Banque des États de l'Afrique centrale

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La Banque des États de l'Afrique Centrale ou BEAC, institution officielle de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), est un établissement public multinational groupant les 6 États de la CEMAC.

Elle a pour missions :

  • d'émettre la monnaie et en garantir la stabilité.
  • de définir et de conduire la politique monétaire applicable dans les pays membres de l'Union.
  • de conduire les opérations de change.
  • de détenir et gérer les réserves de change des pays membres.
  • de promouvoir le bon fonctionnement du système des paiements dans l'Union.

Le gouvernement de la banque[modifier | modifier le code]

Le Gouverneur de la Banque est nommé par la Conférence des Chefs d'État de la CEMAC. La durée de son mandat est de sept ans non renouvelable. Il assure la direction de la Banque. À ce titre, il veille au respect de ses statuts.

De même, le Gouverneur représente la Banque vis-à-vis des tiers. Il organise et dirige les services de l'Institut d'Émission.

Le Gouverneur est assisté, dans l'exercice de ses fonctions, par le Vice-Gouverneur, le Secrétaire Général et trois Directeurs Généraux, nommés chacun pour six ans non renouvelable, par la Conférence des Chefs d'État de la CEMAC.

L'administration générale[modifier | modifier le code]

Au siège central, l'Institut d'Émission fonctionne avec neuf Directions Centrales, cinq Départements et une Cellule d'Études. Les Départements et la Cellule d'Études sont directement rattachés au Secrétariat Général. C'est aussi l'institut d'émission monétaire du franc CFA BEAC, qui a cours légal dans les pays membres de la CEMAC.

Grâce à un accord monétaire avec la France, le franc CFA BEAC était convertible avec le franc français, jusqu'en fin 1999, par un taux fixe (révisable) garanti par le dépôt par la BEAC d'un fonds de réserve à la Banque de France, constitué par les apports des banques centrales nationales (BCN) de chaque pays membre de la CEMAC.

En fin 1999, l'euro ayant remplacé le franc français, l'accord monétaire avec la France a été maintenu (après accord de la BCE), mais redéfini par un taux fixe avec l'euro encore garanti (sous certaines conditions) par la Banque de France, en échange du maintien du fonds de réserve.

Cependant, la BEAC reste libre de composer des fonds de réserve supplémentaires (en métal ou en devises) avec d'autres banques centrales afin de faciliter le commerce international et disposer de réserves de change supplémentaires dans d'autres devises que l'euro, ou de mettre fin à la convertibilité du franc CFA BEAC avec l'euro si nécessaire.

Nouvelle série 2004 de billets[modifier | modifier le code]

Depuis novembre 2004, une nouvelle série de billets est disponible.

Ces billets, réputés modernes, font l'objet de critiques quant à leur solidité, notamment les billets de 500 F et de 1 000 F qui peuvent circuler des années sans retourner dans une banque et qui sont inutilisables au bout de six mois.

Les problèmes de pénuries[modifier | modifier le code]

L'une des missions de la BEAC est la distribution et la mise à disposition des banques commerciales des billets et pièces de monnaies.

On reproche à la BEAC de ne pas mener à bien cette mission, puisque la CEMAC connait depuis plus de 10 ans une pénurie de pièces de monnaies, qui donne lieu à toute sorte de trafics.

En effet, les pièces de 100, 50 et 25 F sont en nombre insuffisant et officiellement la BEAC ne reconnait pas la pénurie au motif que :

  • les pièces font l'objet d'une utilisation illégale dans les machines à sous ;
  • les bijoutiers fondent les pièces de 25 F pour en faire des bijoux ;
  • et que s'il n'y avait pas d'utilisation de ce genre il y en aurait suffisamment pour tout le monde.

Les agents économiques, comme ils n'ont pas de compte en banque, ont la préférence pour la thésaurisation des pièces de monnaie (les billets de banque ne se conservent pas bien) et c'est une des raisons de la pénurie de pièces de monnaie dans certains pays.

Nouvelle série 2006 de monnaies[modifier | modifier le code]

Afin de fluidifier la circulation des pièces, la BEAC a ainsi opté pour une commande historique par son ampleur (1,250 milliard de pièces courantes) qui a été signée à Paris, le 26 mai 2005 par le Gouverneur Jean Félix Malepot et le Ministre français de l’Économie et des Finances représentant le fabricant, La Monnaie de Paris.

L’objectif visé par la BEAC est de vaincre la pénurie des pièces, aligner les pièces sur les nouveaux standards internationaux en vue de les protéger des contrefaçons et des usages détournés et redonner un certain dynamisme aux visuels des pièces circulant dans notre zone d’émission.

