Balle dum-dum

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la balle d'arme à feu. Pour la ville indienne, voir Dum Dum. Pour l'instrument de musique, voir Dum dum.

La balle dum-dum est un projectile très vulnérant utilisé comme munition d'arme à feu depuis la fin du XIXe siècle.

Elle tient son nom de Dum Dum, un faubourg de Calcutta où se trouvait une manufacture d'armes.

Elle fut créée du fait de l'insuffisance d'effet de munitions de petit calibre pour arrêter une charge ennemie. Avec l'apparition des détonants à haute performance (poudre sans fumée) les performances des armes à feu, portée et précision pouvaient être maintenues et améliorées tout en réduisant le calibre utilisé, ce qui avait des avantages pratiques. Cependant les Anglais, lors de confrontations avec des « tribus sauvages », constatèrent que le résultat du tir était moins dissuasif car les impacts, bien qu'avec plus de vitesse, se révélaient en fait moins directement incapacitants.

On décida de dessiner une balle qui perdrait un maximum d'énergie au contact de sa cible, afin de maximiser les dégâts. Il s'agit d'une balle de plomb recouverte d'une fine couche de nickel striée de petites fentes. Le choc sur un corps fait éclater la chemise de la balle qui se déforme selon les stries et éclate même parfois. Ce comportement permet à la balle de creuser une cavité d'un diamètre supérieur dans les tissus et de faire éclater les os plutôt que de glisser contre eux. En cas d'éclatement, les dommages aux tissus sont beaucoup plus importants.

Elle a été utilisée par les Anglais en Inde. Par la suite, lors de la Première conférence de La Haye en 1899, les balles se fragmentant ou s'aplatissant à l'impact ont été interdites.

Pourtant, la munition moderne militaire 5,56 × 45 mm OTAN connue sous la nomenclature M193, dont l'ogive est d'un poids de 3,5 g ou 55 Grains en utilisant les mesures américaines, utilisant le pas de rayure nominal de canon à 14 pouces ou 12 pouces, est susceptible de se comporter de façon similaire par un ou des retournements de l'ogive à l'impact, sans toutefois être expansive comme à la balle dum-dum, car la munition M193 est une ogive blindée ("full metal jacket") ou chemisée d'un alliage cuivre. En 1969, l'Otan a changé de munition 5,56 × 45 mm. Elle a adopté la munition SS109 de la mitrailleuse Belge Minimi, dont le poids de l'ogive est de 62 Grains ou 4 g, utilisant un pas de rayure de 7 pouces ou 8 pouces. Cette munition ne se retournerait pas à l'impact. De nombreuses munitions utilisées pour les opérations de police ou d'intervention, nommées balles expansives, sont conçues pour se déformer à l'impact, afin d'optimiser la restitution de l'énergie cinétique et éviter d'atteindre un tiers, à travers un agresseur qui serait transpercé de part en part.

Il existe également une manière artisanale pour confectionner une balle dite "dum-dum" ou expansive, ou à pointe creuse en procédant à un sciage en croix de la tête d'ogive puis à un limage et un ébarbage précis.

Les industriels munitionnaires fabriquant des ogives expansives destinées à la chasse, donc à la mise à mort immédiate du gibier, cherchent à optimiser le potentiel d'énergie cinétique des ogives, en veillant à limiter la fragmentation de l'ogive dans le corps de l'animal. La fragmentation d'une ogive par dispersion de fragments de ladite ogive va à l'encontre de l'effet de choc, il va à l'encontre du potentiel létal du choc.

Les ogives à fragmentation ne sont pas expansives, leur pointe n'est pas creuse et ne peuvent être associées aux balles dum-dum. Les ogives à fragmentation d'armes à feu de petits calibres sont destinées soit à l'entraînement, soit à une utilisation dans des espaces confinés afin de limiter les dégâts collatéraux dus aux capacités de perforation des ogives blindées, chemisées type « full metal jacket ». Les capacités de perforation des ogives expansives ou même dum-dum restent potentiellement dangereuses pour des raisons annexes. Le cas type d'utilisation des ogives à fragmentation est l'utilisation à l'intérieur d'un avion en vol. La diffusion de ce type de munition est donc assez restreinte et spécialisée.

Le tueur norvégien Anders Behring Breivik, également chasseur et ayant donc accès aisément à des munitions de chasse expansives ou à pointe creuse, aurait utilisé ce type de balles pour assassiner ses victimes[1].

On peut voir[Où ?] une photo d'Anders Behring Breivik en tenue de guerre bactériologique et chimique de la Bundeswehr déposant à l'aide d'une seringue une substance inconnue dans la tête creuse d'une munition de chasse expansive. Cette photo semble étayer la thèse qu'Anders Behring Breivik a utilisé des munitions de chasse à pointe creuse, car celles-ci sont les plus létales et d'autre part, en tant que chasseur, il avait accès légalement à ce type de munitions.

Références[modifier | modifier le code]