 1960[4], d'atteindre le million d'hectares irrigués d'ici la fin du siècle[5],[6]. Cette politique est visible dès le plan quinquennal 1968-1972, dans lequel les investissements publics liés à l'irrigation représentent 41 % (2,088 milliards de dirhams) de l'enveloppe budgétaire prévisionnelle ; jusqu'à 400 millions de dirhams par an sont consacrés à la construction de barrages[4].

La construction de grands ouvrages est largement préférée ; le soutien apporté à la petite et moyenne hydraulique y est bien inférieur[4]. L'eau est essentiellement destinée à l’agriculture : dans les années 2010, la superficie agricole irriguée avoisine 550 000 hectares ; les barrages alimentent également en eau villes et usines[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les grands barrages du royaume (introduction) », sur www.water.gov.ma (consulté le 18 octobre 2011)
  2. « Fiche Aquastat », sur fao.org, Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture,‎ 2005 (consulté le 21 janvier 2014)
  3. « 128 grands barrages au Maroc, 1.5 million d'hectares irrigués et un plan d'économie d'eau », sur lavieeco.com,‎ 4 mai 2012 (consulté le 21 janvier 2014)
  4. a, b et c Jean-Jacques Pérennès (préf. Jacques Bethemont), L'eau et les hommes au Maghreb. Contribution à une politique de l'eau en Méditerranée, Éditions Karthala, coll. « Hommes et sociétés »,‎ 1993 (ISBN 2865373576), p.  170-172
  5. a et b Georges Mutin, L'eau dans le monde arabe : menaces, enjeux, conflits, Éditions Ellipses, coll. « Carrefours »,‎ août 2011, 2e éd. (ISBN 978-2-7298-6525-2), p. 119
  6. A Benhadi, « La politique Marocaine des barrages », Annuaire de l'Afrique du Nord, Paris, Centre national de la recherche scientifique ; Centre de recherches et d'études sur les sociétés méditerrannéenes (CRESM), vol. 1,‎ 1976, p.  275 (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]