Toutes les étapes successives conceptuelles, techniques et de production ayant été régulièrement franchies avec succès, la BEAC a donc décidé de présenter ces nouvelles pièces le 20 mars 2006, date officielle de mise en circulation le 29 mars 2006 dans les six pays de la Communauté économique et Monétaire de l’Afrique Centrale.

Comme l’ancienne gamme actuellement en circulation, cette nouvelle gamme de pièces est composée de huit coupures : 1, 2, 5, 10, 25, 50, 100 et 500 FCFA. La technologie bimétallique a été introduite pour la première fois avec la pièce de 100 FCFA bicolore de couleur grise au cœur et de couronne jaune-or brillant.

La thématique est commune à toutes les coupures :

  • face: toutes les pièces de la gamme comportent sur la face, la valeur faciale et la mention de l’unité monétaire (FCFA) écrites en très gros caractère, offrant ainsi une meilleure lisibilité au public y compris pour les malvoyants ;
  • revers: le graphisme du revers est le même sur toutes les coupures de la gamme. Il symbolise un panier de fruits tropicaux avec la valeur faciale qui y est reprise en plus petits caractères, le tout, entourés de figures géométriques. Le sigle « CEMAC » surplombe la valeur faciale.

Le porte-monnaie électronique[modifier | modifier le code]

Pour résoudre les problèmes ci-dessus, la BEAC avance la solution du porte-monnaie électronique. Sa généralisation permettrait de résoudre les problèmes de monnaie en zone urbaine. Néanmoins, le très faible taux de bancarisation fait craindre pour l'avenir du projet.

Les Gouverneurs de la BEAC[modifier | modifier le code]

Casimir Oyé Mba (Gabon) fut le premier africain à avoir occupé le poste de Gouverneur de la BEAC (1977-1990) après le transfert du siège central de la banque de Paris (France) à Yaoundé (Cameroun).

Le second Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a été le Gabonais Jean Félix Mamalepot (1990-2007). Il a été relevé de ses fonctions lors de la 8e Session de la Conférence des chefs d’État de la Communauté économique et monétaire des États de l’Afrique centrale (BEAC) qui s'est tenue à Ndjaména (Tchad) le 25 avril 2007. Sa longue carrière au sein de la BEAC s'est achevée à la suite d’un différend avec certains chefs d’États de la CEMAC.

Le nouveau gouverneur de cette institution est Philibert Andzembe également de nationalité gabonaise et qui a pris ses fonctions le 12 juillet 2007.

D'après la coutume, le poste de Gouverneur est réservé au Gabon, le Vice-Gouverneur devant être originaire de la République du Congo et le Secrétaire Général, du Tchad. Lors du dernier sommet des chefs d'Etat de la Communauté des États d'Afrique Centrale (CEMAC) qui s'est tenu à Bangui en République centrafricaine du 15 au 17 janvier 2010, il a été décidé à l'unanimité, que désormais, la tête du gouvernement de la BEAC serait rotative et selon l'ordre Alphabétique du nom des États. Certainement parce que c'était son idée, en lieu et place du Cameroun premier nom par ordre Alphabétique sur la liste des États de cette sous-région, c'est la Guinée équatoriale d'Obiang Nguema qui prendra le premier tour de gouvernement. Aucune précision n'a été apportée sur la durée Mandat affectée au nouveau statut de gouverneur. La durée du mandat du gouverneur est de sept (7) ans non renouvelable.

Cas de corruption[modifier | modifier le code]

Selon des informations diffusées par wikileaks concernant un détournement de 30 millions d'euros de la BEAC, «les dirigeants gabonais ont utilisé les fonds détournés pour leur enrichissement personnel et, suivant les instructions de Bongo, ont remis une partie de l'argent à des partis politiques français». En France, cet argent aurait été destiné «aux deux camps, mais surtout à droite, en particulier à Chirac mais aussi Sarkozy». Le Monde a choisi de ne pas diffuser cette information dans la mesure où elle n'est pas vérifiable[1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Selon WikiLeaks, Omar Bongo aurait détourné des fonds au profit de partis français (lemonde.fr et l'AFP le 29 décembre 2010 http://www.lemonde.fr/afrique/article/2010/12/29/selon-wikileaks-omar-bongo-aurait-detourne-des-fonds-au-profit-de-partis-francais_1459012_3212.html#ens_id=1459018

Liens externes[modifier | modifier le code]