Banque de Savoie

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La première Banque de Savoie fut un établissement bancaire savoisien historique puisqu'il s'agissait de la banque d'émission de la monnaie savoisienne ayant cours international officiel, historiquement basée à Annecy et Chambéry. Depuis 2008, elle est une filiale du groupe Banque populaire.

Historique[modifier | modifier le code]

Première Banque de Savoie (1851-1865)[modifier | modifier le code]

La Banque de Savoie apparaît en vertu de la loi royale savoisienne du 26 avril 1851. Elle est alors la Banque d'État du duché de Savoie, elle frappe et émet la monnaie fiduciaire ayant cours légal en Savoie, elle est économiquement constituée sous la forme d'une société anonyme de crédit (prêt à 5 %), d'escompte et d'émission[1]. Elle a son siège social à Annecy et une succursale à Chambéry. Elle succède à la "Banque d'Annecy", approuvée par édit royal du 18 avril 1840 pour dix ans[2]. Le président du Conseil d'administration de la Banque est le baron Scipion Ruphy.

Elle est dotée d'un capital initial de 800 000 francs, puis 1,6 millions en 1853, pour passer à 2 millions 3 ans plus tard, pour enfin atteindre 4 millions de francs à la veille de l'Annexion en 1860[1],[3].

À la suite de l'Annexion de la Savoie par la France en 1860, « l'affaire du hold-up de la Banque de Savoie » émerge. La convention du 24 août 1860 garantit pourtant à titre définitif la pérennité du privilège royal attribué par Charles Albert à la Banque de Savoie pour l'émission de la monnaie fiduciaire officielle du duché de Savoie et son respect par les autorités françaises. Lorsque soudain, le gouverneur de la Banque de France se met à revendiquer le monopole de cette dernière et finalement, en contradiction parfaite avec la convention de 1860 cosignée par les autorités françaises, l’absorbe en 1865[4] après que la Banque de Savoie, en 1864 ait demandé à augmenter son capital à 40 000 000 francs par la mise en place de 36000 actions[5]. En toute violation d'un droit imprescriptible de la Savoie à émettre sa propre monnaie et sans le moindre référendum sur le sujet en Savoie, un décret impérial français du 8 Avril 1865 autorise « la cession du privilège d'émission de la Banque de Savoie » à la Banque de France. La boucle est ainsi refermée et les tonnes d'or devant soutenir le cours de la Livre Savoisienne officielle et toute l'économie du duché avec elle sont très discrètement transférées de nuit par trains spéciaux de Chambery vers les sous-sols sécurisés parisiens de la Banque de France.

Seconde Banque de Savoie[modifier | modifier le code]

Banque de Savoie

La seconde "Banque de Savoie" (re)naît en 1912 de la "fusion de petites banques locales" dont la Banque Chambre[6]. Devenue une banque privée régionale, la famille Chambre[7] dirige le nouvel établissement :

  • Charles Chambre (1880-1942),
  • son fils, Jean Chambre (1909-1999), PDG de 1943 à 1979,
  • son fils, Jean-Charles Chambre (1939), PDG de 1979.

Le siège social chambérien est détruit lors d'un bombardement, en mai 1944. Il est alors remplacé par un bâtiment situé au 6 boulevard du Théâtre.

Groupe[modifier | modifier le code]

La Banque de Savoie est rattachée au CCF en 1993. HSBC devient le premier actionnaire du CCF. Ce dernier évolue en 2005 HSBC France.

Le 2 juillet 2008, HSBC France revend au Groupe Banque Populaire les banques régionales françaises dont la Banque de Savoie, achetée par la Banque populaire des Alpes, la Société marseillaise de crédit, la Banque Dupuy de Parseval, etc. La Banque Populaire des Alpes étant elle-même filiale de la holding BPCE (Banques Populaires Caisse d’Epargne).

En 2008, la Banque de Savoie possède un réseau de 52 agences dans les départements de Savoie, Haute-Savoie, de l'Isère et du Rhône.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Louis Comby, Histoire des Savoyards, Nathan, coll. Les Dossiers de l'Histoire, p. 108.
  2. Thierry Couzin, « Un projet d’industrialisation : La centralisation bancaire dans le royaume de sardaigne de charles-albert à victor-emmanuel ii (1843-1849) », Mediterranea, Palerme, no 14,‎ décembre 2008, p. 593 (ISSN 1828-230X, lire en ligne).
  3. Jean Bouvier, « Les Péreire et l'affaire de la Banque de Savoie », Cahiers d'histoire, vol. V, no 4,‎ 1960, p. 137.
  4. André Palluel-Guillard (sous la dir.), La Savoie de Révolution française à nos jours, XIXe-XXe siècle, Ouest-France Université,‎ 1986, 626 p. (ISBN 2-85882-536-X), p. 248, chap.VI, « À l'heure française... ».
  5. Réorganisation des banques : légalité et urgence d'une réforme, Paris, Paul Dupont,‎ 1864, 160 p., p. 112.
  6. Article p.72, in Dictionnaire d'Amboise. Pays de Savoie, Editions Amboise, 1989, 2e édition
  7. Article p.133, in Dictionnaire d'Amboise. Pays de Savoie, Editions Amboise, 1989, 2e édition et sa reprise sur le site Savaoyards dans le monde.com
  • [PDF] Hubert Bonin, « Les banques savoyardes enracinées dans l’économie régionale (1860-1980s) », Cahiers du GREThA, no 20,‎ 2010, p. 11-14 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]