Bafia (peuple)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bafia.

Bafia

Populations significatives par région
Drapeau du Cameroun Cameroun 60 000 (1991)[1]
Autres
Langues

Bafia

Religions

religions traditionnelles, islam, christianisme

Les Bafia sont une population bantoue d'Afrique centrale, établie au Cameroun sur la rive droite du Mbam, à l'est des monts Bapéi (département du Mbam, sous-préfecture Bafia).

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources et le contexte, on peut rencontrer plusieurs variantes : Bafias, Bapea, Begpak, Bekpak, Fia, Kpa[2]. « Bekpak  » est un endonyme, le nom qu'ils se donnent à eux-mêmes.

Langue[modifier | modifier le code]

Ils parlent le bafia, une langue bantoue dont le nombre de locuteurs au Cameroun était estimé à 60 000 en 1991[1].

Population[modifier | modifier le code]

Ce sont essentiellement des cultivateurs, quoiqu'ils pratiquent aussi la chasse en saison sèche. Leur territoire couvre une région de savane équatoriale arrosée par de petits affluents du Mbam et de la Sanaga et entrecoupée d’îlots de forêts peu denses. C'est une terre de contacts entre la savane du Nord- et la forêt du Sud-Cameroun.

Villages Bafia[modifier | modifier le code]

  • Bape
  • Isèri
  • Dang
  • Roum
  • Lablé
  • Tchekani
  • Yakan
  • Biamo
  • Biamesse
  • Goufan
  • Nyamsong
  • Mouko
  • Gouife
  • Bitang
  • Kiki
  • Donenkeng
  • Bigna

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'origine les Bafias étaient installés bien plus au nord. Ils ont été repoussés vers leur implantation actuelle par l'expansion peule.

Dans l'histoire du Cameroun, les chefs bafia les plus connus sont Abouem a Tchoyi, Ntang Gilbert et Bidias a Ngon[3]. Nous citerons également le chef supérieur Machia Anong décédé à la Mecque.[réf. nécessaire]

Mythes et traditions[modifier | modifier le code]

La rencontre fortuite avec un animal, serpent, oiseau, que le clan considère comme un totem, constitue un signe qui annonce le bonheur ou le malheur.

  • Le Gam : Les Bafia croient en la puissance de l’araignée mygale appelée Gam, qui dans les séances de divination fait connaître les dangers qui guettent l’individu et sa famille. De nos jours, le culte du Gam tend à disparaître faute d’initiateurs et d’initiés.
  • La Tortue : Le phénomène de la tortue est un problème tabou chez les Bafia. La tortue est le symbole de la justice, de la paix et de bonheur. Le grand respect que les Bafia attachent à celle-ci a poussé les gens à dire que la tortue est un animal fétiche que les Bafia ne touchent et ne voient même pas. Elle est sacrée. C’est pourquoi elle est vénérée.

Spécialités culinaires

  • Bitosso (généralement accompagnée de couscous de maïs appelé Kepen (équivalent de la polenta)
  • Kedian (feuille de manioc)
  • Gbarak (sauce gluante faite avec des pistaches et de la viande)
  • Une des rares ethnies camerounaises à manger du chien

La danse traditionnelle de Bafia est l’une des danses des plus élégantes du Cameroun. Le charme, la posture et les expressions du visage des danseurs transmettent un sentiment de joie et de dynamisme.

Religion[modifier | modifier le code]

Mosquée au plateau

Les Bafias sont animistes, musulmans ou chrétiens. Les Bafias étaient les adeptes des religions primitives traditionnelles. L’islam fut la première religion révélée à s’introduire dans le Mbam en général et dans la subdivision de Bafia en particulier. Cette nouvelle religion s’épousa avec les coutumes ancestrales des Bafia et gagna beaucoup d’âmes à partir de la fin du XIXe siècle. Par la suite, le christianisme a connu un progrès remarquable par rapport à la religion musulmane, mais les chrétiens bafia après leur conversion restent encore liés aux croyances traditionnelles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue
  2. Source : RAMEAU, BnF [1]
  3. (en) James S. Olson, « Bafia », in The Peoples of Africa: An Ethnohistorical Dictionary, Greenwood Publishing Group, 1996, p. 53

Source (de la version initiale)[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Günter Tessmann, Die Bafia und die kultur der Mittelkamerun-Bantu, Strecker und Schröder, Stuttgart, 1934, 269 p. (bilan d'une mission ethnologique officielle de 1913)
  • (en) Merran Mc Culloch, Peoples of the Central Cameroons. Tikar. Bamum and Bamileke. Banen, Bafia, and Balom, International African Institute, Londres, 1954, 174 p.
  • Joseph Dong'Aroga, La tortue chez les Bafia du Sud-Cameroun : mythes, représentation et symboles , L'Harmattan, 2010, 219 p. (ISBN 978-2-296-12486-8) (texte remanié d'une thèse)
  • Olivier P. Gosselain et Paul-Louis van Berg, « Style, individualité et taxonomie chez les potières Bafia du Cameroun », in Bulletin du Centre genevois d'anthropologie, Musée d'ethnographie de Genève, Département d'anthropologie, n° 3, 1991-1992, p. 99-114
  • Rosmarie Leiderer (avec la collab. linguistique de Gladys Guarisma), La médecine traditionnelle chez les Bekpak (Bafia) du Cameroun : d'après les enseignements, les explications et la pratique du guérisseur Biabak-a-Nnong, Haus Völker und Kulturen, Sankt Augustin, 1982, 2 vol. (ISBN 3-921389-81-X) (ISBN 3-921389-86-0)
  • Melvin Mbassa Souta, Au cœur des us et coutumes du peuple bafia, L'Harmattan, 2011, 187 p. (ISBN 978-2-296-55442-9)
  • (nl) Benoît Quersin, Muziek van de Bafia, Kameroen, Koninlijk Museum voor Midden-Afrika, Tervuren, Belgische Radio en Televisie, 1972, 49 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]