Balafon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Balafon
Image illustrative de l'article Balafon
Un balafon

Variantes modernes bala
balani
Variantes historiques Sosso Bala
Classification idiophone ou autophone
Famille instruments de percussion
Œuvres principales Le Lion rouge
Instrumentistes célèbres Mory Kanté
Adama Condé
Aly Keita
Gert Kilian
Principaux facteurs Artisans africains,
Drapeau de Suisse Claude Luisier
Articles connexes Balafoniste

Le balafon, bala ou balani est un instrument de percussion idiophone originaire d'Afrique occidentale. C'est une sorte de xylophone, soit pentatonique, soit heptatonique. En malinké, « balafon » vient des termes bala (l’instrument) et fon (sonne).

On retrouve des balafons dans de nombreuses régions d'Afrique, tous différents les uns des autres. Certains sont très sophistiqués, d'autres très simples; d'autres encore sont gigantesques.

Le premier balafon serait né dans le Royaume de Sosso, entre la Guinée et le Mali. Ce balafon existe encore et est nommé Sosso Bala.

Cet instrument est cité dans l’hymne national du Sénégal « Pincez tous vos koras, frappez les balafons »

Facture[modifier | modifier le code]

On peut remarquer que deux types de balafons tendent à se « démocratiser » en Afrique occidentale :

  • Bala est le balafon à grosses calebasses, et lames larges (régions de Kolokani et Bobo Dioulasso entre autres), aux sons graves.[réf. nécessaire] Ce balafon est parfois appelé Bala dioula ou Bala sénoufo. Le nombre de lames qu'il comporte et la manière de l'accorder varient en fonction des régions, mais les balas de 14 à 18 lames en accord pentatonique sont les plus fréquents.
  • Balani (ni est un diminutif), est le balafon à petites calebasses, aux lames étroites (3 à 4 cm)[réf. nécessaire], usuellement utilisé dans les orchestres, et à la tessiture plus élevée mais à l'ambitus généralement égal ou plus faible que le Bala. Il comporte généralement 21 lames. Aujourd'hui, l'accord le plus souvent rencontré est diatonique. Traditionnellement, l'accord serait plus proche d'un accord équiheptatonique, très différent du système musical occidental.

Il est composé d'une structure de bois légère nouée avec des lanières en cuir, sur laquelle des lames en bois durs sont rangées en taille et hauteur croissantes (plus les lamelles sont courtes, plus le son est aigu) et des paires de petites calebasses sont placées en dessous formant des caisses de résonance. Parfois ces calebasses sont percées et les trous sont recouverts de membranes qui vibrent (système du mirliton). Traditionnellement ces membranes sont des toiles d'araignées ou des ailes de chauves-souris, aujourd'hui remplacées par du papier à cigarette ou une fine membrane en plastique. Comme les calebasses sont de plus en plus grandes d'un côté, le balafon est plus haut d'un côté que de l'autre.

Pour éviter d'avoir un instrument trop large, les facteurs les courbent légèrement en arc de cercle, afin de permettre au musicien placé en son centre, de toucher toutes les lames sans se déplacer. Un balafon est généralement capable de produire de 18 à 25 notes (et comporte donc autant de lames). Cependant, certains balafons portables en comportent beaucoup moins (16, 12, 8 voire 6 ou 7).

Balafo au Sénégal (gravure 1825)

Jeu[modifier | modifier le code]

On en joue soit debout avec des sangles soutenant le balafon, soit assis, et on le frappe au moyen de deux baguettes recouvertes de caoutchouc.

Un orchestre est souvent composé de trois balafons, un grave, un médium et un aigu accompagnés de tambours verticaux djembé et de tambour d'aisselle tama. Au Cameroun, certains orchestres comportent aussi un saxophone, ce qui permet à la musique traditionnelle d'évoluer.

Parmi les joueurs de balafon, on trouve El Hadj Djeli Sory Kouyaté, Mory Kanté, Adama Condé, Aly Keita, Gert Kilian le balafoniste blanc, Moussa Hema, Seydou Diabaté dit « Kanazoé », Amadou Kienou, Lansiné Diabaté.

Un festival qui lui est consacré, Triangle du balafon, se déroule chaque année à Sikasso (Mali). La construction d’un musée du balafon est prévue à Sikasso, à Bougoula-Hameau[1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Lynne Jessup, The Mandinka balafon : an introduction with notation for teaching, La Mesa, CA, Xylo Publications, 1983, 191 p. (ISBN 0916421007)
  • (fr) Ambrose Jackson, Aspects analytiques de la musique de balafon dans quatre sociétés camerounaises en 1975-1976, Paris, EHESS, 1979, 220 p. (thèse de 3e cycle)
Jeune joueur de balafon au Mali.

Discographie[modifier | modifier le code]

  • (en)(fr) El Hadj Djeli Sory Kouyate, Guinée, anthologie du balafon mandingue, Buda musique, Adès, Paris, 3 CD + 3 livrets d'accompagnement (enregistrements réalisés au Palais du peuple de Conakry en novembre 1991 par Stéphane Larrat)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Le Balafon avec Aly Keita & Gert Kilian, www.le-salon-de-musique.com 2009, ' DVD
  • (fr) Balafon, film de Bernard Surugue, CNRS Audiovisuel, Meudon, 1969, 19' (vidéocassette)
  • (fr) "Les maîtres du balafon", série de quatre films de Hugo Zemp en un coffret de 3 DVD ("Fêtes funéraires", 2001, 80'; "La joie de la jeunesse", 2002, 70'; "Le bois et la calebasse", 2002, 43', "Ami, bonne arrivée!", 27', 2002). Production Sélénium Films/Süpor XAO. Distribution : L'Harmattan Vidéo (www.harmattantv.com)
  • (fr) "Siaka, musicien africain", film de Hugo Zemp. 2005, 79'. Production Sélénium Films/Süpor XAO. Distribution L'Harmattan Vidéo (www.harmattantv.com)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Communiqué du conseil des ministres du 15 octobre 2008