Barrage de Nam Theun 2

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Barrage de Nam Theun 2
Géographie
Pays Drapeau du Laos Laos
Coordonnées 17° 59′ 51″ N 104° 57′ 09″ E / 17.9975, 104.95248 ()17° 59′ 51″ Nord 104° 57′ 09″ Est / 17.9975, 104.95248 ()  
Cours d'eau Nam Theun
Objectifs et impacts
Vocation énergie
Date de mise en service 2010
Barrage
Réservoir

Géolocalisation sur la carte : Laos (relief)

(Voir situation sur carte : Laos (relief))
Barrage de Nam Theun 2

Le projet hydroélectrique de Nam Theun 2 est le plus grand d'Asie du Sud-Est. Il s'agit d'un barrage de 1 070 mégawatts sur la Nam Theun (ou Nam Kadding), un affluent du Mékong coulant au centre du Laos, dans la province de Khammouane. La centrale hydroélectrique de Nam Theun 2 a commencé sa production d'électricité en 2010 marquant ainsi la fin de deux décennies d'études et de travaux de construction. Il est destiné à approvisionner la région, et plus particulièrement la Thaïlande, en électricité.

Le projet[modifier | modifier le code]

Le coût d'un tel projet est estimé à 1,4 milliard de dollars. Il est dirigé par un consortium, la Nam Theun 2 Power Company (NTPC), dans lequel Électricité de France (EDF) détient 40 % des parts[1]. L'entreprise thaïlandaise Electricity Generating Public Company Limited (EGCO), premier producteur d'électricité indépendant en Thaïlande détient 35 % des parts de NTPC et la Lao Holding State Enterprise (LHSE) en détient 25 %. Depuis 2005, EDF est à la tête du consortium. L'opération est soutenue par la Banque mondiale, qui se porte garante du projet en cas de nationalisation ou d'expropriation par le gouvernement laotien avant la fin de la durée de la concession (25 ans à partir de la mise en service du barrage).

Les débouchés économiques de ce projet sont problématiques. La Thaïlande a déjà renégocié plusieurs fois le prix auquel elle s'engageait à acheter l'électricité, notamment lors de la crise asiatique de 1997. Le marché thaïlandais est vital pour ce projet : environ 95 % de l'électricité produite sera vendue à la Thaïlande à partir de juin 2008, et rapporteraient au Laos environ 80 millions de dollars par an.

L'équilibre du consortium est également précaire. En juillet 2003, EDF a décidé de se retirer du projet, sur décision du ministre des Finances Francis Mer. La France est revenue deux mois plus tard sur cette décision après que le Laos ne rappelle l'engagement formel de Jacques Chirac à soutenir Nam Theun 2.

En avril 2008, le début de la mise en eau du réservoir de 3,5 milliards de m³ commence[1].

Juillet 2009 : EDF annonce les premiers kilowattheures (kWh) produits par la centrale[2].

Polémique[modifier | modifier le code]

Le projet est contesté par une série de groupes écologistes et politiques. Les Amis de la Terre qui estiment que le projet n'est économiquement pas viable et que le coût écologique est trop fort pour le pays. L'antenne thaïlandaise du WWF craint que le projet ne mette en danger les 200 à 300 éléphants sauvages qui vivent sur le plateau de Nakai, qui doit être partiellement inondé.

Le Mouvement lao pour les Droits de l'Homme, représentant l'opposition expatriée au régime communiste de Vientiane, est également opposé au projet, jugeant que les retombées économiques ne serviront pas à sortir le pays de la pauvreté en raison de la corruption.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « La Lettre » de juin 2008
  2. Le Post, « Le barrage Nam Theun 2 relance l’économie du Laos » (consulté le 21 novembre 2009)