Band of Gypsys

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Band of Gypsys

Album par Jimi Hendrix
Sortie 16 avril 1970
Enregistré 1er janvier 1970
Durée 45:16
Genre rock, acid rock, funk, soul
Producteur Heaven Research
Label Capitol (États-Unis)
Track (Royaume-Uni)
Barclay (France), Polydor (reste du monde)
MCA (rééditions)

Albums par Jimi Hendrix

Band of Gypsys est un album live de Jimi Hendrix, enregistré le 1er janvier 1970 au Fillmore East. Jimi Hendrix a réalisé cet album afin de faire cesser les poursuites d'Ed Chalpin (le producteur des PPX Studio) avec qui il était lié par contrat.

Produit par Hendrix, l'album a été #5 aux États-Unis et #6 au Royaume-Uni.

Liste des morceaux[modifier | modifier le code]

Le disque de platine de Band of Gypsys exposé au Hard Rock Cafe Hollywood à Universal CityWalk, Californie

Toutes les chansons sont de Jimi Hendrix, sauf indication contraire. La face 1 provient du premier concert donné au Fillmore East le 1er janvier 1970 tandis que la face 2 provient du second concert.

Face 1

  1. Who Knows - 9:32
  2. Machine Gun - 12:33

Face 2

  1. Them Changes (Buddy Miles) - 5:10
  2. Power Of Love - 6:53
  3. Message To Love - 5:22
  4. We Gotta Live Together (Miles) - 5:46

Les versions allemande et japonaise contiennent en plus les pistes bonus suivantes :

  1. Hear My Train A Comin' - 9:02
  2. Foxy Lady - 6:33
  3. Stop (Howard Tate) - 4:47

Les musiciens[modifier | modifier le code]

Un album controversé[modifier | modifier le code]

Peu d'albums ont fait l'objet d'autant de controverses que le Band Of Gypsys. En effet, mis à part Machine Gun, unanimement saluée comme étant l'une des œuvres majeures du guitariste, le reste de l'album (et par extension les concerts qui ont donné lieu à ce Live) continue de partager amateurs, critiques et musiciens.

Tout d'abord, cet album correspond à une "mauvaise période" pour la vie privée de Jimi Hendrix. L'homme est fatigué, dépressif, poursuivi judiciairement à plusieurs titres (affaires de stupéfiants, créanciers, etc ...). Il est en rupture de ban avec ses agents Mike Jeffery et Chas Chandler qui lui reprochent d'entamer un parcours suicidaire depuis la sortie de son album Electric Ladyland, à trop forte coloration jazzy et qui signerait la fin de sa carrière de pop star. Il a aussi de gros soucis financiers avec la construction de son propre studio d'enregistrement à New York. Politiquement, il subit la pression de l'État américain en pleine guerre du Vietnam qui lui reproche son Star Spangled Banner lors du concert de Woodstock, des Black Panthers de Malcolm X qui lui reprochent son défaut d'engagement sur la cause noire. Ceci expliquait ses disputes qui allaient intervenir rapidement avec le batteur Buddy Miles, que Jimi Hendrix appréciait peu sur le plan personnel et musical. Le concert de cette formation qui suivra les deux sessions du 1er janvier 1970 fut d'ailleurs interrompu après deux trois morceaux par Jimi Hendrix dés son début, s'excusant que "son orchestre n'arrivait à jouer ensemble" (anecdote rapporté par le journaliste rock Benoit Feller dans sa biographie). Jimi Hendrix n'allait accepter ensuite sa présence en studio que pour certains morceaux funky que ne voulaient pas jouer celui qui allait rester son batteur attitré Mitch Mitchell qui lui laissait beaucoup plus d'espace musical.

En résumant au plus court, disons que la presse rock a été globalement déçue par une œuvre commerciale et contractuelle qui marquait, selon elle, un recul créatif vis-à-vis d'Electric Ladyland (via un retour au funk basique new-yorkais).

