Barbara Kruger

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Barbara Kruger

Description de cette image, également commentée ci-après

Sans titre, 2006, Australian Center for Contemporary Art

Naissance 26 janvier 1945 (69 ans)
Nationalité Américaine
Activités Arts visuels
Formation Université de Syracuse
La School of design de Parson de New York

Barbara Kruger, née le 26 janvier 1945 à Newark (New Jersey) aux États-Unis, est une artiste conceptuelle américaine. Elle vit entre New York et Los Angeles, où elle travaille également. Elle a été rendu célèbre grâce à ses photos-montages de photographies de presse en noir et blanc juxtaposées avec des slogans concis et agressifs, rédigés en blanc sur fond rouge, dans des polices telles que futura bold oblique ou helvetica ultra condensé et thera.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle a étudié un an à l’université de Syracuse. Elle développe un intérêt pour les arts visuels, le design graphique, la poésie et l’écriture. Puis elle fréquenta pendant un an la Parson School of Design à New York en 1965 avec Diana Arbus et Marvin Israël (artistes/photographes). Elle a suivi une formation professionnelle de graphiste publicitaire. Puis, en 1966, elle a travaillé comme graphiste à la Condé Nast Publications, qui publie les revues « Mademoiselle » et « Vogue », en tant que concepteur d’entrée de gamme ; puis elle fit promue à la tête des concepteurs un an plus tard. Plus tard elle travailla en tant que graphiste, directrice artistique et éditrice d’image dans les départements d’art « Maison et jardin ». Barbara Kruger a été fortement influencé par son expérience professionnelle dans la conception, en tant que graphiste ; comme d’autre artiste tel que Andy Warhol. Elle a enseigné à l’Institut d'art de Chicago et l’Université de Californie à Berkeley, et est actuellement professeur à l’Université de Californie à Los Angeles[1].

Style et démarches artistiques[modifier | modifier le code]

Influence de sa carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Barbara Kruger exécute depuis 1981 des photomontages[2]. Dans son travail, elle détourne l’image publicitaire sur des sujets de société de consommation. Ce sont des réalisations en grand format accompagné d’un slogan choc, écrit en caractère d’imprimerie. L’utilisation de la couleur est en général limitée à 3 : blanc, noir, rouge et différents ton de gris.

Elle mixe des photographies de sources existantes avec des textes concis et agressifs (slogan marquant) qui impliquent le spectateur sur des sujets de société de consommation. On retrouve ces slogans aussi dans l’espace public, tel que « Imperfect Utopia » de Barbara Kruger & Smith-Miller + Hawkinson[3]. Avec une utilisation fréquente dans ces œuvres des pronoms, « vous, votre, je, nous, eux ... ». Le pronom « you » renvoie souvent au rapport de force entre homme et femme. Son travail et ses slogans sont facilement reconnaissables.

La violence des images et des propos sont dirigés directement vers le spectateur. Son travail prend pour cible la société de consommation ainsi que des minorités (ethnique et sexuelle), soumise à l’autorité et aux stéréotypes sociaux. On peut rapprocher ses photomontages à l’Agit-Prop révolutionnaire, ou aux montages photographiques anti-hitlériens de John Heartfield[2].

Elle fait partie d’une catégorie d’artistes que l’on nomme « artistes politiques » dans le milieu des années 1980, marqué par l’industrie culturelle. Elle dit de sa démarche artistique : « Non, je ne fais pas de politique à proprement parler, je questionne le langage dans toutes ses situations … J’essaie surtout d’introduire le doute dans l’esprit du spectateur, et je lutte contre les certitudes établies telles que j’ai raison et toi t’as tort, OK ? »[4]; « Je ne dis pas que mon art a de l’effet sur autrui, mais simplement tous les jours, à Los Angeles où je vis, mais aussi à Paris ou Londres, à la télévision et dans la rue, je vois des images et des mots qui heurtent les gens, qui les influencent. Des expressions et des opinions toutes faites, des lieux communs, des modes. Il faut être fou pour ne pas croire au pouvoir du langage. Nous en faisons tous l’expérience quotidienne. »[4].

Expositions[modifier | modifier le code]

Elle fait sa première exposition personnelle à la Galerie Mary Boone de New-York 1987[2]. C’est la première femme à rentrer dans cet univers « artistique » jusqu’à lors exclusivement masculin. Elle souhaite pénétrer les galeries et les musées, monde masculin, et d’en détourner les conventions. Elle ne souhaite pas faire du militantisme féministe, à une époque ou la représentation artistique féminine des années 1980, s’inscrit dans un climat difficile (exposition de travaux d’artiste femme dans les galeries réservé à cet effet) (années 1970 critique Lucy Lippaud)

Travaux[modifier | modifier le code]

Œuvres photomontages[modifier | modifier le code]

You Are Not Yourself[modifier | modifier le code]

  • Titre de l'œuvre : You Are Not Yourself
  • Matériaux : Photo, collage
  • Taille : 182.9 x 121,9 cm
  • date de l'œuvre : 1984
  • Lieu de conservation ?

Cette œuvre de Barbara Kruger reflète bien l'état d'esprit de son travail. Il s'agit d'un collage d'une image publicitaire que l'artiste a récupérée dans un magazine féminin pour la modifier. L'image, représentant un visage féminin est ainsi déchirée, puis rassemblée de façon à étaler le visage, le défigurer... L'image donne ainsi l'impression d'un reflet dans un miroir brisé.

À cette image Barbara Kruger ajoute un message, en lettres noires rappelant la typographie utilisée dans les affiches publicitaires.

