Barrage d'Éguzon

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Barrage d'Éguzon
Image illustrative de l'article Barrage d'Éguzon
Vue depuis l'aval du barrage.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Centre
Département Indre
Canton Éguzon-Chantôme
Coordonnées 46° 27′ 15″ N 1° 36′ 45″ E / 46.454165, 1.61261846° 27′ 15″ Nord 1° 36′ 45″ Est / 46.454165, 1.612618  
Cours d'eau La Creuse
Objectifs et impacts
Vocation Énergie
Propriétaire Électricité de France
Date du début des travaux 1922
Date de la fin des travaux 1926
Date de mise en service 1926
Barrage
Type Poids Curviligne
Hauteur du barrage (lit de rivière) 57,7 m
Hauteur du barrage (fondation barrage) 61,1 m
Longueur du barrage 300 m
Épaisseur du barrage (au sommet) m
Épaisseur du barrage (à la base) 51 m
Réservoir
Altitude du réservoir 203,70 m
Volume du réservoir 57 2 millions de m3
Surface du réservoir 312 ha
Longueur du réservoir 16 km
Éguzon
Nombre de turbines 6 x 12 MW
Type de turbines Francis
Production annuelle 101 GWh
Facteur d'utilisation 100 %
Irrigation
Bassin(s) irrigué(s) Lac de Chambon
Surface irriguée 312 ha
Source Les énergies renouvelables, agence locale de l'énergie

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Barrage d'Éguzon

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Barrage d'Éguzon

Le barrage d'Éguzon est un barrage hydro-électrique français, de type poids curviligne, situé dans le département de l'Indre, en région Centre. Il se trouve sur les communes d'Éguzon-Chantôme pour la rive gauche et de Cuzion pour la rive droite.

Il est exploité par Électricité de France (Unité de production Centre) et placé sous le contrôle de la DRIRE Centre.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le barrage est le plus important de la région. Il est situé sur la Creuse. La retenue d'eau forme un lac appelé lac de Chambon.

Les communes voisines[1] sont :

Les grandes agglomérations voisines[1] sont :

Histoire[modifier | modifier le code]

Projet ancien, le barrage, par sa réussite, a alimenté l'intense spéculation boursière des années 1920 sur l'hydroélectricité. Dès les années[2] 1908 et 1911, l'entrepreneur Léon Chagnaud présente plusieurs projets de barrages de plus en plus importants. Il est en effet nécessaire d'augmenter la production d'électricité pour alimenter les industries de la région. Arrivé en 1914 et donc au début de la Première Guerre mondiale il devient nécessaire d'assurer l'alimentation électrique de l'usine d'armement de Bourges.

Après l'abandon du projet initial de barrage de Bonnu (à environ 2 km, en amont du barrage actuel), on décide de construire[2] un barrage à 1 200 m du pont des Piles. L'ouvrage projeté a 35 m de hauteur. L'usine a 100 m de longueur. Le projet initial est conservé pour permettre l'alimentation électrique du chantier.

En 1917, les premiers[2] coups de pioche sont donnés pour la réalisation des fondations. La guerre ayant pris la plupart des ouvriers français, ce sont des prisonniers de guerre allemands, russes et turcs qui sont amenés au camp d'Ajain dans le département de la Creuse pour réaliser les travaux du barrage. Un accord est signé avec le gouvernement espagnol pour permettre l'arrivée de 300 ouvriers d'Espagne. Parmi eux, il y a aussi des syndicalistes qui empêchent les autres de travailler. Ils sont expulsés.

Un nouveau[2] projet est étudié. Il a 40 m de hauteur et le lac de retenue doit submerger le pont du Chambon à 5 m à l'amont. Le service des Ponts et Chaussées s'inquiète du projet et demande une étude complète avant de l'approuver. Mais les travaux continuent au ralenti bien qu'ils soient faits pour le ministère de l'Armée.

En juin 1921, Léon Chagnaud crée[2] pour relancer la construction du barrage d'Éguzon qui à l'époque ne mesurait qu'1,5 m, l'Union Hydro-Électrique, avec des actionnaires très influents comme la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans. Celle-ci a l'intention de poursuivre l'électrification de son réseau de Vierzon à Toulouse. Elle est intéressée au premier chef par une usine hydroélectrique dans la région qui lui permettrait de relayer efficacement l'usine thermique de Gennevilliers qui alimente aussi Paris en électricité.

