Banque de l'Indochine

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Banque de l'Indochine

Création 1875
Disparition 1974
Siège social Drapeau de France Paris (France)
Activité Banque

La Banque de l’Indochine est une ancienne banque privée française, fondée en 1875.

Historique[modifier | modifier le code]

20 Piastres 1898 face.jpg
French Indochina 100 Piastres 1932 back.jpg

Fondée le 21 janvier 1875 par le Comptoir d'escompte de Paris et le Crédit industriel et commercial (CIC) pour être la banque d'émission de la colonie de Cochinchine et de Pondichéry et s'installer en Extrême-Orient. Elle avait ainsi le privilège de l’émission de la monnaie dans les colonies françaises d'Asie et du Pacifique. Son siège social était implanté au 96, boulevard Haussmann à Paris. Les succursales et agences indochinoises se trouvait respectivement à : Saïgon, Hanoi, Tourane, Dalat, Cantho, Haiphong, Hué, Phnom Penh et Battambang[1].

De 1888 à 1948, elle émettra le franc Pacifique en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie, en plus de la piastre indochinoise en Indochine française.

Paul Baudouin, son président depuis 1938, est nommé par Paul Reynaud le 30 mars 1940 sous-secrétaire d’État à la Présidence du conseil, secrétaire du Cabinet de guerre et secrétaire du Comité de guerre. Ministre des Affaires étrangères du gouvernement formé en juillet 1940 par le maréchal Pétain, il quitte le gouvernement en janvier 1941 et redevient président de la banque, puis en est destitué en 1944 pour collaboration avec l'ennemi. Son directeur général à partir de juillet 1938 fut Jean Laurent (1900-1952). Celui-ci fut brièvement directeur de cabinet du général de Gaulle (juin 1940), puis il replia la direction de la banque à Marseille, pour éviter les pressions de l'occupant tout en participant au réseau de Résistance Jade-Amicol. Au moment de l'insurrection parisienne, en août 1944, il organise depuis le siège de la banque les négociations entre le consul général de Suède, Raoul Nordling, et le général von Choltitz. L'action de Jean Laurent a probablement contribué à éviter la nationalisation en 1945. À partir de 1945, Jean Laurent implanta la banque au Moyen-Orient, pour la faire participer à l'expansion pétrolière.

Après la Seconde Guerre mondiale, avec pour secrétaire général René Bousquet, la banque est au palmarès des premières capitalisations boursières françaises de 1949.

Ensuite, la banque devient célèbre pour l'affaire dite « des piastres » (1948-1953). En 1974, la Banque de l'Indochine, alors présidée par le marquis de Flers, et la Banque de Suez ont fusionné pour devenir la « Banque de l'Indochine et de Suez », puis la Banque Indosuez.

En 1996, elle devient une filiale du Crédit agricole sous le nom de « Crédit agricole Indosuez » (ou CAI).

Cette entité fusionne avec le Crédit lyonnais en 2004 et se nomme alors « Calyon » qui devient elle-même Crédit agricole Corporate and Investment Bank à compter du 6 février 2010.

Succursales en Asie[modifier | modifier le code]

Succursale de Bund (Shanghai), construit en 1910.
Succursale de Saigon.
Ville Pays Ouverture Fermeture
Tokyo Japon Novembre 1942 Septembre 1945
Yokohama Japon Juillet 1941 Novembre 1942
Canton Chine 1889
Shanghai Chine 1899 1955
Tianjin Chine 1902
Beijing Chine
Hanoi Indochine 1887
Haiphong Indochine 1885
Guangzhouwan Colonie française 1926
Hong Kong Colonie britannique 1894 1974
Singapour Colonie britannique 1905
Port Vila Condominium Franco-britannique 1948 Indosuez intègre ses succursales en 1978 pour former la Banque Indosuez Vanuatu. En 1993, la Banque Indosuez vend ses activités de Vanuatu à la Bank of Hawaii (en).
Papeete Polynésie française 1905 Banque d'émission jusqu'au milieu des années 1960. En 1990, Westpac a acquis les opérations d'Indosuez à Tahiti.
Nouvelle-Calédonie Colonie française 1888 Banque d'émission des billets jusqu'en 1966.

Autres opérations[modifier | modifier le code]

Djibouti[modifier | modifier le code]

En 1908, la Banque de l'Indochine établie une succursale à Djibouti. Aujourd'hui, il s'agit de Banque Indosuez Mer Rouge, qui est la deuxième plus grande banque à Djibouti et est une filiale en propriété exclusive de la banque Crédit agricole.

Banque Française pour le Commerce[modifier | modifier le code]

En 1925, la Banque de Paris et des Pays-Bas, la Banque de l'Indochine, la Banque Lazard et le gouvernement chinois créent la Banque Franco-Chinoise pour le Commerce et l'Industrie (BFCCI) pour reprendre les actifs de la Banque industrielle de Chine. La Banque établi des bureaux à Pékin, Shanghai et Tianjin, puis également dans le Nord-Vietnam (Hanoi et Haiphong), au centre du Vietnam (Vinh, Huế, Da Nang et Qui Nhon), le Sud-Vietnam (Saigon), et au Cambodge (Phnom Penh). En 1939, seuls les branches de Hanoi, Saigon et Phnom Penh restent en Indochine française. Dans le même temps, la banque avait trois bureaux en France (Paris, Lyon et Marseille).

