Baie-du-Petit-Pokemouche

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la localité canadienne. Pour la baie du même nom, voir baie du Petit-Pokemouche. Pour les autres significations, voir Pokemouche (homonymie).
Baie-du-Petit-Pokemouche
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau du Nouveau-Brunswick Nouveau-Brunswick
Région Péninsule acadienne
Comté ou équivalent Gloucester
Statut municipal District de services locaux
Démographie
Population 176 hab. (2011 en diminution)
Densité 67 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 42′ 11″ N 64° 43′ 38″ O / 47.70305556, -64.7272222247° 42′ 11″ Nord 64° 43′ 38″ Ouest / 47.70305556, -64.72722222  
Altitude Min. 0 m
Superficie 262 ha = 2,62 km2
Divers
Langue(s) Français
Fuseau horaire UTC-4
Indicatif +1-506
Code géographique 130005
Localisation

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Baie-du-Petit-Pokemouche

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Baie-du-Petit-Pokemouche

Baie-du-Petit-Pokemouche[1],[2] ou Petit-Pokemouche est un village côtier canadien situé dans la région de la Péninsule acadienne et le comté de Gloucester, au Nouveau-Brunswick.

Baie-du-Petit-Pokemouche a le statut de DSL.

Toponyme[modifier | modifier le code]

Article connexe : Toponymie néo-brunswickoise.

Le nom « Pokemouche » s'appliquait à l'origine uniquement à la rivière Pokemouche. Il dérive de « Pokomújpetúák », un mot de la langue micmaque prononcé [pokomu:petu:a:k ], écrit ainsi dans l'orthographe Francis-Smith (Pogomu’jpetu’a’g dans l'orthographe de Listuguj, Pokomu:jpetu:a:k dans l'orthographe du Lexique, Pogomotjpetoag dans l'orthographe Pacifique et Pokŭmooch'-petooāāk dans l'orthographe Rand[3]). Ce mot signifierait entrée d'eau salée[4], beaucoup de poissons[5] ou encore terre d'abondance[5] selon les sources. Le nom fut mentionné pour la première fois en 1685 sur une carte géographique du missionnaire récollet Emanuel Jumeau, alors basé à Miramichi, avec l'orthographe Pakmouch[6]. Il y eut ensuite successivement Poquemouche (Bellin, 1744 et Mitchell, 1755), Pokemushi (Jefferys, 1755, Smethurst, 1755), Bamush (DesBarres, 1778), Pockmouche (Coney, 1832 et Saunders, 1852) et Pokamouche (Gesner, 1847). L'orthographe actuelle apparut en 1852 (Perley)[4].

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte topographique de Baie-du-Petit-Pokemouche est des environs.

Situation[modifier | modifier le code]

Baie-du-Petite-Pokemouche est situé dans la péninsule acadienne, à 70 kilomètres à l'est de Bathurst et à 4 kilomètres au sud de Shippagan.

Baie-du-Petit-Pokemouche est limitrophe de Le Goulet à l'est, de la paroisse de Shippagan au nord-est, de Shippagan au nord et de la paroisse de Shippagan à l'ouest. Le village est bordé par le Golfe du Saint-Laurent au sud.

Baie-du-Petit-Pokemouche est généralement considérée comme faisant partie de l'Acadie[7].

Topographie[modifier | modifier le code]

Baie-du-Petit-Pokemouche est situé dans la plaine de Shippagan, où l'altitude dépasse à peine le niveau de la mer.

Situé au bord d golfe du Saint-Laurent, le littoral est composé d'une longue dune. La baie du Petit-Pokemouche s'étend à l'est du village. Ce barachois communique avec le golfe du Saint-Laurent par le goulet du Petit-Pokemouche.

Baie-du-Petite-Pokemouche est un village-rue s'étendant le long du chemin Petit-Pokemouche. Ce dernier relie Le Goulet à la route provinciale 113, qui forme la limite nord et qui relie la ville de Shippagan au continent. Il y a un hameau au nord et un autre, plus important, au sud.

Une grande partie du territoire est couvert de tourbière.

Géologie[modifier | modifier le code]

Le sous-sol de Baie-du-Petit-Pokemouche est composé principalement de roches sédimentaires du groupe de Pictou datant du Pennsylvanien (entre 300 et 311 millions d'années)[8].

Climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Climat de la Péninsule acadienne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Baie-du-Petit-Pokemouche est situé dans le territoire historique des Micmacs, plus précisément dans le district de Sigenigteoag, qui comprend l'actuel côte Est du Nouveau-Brunswick, jusqu'à la baie de Fundy[9].

