Bagad Kemper

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Bagad Kemper

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Arrivée du bagad lors de la grande parade du Festival interceltique de Lorient 2012.

Informations générales
Pays d'origine Drapeau de la France France (Bretagne)
Genre musical Musique bretonne, musique celtique
Instruments caisses claires, binioù, bombardes, cornemuses, percussions
Années actives Depuis 1949
Labels Keltia Musique
Site officiel www.bagad-kemper.org
Logo

Le Bagad Kemper[n 1] est un bagad originaire de la ville de Quimper dans le Finistère, en France. L'ensemble comporte aussi un groupe secondaire, le Bagad Glazik Kemper, ainsi qu'un bagad école, le Bagadig Kemper.

Il est créé en 1949 et remporte son premier titre de championnat des bagadoù dès 1951. Il connait par la suite une période de performances moins bonnes jusqu'au milieu des années 1970 et remporte depuis régulièrement le championnat, le dernier étant obtenu en 2014. Il compte cette même année vingt-deux titres, ce qui en fait à ce jour le groupe le plus récompensé.

Ses productions musicales sont réalisées avec des artistes bretons comme Dan Ar Braz, notamment via leur participation à l'Héritage des Celtes, ou plus récemment Red Cardell pour le spectacle Fest-Rock. Il a également travaillé avec d'autres musiciens de musique celtique tels que Carlos Núñez ou Susana Seivane. Ses participations aux œuvres d'artistes comme Johnny Clegg sont aussi notables. Le groupe a par ailleurs publié une quinzaine d'albums.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Kevrenn C’hlazig[modifier | modifier le code]

Couple de sonneurs pendant le festival de Cornouaille en 1927.

La création du Bagad Kemper trouve son origine dans la relance après-guerre du festival de Cornouaille en 1948. Ronan Cadiou, un sonneur autodidacte, participe au « triomphe des sonneurs » pendant ce festival. Il se rend par la suite à Carhaix pour rencontrer Polig Monjarret qui développe à l'époque les bagadoù via ses activités dans la Bodadeg ar Sonerion (BAS), afin d'obtenir son aide pour lancer un groupe similaire à Quimper. Le président de la BAS est aussi contacté avec la même intention par le directeur du festival de Cornouaille Fanch Bégot[1].

La formation quimpéroise est créée en octobre 1949 par Ronan Cadiou, Jos Le Corre et Pierre Kerbourc’h sous le nom de Kevrenn C’hlazig[2]. Le premier président est Loeiz Ropars[3]. Le groupe se dote d'une devise l'année suivante, « war roudoù hon tadoù », « sur les traces de nos pères »[2]. Les statuts de l'association sont déposés à la préfecture du Finistère le 28 septembre 1951[4]. Le groupe s'entraine à ses débuts dans un bar, « Chez Youniou », avant de partager à partir de 1952 un gymnase avec l'A.S. Quimpéroise[5].

Le groupe concourt dès ses débuts dans le championnat national des bagadoù et remporte le titre en 1951 et 1952[6]. Des membres du groupe commencent à s'impliquer dans des projets similaires : Le Bagad ar Meilhoù Glaz est créé en 1951 par un membre de la Kevrenn et plusieurs de ses sonneurs y participent[4], le Bagad Ergué-Armel est lui créé de la même manière en 1954[7] et dès 1950, plusieurs membres se joignent au cercle celtique de Kerfeunteun[2]. Le premier déplacement pour des concerts à l'étranger a lieu à Innsbruck en 1952 et des morceaux du groupe sont utilisés pour deux 78 tours en 1953[5].

Cependant, la participation de membres du groupe au cercle celtique de Kerfeunteun suscite leur radiation en 1950 en raison du règlement de la BAS[2], réduisant ainsi les effectifs du groupe les années suivantes[5]. À partir de 1954, les effectifs sont trop limités pour concourir au championnat national des bagadoù. Le groupe cesse d'y participer pendant plusieurs années[7].

