Bandjoun

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Bandjoun
Administration
Pays Drapeau du Cameroun Cameroun
Région Ouest
Département Koung-Khi
Démographie
Population 70 000 hab.
Densité 255 hab./km2
Géographie
Coordonnées 5° 22′ 31″ N 10° 24′ 44″ E / 5.37519, 10.41226 ()5° 22′ 31″ Nord 10° 24′ 44″ Est / 5.37519, 10.41226 ()  
Altitude 1 515 m
Superficie 27 400 ha = 274 km2
Localisation

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Bandjoun

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Bandjoun

Bandjoun (La' Djo en langue locale) est un village Grassfields de l'ouest Cameroun, en 'pays' Bamiléké.

C'est le chef-lieu du département du Koung-Khi, dans la province de l'ouest du Cameroun. Il constitue également une chefferie traditionnelle, la plus importante du pays bamilékés. Le palais abritant cette chefferie fut gravement endommagé par un incendie criminel le 20 janvier 2005.

Ses habitants parlent le Ghomala’ ou Bandjoun, qui appartient à la famille des langues bamiléké.

Éléments d'Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire récente du peuple Bandjoun est aujourd'hui relativement bien connue. Mais cette histoire récente ne porte que sur les deux derniers siècles. La nécessité de conduire des recherches plus approfondies sur la préhistoire du village Bandjoun est plus qu'impérieuse de nos jours. En effet, certaines chronologies existantes font remonter la fondation du village Bandjoun au XIVe ou XVe siècles sous la royale magistrature de Notchwegom (1525 selon certaines sources, mais vraisemblablement en 1570).

Ayant installé le premier campement qui servira de tête de pont à l'expansion Bandjoun, il disparaît alors même qu'il est encore très jeune. Sa première épouse avec qui il avait déjà eu un jeune fils à peine adolescent (11 ans selon certains) va solliciter la protection de son beau-père en attendant que son fils Du'gnechom soit en âge de succéder à son père. C'est ainsi que le Roi Baleng aurait profité de l'occasion pour se réconcilier de manière posthume avec son fils en apportant tout son soutien à sa belle fille et en initiant son petit-fils à l'art d'édifier un pouvoir royal.

Du'gnechom à son tour, une fois devenu jeune adulte devient chef du campement installé par son père à Famleng et développe rapidement des qualités de grand chasseur et de meneur d'hommes. Il épouse ensuite une jeune promise que sa mère avait préparée pour lui, laquelle lui donne, assez rapidement un fils qu'ils baptiseront du nom de NOTOUOM. Ayant pris des dispositions pour agrandir son armée et développer des prétentions hégémoniques, il instruit son fils sur ses intentions et l'initie aux stratégies guerrières. Malheureusement, il disparaît tragiquement, probablement en 1589 alors que son fils NOTOUOM n'a que 19 ans. Ce dernier sera le véritable premier Roi de Bandjoun car à la mort de son père, il aura à cœur de réaliser ses objectifs et d'agrandir le village Bandjoun.

Durant le long règne de NOTOUOM qui ira jusqu'en 1641, il fera en sorte d'accroître la population de Bandjoun en achetant tout ce qu'il peut acquérir (bestiaux, vivres, objets précieux et mêmes esclaves qu'il affranchit en les intégrant à son royaume). C'est sous sa royale magistrature que le nom bandjoun voit le jour sous le vocable "Pa Djo" : ceux qui achètent ! Très expansif, il vassalise tous les petits chefs des villages voisins et modernise son royaume sur les plans administratif et militaire. Il crée des circonscriptions administratives appelées "Djie".

Ayant transféré le siège de la royautété de Famleng à Hiala, il établit à la tête des sept circonscriptions créées à l'image des Duchés, une sorte de Duc non féodal appelé Kemdjie dont la seule mission est de surveiller le Duché et de lui faire transmettre les renseignements recueillis par le truchement du Ministre de l'intérieur appelé Nwalah Kah'.

