Splashed White

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Splashed White
Balzan(o)

Robe du cheval

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Jeune trait breton issu d'une mère testée SW-1, profil droit. Le ventre et la tête blancs, les quatre balzanes et l'asymétrie des marques sont bien visibles.

Génotype
Notation SW-1, SW-2, SW-3
Robe de base Toutes possibles
Phénotype
Corps Marques blanches plus ou moins étendues aux quatre membres, sur la tête et sous le ventre. Un ou deux yeux bleus.
Crins Couleur de la robe de base
Fréquence
Porteur(s) Rare. Quelques cas chez les Quarter Horses, Welshes, le Paint Horses, l'Islandais, le miniature et le Shetland
Le même poulain, plus âgé, profil gauche. L'œil bleu est également typique d'une robe Splashed White.

Splashed White ou balzan désignent une robe du cheval avec des taches blanches localisées sur les parties inférieures du corps et de la tête. Les trois gènes connus comme responsables de cette couleur, notés SW, sont nommés Splash. La robe balzan se rattache génétiquement à la famille des robes overo, elle se caractérise par une peau rose et des taches blanches sur une robe de couleur plus foncée. De nombreux chevaux balzans ont des marques de taille modeste, tandis que d'autres semblent avoir « baigné dans de la peinture blanche ». Les yeux bleus sont caractéristiques de cette robe, et la présence peu évidente du gène responsable peut expliquer des yeux bleus chez des chevaux à la robe simple.

La robe balzan apparaît chez des races géographiquement éloignées, des Morgans en Amérique du Nord aux Kathiawari en Inde, en passant par le trait Breton en Bretagne. Elle est également associée à une déficience auditive d'origine génétique, bien que la plupart des chevaux conservent une audition normale. Il existe maintenant un test ADN pour détecter trois formes du gène Splash, on suppose que les allèles SW-2 et SW-3 peuvent être mortels au stade embryonnaire s'ils sont homozygotes.

Étymologie et terminologie[modifier | modifier le code]

Représentation schématique de la robe Splashed White.

Les anglo-saxons nomment ces chevaux « Splashed White », soit littéralement « éclaboussé de blanc ». Le terme Splashed White peut être employé en français. Toutefois, la dénomination officielle selon les Haras nationaux est « balzan » pour le phénotype, et « Splash » ou « Splashed White » pour le gène[1]. Il existe aussi un nom italien, « Balzano ». « Balzano » et « balzan » désignent un cheval dont les quatre pieds sont porteurs de balzanes. Ils sont issus du latin balius, dont le sens se approche de « luisant » et « blanc »[2].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La robe Splashed White se caractérise par des yeux bleus et une apparence suggérant que le cheval a trempé, pieds en avant, dans de la peinture blanche[3],[4],[5],[6],[7]. Les bordures des marques blanches sont nettes, lisses, et bien définies[3],[7]. La tête et les jambes sont blanches, la queue est souvent blanche elle aussi, ou juste sur sa pointe[3],[6],[7]. Le dessous du corps est blanc, ces zones dépigmentées se répandent souvent sur chaque côté du thorax[7]. À lui seul, le gène Splashed White est rarement responsable de marques blanches qui atteignent la ligne du dessus, par conséquent les registres américains du Paint horse et du Pinto l'ont classé parmi la catégorie des robes « overo »[4].

Comme pour la robe sabino, les marques blanches touchent également le dessous du corps, quelques Splashed White peuvent être confondus avec des sabinos dont la délimitation des marques serait bien nette[3],[5]. Les deux robes peuvent être génétiquement présentes sur le même cheval, mais le bord des marques blanches du Splashed White est net et les marques elles-mêmes forment des blocs horizontalement répartis. En particulier, les marques blanches de la tête d'un Splashed White ont des bords droits et leur fond est parfaitement blanc, tandis que celles des sabinos sont souvent à fond mélangé[5] et réparties verticalement. La présence de gènes pie supplémentaires peut augmenter la quantité ou masquer les caractéristiques des marques blanches[6]. Les oreilles sont rarement blanches[5], cette couleur s'étendant sur les oreilles est étroitement liée à la surdité.