Le Bagad Kemper et la relance du groupe[modifier | modifier le code]

La première utilisation du nom « Bagad Kemper » intervient en 1954, dans la dénomination « Bagad Kemper de la Kevrenn C’hlazig ». Le groupe retrouve peu à peu des effectifs et en 1958 il peut de nouveau participer au championnat national des bagadoù, en reprenant en 3e catégorie[7]. Le nom de « Bagad Kemper » seul n'est adopté qu'en 1965[8].

Les années qui suivent la reprise des concours vise la remontée dans l'élite. Les résultats sont dans un premier temps insuffisants en troisième catégorie pour accéder à la seconde catégorie : le groupe finissant 3e en 1958[7], 4e en 1959 et 3e en 1960[9]. La montée en seconde catégorie est obtenue en 1961 lorsque le groupe remporte la 1re place du concours de troisième catégorie. L'année suivante, le groupe frôle la montée en première catégorie avec une 2e place[10], mais ne se classe que 5e en 1963[11]. Le concours n'a pas lieu en 1965 : le groupe profite de l'occasion pour faire une tournée européenne[11].

Le groupe connait plusieurs évènements pendant cette période. Le « Bagad Morgane », exclusivement féminin, est créé en 1962 avec des élèves et des proches du groupe. Il est actif pendant cinq ans[10]. Des formateurs étrangers viennent renforcer le groupe : John Mc Furlan, un batteur écossais travaillant comme répétiteur à l'École normale de Quimper rejoint l'ensemble à partir de 1963 et l'année suivante, un compatriote sonneur travaillant comme répétiteur au lycée Brizeux de Quimper, Tom Digmall, intègre lui aussi le bagad[11].

Le retour dans l'élite[modifier | modifier le code]

La chapelle Sainte-Anne de Fouesnant où le groupe répète en 1966.

Le bagad s'organise pour la première fois une semaine de préparation complète avant d'entamer les épreuves du concours en 1966. Le stage a lieu dans la chapelle Sainte-Anne de Fouesnant et le groupe finit à la 1re place en seconde catégorie. Cependant sa note est insuffisante pour monter en première catégorie. Ce n'est qu'en 1967 que le retour dans l'élite est obtenu[8].

Le groupe signe son retour dans l'élite avec une 4e place sur 6 en 1968[12]. Il fait à peine mieux les années suivantes et enchaine les 3e places jusqu'en 1974 à une époque où la Kevrenn Brest Sant Mark et le Bagad Bleimor dominent le championnat[13].

Les arènes de Lutèce.

Ce retour dans l'élite s'accompagne d'une plus grande reconnaissance du groupe. Il est invité en 1968 par les bretons de Paris pour la fête de la Saint-Yves qui se tient tous les ans dans les arènes de Lutèce[12]. Il est invité à se produire devant le président De Gaulle lors de sa venue à Quimper en 1969, mais décline l'invitation en raison de l'apolitisme prôné par les statuts de l'association[14].

Le groupe se structure aussi à cette époque. Le manoir de Kerriou C'hoat à Saint-Évarzec est acheté à l'état de ruines en 1973. Sa remise à neuf est effectuée par des membres du groupe progressivement pendant dix ans. Des répétitions s'y tiennent dès 1974[15]. Le groupe se dote par ailleurs d'un nouveau costume en 1969, d'inspiration militaire, et comportant des bérets comme ceux de la Kevrenn Brest Sant Mark[16]. Ce nouveau costume est jugé incompatible avec la tradition défendue par le festival de Cornouaille et ce dernier décide d'exclure le groupe jusqu'en 1975. Ce n'est qu'en 1983 que les derniers éléments de ce costume disparaissent[17].