Il désigne également un Premier Ministre appelé Nwalah Sissi. Celui-ci s'occupe de toutes les affaires du Royaume ainsi que des liens diplomatiques.

Grand vénérateur, il manifeste une remarquable piété vis-à-vis de Dieu qu'il matérialise à travers le "Si NOTOUOM" dont le sanctuaire est situé à Famleng, premier lieu de pouvoir établi par ses illustres prédécesseurs. Il transfèrera par la suite la capitale du royaume de Famleng à Hiala et assurera le découpage administratif à partir de Hiala. Ce découpage est encore en vigueur de nos jours. Famleng est par exemple situé dans la circonscription des Djiesse.

Cette version de l'histoire Bandjoun a été compulsée sur la base d'une méthodologie historique comparative. En effet, on ne pouvait longtemps créditer les théories qui situaient les origines de Bandjoun plus haut qu'au XVIe siècle. Les recherches engagées par les historiens autour de l'histoire du village Baleng permettent de situer avec moins d'incertitude les origines du village Bandjoun.

On peut donc considérer sans risque de trop se tromper que le Roi FODOUP qui fonda Baleng en 1545 eut du mal a concilier ses deux premiers fils TCHOUNGAFO et NOTCHWEGOM au sujet de qui lui succederait à sa disparition. Ayant marqué ouvertement sa préférence pour TCHOUNGAFO, NOTCHWEGOM en prit grand ombrage et décida de quitter le village de son père pour aller fonder son propre village plus bas dans la vallée du Noun. Prenant la précaution de ne pas irriter les petites chefferies qui existaient déjà dans la région, il alla s'installer à l'orée du dernier village là où enfin il pouvait trouver une terre libre, ce fut à l'actuel emplacement de Famleng.

Or il est désormais établi que le Roi FOUDOUP, premier Roi Baleng a règné entre 1545 et 1573. Il a effectivement été remplacé par son fils TCHOUNGAFO qui, quant à lui régna de 1573 à 1628. C'est TCHOUNGAFO qui installera et intronisera NOTOUOM I en 1589 sur le trône Bandjoun. Il assura cet office en tant que successeur du père du fondateur de Bandjoun. D'ailleurs, depuis 1589, la cérémonie d'intronisation du Roi des Bandjoun est conduite sous le puissant patronage du Roi des Baleng. L'intronisation du Roi Baleng étant également conduite sous le haut magistère du Roi Bandjoun (Voir par exemple la dernière intronisation du nouveau Roi Baleng en 2013 sous le puissant patronage de Sa Majesté Djomo, Roi Bandjoun : site du village Baleng).

NOTOUOM I sera remplacé par son fils NOTOUOM II qui consolidera les acquis du Royaume de son père et qui affermira le prestige des Bandjoun dans la région. Son règne sera également assez long, ainsi que celui de son successeur NOTOUOM III. Des recherches sont encore en cours sur les règnes respectifs de NOTOUOM II et de NOTOUOM III. Ces développements seront enrichis au fur et à mesure que les résultats de ces recherches seront exploitables.

Il faut également noter que certaines recherches menées portent par ailleurs sur les rapports belliqueux entre les Rois Bandjoun et les Rois Bamoun autour de l'objectif stratégique que fut le fleuve Noun. En effet, il est rapporté qu'au XVIIIe siècle une tentative d'invasion de Bandjoun par les armées du Sultan Bamoun se solda par une débâcle militaire totale des Bamoun et que le Sultan fut poursuivi et assiégé à Foumban par le Roi KAMGA I qui l'obligea d'ailleurs à signer un traité d'armistice. Cette épopée vaut aux Bandjoun le respect et la considération que le peuple frère Bamoun voue aux "Pouen Nkoutou" comme il désignent leurs frères Bandjoun.