YOU ARE not YOURSELF (le « not » étant mêlé à l'image, le reste du texte lui, bien visible encadré de blanc, comme découpé d'une autre page de magazine.) Ainsi le langage et l'image collaborent pour mettre en scène et dénoncer les manipulations des médias et de la publicité. Barbara Kruger dénonce l'image que la publicité et la société nous renvoient de nous-mêmes, et le désir qu'elle produit de vouloir ressembler à des « modèles » préconçus, qui font de nous des clones, et créer ainsi une perte de l'identité individuelle au profit d'une identité de masse source de mal-être.

I Shop Therefore I Am[modifier | modifier le code]

I shop therefore I am est une affiche publicitaire de forme carrée. La photographie en noir et blanc est encadré d’un liseré rouge. On y voit une main tenant une carte de visite rouge rectangulaire, sur laquelle on peut voir inscrit un slogan en lettres blanches : I shop therefore I am (J’achète donc je suis).

Elle détourne ainsi la célèbre formule philosophique française d’un philosophe du XVIIe siècle, René Descartes : « Je pense donc je suis »[4]. C’est une critique violente de la société de consommation. Dans cette œuvre elle emprunte les codes de la publicité pour mieux les bousculer : nombre limité de couleur (rouge, blanc, noir, différentes ton de gris), visuel simple et slogan qui accroche, interpelle et choc l’œil du spectateur. Le slogan « j’achète donc je suis » implique que l’existence humaine se juge à son aptitude à consommer des biens et amène le spectateur à réfléchir à ce qu’il est. Pour Descartes, c’est le fait de penser qui nous fait prendre conscience de notre existence ; Kruger, quant à elle, veut montrer qu’à notre époque c’est notre « faculté d’acheter, à consommer qui nous donne une identité »[2],[4].

On peut rapprocher cette œuvre aux collages anti-nazis de John Heartfield, de part l’utilisation qu’elle en fait des méthodes de détournement de l’image[2],[4].

Œuvre dans l'espace public[modifier | modifier le code]

Imperfect Utopia[modifier | modifier le code]

Projet en collaboration avec les architectes Smith-Miller et Laurie Hawkinson ; l’artiste Barbara Kruger et l’architecte paysagiste Nicholas Quennell. Projet d’un Parc pour le Nouveau Monde, comprenant un « paysage textualisé » et un cinéma en plein air (1987-96), construit autour du North Carolina Museum of Art à Raleigh en Caroline du Nord (États-Unis).

Ce projet questionne « l'intérieur les limites disciplinaires de l’architecture, et s’affirme comme exemplaire d’une osmose entre le démarche de l’architecte et de l’artiste. »[3].

L’espace architectural se définit ici à partir de la recherche de mots. Ainsi le champ architectural est élargi à la conception paysagère, de l’art et de l’ingénierie et du langage. À l’encontre des Folies de Bernard Tschumi pour le Parc de la Villette à Paris, où l’architecture est événement, Imperfect Utopia transforme le langage en événement à inscrire dans le paysage architectural. Barbara Kruger déploya à l’intérieur d’un espace bien défini, celui de l’amphithéâtre et du cinéma en plein air, des courtes phrases émergeant du sol dont les lettres s’articulent comme les pierres d’un édifice : « To be rather than to seem » « être plutôt que paraître » ou encore « Picture this » « Décris cela ». Dans chaque lettre, réalisée en matériau différent, sont inscrites d’autre phrases et citations, qui interpellent directement le spectateur. Par exemple sur la lettre P, on peut lire : « Pleased to meet you. Please read the writing on the wall. Please don’t let history repeat itself. Please live and let live. Please use only as directed. Please be all that you can be ». On a ici deux registres, celui du message (contenu) et celui de la forme dans l’espace, en particulier son échelle, qui tendent à intégrer le spectateur. « Ici Kruger “re-naturalise” l’architecture à partir du langage ».

Livres[modifier | modifier le code]

  • Mon joli poney, texte de Stephen King (1988), Bibliothèque des Fellows du Whitney Museum of American Art
  • Barbara Kruger 7 Janvier to 28 Janvier 1989 par Barbara Kruger, Mary Boone Gallery, 1989
  • Barbara Kruger: 5 Janvier to 26 Janvier 1991, par Barbara Kruger, 1991
  • Télécommande: Alimentation, cultures, et le monde des apparences par Barbara Kruger, 1994
  • Love for Sale, par Kate Linker 1996
  • Refaire l'histoire (discussions dans la culture contemporaine, n ° 4) de Barbara Kruger, 1998
  • Thinking of You, 1999 (Musée d'Art Contemporain de Los Angeles)
  • Barbara Kruger, par Angela Vettese 2002
  • Money Talks par Barbara Kruger et Lisa Phillips, 2005
  • Barbara Kruger par Barbara Kruger, Rizzoli 2010

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Barbara Kruger », sur arthistoryarchive.com (consulté le 3 décembre 2013).
  2. a, b, c, d et e Mamco http://www.mamco.ch/artistes_fichiers/k/kruger.html
  3. a et b Collection du FRAC Centre, Domaines publics, édition HYX, achevé d’imprimer en 1999
  4. a, b, c, d et e PDF Barbara Kruger http://webetab.ac-bordeaux.fr/college-arthez/fileadmin/0640005H/fichiers_publics/Docs_peda/Hist_des_arts/HDA_3e/Barbara_Kruger_1.pdf

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Artiste conceptuels associés à Barbara Kruger :