Domination du championnat[modifier | modifier le code]

Le groupe profite du retrait de la compétition de ses principaux concurrents au milieu des années 1970. La Kevrenn Brest Sant Mark prend une année sabbatique en 1975 pour protester contre les nouvelles conditions du concours de la Bodadeg ar Sonerion[n 2], avant de se retirer définitivement de la compétition en 1977, bientôt suivie par le Bagad Bleimor[18]. Le titre de champion national de première catégorie est ainsi obtenu en 1975 en devançant finalement le Bagad Bleimor, commençant ainsi une domination qui va durer jusqu'à la fin des années 1970[19]. Le groupe s'impose de nouveau lors des trois éditions suivantes en 1976, en 1977[20] et 1978. Il réalise alors un quadruplé, ce qui est toujours considéré comme un record en 2012[21],[n 3].

La Kevrenn Alré (ici en 2009) est le principal concurrent du bagad Kemper au tournant des années 1980.

La montée en puissance de la Kevrenn Alré à partir de cette époque va marquer le championnat pour plusieurs années, les deux groupes gagnant alternativement le championnat. Le bagad doit laisser le titre au groupe alréen en 1979 et finit second de l'épreuve[22]. Il s'incline de nouveau face à la Kevrenn Alré en 1980 et doit se contenter de la troisième place, laissant la seconde au Bagad Bleimor malgré des contestations vis-à-vis de leur jeu[n 4]. Il s'incline de nouveau face à Auray en 1981, mais regagne sa place de dauphin[23].

Ce n'est qu'en 1982 que le groupe parvient à reconquérir le titre, laissant la place de second à Kevrenn Alré[24]. Les années qui suivent voient les deux groupe gagner alternativement le championnat : Kemper le remporte en 1984[25], 1985[26] et 1988[27], et Alré le remporte en 1983[25] et 1986[28]. Seul le Bagad Bleimor et le Bagad Bro Kemperle arrivent à s'interposer entre ces deux groupes, respectivement en 1987[28] et 1989[29].

D'un point de vue artistique, plusieurs événements sont notables pendant cette période. Le groupe sort plusieurs 33 tours : le premier volume de Toniou war an Dachenn[n 5] est publié en 1976, suivi d'un second volume en 1979, d'un troisième en 1984 et d'un dernier opus en 1984[26]. Un nouveau volume appelé simplement War an Dachenn sort en 1989[30]. Le groupe gagne aussi en visibilité. Il joue pour le président Mitterrand lors de sa visite à Quimper en 1986[28],[n 6].

D'autres évolutions sont notables à l'époque. Le Bagad Penhars est créé par un ancien du bagad en 1985[26],[31]. La première musicienne intègre le groupe de compétition en 1990[30].

Nouveaux horizons créatifs[modifier | modifier le code]

Dan Ar Braz et Elaine Morgan participent avec le groupe à l'Héritage des Celtes.

En 1990 le groupe développe ses projets artistiques. Il commence à jouer avec Dan Ar Braz en 1991[32]. Cette première contribution se poursuit sous la forme d'une participation au projet de l'Héritage des Celtes de 1994 à 1999, permettant au groupe de jouer avec les principaux musiciens d'inspiration celtique en vue à l'époque et à ses musiciens de participer aux tournées et passages télévisuels[33]. Ainsi le groupe participe avec Dan Ar Braz aux Victoires de la musique en 1996 et 1998[34].

Le bagad produit dans le même temps ses propres productions. L'album Lip ar Maout sort en 1995[35] puis Fest-Noz Live en 1997[36] et enfin Hep Diskrog en 1999[37]. Il mène aussi des projets avec des musiciens comme Johnny Clegg en 1998[34], ou Carlos Núñez en 1999[38].

Les activités de formation se renforcent aussi. Le groupe crée son bagadig, ou bagad école, en 1990 et ce dernier commence à participer aux épreuves de la BAS[32]. Il monte progressivement et accède à la troisième catégorie en 1997. Ne pouvant monter plus haut en raison du règlement du concours[n 7], il prend le nom de Bagad Glazik Kemper, et un nouveau bagadig Kemper est créé[39].