La Chefferie Bandjoun[modifier | modifier le code]

A 20 km de Bafoussam, sur la route de Bagangté, se trouve la chefferie de Bandjoun, la plus belle du pays Bamiléké. Des chemins sinueux, bordés de clôtures enfermant des bananiers, mènent à une succession de cases traditionnelles, bien alignées et soutenues par des piliers de bois sculpté, sorte de colonnades autour de l'habitat qui mérite d'être détaillée.

Chefferie Bandjoun

Les façades sont faites de bambous patiemment liés avec des fibres végétales; certaines sont ornées de motifs géométriques. Les portes, encadrées de panneaux sculptés, sont surélevées à 50 cm du sol pour que les eaux d'écoulement et les animaux ne les franchissent pas. L'ensemble est surmonté d'un lourd toit conique suffisamment épais pour ne pas laisser filtrer les gouttes de pluie.

L'extérieur de la case tend à changer de plus en plus, malgré la volonté de certains notables Bamilékés qui essayent de conserver l'ancienne architecture locale. Le toit de chaume est remplacé par un toit de tôle ondulée et les rideaux en bambou ne couvrent plus les façades. Par contre, l'intérieur des cases reste partout le même. Le foyer est au centre de la grande pièce; trois pierres suffisent à supporter les marmites. Tout le mobilier est en bambou; telle l'échelle pour grimper au grenier où est stockée la réserve de maïs, d'arachides et de bois, également les étagères pour ranger les ustensiles ménagers, les lits et même les tabourets.

La chefferie contient aussi un musée où l'on trouve les accessoires des anciens chefs, le patrimoine de la famille, mais aussi un grand bâtiment moderne qui sert de salle de fêtes, de salle de réunion...

La chefferie[modifier | modifier le code]

La grande case mesure 17 m de haut et servait autrefois de résidence au chef. Elle fut construite par le roi NOTOUOM I il y a plus de quatre siècles environ. Depuis, elle est régulièrement restaurée. Sa partie supérieure est utilisée comme grenier à arachides et à maïs, à l'instar des autres cases. Elle est constituée de 3 couloirs et d'une salle de réunion décorées de peaux de lion, symbole du chef, de panthère, symbole des grands notables et des portes avec gravures de lézards, symbole des petits notables. Elle supportée par des piliers sculptés dont ceux du milieu sont les plus anciens, ayant résisté aux trois incendies qui ont eu lieu à la chefferie.

La structure de la chefferie ressemble à celle de la concession des notables. L'entrée principale mène à la grande case et les cases des femmes sont situées des deux côtés de la route. Les femmes d'un côté sont dirigées par la première épouse encore appelée "nkoung" et celles de l'autre par "Djuikam", la femme de son prédécesseur qu'il prend pendant l'initiation.

Les concessions initiatiques entourent la chefferie et sont dirigées par des notables très influents. Exemple des différentes concessions d'initiation du chef ou "Fam", la concession du bracelet royal et la concession de "Taptouom-Kwamou", l'un des deux initiateurs du "Todjom", remède initiatique que l'on administre à tous les bébés Bandjounais quel que soit le lieu où ils vivent.

La forêt de la chefferie est très importante. La partie située juste derrière la grande case comprend le "Fam" ou lieu d'enterrement du chef. Elle n'est foulée que par les initiés. Une autre forêt se trouve près de la place du marche de "Dzemto", et tout le long de la colline des étrangers "mghue". C'est le lieu de repos des totems des initiés.

La chefferie est le centre de convergence des différentes provinces ou "Dje", qui sont des unités administratives traditionnelles avec chacune une spécificité. Les missionnaires Allemands par exemple étaient installés à "Djiomghue", juste après la rivière des étrangers. Le "Dje Njiomghue" est spécialisé dans la magie ou "nkou" dirigé par "Tatuene" et "Tatuebou". Lutter contre les esprits maléfiques, annuler la pluie lors des cérémonies importantes, ou chasser l'esprit d'un initié décédé est leur domaine. Le "Dje Djesse" est spécialisé dans le "Dje" ou sacrifices pour bénir le chef et demander la pluie à Dieu. Quand il fait trop chaud, "DZudie Teyo" "Dzudie Tambou" et 5 autres font un tour à Baleng et leur retour est salué de la première pluie avant les semences.