En 1951, préoccupé par sa concentration géographique dans la région à haut risque de l'Indochine, la BFCCI cherché à diversifier son implantation à Madagascar. Après la défaite française en 1954 à Diên Biên Phu, la BFCCI ferme ses bureaux en du Nord-Vietnam. Cependant, la banque a commencé à s'étendre au Sud-Vietnam et au Cambodge. L'année suivante, la BFCCI quitte finalement la Chine, ses branches ayant cessé toute activité pendant un certain temps.

En 1960, la Banque de l'Indochine rachète les actions en possession de la Banque de Paris et des Pays-Bas et de la Banque Lazard. Trois ans plus tard, le prince Sihanouk nationalise le secteur bancaire du Cambodge, bien que la BFCCI a été autorisé à conserver un bureau de représentation. En 1964, la BFCCI change son nom pour la Banque Française du Commerce. L'année suivante, le gouvernement de Sud-Vietnam souhaite créer un secteur bancaire national. La BFC a participé à la création de la Banque pour le Commerce, l'Industrie et l'Agriculture (BCIA).

Un changement dans le droit français en 1967 permet la BFC d'augmenter le nombre de ses agences en France. L'année suivante, la BFC change son nom pour le Banque Commerciale Française.

En 1975, la République malgache nationalise les branches et les transfèrent dans la Banque Financière et Commerciale malgache.

La BFC décide de transférer ses activités dans l'Océan Indien et, en 1976, établit une succursale à La Réunion. La BFC a également établi, à la demande du gouvernement français, des opérations à Mayotte. La BFC acquis la Banque Antillaise et ouvre une succursale en Guyane française. Deux ans plus tard, elle ouvre une succursale dans les Seychelles. L'année suivante,la BFC absorbe la Banque Antillaise, avec ses branches en Guyane française, Guadeloupe, et Martinique, et établi une succursale en Dominique.

En 1984, la BFC se restructure en holding. Trois entreprises juridiquement et opérationnellement distinctes sont créées : la Banque française Commerciale en France Métropolitaine (BFC) pour maintenir les branches en France, la Banque Française Commerciale Océan Indien (BFCOI) pour maintenir les branches à la Réunion, Mayotte et les Seychelles, et la Banque française Commerciale Antilles-Guyane (BFCAG) pour prendre en charge les branches en Guyane française et dans les Antilles. La Banque Indosuez reste propriétaire de la totalité du capital de chacune des trois entités. L'année suivante, la Compagnie Lyonnaise de Financementè acquis la branche française de la BFC.

La Banque Indosuez vend une participation majoritaire (66,66 %) de la BFCOI à Mauritius Commercial Bank (MCB) en 1996 ; la Banque Indosuez en maintenant 22,22 %. L'année suivante, la BFCOI ouvre une succursale à Paris. En 1997, la BFCOI ouvre un bureau de représentation à Mozambique.

Papouasie-Nouvelle-Guinée[modifier | modifier le code]

En 1983, le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée invite les banques étrangères à ouvrir des filiales à condition que les étrangers ne peuvent posséder que 49 %. Toutefois, il est convenu que la Banque de Papouasie-Nouvelle-Guinée (BPNG; la banque centrale) achèteraient cette partie du solde des actions que les investisseurs locaux n'ont pas pris. La Banque Indosuez créé la Banque Indosuez Niugini. En 1997, la Bank of Hawaii rachète la Banque.

Océan Pacifique[modifier | modifier le code]

En 1989, la Banque Indosuez ferme sa succursale à Mata-Utu en Wallis-et-Futuna.

La Banque de l'Indochine ouvre une succursale à Papeete (Tahiti) en 1905. Elle sert de banque d'émission jusqu'au milieu des années 1960. La Banque d'Indochine converti ses branches dans la Banque de Polynésie en 1973. Westpac acquis la banque en 1990.

La Banque de l'Indochine s'est établi dans Nouvelle-Calédonie en 1888. Elle devient la banque d'émission de billets jusqu'en 1966. Westpac acquis les activités de la Banque Indosuez en 1990, mais les vend en 1998 à la Société Générale Calédonienne de Banques, filiale de la Société générale.

En 1993, Bank of Hawaii acquis les activités de la Banque Indosuez en Vanuatu pour former la Banque d'Hawaii (Vanuatu). Bank of Hawaii vend ces opérations à Australia and New Zealand Banking Group en 2001. La Banque de l'Indochine avait établi une succursale en Port Vila en 1948. Indosuez intégré ses succursales en 1978 pour former la Banque Indosuez Vanuatu (IPI). Le gouvernement du Vanuatu prend une participation de 20 % dans BIV en 1983, effectuant un certain nombre de fonctions de banque centrale, même si ce n'était pas l'autorité monétaire.

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Liste des présidents[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Marc Meuleau, Des Pionniers en Extrême-Orient: Histoire de la Banque de l’Indochine, 1875-1975, 1990
  • Arthur Laurent, La Banque de l'Indochine et la piastre, 1954
  • Yasuo Gonjō, Banque coloniale ou banque d'affaires: la Banque de l'Indochine sous la IIIe République, 1993
  • Patrice Morlat, Les affaires politiques de l'Indochine (1895-1923), 1996
  • William Oualid, Le privilège de la Banque de l'Indo-Chine et la question des banques coloniales, 1923
  • Maurice Kolsky, Maurice Muszynski, Les billets de la Banque de l'Indochine, 1996
  • (en)Manfred Pohl, European Association for Banking History, Handbook on the History of European Banks, 1994

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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