Le Bagad Roñsed-Mor (ici en 2011) émerge comme une troisième force dans le championnat dans les années 1990.

Lors du championnat de la BAS une troisième force émerge, avec laquelle le bagad doit composer. Le Bagad Roñsed-Mor de Locoal-Mendon s'adjuge le titre en 1990, reléguant Kemper à la 2e place[30]. Le bagad ne retrouve son titre qu'en 1991 devant la Kevrenn Alré[32], mais doit s'incliner l'année suivante face à ce même groupe[40], puis en 1993 de nouveau face à Roñsed-Mor qui s'adjuge le titre[41]. Il retrouve son titre en 1994 aux points, alors que Roñsed-Mor remporte l'épreuve de printemps à Vannes et que la Kevrenn Alré remporte l'épreuve d'été à Lorient[42]. Le scénario se répète l'année suivante, Roñsed-Mor s'adjugeant l'épreuve de printemps, qui se déroule pour la première fois au Quartz à Brest, et la Kevrenn Alré gagnant l'épreuve d'été, à égalité avec Kemper cette année[43]. Il remporte le titre à deux reprise lors de cette décennie en 1997[44] et en 1998[45], Alré remportant le titre en 1996[46] et Roñsed-Mor en 1999[37].

Le bagad est aussi le premier groupe breton à concourir au championnat du monde de pipe band en 1992. Il se classe aux environs de la 18e place de première catégorie[40],[n 8].

Années 2000[modifier | modifier le code]

Cap Caval (ici en 2009) est son principal concurrent à la fin des années 2000.

Les collaborations artistiques du groupe s’intensifient au début de ce siècle. À la suite du travail déjà effectué avec Carlos Núñez, le groupe travaille avec l'asturien Hevia, la bretonne Marthe Vassallo et la galicienne Susana Seivane[47]. S'ajoute à ces collaborations un travail avec le soliste écossais Fred Morrison[48]. Sa propre discographie s’enrichit de nouvelles productions comme l'album Azeliz Iza en 2001 ou l'album Sud - Ar Su en 2004, des compilations qui sortent en 2006 et 2009 et un album live enregistré au festival de Cornouaille et publié en 2010[49].

Il joue dans de grandes salles européennes, comme le Glasgow Royal Concert Hall (en) en 2004[50], 2006[51] et 2008[52], l'Olympia en 2011 dans le cadre de la fête de la Saint-Patrick[53] et participe à des manifestations comme le défilé de la Breizh Touch sur l'avenue des Champs-Élysées en 2007[51].

Fest-Rock avec Red Cardell (ici en 2012).

Pendant les années 2000, la compétition est plus ardue. Le groupe ne parvient à s'imposer que trois fois pendant la décennie, en 2000, 2002 et 2004. Le championnat est plus ouvert. Même s'il continue à faire face à Alré et à Roñsed-Mor, qui lui ravissent plusieurs fois le titre, il doit affronter des groupes comme Kerlenn Pondi ou le Bagad Brieg qui décrochent chacun un titre pendant cette période, respectivement en 2001 et 2007[6]. Enfin, il ne parvient pas à vaincre le Bagad Cap Caval à la fin de la décennie, qui s'impose à l'époque comme l'un des meilleurs ensembles[54]. Plus largement, il ne parvient pas à remporter la moindre manche de son titre de 2004 jusqu'au printemps 2011, date à laquelle le groupe retrouve le titre de champion[55].