L'usine Marché de poisson Lanteigne en 2012.

Selon ce que rapporte Donat Robichaud, la région est visitée par des pêcheurs Normands et Bretons dès la fin du XIIIe siècle[10]. Les Bretons sont en fait bien établis avant 1536[11]. Les Basques chassent la baleine en Europe à partir du XIIe siècle ou plus tôt mais, suite à l'effondrement de la population de ces cétacés, commencent à les chasser au sud du Labrador au XVIe siècle, en plus de pêcher la morue[11]. Ces pêcheurs viennent surtout du Pays basque espagnol mais ceux du Pays basque français deviennent de plus en plus nombreux[11]. Ils sont déjà bien installés vers 1540. Contrairement à une idée répandue, ils n'ont pas chassés la baleine de plus en plus loin jusqu'à atteindre l'Amérique mais s'y sont rendus directement[11]. Vers 1632, les pêcheurs de morue basques se déplacent dans des endroits plus reculés, dont Caraquet, Paspébiac et Shippagan, notamment pour éviter les attaques des Inuits et des pirates anglais ou danois, mais aussi à cause de la baisse de la population de baleine et de l'ouverture de la pêche au Svalbard[11]. La pêche basque dans la région dure sans encombres jusque vers la fin du XVIIe siècle[11].

Le 17 août 1693, le Conseil souverain donne la concession de Pokemouche à Philippe Hesnault, de Nipisiguit, lui ajoutant trois lieues de largeur de chaque côté de la vallée, pour un total de huit lieues par quatre[12], un territoire qui inclut le site de Baie-du-Petit-Pokemouche[13]. Michel Degrez, qui possédait auparavant la seigneurie, devait 200 livres à Hesnault, ce qui explique probablement cette décision. Hesnault ne s'établit pas sur les lieux et d'autres marchands en profitent pour chasser sur ses terres. Il porte plainte au Conseil et obtient gain de cause le 30 août 1705 contre le directeur général de la Compagnie de Mont-Louis, Jean de Clarmont[12]. On ne sait pas avec précision ce qui est arrivé au fief de Pokemouche après la mort d'Hesnault[12].

Pêche[modifier | modifier le code]

Le village vit de la pêche. L'usine Marché de poisson Lanteigne, transformant le homard, est construite au début des années 1980[14]. Les activités de l'usine sont réduites en 2013 mais une partie des employés se trouvent un emploi ailleurs[14]. Un projet de transformation du hareng est lancé mais le bâtiment est détruit lors d'un incendie probablement d'origine accidentelle le 2 mai 2013 ; 80 personnes se retrouvent alors sans emploi[14].

Chronologie municipale[modifier | modifier le code]

1786: La paroisse d'Alnwick est érigée dans le comté de Northumberland [15].

1814: La paroisse de Saumarez est créée à partir de portions de la paroisse d'Alnwick et d'un territoire non organisé[15].

1826: Le comté de Gloucester est créé à partir des paroisses de Saumarez et de Beresford, du comté de Northumberland[15].

1831: La paroisse de Caraquet est créée à partir d'une portion de la paroisse de Saumarez[15].

1851: La paroisse de Shippagan est créée à partir d'une portion de la paroisse de Caraquet[15].

1851: La paroisse d'Inkerman est créée à partir de portions des paroisses de Caraquet et de Shippagan[15].

1867: Confédération canadienne.

Années 1870: Le comté de Gloucester est constitué en municipalité.

1947: Shippagan est constitué en municipalité dans le territoire de la paroisse.

1958: Le village de Shippagan obtient le statut de ville.

1966: La municipalité du comté de Gloucester est dissoute. La paroisse de Shippagan devient un District de services locaux. Des portions de la paroisse sont détachées pour former le village de Lamèque ainsi que les DSL de Le Goulet, de Sainte-Marie-sur-Mer et de Saint-Raphaël-sur-Mer.

1968: Le DSL de Pointe-Brûlée est créé à partir d'une portion de la paroisse de Shippagan.

1974: Le DSL de Pointe-Sauvage est créé à partir d'une portion de la paroisse de Shippagan.

1984: Les DSL de Baie-du-Petit-Pokemouche, Chemin-Coteau, de Chiasson-Savoy, de Cap-Bateau, de Haut-Lamèque, de Haut-Shippagan, de Miscou, de Petite-Lamèque, de Pointe-Alexandre, de Pointe-Canot, de Pigeon Hill, du Portage de Shippagan et de Sainte-Cécile sont créés à partir de portions de la paroisse de Shippagan.

