Cosmodrome de Baïkonour

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le cosmodrome de Baïkonour. Pour la station de métro d’Almaty, voir Baïkonour (métro d'Almaty). Pour la ville du Kazakhstan, voir Baïkonour.

45° 55′ 13″ N 63° 20′ 32″ E / 45.920259, 63.342233

Le premier pas de tir édifié pour lancer le missile R7 est toujours utilisé pour les vols habités.
Carte montrant la localisation de la base spatiale Baïkonour au Kazakhstan
Une fusée Soyouz prête à être lancée.

Le cosmodrome de Baïkonour (en russe : Космодром Байконур ; en kazakh : Байқоңыр Космодромы) est un centre spatial russe situé au centre du Kazakhstan, à proximité de la ville de Baïkonour. Le site, situé dans une région de steppe au climat extrême mais disposant d'un embranchement sur la ligne de chemin de fer Moscou - Tachkent, a été choisi en 1955 pour implanter un centre de lancement destiné à la mise au point des missiles balistiques intercontinentaux R‑7 Semiorka de l'Union soviétique. Lorsque l'activité spatiale soviétique s'est développée sous l'impulsion des équipes de Korolev qui avaient mis au point le missile, le centre de Baïkonour a été choisi pour placer en orbite les premiers satellites artificiels puis le premier homme dans l'espace.

Depuis cette époque, Baïkonour est le centre de lancement le plus actif de la planète. Une quinzaine de tirs ont lieu tous les ans, en particulier les vols habités russes et les lancements à destination de l'orbite géostationnaire. Le site, qui s'étend sur 6 717 km2, dispose d'installations de fabrication de carburant, de plusieurs bâtiments d'assemblage de lanceurs et de préparation des satellites et des vaisseaux. Le cosmodrome abrite des pas de tir opérationnels pour les lanceurs Soyouz, Proton, la version terrestre de la Zenit, Dnepr et Tsyklon ainsi que de nombreux pas de tir désaffectés témoins de l'ensemble de l'histoire spatiale soviétique et russe. C'est également jusqu'à récemment un important site de tests pour les missiles balistiques intercontinentaux : 1 195 missiles et 1 230 lanceurs porteurs d'une charge utile avaient été tirés depuis Baïkonour au 1er janvier 2005.

L'éclatement de l'Union soviétique en 1991 a placé la base en territoire kazakh et la Russie paie un loyer relativement élevé au gouvernement de ce pays, source de conflits latents. Le gouvernement russe envisage depuis cette époque de développer les autres centres de lancement dont elle dispose mais elle n'a jusqu'à présent opéré réellement aucun transfert de ses activités même si le premier pas de tir de son nouveau lanceur Angara est en cours de construction sur la base de lancement de Plessetsk. L'activité du cosmodrome de Baïkonour a entraîné la création d'une ville adjacente qui a successivement reçu les noms de Zarya, Leninskiy, Leninsk et Zvezdograd avant de prendre en 1995 celui de Baïkonour.

Il sera remplacé par le cosmodrome de Vostochny dès sa mise en activité vers 2016 et situé dans l'oblast d'Amour, une région relativement libre de l'est de la Russie.

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Baïkonour est implantée dans l'oblys de Kyzylorda au milieu de la steppe kazakh dans une région au climat continental marqué par des étés torrides avec des maximums de 50 °C parfois accompagnés de tempêtes de sable et des hivers glaciaux avec des températures atteignant −32 °C accompagnés de forts vents[1]. La base est située sur la rive droite (nord-est) du fleuve Syr-Daria et à 200 kilomètres à l'est de la mer d'Aral. Elle dispose d'un embranchement sur la ligne de chemin de fer Moscou - Tachkent qui se situe près de la station de Tioura-Tam aujourd'hui gare de la ville de Baïkonour née avec le cosmodrome.

