Ballet de l'Opéra national de Paris

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Les danseurs du Ballet de l'Opéra national de Paris durant le salut à la fin du ballet Rain d'Anne Teresa De Keersmaeker (2011)
Ovation à Manuel Legris, danseur étoile du Ballet de l'Opéra de Paris, lors de ses « adieux » après sa dernière représentation dans le ballet Onéguine de John Cranko, le 15 mai 2009
La Danse de Jean-Baptiste Carpeaux, créé pour la façade sud de l'Opéra Garnier (Musée d'Orsay).
Costume pour Le Sacre du Printemps, reprise à l'Opéra de Paris en 1991, Marie-Claude Pietragalla dans le rôle de l'Élue

Le Ballet de l’Opéra national de Paris est la plus ancienne compagnie de danse académique classique. En 1669 le corps de ballet est intégré, à l'instigation de Jean-Baptiste Colbert, à l’Académie royale de musique, aujourd’hui l’Opéra de Paris. Les deux siècles suivant sa création voient le Ballet de l’Opéra changer onze fois de lieu ; il est basé au Palais Garnier depuis 1875. L'École de l’Académie royale de danse, aujourd’hui École de danse de l'Opéra national de Paris, fondée en 1713, est la plus ancienne école de danse du monde occidental mais aussi le berceau de la danse académique classique mondiale.

Historique[modifier | modifier le code]

Au départ, une troupe nombreuse, exclusivement masculine jusqu'en 1681, danse dans les divertissements et les intermèdes d'opéras. En 1776, Jean-Georges Noverre, puis les frères Maximilien et Pierre Gardel, y imposent le ballet d'action qui fleurissait déjà sur d'autres scènes françaises.

Peu à peu le ballet s'affranchit de l'opéra et, au début du XIXe siècle, se constitue un répertoire d'œuvres chorégraphiques pures, jusqu'à l'apothéose du ballet romantique. C'est là que sont créées les plus grandes œuvres classiques, comme La Sylphide (1832), Giselle (1841), Paquita (1846), Le Corsaire (1865) ou Coppélia (1870).

À la fin du XIXe siècle, le centre européen de la danse n'est plus Paris mais il s'est déplacé à Saint-Pétersbourg, sous la houlette de Marius Petipa. La plupart des grandes danseuses de l'Opéra de Paris ont gagné la Russie et le Ballet de l'Opéra fait essentiellement appel à des danseuses italiennes formées à l'école de Carlo Blasis et d'Enrico Cecchetti, comme Aïda Boni, Pierina Legnani, Rita Sangalli ou Carlotta Zambelli.

Au XXe siècle, le renouveau est amorcé par les Ballets russes de Serge de Diaghilev qui présentent six de leurs saisons à l'Opéra de Paris. Serge Lifar amplifie le mouvement de rénovation, auquel contribuent George Balanchine et George Skibine.

À partir des années 1970, le Ballet se donne une double vocation : maintien de la tradition et ouverture à la modernité. C'est ainsi que, à côté de reconstitutions d'œuvres du XVIIIe siècle (par Ivo Cramer ou Francine Lancelot) et de pièces du répertoire romantique (Petipa et Nijinski revisités par Noureev), le Ballet aborde le répertoire contemporain en invitant des chorégraphes comme Carolyn Carlson, Merce Cunningham, Maguy Marin, Angelin Preljocaj, Dominique Bagouet ou Pina Bausch.

Tout au long des années 1980, l'histoire de la troupe est marquée par la figure de Rudolf Noureev, qui occupe de 1983 à 1989 le poste de directeur de la danse. Au départ mal accepté par les danseurs qui lui reprochent notamment de se servir de la troupe pour ses intérêts personnels et de monopoliser les rôles solistes[1], Noureev a pu constituer un répertoire de ballets classiques qui forme encore aujourd'hui le cœur du répertoire de la troupe, assurant à la fois une part importante des représentations et ses plus grands succès populaires. Sa version du Lac des cygnes, créée en 1984, a ainsi subi une fronde des danseurs qui ont obtenu le maintien au répertoire de l'ancienne version du ballet, celle de Vladimir Bourmeister. Cette dernière version sera d'ailleurs reprise une dernière fois sous son successeur Patrick Dupond, soucieux d'effacer les traces de son prédécesseur ; la version de Noureev s'imposera par la suite sans concurrence.