Démographie[modifier | modifier le code]

D'après le recensement de Statistique Canada, il y avait 195 habitants en 2006, comparativement à 201 en 2001, soit une baisse de 3,0%. Le village compte 86 logements privés dont 77 occupés par des résidents habituels. Le village a une superficie de 2,62 km² et une densité de population de 74,4 habitants au km² [16].

Évolution démographique de Baie-du-Petit-Pokemouche depuis 2001
2001 2006 2011
201 195 176


Économie[modifier | modifier le code]

La pêche est importante dans l'économie locale[17]. Baie-du-Petit-Pokemouche compte quelques commerces. On fait aussi la culture de patates au village. De nombreux habitants travaillent plutôt à Shippagan, qui possède des commerces, un parc industriel et des services publics[17]. Entreprise Péninsule, un organisme basé à Tracadie-Sheila faisant partie du réseau Entreprise, a la responsabilité du développement économique de la région[17].

Administration[modifier | modifier le code]

Comité consultatif[modifier | modifier le code]

En tant que district de services locaux, Baie-du-Petit-Pokemouche est en théorie administré directement par le Ministère des Gouvernements locaux du Nouveau-Brunswick, secondé par un comité consultatif élu composé de cinq membres dont un président. Il n'y a actuellement aucun comité consultatif.

Liste des présidents successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
         
Les données manquantes sont à compléter.

Budget et fiscalité[modifier | modifier le code]

Commission de services régionaux[modifier | modifier le code]

Baie-du-Petit-Pokemouche fait partie de la Région 4[18], une commission de services régionaux (CSR) devant commencer officiellement ses activités le 1er janvier 2013[19]. Contrairement aux municipalités, les DSL sont représentés au conseil par un nombre de représentants proportionnel à leur population et leur assiette fiscale[20]. Ces représentants sont élus par les présidents des DSL mais sont nommés par le gouvernement s'il n'y a pas assez de présidents en fonction[20]. Les services obligatoirement offerts par les CSR sont l'aménagement régional, l'aménagement local dans le cas des DSL, la gestion des déchets solides, la planification des mesures d'urgence ainsi que la collaboration en matière de services de police, la planification et le partage des coûts des infrastructures régionales de sport, de loisirs et de culture; d'autres services pourraient s'ajouter à cette liste[21].

Représentation[modifier | modifier le code]

Drapeau du Nouveau-Brunswick Nouveau-Brunswick: Baie-du-Petit-Pokemouche fait partie de la circonscription de Centre-Péninsule—Saint-Sauveur, qui est représentée à l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick par Denis Landry, du Parti libéral. Il fut élu en 2003 puis réélu en 2008 et en 2010.

Drapeau du Canada Canada: Baie-du-Petit-Pokemouche fait partie de la circonscription d'Acadie-Bathurst. Cette circonscription est représentée à la Chambre des communes du Canada par Yvon Godin, du NPD. Il fut élu lors de l'élection de 1997 contre le député sortant Doug Young, en raison du mécontentement provoqué par une réforme du régime d’assurance-emploi[22].

Infrastructures et services[modifier | modifier le code]

Éducation[modifier | modifier le code]

Les élèves francophones bénéficient d'écoles à Shippagan. La ville de Shippagan possède également le CCNB-Péninsule acadienne et un campus de l'Université de Moncton.

Les anglophones bénéficient d'une école à Brantville accueillant les élèves de la maternelle à la huitième année. Ils doivent ensuite poursuivre leurs études à Miramichi. Les établissements d'enseignement supérieurs anglophones les plus proches sont à Fredericton ou Miramichi.

Il y a une bibliothèque publique à Shippagan.

Autres services publics[modifier | modifier le code]

La population est en grande partie dépendante de localités voisines, notamment Shippagan, pour les loisirs et les services[17]. Le détachement de la Gendarmerie royale du Canada le plus proche est d'ailleurs situé à Shippagan. Cette ville dispose d'un poste d'Ambulance Nouveau-Brunswick alors que l'hôpital le plus est l'hôpital de Lamèque. Le bureau de poste le plus proche est quant à lui à Le Goulet.

Existant depuis le 20 juillet 1995, la Commission de gestion des déchets solides de la Péninsule acadienne (COGEDES) a son siège-social à Caraquet. Les déchets sont transférés au centre de transbordement de Tracadie-Sheila et les matières non-recyclables sont ensuite enfouies à Allardville.

Les francophones bénéficient du quotidien L'Acadie nouvelle, publié à Caraquet, ainsi que de l'hebdomadaire L'Étoile, de Dieppe. Les anglophones bénéficient quant à eux du quotidien Telegraph-Journal, publié à Saint-Jean.