Historique[modifier | modifier le code]

Le choix du site[modifier | modifier le code]

Baïkonour photographié par un avion espion U2

Les premiers missiles soviétiques dont la portée ne dépasse pas 1 000 à 1 500 km sont lancés depuis la base de Kapoustine Iar. En 1954, le développement du missile balistique intercontinental R‑7 Semiorka dont la portée dépasse les 10 000 km entraîne la nécessité de disposer d'une nouvelle base de lancement. Pour répondre aux besoins de la nouvelle fusée qui doit retomber dans les eaux qui bordent le Kamtchatka, la nouvelle base de lancement ne doit pas comporter de reliefs marqués sur plusieurs centaines de kilomètres dans l'axe de lancement afin de permettre un pilotage par radio[note 1] et les deux premiers étages doivent pouvoir retomber dans des zones inhabitées. Après une étude menée par une mission gouvernementale, le site de Tioura-Tam, qui se trouve au Kazakhstan, république intégrée dans l'Union soviétique, est choisi parmi quatre autres sites. Situé au milieu d'une zone désertique, il répond parfaitement aux contraintes imposées par les communications radio ; par ailleurs il est longé par une ligne de chemin de fer qui le relie aux principaux centres industriels du pays[2]. Les seules habitations aux alentours se trouvent à la station de chemin de fer de Tioura-Tam où vivent une poignée de personnes attachées au fonctionnement de la ligne ferroviaire. Un embranchement sur la ligne principale s'enfonce dans la steppe et dessert une ancienne mine. La ville la plus proche est à plus de 100 km. Malgré les énormes problèmes de logistique soulevés par un endroit aussi désolé, la création de la base de lancement sur ce site, baptisé Base de lancement pour la recherche scientifique no 5 (en russe : Nauchno-issledovatelskï ispytatelnï poligon 5 ou NIIP-5), est approuvée au conseil des ministres de l'Union soviétique le 12 février 1955[3]. Les premiers constructeurs arrivent sur le site au printemps 1955 et une agglomération commence à se former le long des berges du Syr-Daria ; celle-ci d'abord baptisée Site no 10 (Desyataya ploshchadka) prend ensuite le nom de Zarïa avant d'être rebaptisée Leninsk le 28 janvier 1958. Dès juin 1955 le site accueille 3 000 constructeurs et le nombre des résidents passe à 10 000 fin 1960. Les conditions de vie sont très dures pour les soldats (la construction est confiée à l'Armée) qui dorment dans des tentes ou des wagons voyageurs reconvertis. L'eau est rare car celle du fleuve n'est pas potable. Les mieux lotis sont logés dans des baraques préfabriquées ou des huttes en bois. Mais la priorité est donnée à la construction du site de lancement du missile R-7 (site no 1) dont le premier tir doit intervenir en 1957 et aux installations permettant son assemblage et sa préparation (site no 2) éloigné d'un kilomètre et demi. Tous deux se trouvent à une trentaine de kilomètres de la nouvelle agglomération[4],[5]. En 1957 un aéroport est inauguré et permet d'offrir une variante au déplacement en train.

Les premiers lancements[modifier | modifier le code]

Le premier lancement depuis Baïkonour a lieu le 15 mai 1957 avec le tir du premier missile intercontinental, la R-7 Semiorka. Le même type de fusée sera utilisé pour lancer cinq mois plus tard le premier satellite artificiel Spoutnik 1. Le pas de tir no 1 est également utilisé en 1961 pour le lancement de la fusée abritant Youri Gagarine, premier homme placé en orbite dans l'espace. À cette occasion le cosmodrome est officiellement baptisé Baïkonour pour répondre aux besoins de la presse qui souhaite connaître l'endroit d'où est partie la fusée à l'origine de cet événement planétaire. Dans l'espoir de tromper les puissances étrangères, les autorités soviétiques décident de lui donner le nom d'une petite ville minière située en réalité à plus de 320 km au nord-est. Cette décision est approuvée par le conseil des constructeurs réunissant les principaux concepteurs de la fusée dont Korolev[1]. Le pas de tir n° 1 est par la suite reconstruit ou rénové à plusieurs reprises notamment après l'accident en 1962 d'une fusée Vostok victime d'une perte d'un accélérateur d'appoint 1,5 seconde après le décollage ainsi qu'en 1983 après l'explosion au décollage de la fusée portant le vaisseau Soyouz T10A dont l'équipage est sauvé par la tour de sauvetage.