Contrairement au chef qui est enterré par les initiés au "Fam", les épouses et les princes sont enterrés dans d'autres concessions hors de la chefferie.

Le Fo[modifier | modifier le code]

Le Roi Bandjoun encore appelé Fô'A-Djo est le personnage central du Royaume. C'est un démiurge érigé, à travers les puissants rituels de l'intronisation, en Grand Maître du Goung'Ha-Djo (Royaume Bandjoun). En tant que descendant des ancêtres fondateurs, il jouit d'un pouvoir politique primal inféodé dans la sacralité de sa royale ascendance. Disposant de pouvoirs surnaturels qui lui sont tranmis lors du complexe rituel d'initiation qui accompagne son intronisation, le Roi devient le Maître de la puissance et de l'occulte magique et sacré appelé le Kêh. Ces attributs mystifient à souhait le personnage du Roi et lui confèrent une stature exceptionnelle de Grand Prêtre Vénérable dont la puissance s'élève au dessus de celle des sorciers du Royaume.

le Fô'A-Djo est entouré par des personnalités qui pour certaines assurent un magistere péri royal, un magistère magico-religieux et mystique et pour d'autres des fonctions d'appui administratif et politique. Il y ainsi, dans la première fonction le Kwi-Pou et dans les secondes le Cercle des Neuf Notables. Dans les fonctions administratives il y a le Cercle des Sept Commissaires de Duchés et dans les fonctions politiques le Gouvernement Royal et les Grands Ducs du Royaume.

1/ Le Kwi-Pou Le Kwi-Pou est le second personnage de la royauté. Il est fait Vice-Roi peu après la désignation du Roi. Le rituel correspondant est le même que celui qui permet de désigner le Roi. Son rôle est de seconder le Roi. Il est désigné parmi les frères du Roi qui n'ont pas la même mère. La mère du Kwi-Pou est donc l'une des épouses du Roi défunt et coépouse de la Ma Mefo ou mère du Roi. Il s'installe donc un certain équilibre entre le souverain et son frère consanguin mais non utérin. Les destinées de ces deux personnages sont cependant liées car si le Roi vient à disparaître, son Kwi-Pou perdra ses fonctions. Il est donc difficile que ce dernier intrigue contre le Roi. Le Kwi-Pou assiste le Roi et forme avec lui un duo robuste contre les Mkam-Bvuh. Mais, son influence est contrebalancée, comme on le verra plus bas par celle d'un autre fils du Roi défunt appelé le Wafo et qui a la particularité d'être le frère utérin du Roi, c'est-à-dire un autre fils de la Ma Mefo.


2 / Le Cercle des Neuf notables Ce cercle est constitué de personnalités à qui on prête des pouvoirs magico-religieux et dont la Magistrature obéit à des logiques multiséculaires. Ces notables sont appelés Mkam Bvuh', ce qui signifie littéralement les 9 Notables. Désignés de père en fils selon des traditions mystico-théocratiques rattachés aux fondations du Royaume, ils évoluent dans le plus absolu des secrets et ne doivent en principe révéler leur identité à personne. À leur décès, leurs homologues encadrent leurs obsèques dans une ambiance sacrée couverte par le Roi lui-même. Leur succession est alors structurée autour d'un de leurs fils selon des règles hautement sacralisées. les Neufs Notables siègent en Conseil sous la présidence du Roi. Ils l'éclairent et l'assistent dans toutes ses importantes décisions législatives. La salle où a lieu le Conseil des Mkam-Vuh' est appelée le Lah'kam, c'est en quelque sorte un Conseil d'Etat composé d'une trentaine de membres dont les Neufs Notables sont les plus éminents avec voix délibératives. Le Doyen en chef de ces Neuf Notables est le Tekomghê. La presque totalité des lois édictées par le chef est initiée par les Mkam. Le conseil limite et tempère l'autorité du chef évitant par là les abus de pouvoir et un possible glissement vers la dictature.

