Babes in Toyland (film, 1961)

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Babes in Toyland

Titre original Babes in Toyland
Réalisation Jack Donohue
Scénario Ward Kimball
Joe Rinaldi
Lowell S. Hawley
Acteurs principaux
Sociétés de production Walt Disney Pictures
Pays d’origine États-Unis
Genre film musical
Sortie 1961
Durée 106 min

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Babes in Toyland est un film musical américain de Jack Donohue, produit par Walt Disney Pictures et sorti en 1961. C'est la seconde adaptation cinématographique de l'opérette-homonyme de Victor Herbert, la première datant de 1934 avec Laurel et Hardy.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le film débute avec une marionnette nommée Sylvester J. Goose qui, suivi par Ma mère l'Oye, lève le rideau d'un castelet sur un décor de village : celui des Contes de ma mère l'Oye[1].

Au pays des comptines, Tom Piper est sur le point d'épouser Mary Contrary. La nuit précédent le mariage, le méchant Barnaby qui convoite lui aussi Mary, engage deux hommes, Gonzorgo et Roderigo, pour noyer Tom et voler les moutons de Mary qui sont sous la garde de Little Bo-Peep. Mais au lieu de le tuer, les malfrats vendent Tom aux gitans. Tom s'échappe et retrouve Mary, Bo-Peep et d'autres personnages traditionnels pour se rendre au Pays des jouets.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire, les informations proviennent des sources suivantes : Leonard Maltin[1], IMDb[3]

Distribution[modifier | modifier le code]

Source : Leonard Maltin[1], Dave Smith[4] et IMDb[3]

Chansons du film[modifier | modifier le code]

  • Mother Goose Village and Lemonade - Chœurs
  • We Won't Be Happy Till We Get It - Barnaby, Gonzago et Roderigo
  • Just a Whisper Away - Tom et Mary
  • Slowly He Sank to The Bottom of the Sea - Gonzago
  • Castle in Spain - Barnaby
  • Never Mind, Bo-Peep - Bo-Peep
  • I Can't Do the Sum - Mary
  • Floretta - Tom et chœurs
  • Forest of No Return - Chœurs
  • Go To Sleep - Tom, Mary et les enfants
  • Toyland - Tom, Mary, les enfants et les arbres
  • Workshop Song - Toymaker, Tom, Mary et les enfants
  • Just a Toy - Tom et Mary
  • Tom and Mary - Chœurs
  • We Won't Be Happy Till We Get It (reprise) - Gonzago

Origine et production[modifier | modifier le code]

Ce film est une version en couleurs produite par les studios Disney du classique de Victor Herbert Babes in Toyland, opérette créée en 1903[1] et déjà adaptée au cinéma en 1934 par Hal Roach avec Laurel et Hardy sous le nom Un jour une bergère[5]. Début 1961, Walt Disney décide d'adapter la comédie musicale avec des acteurs et non en animation, acteurs de l'écurie Disney dont ceux du Mickey Mouse Club[6]. Annette Funicello a participé à plusieurs films Disney dont Quelle vie de chien ! (1959), Les Mésaventures de Merlin Jones (1964) et Un neveu studieux (1965)[7].

Ray Bolger dans une publicité de 1963

La production est proche du désastre dès le début avec le choix du réalisateur David Swift, choisi par Walt Disney qui quitte le studio[8]. Une polémique enfle durant la production sur le fait que des personnes du studio chercheraient à débaucher une actrice de Warner Bros. pour le rôle-titre chantant, Annette Funicello n'aurait pas été capable de chanter les chansons de Victor Herbert[6]. La composition musicale est plus proche de la marche et l'équipe scénario du département animation employée pour développer le film sème la pagaille au point que Lowell Hawley le scénariste de Zorro est appelé en renfort pour rendre le scénario cohérent[8]. Durant le tournage le réalisateur Jack Donohue essaye d'apprendre à Ray Bolger comment danser[6], alors qu'il est un danseur de vaudeville depuis le milieu des années 1920.

Lors de la diffusion finale en interne l'ensemble de l'équipe de direction reste muet et Walt Disney déclare que le studio ne sait peut-être pas faire des comédies musicales[9].

Sortie et accueil[modifier | modifier le code]

Le 17 décembre 1961, l'émission Walt Disney Presents (sur ABC) est consacrée à la promotion du film avec un documentaire intitulé Backstage Party[4],[10],[11]. Cette publicité, conjuguée avec une sortie pour les fêtes de Noël n'a pourtant pas été profitable au film qui n'a rapporté que 4,6 millions USD, soit moitié moins que Quelle vie de chien ! (1959)[5]. Jimmy Johnson évoque des mauvaises critiques et un box-office décevant malgré le fait que le film soit la grosse production du studio pour le Noël 1961, accompagnée de l'habituelle énorme campagne promotionnelle Disney[6]. Des éléments du décors ont été reconstruit pour être présentés dans le parc Disneyland de Californie dans le Main Street Opera House de 1961 à 1963 et qui accueille désormais l'attraction Great Moments with Mr. Lincoln[4],[12].