L'expansion du site de lancement[modifier | modifier le code]

Le lancement d'une fusée Proton.
Installations de lancement de missile situées sur la base photographiées par un satellite espion KH-9 américain en août 1984.

Au cours des années 1960 la base connaît une croissance rapide avec la multiplication des lancements qui utilisent de nouveaux types de lanceurs nécessitant la construction de nouveaux complexes dédiés. L'activité de test des missiles balistiques est tout aussi importante et entraîne elle-même la construction de silos et de sites de préparation.

Un deuxième complexe de lancement pour la R‑7 Semiorka et ses dérivés comprenant un pas de tir et des installations d'assemblage est édifié entre décembre 1958 et août 1960 sur le modèle du premier complexe. À la même époque le constructeur Yanguel fait édifier un troisième complexe de lancement pour tester son missile R‑16. Il comprend deux pas de tir, un bâtiment d'assemblage, un bâtiment de stockage d'ogives nucléaires et trois silos. Lors de la première tentative de tir de la R‑16 l'explosion du missile tue une centaine de personnes. Le pas de tir resté intact, après avoir servi à tester le missile, est reconverti en 1964 pour lancer des fusées Cosmos avant d'être désaffecté. Toujours en 1960, on édifie un complexe de lancement pour le missile balistique R‑9 développé par Korolev : celui-ci comprend cinq plates-formes de tir ainsi que trois silos. Un quatrième complexe est construit entre 1962 et 1963 pour le missile balistique UR‑200 de Tchelomeï. En 1966 les installations sont modifiées pour permettre le tir du lanceur Tsyklon. Un des deux pas de tir est endommagé en 1990 et n'est pas réparé par la suite. Entre 1962 et 1963 est également édifié le complexe de lancement dédié aux missiles balistiques R‑36 de Yanguel. Celui-ci comprend deux plates-formes de tir et une vingtaine de silos dont 18 comportent des missiles opérationnels porteurs d'une arme atomique orbitale entre 1969 et 1973. Un autre complexe de lancement est construit pour la version R-36M comportant 9 silos. À compter de 1999 une version à usage civil, baptisée Dnepr, de ce missile est commercialisée et lancée depuis ce site. Entre 1964 et 1965 Tchelomeï fait édifier un complexe dédié au missile balistique UR‑100 qui comprend deux plates-formes de lancement. Quatorze silos contenant des missiles dérivés de l'UR‑100 (SS‑11 puis SS‑19) sont opérationnels sur la base dans les années 1970 et 1980. Le lanceur Rokot est développé entre 1987 et 1990 à partir de la dernière version du missile et est tiré à plusieurs reprises depuis ce complexe. Le neuvième complexe de lancement est édifié à compter de 1963 pour tirer le missile UR‑500 de Tchelomeï. Un complexe d'assemblage et deux plates-formes de tir sont achevés en 1965. Le lanceur mi-lourd Proton dérivé de l'UR‑500 est tiré pour la première fois en 1967 et continue sa carrière aujourd'hui. Deux autres plates-formes de lancement sont construites pour ce lanceur entre 1971 et 1976. Un dixième complexe de lancement est édifié dans les années 1970 pour tester des missiles balistiques de Yanguel. La construction d'un nouveau complexe dédié à la fusée géante lunaire N-1 est réalisée entre 1964 et 1969. Deux plates-formes de lancement et un bâtiment d'assemblage de très grande taille sont édifiés. Les quatre lancements de la N‑1 entre 1969 et 1972 sont des échecs et le complexe est abandonné. Il est réactivé et reconverti entre 1978 et 1988 pour le lanceur Energia porteur de la navette spatiale Bourane qui effectue un vol unique en 1988. Depuis le bâtiment (dénommé 112) est réutilisé pour la préparation des satellites. Entre 1978 et 1983 un complexe de lancement est édifié non loin des anciens pas de tir de la R-16 pour la fusée Zenit qui a été mise au point sur la base d'un accélérateur d'appoint d'Energia. En 1990 un des deux pas de tir est détruit par l'explosion au lancement d'une Zenit. L'autre pas de tir est réactivé en 2005 pour lancer la Zenit 3SLB commercialisée par la société Sea Launch[6]. Le 25 juin 1966 le général de Gaulle devient le premier dirigeant occidental à visiter la base. Il assiste au tir de deux missiles R-16 et d'une fusée Cosmos[7]. Par ailleurs un lancement a été annoncé pour le 6 février 2013 d'une fusée Soyouz avec, à bord, six satellites Globalstar.