3/ Le Cercle des Sept Commissaires de Duchés Il s'agit de personnalités administratives n'ayant pas nécessairement une ascendance aristocratique. Ils font partie des serviteurs du Roi encore appelés Mtchoh'-Fo. Une fois nommés comme Commissaires de Duché, on les appelle les Mkem-Djie. Ils ont pour mission d'assurer la surveillance administrative des Sept Duchés appelés les Djie (Juo Mhuo, Djie-Se, Djie-Leng, Djie-Theguem, Djie-Kouoh, Djie-Sèh, Djie-Bem). Ces Duchés ont été mis en place par le Roi Notouom qui a structuré le Royaume au début du XVIIe siècle. Ils recueillent les renseignements du Duché à travers un réseau d'agents de police royale appelés les Kouh'-Guè. Tels des agents d'administration du village, ils sont chargés de maintenir la paix, l'ordre et la sécurité interne.

  • Les chefs de quartier qui sont à la tête d'un quartier du village et agissent chacun dans leur sphère de compétence

4/ Le Gouvernement Royal Le Gouvernement Royal est constitué par des serviteurs du Roi ou Mtchoh-Fo. Ils sont répartis entre le service d'ordre intérieur patronné par le Tadiye et l'administration du Fam patronné par des Commis spéciaux appelés les Ngwalah.

5/ Les Ducs du Royaume Ce tableau est complété par une ceinture aristocratique de hautes personnalités ayant un regard sur les affaires du Royaume et garantissant de l'extérieur la sécurité du chef par rapport au pouvoir des Mkam Bvuh' et du Kwi-Pou. La personnalité la plus importante de cette ceinture aristocratique est le WAFO ou NGWAFO. C'est le troisième personnage du Royaume avec rang concurrent de Prince Héritier dans la lignée du Roi. Il s'agit du frère le plus influent du Roi : un des fils du Roi défunt qui avait la même prétention légitime au trône, mais qui n'a pas été fait Roi. En tant que frère utérin du Roi, il est sous la haute protection de la Reine-mère ou Ma Mefo. Il veille tout comme elle sur la sécurité du Roi, mais de l'extérieur de la chefferie. Le WAFO est à l'image d'un Duc investi d'un terroir Comtal personnel au sein du Duché qui lui a été attribué par le Roi défunt de son vivant en tant que Prince prétendant. Le WAFO le plus prestigieux qui à durablement marqué l'histoire du Royaume Bandjoun est Son Altesse Princière FOUALENG GEORGES. Fils cadet du Roi FOTSO 2 et de la Grande Reine-mère MA MANEWA. Son frère aîné le Roi FO KAMGA 2 à eu l'un des règnes les plus prestigieux et les plus longs de l'histoire du Royaume Bandjoun. Connu sous le nom de TA WAFO FOUALENG GEORGES, il a déployé son Magistère Princier dans l'un des terroirs sinon le terroir le plus emblématique du Royaume Bandjoun à savoir FAMLENG. Ce Comté est situé au coeur du Duché de Djie-Se. C'est le siège historique où le Royaume fut fondé au XVIe siècle (probablement en 1560) par le Roi NOTCHWEGOM, fondateur de Bandjoun et fils du Roi Baleng FODOUP. TA WAFO FOUALENG eut quasiment autant d'épouses et d'enfants que son frère le Roi KAMGA 2. Très influent et craint par les Notables et toute la Noblesse du Royaume, il était, comme tout bon Wafo, la caution extérieure du Roi. Il l'éclairait dans ses décisions et ses arbitrages et constituait la plus fiable courroie de transmission entre le Roi et ses sujets dans le Royaume, mais aussi entre les royaumes voisins et le Roi car il pouvait intercéder efficacement en s'affranchissant du carcan notabiliaire dont il avait le contrôle d'une partie. Dans certaines affaires importantes, certains notables viennent préalablement rencontrer le WAFO pour le convaincre car ils ont bien conscience que le Roi le consultera avant d'arrêter sa décision.