Extension minimale[modifier | modifier le code]

Jument testée SW-1 présentant une faible extension du blanc, avec large liste, quatre balzanes et un peu de blanc sous le ventre.

Les registres de races pour lesquels les extensions minimales ou maximales des marques blanches sont un facteur dans l'enregistrement ont créé des lignes imaginaires pour simplifier le processus de sélection :

  • De l'oreille à l'œil au coin de la bouche, jusqu'à la gorge puis au niveau du menton,
  • Le genou sur les membres antérieurs, et
  • Le jarret sur ​​les membres postérieurs.

Les marques blanches s'étendant au-delà de ces lignes sont considérées comme rattachant le cheval au groupe des robes pies. Les marques blanches qui ne traversent pas ces lignes ne sont pas considérés comme celles d'un cheval pie. Cependant, les chevaux sans « marques blanches excessives » peuvent avoir le potentiel génétique pour produire des descendants nettement marqués ou pies. Les chevaux Splashed White sont particulièrement bien connus pour produire des générations de chevaux à robe simple, suivis d'un Splashed White classique. Les chevaux chez qui le Splashed White est peu visible sont responsables de certaines familles de Quarter Horses dites « cropout »[5].

Les yeux bleu clair et la liste en tête asymétrique qui n'atteint pas la lèvre suggèrent que le gène Splashed White est présent chez ce poulain islandais.

L'expression minimale du Splashed White peut comprendre peu ou pas du tout de marques blanches[6]. Lorsque seules les marques minimales sont présentes, d'autres particularités peuvent traduire la présence du Splashed White. Les étoiles et pelotes en-tête peuvent être inégales, de travers, non-centrées, ou d'une quelconque manière étrangement placées[6]. Les listes en tête sont généralement marquées par des blocs de blanc, à bords droits, avec un fond purement blanc[5],[6]. Elles peuvent aussi être tordues ou inclinées sur le côté[6]. Les sabinos avec une très large liste ont presque invariablement du blanc sur la lèvre ou le menton, ce qui n'est pas le cas pour le blanc de la tête d'un Splashed White peu marqué. La lèvre supérieure reste généralement de couleur[6],[8].

Les marques blanches des jambes d'un cheval peu marqué vont des couronnes des membres postérieurs jusqu'aux très hautes balzanes des quatre membres, ou bien les antérieurs sont marqués de blanc, sans que les postérieurs ne le soient[5]. Alors que les marques des jambes des sabinos sont souvent  tapering with distal patches  ⇔  merci d’apporter votre expertise, et de préciser, les marques des jambes du Splashed White sont  crisp but "straight across" or blunt[5].  ⇔  merci d’apporter votre expertise, et de préciser L'identifiant la plus fiable du gène Splashed White est la présence d'un ou de deux yeux bleus[3],[4],[5],[6], surtout si ces yeux bleus apparaissent chez une famille sans chevaux de robe pie.

Héritage et fréquence[modifier | modifier le code]

Cette jument Paint Horse possède une queue entièrement blanche et une vaste zone de blanc sur toute la partie inférieure du corps, suggérant le Splashed White. L'aspect découpé des zones blanches est dû à des traits sabino.

Des tests ADN existent pour identifier trois gènes à l'origine de trois formes de Splashed White, nommées SW-1, SW-2 et SW-3 (pour l'anglais Splashed White). Le SW-1 est supposé connu depuis des centaines d'années. Il est désormais présent chez le Quarter Horse, le Welsh, le Paint Horse, l'Islandais, le cheval miniature, le poney Shetland et le Trakehner. Les formes SW-2 et SW-3 sont confirmées chez certaines lignées de Quarter Horses et de Paints, SW-3 étant particulièrement rare[9]. Si le Splashed White forme la plus rare des robes pies présentes chez le Paint Horse, il tend cependant à se répandre[10]. Le gène SW-1 a été officiellement détecté chez la race du cheval breton en août 2014[11]. Originellement supposé très rare hors d'Europe, le Splashed White est plus commun qu'on ne le pensait[5].