En octobre 1921, Léon Chagnaud dépose un septième[2] et dernier projet. Le barrage fait maintenant 61 m de hauteur à partir de la fondation. Le volume de la retenue est multiplié par 2,5 m. En 1922, les travaux de l'usine et du barrage commencent. Le 3 mars 1923 une crue très importante, comparable à celle de 1845 arrête les travaux et ce n'est qu'en juin 1923 que les travaux reprennent. En mai 1924, pour accélérer les travaux, on introduit le travail de nuit et le système des trois fois huit heures. Plus de mille ouvriers s'activent sur le chantier. En décembre 1924 le barrage arrive à 30 m de hauteur et en mars 1925 à 40 m. Au mois de février 1926, la salle des machines est prête et le barrage atteint son niveau maximum de 203,70 m NGF. Lors de la première mise en eau, des fuites très importantes ont été constatées ; elles ont nécessité une vidange et une campagne d'injections en 1926, avant la mise en eau totale. Puis le rétablissement du drainage de la fondation entre les galeries T.D et T.G[3]. Le 5 juin 1926 a eu lieu l'inauguration du barrage.

Le 17 juin 1926, le barrage[2] d'Éguzon est le plus puissant barrage d'Europe à l'époque et il fournit de l'électricité à la ville de Paris. Le 29 avril 1935 l'électricité produite par le barrage sert à l'alimentation des caténaires de la ligne de chemin de fer Paris - Toulouse entre Châteauroux et Limoges.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le barrage a été occupé par l'armée allemande. La Résistance a effectué de nombreux sabotages, jusqu'à la libération du barrage le 20 août 1944.

En été 1988, le barrage a été vidangé totalement afin d'effectuer une visite complète et détaillée des différentes infrastructures.

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Générales[modifier | modifier le code]

Le barrage est de type[3] poids curviligne, constitué de dix plots[3] dont huit centraux[3] de 30 m de largeur. Il est prolongé en rive gauche par un mur poids venant se refermer contre la pile rive droite des évacuateurs de surface.

Les matériaux utilisés pour la construction sont du béton cyclopéen[3] composé de blocs de pierre et de moellons noyés dans un béton de laitier au dosage de 350 kg⋅m3[3] puis une couche d'adhérence au sol de 50 cm d'épaisseur[3] au minimum exécutée en maçonnerie ordinaire au mortier de ciment dosé à 400 kg⋅m3[3] de sable. Les parements amont et aval sont en maçonnerie de moellons ordinaires réalisés à l'avancement.

Le drainage du corps du barrage utilise soixante treize drains[3] d'élévation de diamètre 300 mm espacés de 3 m[3] (diamètre 87 mm pour quatorze d'entre eux reforés en 1987) débouchant, à la fois sur le couronnement et dans la galerie de drainage, leur longueur varie de 4,5 m à 53 m[3]. De plus quatre-vingt-dix-huit drains[3] de fondation de diamètre 80 mm et de diamètre 100 mm régulièrement espacés de 3 m au-dessous de la cote 180 NGF ont été ajoutés.

L'ouvrage comporte une galerie longitudinale de visite et de drainage de 1,2 m de largeur[3] sur 2,1 m de hauteur[3] à 4,5 m du parement amont entre les cotes 148 et 198 NGF ainsi que trois galeries transversales permettent l'accès depuis l'aval et l'évacuation des fuites.

Fondation[modifier | modifier le code]

La nature du terrain de fondation est constitué de gneiss amphibolite[3] de couleur gris très sombre à bleu noir généralement assez riche en amphiboles pour mériter le nom d'amphibolite. Cette amphibolite est compacte, massive, très dure et abrasive. Elle renferme des intercalations lenticulaires de micaschistes friables et tendres, se présentant sous forme de lits minces et discontinus plus sensibles à l'altération météorique (décomposition en minéraux argileux).

Le descriptif des singularités des lits[3] micacés ou micaschisteux sont parallèles à la schistosité de la roche qu'ils soulignent. Cette schistosité par contre est assez peu nette dans les faciès amphiboliques. Pendage dirigé vers l'amont s'atténuant d'amont vers l'aval (au pied rive droite du barrage il est pratiquement horizontal). Le barrage est implanté en oblique sur les amphibolites.

Le traitement de la fondation a été fait avec des voiles d'injection au droit du parement amont (de 1922 à 1925). Le réseau de drainage débouchant dans la galerie de drainage amont. Ce réseau commencé à la construction a été amélioré peu à peu en 1933, 1954, 1964, 1987 et 1988 par reforage et exécution de nouveaux drains[3].

Vidange[modifier | modifier le code]

La vidange de la retenue s'effectue grâce à une vanne wagon suivie d'une vanne en série. Le débit de vidange est de 115 m3⋅s-1.

Évacuateurs de crues[modifier | modifier le code]

Le barrage possède un évacuateur de crue situé sur sa rive gauche. Le débit d'évacuation des crues est de 1 605 m3⋅s-1.

Il dispose de six vannes dont une à clapet :

  • une vanne segment ;
  • une vanne wagon ;
  • trois vannes Stoney ;
  • un clapet automatique.