Les critiques pointent également les faiblesses du film. Variety écrit qu'il est « formidable pour les enfants mais [que] certains spectateurs plus âgés seront affligés de constater que le pittoresque et charmant Toyland a été transformé en un Fantasyland relativement criard et mécanique ; c'est plutôt Babes à Disneyland[5] ». Pour Time, Babes in Toyland est « un merveilleux divertissement pour les enfants de moins de cinq ans, [les autres] étant invités à prendre des cours de remise à niveau en langage bébé chez Berlitz[5] ». Pour Paul V. Beckley du New York Herald Tribune, « le film ressemble à un glaçage sans gâteau en dessous[5] ».

Le film a été diffusé une seconde fois dans l'émission The Wonderful World of Disney en deux parties les 11 et 18 janvier 1970 sur NBC[13]. le film a été édité en vidéo en 1982[4].

Analyse[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, le studio Disney produit de nombreux films dont certains sont des films de niches comme l'aventure avec Les Enfants du capitaine Grant (1962), les comédies musicales comme Babes in Toyland (1961)[14], les intrigues avec La Baie aux émeraudes (1964) et les drames avec Calloway le trappeur (1965)[15]. Selon Leonard Maltin, le film est « rempli à ras bord d'artifices, des plus simples (les étoiles animées sortant de la tête de Tom lorsqu'il est frappé par une masse de forgeron) aux plus complexes (les arbres chantant et dansant), d'une suite ininterrompue de chansons, mises en scènes dans différents styles pour éviter les redites, et d'une distribution importante évoluant dans les décors les plus colorés jamais conçus par Disney pour un film en prises de vues réelles[1] ». La principale caractéristique du film est surtout d'être la première comédie musicale réalisée par le studio Disney, une forme de galop d'essai avant Mary Poppins (1964)[5],[4].

Conçu comme un opéra-comique traditionnel, le scénario reste superficiel et le manque de charisme des héros empêche toute empathie de la part des spectateurs[1]. Les méchants n'ont quant à eux pas assez d'envergure : les manigances de Barnaby, le prétendu « vilain » du film, ne comportent aucun élément de réel danger et même la scène supposée être la plus terrifiante (celle des arbres vivants) est « enrobée dans le sucre[16] ». Critiqué pour une caricature du colporteur juif dans Les Trois Petits Cochons (1933), le studio Disney a toutefois présenté de nombreux personnages adorables de juif typique tel que l'Oncle Albert dans Mary Poppins, le chef des pompiers dans Monte là-d'ssus (1961), le juge du concours agricole dans Après lui, le déluge (1963) ou le fabricant de jouer dans Babes in Toyland (1961) interprété par Ed Wynn[17].

À « trop vouloir rester dans le duveteux », les producteurs ont oublié, d'après Maltin, d'insuffler la vie, rendant le film artificiel : « chaque élément, gag ou geste semble mécanique, calculé, laissant le spectateur de marbre[16]. » Les meilleurs moments sont dus au duo comique, proche de Laurel et Hardy, formé par Henry Calvin et Gene Sheldon[5]. Pour Jimmy Johnson, le problème n'est pas du au manque d'inspiration d'Annette Funicello et Tommy Sands mais plutôt un manque de cohérence à tous les niveaux du studio[6]. Pour Dave Smith, le vrai point important du film réside pour le public dans ses effets spéciaux[4]. Ils sont l'œuvre d'Eustace Lycett, Robert A. Mattey, Joshua Meador, Bill Justice et X Atencio[4]. Les soldats mécaniques sont été réalisé par une équipe du studio supervisée par Ward Kimball, animateur du studio et collectionneur de jouets[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Non créditée
  2. Sauf Toyland, lyrics de Glen MacDonough adaptés par Mel Leven.
  3. Sauf Slowly He Sank to The Bottom of the Sea, musique originale de George Bruns.
Références
  1. a, b, c, d, e et f (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 194.
  2. (en) Babes in Toyland - Date de sortie sur l’Internet Movie Database
  3. a et b (en) Babes in Toyland (film, 1961) sur l’Internet Movie Database
  4. a, b, c, d, e, f, g et h (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 41
  5. a, b, c, d, e, f et g (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 196.
  6. a, b, c, d et e (en) Jimmy Johnson, Inside the Whimsy Works, p. 93
  7. (en) Steven Watts, The Magic Kingdom, p. 373
  8. a et b (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 145.
  9. (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 146.
  10. (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 360.
  11. (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 43
  12. (en) The Imagineers, Disneyland: An Imagineer's-Eye Tour , p. 20
  13. (en) The Wonderful World of Disney - Episode List - Season 16 sur l’Internet Movie Database
  14. (en) Steven Watts, The Magic Kingdom, p. 404
  15. (en) Steven Watts, The Magic Kingdom, p. 405
  16. a et b (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 195.
  17. (en) Douglas Brode, Multiculturalism and the Mouse, p. 103.

Liens externes[modifier | modifier le code]