Le Splashed White a d'abord été étudié chez des traits finlandais et des poneys Welshes par Klemola en 1933[12]. Les multiples travaux de Klemola ont depuis été largement discrédités. Son texte décrivant une robe pie est maintenant reconnu pour décrire le sabino, et ses illustrations représentent des chevaux qui, d'après les connaissances actuelles, mélangent les traits des Splashed White à ceux de tobianos, sabinos, et autres robes tachetées[13]. Depuis ces premières études au début du XXe siècle, en plus des races déjà citées, les allèles SW-1, -2 et -3 du Splashed White ont été identifiés, sans être répertoriés, chez les races American Saddlebred, Morgan (E.U.), Gypsy Vanner (Royaume-Uni et Irlande), Kathiawari (Inde) et Barbe Abaco (Bahamas)[4],[5],[6]. Il existe peut-être d'autres formes de Splashed White non-encore répertoriées. L'apparente découverte de nouveaux porteurs du gène pourrait être dû à la tendance du gène codant la robe à donner des marques modestes[4]. Par exemple, des chevaux Splashed White peu marqués sont responsables de cropout (en)s parmi la race du Quarter Horse[5]. Toutefois, les études ne le mettent pas en liaison génétique avec les rouans et les tobianos[3].

Les marques blanches nettes et régulières qui n'atteignent pas les oreilles, le dessus de la tête pigmenté (medecine hat), le point coloré sur les lèvres, et les yeux bleus indiquent que cette jument tovero est probablement une tobiano porteuse du gène Splashed White.

De plus, d'autres robes donnent au cheval une allure similaire à celle d'un Splashed White, en particulier certains sabinos nommés splash, et vice-versa[4],[5]. Les mécanismes génétiques à l'origine de certains traits, tels que les yeux bleus de quelques chevaux arabes avec peu de marques blanches, restent à identifier. La présence de gènes supplémentaires de la robe pie peut augmenter la surface blanche, d'autres gènes peuvent réduire l'expression du gène Splashed White[6]. Le gène KIT  is not thought to be a candidate gene for splashed white. Preliminary studies from the early part of the 20th century suggested that splashed white was the result of a recessive gene, however this is no longer believed to be the case[4]. It is more likely that many splashed whites go unidentified, whether because their markings are too minimal to register as "pinto" with breeders, confusion with sabino, or the confounding effect of multiple white spotting patterns[5],[6]. These effects also likely account for the apparent lack of homozygous splashed whites, as suspected homozygotes would still produce unremarkably-marked offspring[4],[8]. It seems therefore more likely that splashed white is the result of an incomplete dominant gene, with homozygotes exhibiting the characteristic splashed white phenotype[5],[6].  ⇔  merci d’apporter votre expertise, et de préciser

Santé[modifier | modifier le code]

Il est possible que les allèles SW-2 et SW-3 donnent des embryons non viables si ces derniers sont homozygotes. À l'heure actuelle, l'accouplement de deux chevaux qui portent SW-2 ou -3 est déconseillé. Les test de SW-1 ont identifié des individus homozygotes pour cet allèle, ainsi SW-1 n'a probablement pas de caractéristiques potentiellement mortelles[9].

Certains chevaux présentant la robe Splashed White sont également réputés pour être atteints d'une surdité d'origine génétique, bien que la plupart d'entre eux gardent une audition normale[4],[8],[14]. Ce type de surdité est probablement similaire aux cas touchant d'autres espèces animales à robe blanche ou pie et aux yeux bleus. Les chats et les chiens atteints de surdité n'ont pas de mélanocytes dans l'oreille interne, ce qui conduit à la mort des cellules ciliées, nécessaires pour percevoir les sons [14]. La présence de pigments autour de l'extérieur de l'oreille - concernant la plupart des chevaux Splashed White - ne prouve pas la présence de ce pigment nécessaire dans l'oreille interne. Il doit y avoir des pigments à l'intérieur de l'oreille interne pour éviter ce problème[9].

