Bamilékés

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Bamilékés

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Statue d'un chef coutumier à Bana

Populations significatives par région
Autres
Langues

Bamiléké

Religions

, religion traditionnelle

Ethnies liées

Bamoun, Tikar

Les Bamilékés sont un peuple d'Afrique centrale venant du Cameroun (région de l'Ouest), dans la région du Grassland où vivent également les Bamoun et les Tikar, proches d'eux par leurs ancêtres communs, leurs structures sociales voisines et leurs langues[1]. C'est le plus grand groupe ethnique du pays[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Bamilékés sont descendants baladis partis de l'Égypte au IXe siècle de notre ère. Ils arrivèrent en région tikar vers le milieu du XIIe siècle avant de se diviser vers 1360 à la mort de leur dernier souverain unique, le roi Ndéh. Yendé, premier prince, refusa le trône et traversa le Noun pour fonder Bafoussam. Sa sœur se tourna vers la région de Banso (il existe près d'une trentaine de villages bamilékés dans le Nord-Ouest anglophone). Deux décennies plus tard, Ncharé, le cadet, descendit dans la plaine du Noun pour fonder le pays bamoun. De Bafoussam naquirent quasiment tous les autres groupements bamilékés entre le XVe siècle et le XXe siècle (Bansoa est né en 1910 à la suite de l'exil forcé de Fo Taghe de Bafoussam)[3],[4].

Dans une période englobant largement l'année de l'indépendance (1960), des Bamilékés participèrent à un mouvement de résistance avec le parti de l'Union des populations du Cameroun. Les représailles qui s'ensuivirent furent extrêmement sévères pour les Bamilékés.

L'origine des Bamilékés[modifier | modifier le code]

Il est difficile de remonter dans le temps au-delà des Tikar dont sont issus les Bamilékés. Les historiens retracent l'histoire des Bamilékés à partir du déclin de la Nubie lorsque des envahisseurs arabes attaquèrent cette contrée et emmenèrent des populations réduites en esclavage dans le nord, entre 1171 et 1250.

Luboš Kropáček note qu'au cours de cette période, la Nubie connaît la menace permanente des groupes de pillards du désert qui brûlent les villages, détruisent les norias et déplacent les populations réduites en esclavage dans le Nord. D'autres pensent que les Bamilékés seraient venus d'Égypte ou de la Haute Égypte et auraient quitté cette contrée qui leur était hostile pour se diriger vers l'Afrique Centrale.

Certaines sources comme celle de l'Abbé Thomas Ketchoua, révèlent que les Bamilékés (Cameroun) seraient issus du peuple d'Israël, de la tribu de Judas, qu'ils seraient rentrés en Égypte et arrivés, par un chemin détourné, en Éthiopie. Cette thèse se fonde sur Jérémie 44 :8 et 14 :13. Enfin une autre thèse encore plus mythique soutenue par Rundé, raconte que lorsque Mahomet est apparu pour prêcher l'Islam, les Mboum (ancêtres des Bamilékés) se sont opposés à cette nouvelle religion. Une guerre s'engagea entre les deux communautés.

Les trois fétiches Mboum qui étaient dans la Kaaba se seraient envolés vers une destination que les Mboum suivirent. C'est ce mouvement qui amena les Mboum jusqu'au plateau de l'adamaoua. Selon Justin Mouafo, le mot Bamiléké serait le dérivé de Pue melekeu qui veut dire : 'les habitants des montagnes et des ravins ou des rochers'. Cette découverte est en accord avec celle de l'Abbé Ketchoua qui nous apprend que les gens de Fontem nommèrent les Bamiléké Mbuo-me le ku.

(Source : Rév. Alain Bouwa)

Linguistique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues bamiléké.

Les Bamilékés parlaient une langue unique, le bamiléké, jusqu'à leur démembrement au milieu du XIVe siècle, à la mort de leur souverain. Du bamiléké naquirent le bamiléké-bafoussam et le bamoun. Le bamoun se ramifia en une vingtaine de sous-variantes dialectales avant de se voir unifié par le sultan Njoya au début du XXe siècle. Pour sa part, le bamiléké-bafoussam continua à se ramifier pour donner naissance, au fil des siècles, à des dizaines de variantes dialectales, elles-mêmes possédant des sous-variantes plus ou moins négligeables. Le bamiléké-bafoussam est donc la langue-mère des autres dialectes bamilékés, hormis le bamoun.

Religion[modifier | modifier le code]

Case typique de l'architecture Bamileke

Les toitures des chefferies bamilékés sont le plus souvent de forme pyramidale, et à juste titre (lire D. Toukam, par ex.).

Les Bamilékés sont, en matière spirituelle, d'une grande complexité : ils ont une religion bipolaire héritée de l'Égypte antique : le culte des ancêtres et le culte des divinités. S'ils reconnaissent que Dieu peut être atteint au travers de ses anges (divinités), ils savent aussi — grâce notamment aux oracles et médiums — que leurs ancêtres décédés peuvent intercéder auprès du divin pour leur cause. Jésus, par conséquent, n'est pas « la seule voie » pour atteindre le Seigneur comme le pensent les Chrétiens. Pour rappel, les Bamilékés sont polytheïstes[3],[5].