Les conséquences de l'éclatement de l'Union soviétique[modifier | modifier le code]

Suite à l'effondrement de l'Union soviétique, le Kazakhstan, autrefois république intégrée dans le pays, devient indépendant. La Fédération de Russie, qui a repris l'essentiel des installations de lancement et de l'activité spatiale de l'ex-URSS, ne dispose pas de base de lancement sur son territoire permettant le lancement de charges importantes en orbite géostationnaire. Par ailleurs un déménagement des activités spatiales de Baïkonour nécessiterait de reconstruire un très grand nombre d'installations pour les lanceurs qui n'étaient tirés jusque là que de Baïkonour. Les nouveaux dirigeants russes décident de continuer à utiliser le cosmodrome de Baïkonour sous autorité kazakhe, et en 1994, les deux pays signent un contrat portant sur la location d'un espace de plus de 6 700 km2 . Les lancements de missions habitées et de satellites géostationnaires russes continuent à être réalisés depuis le cosmodrome de Baïkonour.

En 1997, le président Boris Eltsine inaugure le cosmodrome de Svobodny en Sibérie orientale dans la région de l'Oblast d'Amour, sur la base d'anciennes installations militaires, et dont la latitude (51° 42) autorise des lancements vers l'orbite géostationnaire. Mais par manque de moyens financiers, la Russie ne parvient pas à construire des pas de tir permettant l'envoi de charges importantes et elle reste donc tributaire du Kazakhstan.

En 1999, deux fusées russes Proton qui utilisent des ergols particulièrement toxiques sont victimes de défaillance et s’écrasent en territoire kazakh. Ces accidents amènent le Kazakhstan à réexaminer le « contrat de location » de Baïkonour, et exiger une taxe supplémentaire sur les lancements commerciaux. Du côté russe, cette nouvelle exigence a pour conséquence d’accroître la volonté de se rendre indépendant du Kazakhstan. La Russie annonce alors son intention de délocaliser la quasi-totalité des activités de lancement de Baïkonour vers le cosmodrome de Plessetsk. Début 2002 Alexandre Kosovan, alors ministre de la Défense, confirme cet engagement pour l’horizon 2005. Mais dans les faits, seules les quelques activités spatiales militaires restantes sont réellement transférées à Plesetsk.

En outre, les instances gouvernementales russes, dont les forces spatiales de la Fédération de Russie, n’ont plus le monopole des décisions face aux industriels russes comme étrangers. Qu'il s'agisse de l'entreprise russo-européenne Starsem qui commercialise la fusée Soyouz, ou la firme russo-américaine International Launch Services qui possède le lanceur Proton 3, la manne financière fournie par le secteur privé contribue largement à maintenir le cosmodrome de Baïkonour opérationnel. La coentreprise Sea Launch envisage quant à elle d’ouvrir un service de lancement terrestre baptisé « Land-Launch » à partir de Baïkonour.

Le gouvernement russe a signé le 9 janvier 2004 un nouvel accord avec le Kazakhstan fixant le statut de Baïkonour, prolongeant la location du site jusqu’en 2050 et accroissant considérablement le rôle du Kazakhstan dans la gestion du site : les Kazakhs ont notamment insisté sur la nécessité de développer des lanceurs plus respectueux de l'environnement. Astana collaborera avec Moscou pour le développement du futur lanceur « Baïterek » qui sera une fusée Angara modifiée, réutilisable (prévenant ainsi la retombée des boosters sur le pays) et utilisant un combustible moins polluant. Par ailleurs, le Kazakhstan affiche désormais des ambitions spatiales, prévoyant de se doter de ses propres satellites de télécommunications.

