Barings

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La Barings Bank (ou Barings), fondée en 1762 et disparue en 1995, était la plus ancienne banque d'affaires d'Angleterre.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Barings a été fondée en 1762 par Sir Francis Baring sous le nom de John and Francis Baring Company. En 1803, elle a participé au financement de l'achat de la Louisiane, associée à la maison de banque néerlandaise Hope & Co..

En 1806, le fils de Francis, Alexander Baring, rejoignit l'entreprise qui fut renommée Baring Brothers & Co., après sa fusion avec le bureau londonien de la banque Hope, où Alexander travaillait aux côtés d'Henry Hope.

La Barings fut la première grande banque étrangère à soutenir la place financière de Paris après la chute de Bonaparte, alors que la dette publique venait d'être gonflée par l'indemnité de guerre. Le 20 janvier 1817, elle souscrit 9 millions de rentes à elle seule[1].

En 1890, la banque se trouva confrontée à de graves difficultés du fait de son exposition à un important défaut de paiement lié à une dette souveraine, celle de l'Argentine et de l'Uruguay. Le montant impayé est énorme pour l'époque: cent millions de livres sterling[2]. La banque fut sauvée par un consortium organisé par le gouverneur de la Banque d'Angleterre, William Lidderdale, mais ses difficultés ont surpris et l'annonce de son sauvetage in-extrémis a un retentissement énorme en Angleterre[3].

Sous le règne de George V, elle devint la banque de la famille royale britannique, jusqu'à sa disparition le 26 février 1995, date à laquelle elle a été reprise par ING au prix symbolique d'une livre sterling.

La chute[modifier | modifier le code]

En 1995, la Barings a été mise en faillite à cause de placements à découvert supérieurs aux fonds propres de la banque. Ces placements avaient été réalisés par le trader Nick Leeson dont l'histoire a fait sensation, et a été relatée dans la biographie Rogue Trader et mise en scène au cinéma en 1999 dans le film Trader. Mise en cessation de paiement, elle a été rachetée par la banque ING au prix symbolique d'une livre sterling.

Outre la faillite de la banque, c'est le processus ayant conduit au désastre qui a le plus surpris à l'époque. Un bureau de trading basé à Singapour, et opérant sur les marchés dérivés d'action a été en mesure de générer 850 M£ de pertes, engloutissant plus du double des capitaux propres de la banque, et la précipitant dans la faillite à la stupeur de son propre top management basé à Londres.

Pour le compte de la Barings, Nick Leeson achetait et vendait des contrats à terme sur l’indice boursier Nikkei 225, regroupant les 225 plus grandes entreprises japonaises, mais en opérant sur le marché à terme de Singapour où est coté le contrat Nikkeï.

Pour des raisons toujours inconnues, Leeson a acheté pour près de 20 milliards de dollars de contrats à terme sur le Nikkeï, ce qui fait que sa banque a été contrainte de verser des appels de marge au marché de Singapour. Le quotidien financier japonais Nihon Keizai Shimbun a révélé qu'elle a même été contrainte de lancer des emprunts inhabituels, pour payer ces appels de marge.

Faillite annoncée[modifier | modifier le code]

La presse britannique a pour sa part révélé que les supérieurs hiérarchiques de Leeson avaient touché pour l'année 1994 des bonus très élevés, cette même année avait vu la banque réaliser une activité très importante sur les marchés des options sur ce même indice Nikkeï.

L’agence de presse Bloomberg, citée à l'époque par le quotidien La Tribune, avait révélé que la Barings était engagée par ailleurs sur un « straddle », opération consistant à garantir pour ses clients des plus-values au cas où le Nikkei passerait soit au-dessous d'un certain niveau, soit au-dessus d'un autre niveau. La Barings tablait ainsi sur la poursuite d'une relative stabilité de l'indice boursier japonais, pari devenu caduc avec le tremblement de terre de Kōbe. Compte tenu de ces engagements sur les options et du tremblement de terre, la Barings tomba en faillite.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Alfred Colling, La Prodigieuse histoire de la Bourse, Paris, Société d'éditions économiques et financières,‎ 1949, p. 191
  2. Alfred Colling, La Prodigieuse histoire de la Bourse, Paris, Société d'éditions économiques et financières,‎ 1949, p. 314
  3. Alfred Colling, La Prodigieuse histoire de la Bourse, Paris, Société d'éditions économiques et financières,‎ 1949, p. 315