Barrage de Kossou

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7° 01′ 54″ N 5° 28′ 27″ O / 7.03167, -5.47417

Barrage de Kossou
Carte de Côte d'Ivoire avec le lac de Kossou sur le Bandama.

C'est dans la circonscription de Yamoussoukro que se situe le barrage de Kossou, à une quarantaine de kilomètres de la ville, au centre de la Côte d'Ivoire.

Sur le Bandama Blanc, une vue du projet du barrage de Kossou dans les années 1970. La retenue de 30 milliards de m³ d'eau formera un lac de 150 kilomètres de long, recouvrant 1700 kilomètres carrés de terre.

Il permettra :

  • Pour l'agriculture, l'irrigation de 50 000 hectares de terre.
  • Pour la pêche, 20 000 tonnes de poisson par an.
  • Une production d'électricité de 535 millions de kilowattheures.
  • Déplacements de plus de 75000 d'habitants[1].

La construction du barrage de Kossou, le troisième de Côte d'Ivoire, débuta en 1969. Kossou, par la création en pays Baoulé d'un plan d'eau aussi étendu que le lac Léman, a modifié bien des choses. Cent mille paysans ont accepté d'abandonner leurs villages et leurs habitudes, de se regrouper, de pratiquer d'autres cultures.

Déroulement des travaux[modifier | modifier le code]

Afin de loger ses travailleurs pendant la durée du chantier, l'entreprise construisit un village. Le barrage terminé, les hommes partirent et le village devint désert. Félix Houphouët-Boigny raconte :

"Lorsque nous avons décidé la construction du barrage de Kossou, j'ai appelé Aoussou Koffi. Sa famille, arrivée dans la région avec les compagnons de Boigny N'Dri, s'est installée à une vingtaine de kilomètres de Yamoussoukro; il est mon cousin. C'est lui que j'ai affecté à la direction de la nouvelle Autorité pour la Vallée du Bandama (AVB) parce que je savais qu'il allait devoir affronter un problème très délicat : Celui de l'immersion des tombes. Lorsqu'il fallut aborder avec les villageois baoulés la question des tombes de leurs ancêtres qui allaient disparaître sous les eaux, nous rencontrâmes l'hostilité de tous."

"Je les comprenais : Les Baoulés ont le culte des morts, et il faut être Baoulé pour ressentir la peine immense causée par l'idée de plus pouvoir voir les tombes de leurs parents. Mais je leur ai dit que la Reine Pokou a dû sacrifier son unique enfant dans les flots du fleuve Comoé pour obtenir le passage des Baoulé. Et je leur ai dit qu'on leur demandait aujourd'hui de sacrifier les tombes de leurs aïeux."

Ils se sont retirés, et en revenant, ont dit : "Nous ne ferons pas moins que la Reine". Deux cents villages ont été immergés.

Achèvement[modifier | modifier le code]

En 1978, soit neuf ans après le début de sa construction, le rendement de la centrale hydro-électrique n'est pas aussi élevé que prévu ; un prélèvement intensif d'eau pour le complexe sucrier de Ferkessédougou en est responsable.

Une partie des villages reconstruits sont appelés villages AVB ; il s'agit entre autres de Kossou, Bocabo, Angossé, Attrénou, Kongouanou et Suibonou. Trois mille six cents anciens paysans, en général baoulés, sont devenus pêcheurs. Leur production en 1978 s'est élevée à 10 000 tonnes.

En 2010, une navette nautique est mise en place entre les deux rives du lac, de Bouaflé à Sakassou[2].

Année Niveau du lac (en mètres)
1973 188
1975 189
1977 186,5

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bogumil Terminski, Development-Induced Displacement and Resettlement: Theoretical Frameworks and Current Challenges, Geneva, 2013.
  2. http://www.defense.gouv.fr/ema/operations_exterieures/cote_d_ivoire/breves/04_05_10_rci_licorne_reunit_le_peuple_ayaou

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • AG. Coche, Développement de la pêche dans le lac de Kossou (Côte d'Ivoire). Résultats et recommandations,‎ 1975