Baerle-Duc

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Baerle-Duc
(nl/de) Baarle-Hertog
Blason de Baerle-Duc
Héraldique
Drapeau de Baerle-Duc
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région flamande Région flamande
Communauté Drapeau de la Flandre Communauté flamande
Province Drapeau de la province d’Anvers Province d'Anvers
Arrondissement Turnhout
Bourgmestre Leo Van Tilburg (CDK)
Majorité CDK, Forum plus (2013-18)
Sièges
CDK
N-VA
Forum plus
11(2013-18)
5
4
2
Section Code postal
Baerle-Duc 2387
Code INS 13002
Zone téléphonique 014
Démographie
Population
– Hommes
– Femmes
Densité
2 610 (1er janvier 2014)
49,73 %
50,27 %
349 hab./km2
Pyramide des âges
– 0–17 ans
– 18–64 ans
– 65 ans et +
(1er janvier 2013)
21,22 %
62,52 %
16,27 %
Étrangers 44,86 % (1er janvier 2013)
Taux de chômage 4,10 % (octobre 2013)
Revenu annuel moyen 12 260 €/hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 51° 26′ N 4° 55′ E / 51.433, 4.91751° 26′ Nord 4° 55′ Est / 51.433, 4.917  
Superficie
– Surface agricole
– Bois
– Terrains bâtis
– Divers
7,48 km2 (2005)
77,63 %
1,47 %
16,55 %
4,35 %
Localisation
Image illustrative de l'article Baerle-Duc

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Baerle-Duc

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Baerle-Duc
Liens
Site officiel www.baarle-hertog.be

Baerle-Duc (en néerlandais : Baarle-Hertog) est une commune néerlandophone de Belgique située en Région flamande dans la province d’Anvers et située partiellement dans la province néerlandaise du Brabant-Septentrional. Elle se caractérise par le fait unique qu’une partie de son territoire est enclavé en territoire néerlandais, enchevêtré en parcelles discontinues dans la commune néerlandaise de Baarle-Nassau.

Baerle-Duc et la commune néerlandaise de Baarle-Nassau forment le village de Baarle. Baerle-Duc appartient également au canton judiciaire d'Arendonk (nl) et au canton électoral de Hoogstraten (nl).

Au 1er janvier 2014, la commune compte 2 306 habitants et une superficie totale de 7,48 kilomètres carrés.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Baerle-Duc
Baerle-Nassau (P-B)
Hoogstraten,
Baerle-Nassau (P-B)
Baerle-Duc Baerle-Nassau (P-B)
Merksplas Turnhout

Enclaves[modifier | modifier le code]

Carte du centre du village de Baarle, mettant en évidence une partie des enclaves des deux pays. Les zones coloriées en jaune sont belges (16 enclaves distinctes numérotées de H1 à H16), les autres néerlandaises (dont 7 enclaves à l’intérieur des deux principales enclaves belges numérotées de N1 à N7).

La commune de Baerle-Duc possède un territoire particulièrement fragmenté ; lors des discussions sur la frontière entre la Belgique et les Pays-Bas en 1843, les deux parties ne purent se mettre d’accord sur un tracé global dans cette zone. Le traité de Maastricht de 1843 ne définissait donc pas la frontière entre les deux pays entre les bornes 214 et 215. On se fonda alors sur un relevé cadastral, établi en 1841, qui établissait la nationalité de chaque parcelle en fonction de diverses ventes et d’échanges de terrains conclus dans le passé entre les seigneurs de Bréda et les ducs de Brabant. Ce relevé correspond approximativement à la répartition des terres en 1198. En général, les espaces bâtis et cultivés appartenaient plutôt aux ducs et le reste aux seigneurs. Il en résulta 30 enclaves : 22 enclaves belges dans les Pays-bas et 8 enclaves néerlandaises en Belgique[1]. Le « trou » entre les bornes 214 et 215 ne fut fermé officiellement que le 26 avril 1974 par un accord entre les deux pays, signé à Turnhout[2]. Mais une parcelle qui n’était assignée à aucun pays fut encore découverte au sud d’Ulicoten. Elle fut dévolue à la Belgique, comme 22e enclave, en 1995.