Le groupe signe plusieurs collaborations à la fin des années 2000. En 2009, il monte pour ses 60 ans un Breizh Balkanik avec Erik Marchand, s'inspirant des musiques balkaniques d’Europe de l’est : un album live sort ensuite en 2011[56]. En 2011, un travail avec Red Cardell débouche sur un Fest-Rock[57] et le groupe est invité sur six des douze pistes de l'album Falling in Love du groupe qui sort en avril 2012[58]. Un album live, mixé en mars/avril 2013 au studio Siwa à Quimper, enregistrement du spectacle de décembre 2011, sort le 20 juin 2013[59]. Pour l'occasion les deux formations quimpéroises se produisent ensemble, à domicile, le 21 juin, en tête d'affiche de la Fête de la musique, sur le plateau de la déesse, au pied du Mont Frugy[60]. Par ailleurs, des contributions continuent dans le même temps avec des artistes comme Dan Ar Braz dont les liens sont tissés depuis longtemps[61].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Structure[modifier | modifier le code]

Liste des présidents :

Le bagad Kemper est organisé sous la forme d'une association loi de 1901, créée en 1949, et compte 163 adhérents dont 138 musiciens en 2013. Le groupe fait par ailleurs partie de la BAS 29, la section du Finistère de la Bodadeg ar Sonerion[48].

Le financement est assuré soit par les cotisations de ses membres, soit par des subventions diverses. Le conseil municipal de Quimper fournit ainsi par exemple 3 450 euros de budget à l'association en 2012[66].

Le groupe principal[modifier | modifier le code]

Liste des penn soner :

Voir la catégorie : Musicien du bagad Kemper.

Le groupe principal, le « Bagad Kemper », comporte une quarantaine de musiciens répartis en quatre pupitres, chacun réunissant les joueurs d'un même instrument (cornemuse, bombarde, caisse claire et percussions). Il évolue en première catégorie du championnat national des bagadoù[70] et trouve son origine dans le groupe original créé en octobre 1949 sous le nom de « Kevrenn C’hlazig »[2]. Sa direction musicale est assurée depuis 2010 par Steven Bodénès, l'ancien penn soner du Bagad de Lann-Bihoué[65].

Le costume du groupe est modernisé en 2011. Il reprend la couleur bleu et les broderies caractéristiques du Pays Glazik[71]. La boucle de ceinture utilisée par le groupe est une réalisation du joaillier Pierre Toulhoat et y figure le maout (bélier), qui est aussi repris comme logo par le bagad[72].

Les autres ensembles et la formation[modifier | modifier le code]

L'ensemble assure des activités de formation à hauteur d'une trentaine d'heures de cours par semaine. 75 élèves, dont une quarantaine a moins de 18 ans, sont concernés par celles-ci[73].

Le « bagad école du Bagad Kemper » est la quatrième formation du groupe. Il compte seize musiciens d'une moyenne d'âge de seize ans[73]. Ils y suivent une formation de deux ou trois ans avant d'intégrer le bagadig[74],[n 9]. Ce dernier, le « bagadig du Bagad Kemper », est la troisième formation du Bagad Kemper. Il voit le jour en 1997 lorsque le précédent bagadig intègre la 3e catégorie du championnat[39]. Ses ving-cinq membres participent au concours de 5e catégorie et à différents festivals de la région[74].

Le « Bagad Glazik Kemper » est la seconde formation du groupe qui a pour but d'intégrer les musiciens du bagadig et de les préparer à intégrer le groupe premier[75]. Il voit le jour en 1990 sous la forme d'un bagadig qui participe aux épreuves de la BAS[32]. Il accède à la troisième catégorie en 1997. Ne pouvant monter plus haut en raison du règlement du concours, il prend le nom de « Bagad Glazik Kemper » et un nouveau « bagadig Kemper » est créé[39]. Il évolue toujours dans cette catégorie en 2012 et compte trente musiciens, d'une moyenne d’âge de vingt-deux ans[75], dont une majorité de musiciennes[76].

Productions artistiques[modifier | modifier le code]

Répertoires et créations[modifier | modifier le code]

« Breizh Balkanik » (ici en 2010), mélange des airs bretons et des airs des Balkans.