Installations[modifier | modifier le code]

Bâtiment d'assemblage des fusées Soyouz.

La base a une superficie de 6 717 km² et s'étend sur 75 km du nord au sud et sur 90 km de l'est à l'ouest. Les installations spatiales sont regroupées en trois sous-ensembles qui portent chacune le nom du responsable de bureau d'études qui a été à l'origine de sa création[8] :

  • La région centrale (zone Korolev) regroupe les premières installations qui ont permis le lancement du missile balistique intercontinental R-7 Semiorka puis des lanceurs dérivés de celui-ci qui a placé en orbite le premier satellite artificiel et le premier homme dans l'espace. C'est encore de là que partent les fusées Soyouz descendantes de la R‑7 qui vont notamment ravitailler la Station spatiale internationale et relever les équipages. C'est également dans cette zone qu'ont été construits les pas de tir de la fusée lunaire géante N‑1 et du lanceur Energia porteur de la navette spatiale Bourane. Cette zone comprenant également des pas de tir pour le missile R‑9 conçu par les équipes de Korolev avant d'être complètement dédié au spatial.
  • La partie orientale de la base dite flanc droit (zone Yanguel) regroupe les complexes de lancement des missiles et lanceurs développés par ce constructeur. Le premier pas de tir a été construit pour tester le missile balistique R‑16 et ses différentes déclinaisons. Les premiers tests du lanceur Cosmos‑1 ont été effectués là. Enfin tous les tirs de la Zenit 2 ont été effectués dans cette zone.
  • La partie occidentale de la base dite flanc gauche (zone Tchelomeï) regroupe les complexes de lancement des missiles et lanceurs développés par ce constructeur dont les missiles UR‑200, plusieurs générations de missiles UR‑100 et les différentes version de la fusée Proton.
Plates-formes de lancement de Baïkonour utilisées par des lanceurs
N° site Type de lanceur Premier lancement Dernier lancement Nombre de lancements Coordonnées Remarques
1 R-7 Semiorka et dérivés (Soyouz…) 15/5/1957 - 602 (fin 2007) -
31 R-7 Semiorka et dérivés 14/1/1961 - 204 (fin 2007) -
41 R-16 et Cosmos 25/5/1963 27/8/1968 22 - Désaffectée
45 Zenit 2 et 3LB 13/4/1985 - 41 (fin 2007) -
46 Zenit 2 22/5/1990 4/10/1990 2 - Détruite en 1990 par l'explosion d'une Zenit
81 Proton K 16/7/1965 27/3/2004 104 -
90 UR 200 et Tsyklon 5/11/1963 9/12/1997 113 -
90 UR 200 et Tsyklon 24/9/1964 24/6/2006 11 -
109 R-26M et Dnepr 4/7/1974 30 -
110 N-1 et Energia 18/5/1970 15/11/1988 3 - Désaffectée
110 N-1 21/2/1969 3/7/1969 2 - Désaffectée
175 Rockot 26/12/1994 26/12/1994 1 -
200 Proton M et K 20/2/1980 128 -
200 Proton K 23/7/1977 31/3/1991 64 - Désaffectée
250 Energia 15/5/1987 15/5/1987 1 - Désaffectée
Antenne parabolique à Baïkonour.

La base comprenait en 1990 notamment une installation de production d'oxygène et d'azote capable de produire 300 tonnes d'ergols cryogéniques par jour, trois installations de ravitaillement en ergols, une centrale électrique, deux aéroports et 470 km de voies ferrées. Baïkonour comprend également de nombreuses installations de lancement de missiles balistiques. Depuis sa création en 1955 jusqu'à l'effondrement de l'Union soviétique en 1991, Baïkonour a joué un rôle central dans les tests de missiles balistiques à ergols liquides. La base était d'ailleurs placée sous la direction du ministère de la Défense jusqu'en 1995[8].