En conséquence, la commune de Baerle-Duc est donc composée :

  • de 16 enclaves dans le centre du village de Baarle, à plusieurs kilomètres au nord de la frontière belgo-néerlandaise principale ;
  • de 6 autres enclaves, toujours à l’intérieur du village néerlandais de Baarle-Nassau, mais disséminées plus au sud, sud-ouest et ouest, entre le centre du village de Baarle et la frontière ;
  • d’une partie contiguë au reste de la Belgique, située sur la bande frontalière avec les Pays-Bas. Cette partie n’est pas non plus d’un seul tenant, puisque composée de 4 fragments distincts répartis le long de cette frontière. L’un d’eux comprend le hameau de Zondereigen.
La frontière entre Belgique et Pays-Bas dans un café de Baarle-Nassau.

Réciproquement, sept des enclaves néerlandaises sont situées à l’intérieur même des enclaves belges de Baerle ; la huitième étant localisée dans le village de Zondereigen.

La taille de ces enclaves varie. Certaines ne sont composées que d’une parcelle de terrain de quelques dizaines de mètres carrés de superficie. Dans Baarle, il n’est pas rare de trouver des maisons divisées par les frontières et qui s’étendent à cheval sur les deux pays. Il est arrivé que des portes d’entrée de maisons ou des tables de restaurants soient déplacées en vue de profiter de dispositions légales plus avantageuses dans l’un ou l’autre des pays[3].

On note également un « quadripoint », un point où aboutissent quatre lignes frontalières, entre les enclaves H1 et H2. Il n’en existe que deux autres dans le monde.

Histoire[modifier | modifier le code]

Contestations et tractations[modifier | modifier le code]

Les enclaves sont antérieures à la séparation de la Belgique et des Pays-Bas (voir l'historique des enclaves de Baerle (nl)) De tout temps, la situation particulière de la commune a bien évidemment entraîné de multiples difficultés, complications et tracasseries. Déjà au XVIIIe siècle, par exemple, un habitant fut contraint de modifier les portes de sa grange, car en s’ouvrant elles se trouvaient sur les terres des Nassau[4]. L’année 1954 connut une « guerre du lait ».[réf. souhaitée]

Il y eut donc plusieurs tentatives de supprimer les enclaves ou d’en réduire l’éparpillement. Ces tentatives n’aboutirent jamais, même lorsque les deux territoires appartenaient au même pays. Ce fut notamment le cas à l’époque des Provinces-Unies, où les deux communes faisaient partie du même État mais pas de la même province. En 1875, une commission bilatérale fut créée, qui proposa de faire passer Castelré et Ulicoten sous souveraineté belge, tandis que Baerle reviendrait aux Pays-Bas. Mais la proposition fut rejetée par le parlement belge en 1893 et la procédure de ratification fut arrêtée aux Pays-Bas en 1897.

La souveraineté belge sur certaines enclaves contestées fut confirmée par la Cour internationale de justice en 1959, à la suite d’une plainte déposée par un marchand de chevaux.

En 1944, l’occupant allemand réunit provisoirement Baerle-Duc à la Hollande en matière monétaire.

Un remesurage des parcelles aboutit le 31 octobre 1995 à un traité belgo-néerlandais sur les frontières définitives, qui n’amène que quelques retouches mineures par rapport à la situation antérieure[5].

Mais si des difficultés subsistent, elles sont moins vives que par le passé en raison notamment de la construction européenne. La situation peut également présenter des avantages : en 1914, Baerle-Duc n’a pas été occupée par les troupes allemandes, qui ne souhaitaient pas violer la neutralité néerlandaise. Et aujourd’hui, les avantages touristiques sont évidents et constituent une raison supplémentaire pour les habitants de défendre le statu quo.

Population et société[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Le peintre flamand Petrus Christus (vers 1410 – vers 1475) est natif de Baerle-Duc.
  • L’actrice de publicité Marie Rudien et son compagnon l’animateur de télévision Thomas Birenz sont nés et ont grandi dans cette ville.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « 30 enclaves », Site officiel de Baarle-Nassau (consulté le 9 janvier 2008) - (fr) Arrêt de la Cour internationale de justice du 20 juin 1959.
  2. Voir : (nl)Procesverbaal van de grenzen van 1841.
  3. (en)Baarle Nassau and Baarle Hertog.
  4. (nl) De nombreuses anecdotes de ce genre sont disponibles sur ce site. On y trouvera en outre le récit des diverses tentatives d’unification des territoires.
  5. Baarledigitaal.org

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]