Le Bagad Kemper est connu pour travailler particulièrement certains terroirs de la musique bretonne. Il s’appuie sur des airs traditionnels des Monts d'Arrée ainsi que du pays Pourlet. Son répertoire contient des airs de danses en général, notamment des Plinn[77]. Le groupe a ainsi produit de 1999 à 2003 la création « Azeliz Iza », basée sur la gwerz Eliz Iza, thème breton ancien[78], et agrémentée d'une section cuivres, d'une section guitares et du chant de Marthe Vassallo. En 2005, dans son spectacle « D’Écosse en Cornouaille », il mêle la musique écossaise à la musique bretonne[52] grâce à la présence de 80 musiciens, dont le Clan Gregor Society Pipe Band (en)[79], Julie Fowlis[80], Fred Morrison[81].

Le groupe s'est plusieurs fois ouvert à d'autres types de musique. Son travail au début des années 2000 avec des musiciens venant de régions ayant conservées une culture celte du nord de l'Espagne a débouché sur un métissage musical avec de la musique du Sud et une production « Sud - Ar Su » en 2003[82]. Le bagad a bénéficié d'une mise en scène de Michel Rostain (Théâtre de Cornouaille) et de l'écriture musicale latine du chef d'orchestre Pierrick Poirier[83]. En 2009, il continue son travail sur d'autres répertoires musicaux avec Erik Marchand, les musiques venant des Balkans et de l'Europe de l'Est, ce qui débouche sur le spectacle « Breizh Balkanik » en 2010[56].

Discographie[modifier | modifier le code]

Collaborations[modifier | modifier le code]

Le Bagad Kemper et son penn-sonneur Steven Bodénès participent à l'album Célébration de Dan Ar Braz en 2012.

Résultats en championnat[modifier | modifier le code]

Championnat national des bagadoù[modifier | modifier le code]

Historique des résultats en championnat national des bagadoù[88]
1951 1952 1953 1954 1955 1956 1957 1958 1959 1960
Champion Champion 2e (1re cat) NPP NPP NPP NPP 3e (3e cat) 4e (3e cat) 3e (3e cat)
1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970
1er (3e cat) 2e (2e cat) 5e (2e cat) 5e (2e cat) PDC 1er (2e cat) 1er (2e cat) 4e (1re cat) 3e (1re cat) 3e (1re cat)
1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 1980
3e (1re cat) 3e (1re cat) 3e (1re cat) 3e (1re cat) Champion Champion Champion Champion 2e (1re cat) 3e (1re cat)
1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990
2e (1re cat) Champion 2e (1re cat) Champion Champion 2e (1re cat) 2e (1re cat) Champion 3e (1re cat) 2e (1re cat)
1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000
Champion 2e (1re cat) 2e (1re cat) Champion Champion 2e (1re cat) Champion Champion 3e (1re cat) Champion
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
2e (1re cat) Champion 2e (1re cat) Champion 5e (1re cat) 4e (1re cat) 3e (1re cat) 3e (1re cat) NPP 2e (1re cat)
2011 2012 2013

2014

Champion Champion Champion Champion

Palmarès du bagad Kemper[modifier | modifier le code]