Culture[modifier | modifier le code]

Municipalités limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents baie Saint-Simon Shippagan Shippagan Rose des vents
Inkerman N Le Goulet
O    Baie-du-Petit-Pokemouche    E
S
baie du Petit-Pokemouche golfe du Saint-Laurent Le Goulet

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Canada, Nouveau-Brunswick. Règlement du Nouveau-Brunswick 84-168, art. 9 [lire en ligne (page consultée le 10 août 2012)]
  2. « Profils des communautés de 2011 - Baie-du-Petit-Pokemouche », sur Statistique Canada (consulté le 10 août 2012).
  3. (en) J.C. Pilling, A first reading book in the Micmac, Halifax, Nova Scotia printing company,‎ 1875, p. 98.
  4. a et b (en) Alan Rayburn, Geographical Names of New Brunswick, Énergie, Mines et Ressources Canada, Ottawa, 1975, p.220.
  5. a et b (fr) École La rivière - Historique
  6. (en) William F. Ganong, The history of Caraquet and Pokemouche, Saint-Jean (Nouveau-Brunswick): Musée du Nouveau-Brunswick, 1948, p. 50.
  7. Murielle K. Roy et Jean Daigle (dir.), Démographie et démolinguistique en Acadie, 1871-1991, L'Acadie des Maritimes, Moncton, Centre d'études acadiennes, Université de Moncton,‎ 1993 (ISBN 2921166062), p. 141.
  8. (en) [PDF] Ministère des Ressources naturelles et de l'énergie du Nouveau-Brunswick, « Bedrock Geology of New Brunswick »,‎ 2000 (consulté le 19 juin 2009)
  9. (en) Philip K. Bock et William C. Sturtevant (dir.), Handbook of North American Indians, vol. 13, t. 1, Government Printing Office,‎ 1978, 777 p., p. 109-110
  10. (fr) Donat Robichaud, Le Grand Shippagan, 1976. p. 33-37
  11. a, b, c, d, e et f (en) Selma Huxley Barkham, « The Basque Whaling Establishments in Labrador 1536-1632 — A Summary », Arctic, vol. 37, no 4,‎ décembre 1984, p. 515-519 (lire en ligne)
  12. a, b et c « Philippe Hesnault », dans Revue d'histoire de la Société historique Nicholas Denys, Vol. XXXIV, no. 3, sept.-déc. 2006, p.95-105.
  13. (en) William Gagnong, A Monograph of historic sites in the province of New Brunswick, Ottawa, J. Hope,‎ 1899 (lire en ligne), p. Carte no. 39, p. 319
  14. a, b et c Pierre Leyral, « Shippagan: une usine de transformation rasée par les flammes », L'Acadie Nouvelle,‎ 2 mai 2013 (lire en ligne)
  15. a, b, c, d, e et f (en) Cleadie B. Barnett, « New Brunswick Parishes », dans New Brunswick's Past, 17 avril 1998 [lire en ligne (page consultée le 27 novembre 2008)].
  16. Statistique Canada, « Chiffres de population et des logements, Canada, provinces et territoires, et localités désignées, recensements de 2006 et 2001 - Données intégrales »,‎ 2006
  17. a, b, c et d « District de services régionaux 4 », sur Bâtir des gouvernements locaux et des régions viables (Rapport Finn), sur Gouvernement du Nouveau-Brunswick (consulté le 28 juillet 2011).
  18. « Les communautés dans chacune des 12 Commissions de services régionaux (CSR) », sur Gouvernement du Nouveau-Brunswick (consulté le 9 novembre 2012).
  19. « Conseils d'administration des commissions de services régionaux annoncés », sur Gouvernement du Nouveau-Brunswick (consulté le 1 novembre 2012).
  20. a et b « Gouvernance des nouvelles commissions de services régionaux », sur Gouvernement du Nouveau-Brunswick (consulté le 9 novembre 2012).
  21. « Services obligatoires », sur Gouvernement du Nouveau-Brunswick (consulté le 9 novembre 2012).
  22. (fr) Réal Fradette, « Qui arrivera à défaire Yvon Godin », dans L'Acadie Nouvelle, 20 décembre 2008 [lire en ligne (page consultée le 20 décembre 2008)].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) William F. Ganong, A Monograph of the Origins of the Settlements in New Brunswick, Ottawa, J. Hope,‎ 1904, 185 p.
  • (en) Alan Rayburn, Geographical Names of New Brunswick, Ottawa, Énergie, Mines et Ressources Canada,‎ 1975