Le Fo est à la fois

  • le détenteur du pouvoir magico-religieux, car il est considéré comme un être supérieur, ayant un pouvoir charismatique. Il est avant tout l'intermédiaire entre les morts et les vivants.
  • Le détenteur du pouvoir économique. Il est l'unique propriétaire du territoire constituant son État. C'est lui qui donne le droit d'usage sur la terre, droit qui peut-être enlevé pour indignité. Par là, il est tout puissant puisque la terre est un bien indispensable. La terre ne se vend pas puisque c'est la propriété des dieux qui ne la donnent, à travers le chef, qu'en usage aux habitants de la chefferie.
  • Le juge, l'arbitre : c'est lui qui nomme les membres du tribunal central qui, sous sa présidence, tranchent les différends et rendent les sentences sans appel sur les affaires qui lui sont transmises par les tribunaux de quartier. Il délègue aux chefs de quartier le pouvoir de juger les petites affaires, chacun dans le territoire qui relève de sa compétence.
  • Le détenteur du pouvoir politique et administratif: il découpe le territoire en quartiers et nomme à leur tête les chefs de quartier et leur délègue une partie de ses pouvoirs. La population lui paie en travail et en nature un impôt dont la périodicité et le montant ne sont pas fixés, mais dépendent des besoins du chef et de l'esprit de compétition des contribuables. Le chef est assisté dans son gouvernement par certaines personnalités influentes de la société regroupées au sein de sociétés secrètes coutumières.

Les femmes du chef[modifier | modifier le code]

La famille du chef est très nombreuse.

L'un des grands Chefs de Bandjoun, Kamga II, avait plusieurs dizaines de femmes et presque 250 enfants. Depuis sa mort en 1975, sa succession a été assurée tour à tour par ses fils :

  • Fotue Kamga (technicien d'agriculture à qui on doit la construction du musée et du palais moderne) : il est mort tragiquement d'un accident de voiture loin de son royaume, après avoir pris une trentaine de jeunes épouses ;
  • Ngnie Kamga (administrateur civil et fin danseur, il est l'initiateur de la semaine annuelle de fierté "msem" des Bandjouns) : il avait environ 60 épouses, dont les veuves de son frère Fotue Kamga ;
  • actuellement Djomo Kamga Honore (ingénieur des polymères) : il s'attelle à reconstruire le patrimoine détruit par un incendie juste après son accès au trône ; en plus des nouvelles épouses, il a la responsabilité de prendre les jeunes veuves de ses prédécesseurs en signe de continuité).

À noter[modifier | modifier le code]

  • Les habitations
Les habitations des notables ont des toits pointus, le nombre de pointes dépend de la hiérarchie.
  • Le musée
Le chef possède un grand nombre d'objets d'art ayant appartenu à ses ancêtres :
  1. calebasses et statues ornées de perles
  2. bijoux et statuettes en ivoire
  3. masques
  4. chapeaux de danse: le plus grand qui est porté uniquement par le chef lors de la grande fête annuelle pèse 25kg et il le porte durant presque toute la danse d'exhibition ou Tso, soit à peu près deux tours de la place du marche Dzemto. Il est aidé par les serviteurs, qui portent aussi ses queues de cheval, alors que les autres notables sont aides dans le transport de leurs chapeaux chacun par un fils.
  5. tableaux, meubles (dont des trônes)
  6. trophées de chasse
  7. Looba il est là bas !!
  8.  ?

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