Palmarès du Bagad Kemper
Titres en tournois de bagadoù Titres en tournois de pipe band
  • Trophée Bowhill à Saint-Vincent-sur-Oust :
  • Trophée du parc d'Armorique à Menez Meur :
    • Vainqueur  : 1986, 1987, 1988, 1990, 1991, 1992, 1993[89]
  • Trophée Ronsed Mor à Locoal-Mendon :
    • Vainqueur : 1992[89]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Kemper est le nom breton de la ville de Quimper.
  2. Le championnat passe à trois épreuves annuelles, toutes avec un programme imposé. La Kevrenn proteste à la fois contre le calendrier qu'elle juge trop chargé et contre le fait que les morceaux soient imposés dans toutes les épreuves, ce qui bride selon elle la création.
  3. La Kevrenn Brest Sant Mark parvient à aligner cinq titres consécutifs de 1970 à 1974, mais celui de l'année 1973 est obtenu à égalité avec le Bagad Bleimor. Cet enchaînement de titres n'est pas considéré comme une suite par la Bodadeg ar Sonerion.
  4. Le Bagad Bleimor utilise cette année-là des biniou kozh à la place des biniou braz utilisés normalement lors de ce concours.
  5. Le titre signifie littéralement « Musiques sur le terrain (ou sur le champ de bataille) » en breton.
  6. La décision de jouer devant Mitterrand est débattu au sein du groupe. Le précédent instauré par le refus de jouer devant De Gaulle en 1969 et la politique menée par Mitterrand contre les écoles Diwan sont au centre des débats. Il est finalement décidé de jouer, Mitterrand par son statut de président étant le représentant de l'État et non pas un simple homme politique.
  7. Le règlement stipule qu'une catégorie doit séparer le bagad principal de son bagadig.
  8. Seuls les six premiers groupes sont classés officiellement.
  9. Littéralement, bagadig signifie en breton « petit bagad ». C'est sous cette appellation que sont désignés les bagadoù faisant office d'école de musique.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gérard Classe 2000, p. 16
  2. a, b, c, d et e Gérard Classe 2000, p. 104
  3. « Culture bretonne. Adieu Loeiz Ropars », sur www.letelegramme.com,‎ 4 novembre 2007 (consulté le 9 avril 2012)
  4. a et b Gérard Classe 2000, p. 105
  5. a, b et c Gérard Classe 2000, p. 107
  6. a et b « Palmarès Bagadoù », sur www.bodadeg-ar-sonerion.org (consulté le 6 avril 2012)
  7. a, b, c et d Gérard Classe 2000, p. 108
  8. a et b Gérard Classe 2000, p. 112
  9. Gérard Classe 2000, p. 109
  10. a et b Gérard Classe 2000, p. 110
  11. a, b et c Gérard Classe 2000, p. 111
  12. a et b Gérard Classe 2000, p. 113
  13. Gérard Classe 2000, p. 114-120
  14. Gérard Classe 2000, p. 114
  15. Gérard Classe 2000, p. 24
  16. Gérard Classe 2000, p. 39
  17. Gérard Classe 2000, p. 41
  18. Alain Cabon, La Kevrenn Brest-Sant-Mark, Bagad d'exceptions, Spézet, Coop Breizh,‎ 2008 (ISBN 978-2843463594), p. 82
  19. Gérard Classe 2000, p. 122
  20. Gérard Classe 2000, p. 124
  21. Gérard Classe 2000, p. 125
  22. Gérard Classe 2000, p. 127
  23. Gérard Classe 2000, p. 128
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  26. a, b et c Gérard Classe 2000, p. 134
  27. Gérard Classe 2000, p. 136
  28. a, b et c Gérard Classe 2000, p. 135
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  30. a, b et c Gérard Classe 2000, p. 139
  31. Gérard Classe, « Bagad Penhars. Pavillon haut pour ses 25 ans », sur www.letelegramme.com,‎ 3 décembre 2010 (consulté le 9 avril 2012)
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  40. a et b Gérard Classe 2000, p. 141
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Sur le Bagad Kemper :
    • Gérard Classe, Bagad Kemper, 50 ans sans relâche, hep diskrog, Blanc Silex éditions,‎ 2000 (ISBN 2913969100) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
    • Bagad Kemper, Dossier de presse,‎ 2012, 15 p. (présentation en ligne) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Sur les bagadoù :
    • Armel Morgant et Jean-Michel Roignant, Bagad : vers une nouvelle tradition, Spézet, Coop Breizh,‎ 2005, 160 p. (ISBN 2-84346-252-5) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Reportages[modifier | modifier le code]

  • Le marathon de Kemper : Quatre jours avec le Bagad Kemper, reportage de Nicolas Le Borgne, 2006, 26 minutes (DVD Bagad ! et Sud-Ar Su)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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