Les chevaux domestiques semblent bien s'adapter à la la surdité, et les chevaux sourds peuvent ne pas être diagnostiqués. Certains chevaux sourds sont plus capricieux que la normale, tandis que d'autres sont nettement plus calmes. La surdité des chevaux peut être diagnostiquée par Brainstem auditory evoked potentials (en) (PEA), technique peu invasive ne nécessitant pas de sédation, avec une contention minimale[14].

Alors que les yeux bleus et la tête blanche sont souvent associés à la surdité chez d'autres espèces animales, les chevaux à tête blanche non-Splashed White ne sont pas réputés pour être sourds. La présence d'un œil bleu d'un côté et d'un œil normal de l'autre n'est pas indicative de surdité unilatérale. Le cheval de l'étude de Hardland en 2006 a un œil bleu, tandis que l'autre est normalement coloré, mais ce cheval est bilatéralement sourd[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. S. Danvy, C. Dubois et A.C. Grison, « Génétique des mélanges de poils, panachures et autres particularités », Haras nationaux,‎ Août 2011 (consulté le 13 septembre 2014)
  2. Gilles Ménage et Jault, Dictionnaire étymologique de la langue françoise, Libr. Briasson, 1750, p. 139 [lire en ligne]
  3. a, b, c, d, e et f (en) S. Brooks, Studies of genetic variation at the KIT locus and white spotting patterns in the horse, Ph.D. dissertation, University of Kentucky, 2006. [lire en ligne]
  4. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Splashed white », sur Genetic Equation, American Paint Horse Association
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o (en) « Splash », Equine Color.com,‎ décembre 2003 (consulté le 07 janvier 2009)
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Laura Behning, « Splashed White », sur Morgan Colors (consulté le 10 janvier 2009)
  7. a, b, c et d Vrotsos, Santschi et Mickelson 2001, p. 385–391
  8. a, b et c Sponenberg 2003, p. 85-86
  9. a, b et c (en) « Splashed White Overo (SW-1, SW-2, SW-3) », sur Horse testing
  10. « Splashed White », APHA - American Paint Horse Association (consulté le 9 août 2014)
  11. Amélie Tsaag Valren, « Découverte du gène Splashed White chez le cheval Breton », Cheval Savoir, Solveig Presse productions, no 55,‎ Juillet-août 2014 (lire en ligne)
  12. Klemola 1933, p. 65–69
  13. (fi) Johanna Viitanen, Hevosen värit (Robes des chevaux), Läyliäinen, Vudeka,‎ 2007, 110–111 p. (ISBN 978-952-99464-8-8)
  14. a, b, c et d Harland et al. 2006, p. 151–154

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) V. Klemola, « The "pied" and "splashed white" patterns in horses and ponies », Journal of Heredity, vol. 24,‎ 1933, p. 65–69
  • (en) Paul D. Vrotsos, Elizabeth M. Santschi et James R. Mickelson, « The Impact of the Mutation Causing Overo Lethal White Syndrome on White Patterning in Horses », AAEP Proceedings, American Association of Equine Practitioners, vol. 47,‎ 2001, p. 385–391 (lire en ligne [PDF])
  • (en) Dan Phillip Sponenberg, « chapitre 5 », dans Equine Color Genetic, Blackwell Publishing,‎ 2003 (ISBN 0-8138-0759-X, lire en ligne), p. 85-86
  • (en) Malte M. Harland, Allison J. Stewart, Arvle E. Marshall et Ellen B. Belknap, « Diagnosis of deafness in a horse by brainstem auditory evoked potential », Canadian Veterinary Journal, vol. 47,‎ 2006, p. 151–4