C'est un autre danseur vedette qui succède à Noureev en 1990 : Patrick Dupond, contrairement au danseur russe, est issu de la troupe et n'a pas de prétention à la chorégraphie. Son mandat s'achève précocement en 1994 : l'entente avec le nouveau directeur de l'Opéra de Paris, Hugues Gall, s'avère impossible. Il s'ensuit un procès au titre du licenciement concomitant de Dupond en tant que danseur étoile.

En septembre 2004, Gerard Mortier assure la succession d'Hugues Gall à la direction de l'Opéra de Paris et ce, jusqu'en 2010 (date à laquelle il rejoint le Teatro Real de Madrid). Sous son impulsion, neuf danseurs étoiles sont nommés, dont certains relativement âgés pour le métier (Wilfried Romoli, Delphine Moussin et plus récemment Isabelle Ciaravola). Ces nominations rendent caduque la limite de douze étoiles qu'imposait Hugues Gall à son époque.

Composition[modifier | modifier le code]

En 2013, le ballet compte cent cinquante-quatre danseurs, dont dix-huit étoiles et quatorze premiers danseurs, presque tous issus de l'École de danse de l'Opéra. Ils entrent par concours annuel vers seize ans et terminent leur carrière à quarante-deux ans maximum.

Hiérarchie des danseurs[modifier | modifier le code]

De l'entrée dans le corps de ballet à la consécration, le Ballet de l'Opéra a fixé une hiérarchie immuable parmi les danseurs et danseuses :

Les échelons 3 à 5 forment ensemble le « corps de ballet ».

La promotion au grade supérieur se fait par un concours interne, dont le jury est composé des membres de la direction de l'Opéra et de danseurs et personnalités extérieures du monde de la danse. Ce concours a lieu chaque année.

Seules les étoiles échappent à ce système : la nomination d'un premier danseur (plus rarement d'un sujet) au titre d'étoile est décidée par le directeur de l'Opéra national de Paris sur proposition du directeur de la danse à la suite d'une représentation. La procédure de nomination a varié avec le temps ; depuis 2004, elle se fait devant le public.

Maîtres de ballet et directeurs de la danse[modifier | modifier le code]

Depuis 1990, Patrice Bart exerce comme maître de ballet associé à la Direction de la Danse à l’Opéra de Paris aux côtés de Brigitte Lefèvre. Il quitte son poste de maître de ballet lors de la dernière représentation de Coppélia, le 30 mars 2011, et est remplacé à ses fonctions par l'ancien danseur étoile Laurent Hilaire.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Edgar Degas et les danseuses du Ballet de l'Opéra de Paris[modifier | modifier le code]

Edgar Degas a consacré nombre de toiles, de pastels et de sculptures, dont la plus célèbre est La Petite Danseuse de quatorze ans, aux danseuses du ballet et de l'école de danse de l'Opéra de Paris, l'un de ses thèmes de prédilection. La précision des détails et la justesse du sujet est le résultat des fréquentes séances du peintre à la salle Le Peletier puis au palais Garnier.

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Les interprètes du répertoire du XIXe siècle en images[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En 1986, il entre en conflit avec Maurice Béjart, alors chorégraphe invité : le 24 mars, à l'issue de la création de son ballet Arépo, Maurice Béjart nomme Manuel Legris et Éric Vu-An danseurs étoiles, sans en avoir le droit. Rudolf Noureev contraint Maurice Béjart à faire marche arrière (voir « La Guerre des étoiles », dans Le Nouvel Observateur, mars 1986).

Liens externes[modifier | modifier le code]