La quasi-totalité des lancements russes sont effectués soit de Baïkonour soit du cosmodrome de Plessetsk. Ces deux bases sont complémentaires : Plessetsk est idéalement placée pour des lancements sur orbites très inclinées du fait de sa haute latitude (62° 8 nord, proche du cercle polaire arctique), Baïkonour, plus proche de l'équateur, permet d'atteindre plus facilement l'orbite géostationnaire, ou d'autres orbites peu inclinées comme celle de la Station spatiale internationale. La base de Baïkonour est principalement utilisée pour les lancements civils russes ou internationaux, sa position en plein territoire kazakh ne favorisant guère son emploi à des fins militaires russes. Au 1er janvier 2005, 1 195 missiles et 1 230 lanceurs porteurs d'une charge utile ont été tirés depuis Baïkonour[7].

La ville nouvelle de Baïkonour[modifier | modifier le code]

La ville de Baïkonour édifiée à proximité de la base.

Lorsque l'activité spatiale était à son pic au cosmodrome de Baïkonour au milieu des années 1980, la ville édifiée à proximité du cosmodrome comptait environ 100 000 personnes. Lorsque l'activité spatiale s'est effondrée à la suite de l'éclatement de l'Union soviétique en 1991, l'agglomération s'est transformée en une ville fantôme rendue invivable par la disparition des services les plus basiques tels que la distribution de l'eau. La reprise en partie liée à l'ouverture à l'international des activités spatiales russes ainsi que l'injection de fonds par le gouvernement russe ont permis de restaurer une certaine activité et qualité de vie. En 1995 le gouvernement kazakh a accepté de céder aux autorités russes locales la gestion de la ville. Celle-ci a été rebaptisée Baïkonour comme l'agglomération située à 300 km de là dont le nom avait été retenu pour le cosmodrome[9].

Les accidents[modifier | modifier le code]

Le 24 octobre 1960, un prototype de fusée (R-16) explosa sur l'aire de lancement, provoquant la mort de nombreux ingénieurs et techniciens soviétiques. Connu sous le nom de catastrophe de Nedelin, cet accident porta un coup au programme de missile balistique intercontinental soviétique. Un mémorial a été érigé à Baïkonour et les techniciens de l'Agence spatiale fédérale russe s'y recueillent avant chaque lancement.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Baïkonour signifie en kazakh « la riche ou la belle steppe », « l'endroit où pousse l'absinthe », « la richesse brune »…[10]

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les premières fusées soviétiques de cette époque sont pilotées par radio. Le système développé nécessite deux stations radio de part et d'autre du pas de tir à une distance de 150 à 250 km et une troisième station dans l'axe de lancement à une distance comprise entre 300 et 500 km. Cette dernière est chargée de mesurer la vitesse précise de la fusée et de commander l'extinction des moteurs. Cinq ans plus tard, ce système sera abandonné, faisant disparaître la justification du choix de Baïkonour.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Boris Tchertok, Rockets and People volume 2 creating a rocket industry, NASA History series,‎ 2006, p. 308-309
  2. (en) Boris Chertok, Rockets and People volume 2 creating a rocket industry, NASA History series,‎ 2006, p. 306-308
  3. (en) « Secrecy around Tyuratam », www.russianspaceweb.com (consulté en 24 juin 2012)
  4. (en) Boris Chertok, Rockets and People volume 2 creating a rocket industry, NASA History series,‎ 2006, p. 314-320
  5. Lardier et Barensly 2010, p. 189
  6. Lardier et Barensly 2010, p. 190-198
  7. a et b Lardier et Barensly 2010, p. 198
  8. a et b (en) « Regions and facilities of Baikonur », www.russianspaceweb.com (consulté en 24 juin 2012).
  9. (en) « Town of Baikonur », www.russianspaceweb.com (consulté en 24 juin 2012).
  10. Selon Jacques Villain, « Dans les coulisses de la conquête spatiale », éditions Cepaduès, Toulouse, 2003 (ISBN 2-8542-8596-4)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Christian Lardier et Stefan Barensly, Les deux vies de Soyouz, éditions Edite,‎ 2010 (ISBN 978-2-846-08266-2)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]