Topographie[modifier | modifier le code]

Les hauts plateaux bamilékés de l’Ouest-Cameroun sont connus pour leurs paysages de bocage. Dans un contexte topographique de hauts plateaux étagés, caractérisé par une succession de collines dominées par quelques montagnes isolées pouvant atteindre ou dépasser 2 000 m d’altitude, l’exploitation du sol est fondée sur une judicieuse association de l’agriculture et de l’élevage du petit bétail. L’espace utile, support du peuplement et des activités est appréhendé au travers des distances en rapport avec les temps de déplacement entre les lieux sociaux et/ou de production : éloignement ou rapprochement à partir du lieu de résidence, du siège des institutions traditionnelles, du « point central » de la chefferie… Ces lieux sociaux à partir desquels s’organise la vie des communautés locales sont eux-mêmes différenciés par rapport à leur position topographique : soit sur le haut (toutes parties hautes qu’elles soient sur colline ou sur montagne) ou vers le bas (dépressions, vallées, parties avals des versants). Cette conception dipolaire de l’espace a prévalu lors de l’occupation de la région et au découpage de l’espace en chefferies traditionnelles (une centaine de chefferies sur environ 6 000 km2). À l’intérieur des différentes chefferies, le découpage administratif traditionnel en quartiers s’est largement appuyé sur les notions de haut et de bas. Il en a été de même pour l’implantation des unités d’habitations familiales, pour l’édification et l’extension des haies vives et pour l’aménagement paysager de l’espace.

Culture[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Kerchache, Jean-Louis Paudrat, Lucien Stéphan et Françoise Stoullig-Marin, « Cameroun : Bamiléké, Bamum, Tikar », in L'Art africain, Citadelles & Mazenod, Paris, 2008 (édition revue et augmentée), p. 534
  2. Anne Debel (et al.), Le Cameroun aujourd'hui, Éditions du Jaguar, Paris, 2011, p. 37 (ISBN 9782869504646)
  3. a et b Extrait de : Dieudonné Toukam, Parlons bamiléké. Langue et culture de Bafoussam, Paris, L'Harmattan, 2008, 255p.
  4. Dieudonné Toukam,Histoire et anthropologie du peuple bamiléké (2010), L'Harmattan, 242p.
  5. Dieudonné Toukam, Histoire et anthropologie du peuple bamiléké (2010), L'Harmattan, 242 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Njiké-Bergeret, Ma passion africaine, JC Lattès, 1997. Réédition "J'ai lu", no 4903, 2000. (384p.). (ISBN 2290309796)
  • Gabriel Hamani, Les notables bamiléké de l'Ouest-Cameroun : rôle et organisation dans les institutions traditionnelles, L'Harmattan, 2005, 166 p. (ISBN 9782747582919)
  • Raymond Lecoq, Les Bamiléké, Présence africaine, 1998, 221 p. (ISBN 9782708706668)
  • Jean Hurault, La structure sociale des Bamiléké, Mouton, 1962, 133 p.
  • Enock Katté Kwayeb, Les institutions de droit public du pays Bamiléké, Cameroun : évolution et régime actuel, Pichon et Durand-Auzias, 1960, 199 p.
  • Martin Nkamgang, Sop Nkamgang Martin et Patrice Kayo, Les proverbes bamiléké, Édition des auteurs, 1970, 63 p.
  • Charles-Henry Pradelles de Latour, Ethnopsychanalyse en pays Bamiléké, Epel, 1991, 259 p. (ISBN 9782908855029)
  • Sylvain Djache Nzefa, Les chefferies Bamiléké dans l'enfer du modernisme : Réflexion sur l'état actuel des chefferies Bamiléké. Une chefferie de demain. Renaissance, recherche et affirmation d'identité. Architecture, Art, Ethnologie au Cameroun, MENAIBUC-DILA, 1994, 202 p. (ISBN 9782950828309)
  • Tabapssi Famndié Timothée, Le modèle migratoire bamiléké (Cameroun) et sa crise actuelle : perspectives économique et culturelle, Research School of Asian, African and Amerindian Studies, Leiden University, 1999, 241 p. (ISBN 9789057890338)
  • Pierre Kamé Bouopda et Bouopda Pierre Kamé, De la rébellion dans le Bamiléké, L'Harmattan, 2008, 143 p. (ISBN 9782296052369)
  • Claude Tardits, Contribution à l'étude des populations Bamiléké de l'ouest Cameroun, Berger-Levrault, 1960, 135 p.
  • Dieudonné Toukam, Parlons bamiléké. Langue et culture de Bafoussam, Paris, L'Harmattan, décembre 2008, 256 p. (ISBN 9782296074415).
  • Dieudonné Toukam, Histoire et anthropologie du peuple bamiléké, Paris, L'Harmattan, 2010, 242 p. (ISBN 9782296118270)
  • Grietje Van Dievoet, “Tintin chez les Tontines” of een studie van de informele financiëre sector bij de Bamileke van West-Kameroen. - LIC : Doom : 1988-1989 (Université de Gand).
  • Dieudonné Zognong, La question Bamiléké pendant l'ouverture démocratique au Cameroun : retour d'un débat occulté, Programme MOST, UNESCO, 2002, 17 p.
  • Michel Tagne Foko, Le secret du mystique, Paris Edilivre 2013, 142 p. ( ISBN 9782332553782).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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