Centrale électrique[modifier | modifier le code]

Le courant est produit à l'aide de six groupes[4] de production d'énergie hydraulique (turbine + alternateur). Ces six groupes de production produisent douze Mégawatt[4] chacun. Les turbines de types Francis[4] sont alimentées par deux conduites forcées de 4,25 m de diamètre[4].

La longueur de la conduite de droite est de 85 m, et celle de gauche est de 105 m. L'épaisseur de la tôle qui les compose varie entre 10 mm et 24 mm. Le poids des deux conduites et de leur six jonctions avec les turbines est de 600 t.

La production annuelle est de cent cinq gigawatt-heure (cent cinq millions de kilowatt-heure). L'énergie produite est transportée vers le poste de transformation d'électricité d'Éguzon par deux lignes haute tension 90 000 V[4]. Ce poste est exploité par RTE.

Les barrages de la rivière Creuse[modifier | modifier le code]

La rivière Creuse possède six barrages qui sont situés entre la commune de Guéret (Département de la Creuse) et Argenton-sur-Creuse (Département de l'Indre)[5].

Barrage de la
Roche au Moine[5]
Barrage de la
Roche-Bat-L'Aigue[5]
Barrage
de l'Âge[5]
Barrage des
Chezelles[5]
Barrage des
Champsanglard[5]
Communes rive droite Gargilesse-Dampierre Badecon-le-Pin Le Bourg-d'Hem Le Bourg-d'Hem Champsanglard
Communes rive gauche Baraize Ceaulmont La Celle-Dunoise Anzême Anzême
Type Poids-rectilignes Fil de l'eau  ?  ?  ?
Mise en service 1932 1977  ?  ?  ?
Hauteur 18,5 m 18 m ? m ? m ? m
Longueur 125 m 80 m ? m ? m ? m
Épaisseur 19,5 m (Base)
2,7 m (Crête)
? m (Base)
? m (Crête)
? m (Base)
? m (Crête)
? m (Base)
? m (Crête)
? m (Base)
? m (Crête)
Hauteur de chute 16,55 m 12 m ? m ? m ? m
Surface de
la retenue
70 ha ? ha ? ha ? ha ? ha
Longueur de
la retenue
8 km ? km ? km ? km ? km
Volume d'eau
de la retenue
4 000 000 m3 ? m3 ? m3 ? m3 ? m3
Nombres de vannes 7  ?  ?  ?  ?
Capacité d'évacuation
par clapets
? m3⋅s 150 m3⋅s ? m3⋅s ? m3⋅s ? m3⋅s
Production annuelle 21 000 000 kW⋅h 15 000 000 kW⋅h ? kW⋅h ? kW⋅h ? kW⋅h

Le barrage[5] de la Roche au Moine se situe à 8 km en aval du barrage d'Éguzon. Il sert à la régulation de la Creuse et à la production d'électricité. Le barrage[5] de la Roche-Bat-L'Aigue se situe à 12 km en aval du barrage d'Éguzon, il sert uniquement à la production d'électricité.

Unité de production Centre[modifier | modifier le code]

La ligne à haute tension 90 000 V, venant du transformateur du barrage et allant vers le poste électrique d'Éguzon.
La ligne à haute tension 90 000 V, venant du transformateur du barrage et allant vers le poste électrique d'Éguzon.

L'unité de production Centre est une des cinq unités de production hydraulique dirigée par Électricité de France.

Elle regroupe[6] :

  • cinq groupes d'exploitations hydrauliques (GEH) :
  • un groupe de maintenance hydraulique (GMH) basé à Tulle.

Le barrage d'Éguzon dépend[7] du groupe d'exploitation hydraulique Limoges.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Site de ViaMichelin : Barrage d'Éguzon, consulté le 22 décembre 2011.
  2. a, b, c, d, e, f et g barrage d'Éguzon sur Structurae. consulté le 22 décembre 2011.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p et q Site de Barrage.eguzon.free.fr : Encore plus d'infos, consulté le 22 décembre 2011.
  4. a, b, c, d et e Site de Barrage.eguzon.free.fr : Le courant, consulté le 22 décembre 2011.
  5. a, b, c, d, e, f, g et h Site de Berry Sud : Les différents sites, consulté le 22 décembre 2011.
  6. Site d'EDF : Unité de Production Centre : Organisation de l'unité, consulté le 22 décembre 2011.
  7. Site d'EDF : GEH Limoges, consulté le 22 décembre 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Les coordonnées de cet article :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Thibaudeau, Le barrage d'Éguzon (1941-1944), un enjeu stratégique : la bataille de l'électricité dans l'Indre, Aspharesd,‎ 2005, 19e éd. (ISSN 07693885), p. 57-88.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]