Cet album n'aurait pas dû sortir de l'avis de Jimi Hendrix lui-même :

« Je n’étais pas trop satisfait de l’album Band Of Gypsys. Si ça n’avait tenu qu’à moi, je ne l’aurais jamais sorti. »

— Jimi Hendrix, Extrait d’une interview conduite par Keith Altham précédant le Cry of Love Tour[1]

. L'artiste est manifestement contrarié dans cet album, né de contraintes juridiques et non de la volonté initiale du musicien. Pourtant, il comporte de nombreuses trouvailles et fulgurances en termes de riff et de solos, et qui restent propres à l'univers musical de ce guitariste.

Inversement, beaucoup voient dans le Band of Gypsys un groupe fondateur jetant les bases de nombreux courants musicaux des années 1970 : rock funk (Parliament/Funkadelic), jazz rock (Miles Davis, Mahavishnu Orchestra de John McLaughlin) etc... Miles Davis note d'ailleurs dans son autobiographie[2] que c'est son album préféré de Jimi Hendrix.

Buddy Miles est au cœur de ces controverses : d'une part pour sa personnalité et ses rapports avec Hendrix, et d'autre part pour son apport musical, loin d'être neutre dans la mesure où il est triple car il officie en tant que "guest star" à rang égal avec Jimi Hendrix : batteur, chanteur et compositeur, imposant son style et ses propres morceaux. En fait, Buddy Miles présente une dichotomie qui n'est pas sans rappeler celle de Jimi Hendrix : c'est un musicien novateur aux racines ancrées dans la tradition. Les proportions ne sont toutefois pas les mêmes, et Buddy Miles joue peut-être (trop ?) souvent le rôle du soul brother, ponctuant de ses célèbres « Yeah ! » des parties de batterie très carrées, manquant de relief pour certains spécialistes, (cependant très appréciées des hardcore funkateers du Parliamant Funkadelic de George Clinton) [3]. C'est sans doute le talon d'Achille du musicien... mais on ne peut le limiter à ça : quelques semaines après ces concerts, ne rentre-t-il pas aux Record Plant Studios avec John McLaughlin (en février 1970, avec Alan Douglas comme producteur) où ils graveront Devotion, pierre angulaire du jazz rock où McLaughlin propose ni plus ni moins qu'un proto-Mahavishnu Orchestra. Son CV est loin de se limiter à ces sessions, avant (avec l'Electric Flag) comme après (son Live avec Carlos Santana). Bref, Buddy Miles est capable du meilleur... comme du pire : excellent musicien certes, mais parfois auteur de lourdeurs et de fautes de goût étonnantes à ce niveau.

Le travail en studio[modifier | modifier le code]

La partie Encyclopedia[4] du site officiel nous apprend que le 5 février 1970, Hendrix avait déjà terminé la face 1 de ce qui allait devenir l'album Band Of Gypsys. Mais plus intéressant encore, que parmi les titres potentiellement retenus (ceux qu'il mixait avec Eddie Kramer), il y avait aussi : Stone Free (version du 01/01/1970, second concert) et Hear My Train A Comin' (version du 31/12/1969, premier concert). Une conclusion s'impose : Hendrix faisait manifestement une excellente autocritique de son œuvre dans la mesure où ce sont indiscutablement des moments forts de ses performances.

C'est le 14 février qu'il s'est attaqué à la face B. Il n'a d'ailleurs pas montré de scrupule quant au fait d'éditer certains passages (Power of Love et We Gotta Live Together). Il a continué le travail de mixage et d'édition quelques jours ; et c'est lui qui a écouté les premiers pressages après le mastering[5] et même fait quelques modifications mineures ensuite. Beaucoup de conscience professionnelle donc, loin de l'idée souvent répandue d'un album bâclé ou mixé à la va-vite, le Band of Gypsys a été le fruit de beaucoup de travail, sagement mûri et réfléchi. Hendrix a pu critiquer l'album par la suite. Mais son perfectionnisme était tel que le contraire eût été étonnant.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jimi Hendrix - Electric Gypsy de Harry Shapiro & Caesar Glebbeek, p.470
  2. Miles - l'autobiographie par Miles Davis avec Quincy Troupe
  3. C'est le cas de l'auteur du Hendrix Guide : http://pagesperso-orange.fr/hendrix.guide/lifetime.htm
  4. the jimi hendrix encyclopedia - jimihendrix.com
  5. Il s'était effectivement plaint du son de Electric Ladyland et voulait contrôler le processus cette fois-ci