BB 26000

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BB 26000

La BB 26059 au dépôt de Rennes.

La BB 26059 au dépôt de Rennes.

Identification
Exploitant(s) SNCF
Désignation BB 26001 à 26234
Surnom Sybic
Type locomotive
Motorisation électrique
Couplage Non
Construction 234 locomotives
Constructeur(s) Alsthom et MTE
Livraison de 1988 à 1998
Effectif 233 au 28 août 2011
Affectation VFE, CIC, Fret, TER
(toutes lignes électrifiées)
Caractéristiques techniques
Disposition des essieux B'B'
Écartement standard
 Alimentation bicourant
1,5 kV CC
25 kV 50 Hz
 Pantographes un AL 2 (1,5 kV CC)
un AM 90 U (25 kV 50 Hz)
 Schéma de traction un pont mixte, un hacheur et un onduleur à thyristors par bogie
Moteurs de traction 2 * STS-105-37-8
triphasé synchrone autopiloté
à ventilation forcée
 Puissance continue 5 600 kW
 Effort de traction démarrage : 320 kN
vitesse max : 100 kN
 Transmission arbre creux et cardans
Masse en service 90 t
Dimensions
 Longueur 17,710 m
 Largeur 2,926 m
 Hauteur 4,270 m
Empattement 9,694 m
 Empattement du bogie 2,8 m
 Diamètre des roues Ø1 250 mm
Vitesse maximale 200 km/h

[1],[2],[3]

Les BB 26000 sont une série de locomotives électriques de la SNCF, surnommées « Sybic » contraction de « Synchrone » et « Bicourant ».

Description[modifier | modifier le code]

Double traction avec deux BB 26000 tractant un train Copenhague - Modane dans un décors montagneux et enneigé
Double traction de BB 26000 avec la 26075 en tête (livrée béton) et la 26163 (livrée « En voyage ») tractant un train Copenhague - Modane à l'approche de son terminus.
La 26002 sur une voie en tiroir à Paris Bercy, avant mise en tête de sa rame Corail.
La 26002 en ligne, arrêtée à un signal.
La BB 26009 en gare de Cherbourg.

Après la livraison en 1986 des dernières BB 22200, la SNCF s'attelle à recevoir une nouvelle série de locomotives bicourant universelles, c’est-à-dire capables de tracter aussi bien des trains de voyageurs rapides à 200 km/h que des trains de marchandises lourds.

Ces machines doivent donc disposer d'une grande puissance, et de plus cette puissance doit être disponible aussi bien sous 1,5 kV continu que sous 25 kV 50 Hz.

Le type de motorisation retenu est le même que celui des TGV Atlantique développés à la même époque : le moteur synchrone. À partir des essais réalisés sur les prototypes BB 20011-20012, les cinq premières machines (machines de présérie) sont livrées en 1988. Leur puissance de 5 600 kW n'atteint pas celle des CC 6500 avec leurs 5 900 kW, mais elles sont beaucoup plus légères (90 t au lieu de 116 t).

La 26001 sort d'usine début 1988 et est livrée le 1er avril 1988.

Suivront les 26002 (6 mai), 26003 (10 mai), 26004 (1er juillet), et 26005 (1er septembre).

Il y aura de longues années de livraisons intensives (jusqu'à quatre machines par mois).

Les cinq dernières 26000 seront livrées en 1998, la toute dernière (26234) étant mise en service le 23 juillet 1998.

Points particuliers :

  • les Sybic sont les dernières locomotives électriques à bogie monomoteur de la SNCF ;
  • sur les 264 locomotives commandées, seules 234 ont été livrées. Les 30 dernières sont devenues, par avenant au marché, les 30 premières BB 36000 ;
  • les Sybic sont les locomotives les plus performantes de la SNCF.

Toutefois, elles présentaient quelques points faibles :

  • l'absence de climatisation (les machines en sont enfin équipées depuis 2009, en chaîne spéciale) ;
  • un débit d'air insuffisant ;
  • le temps de réaction du freinage avec de longs convois.

Service[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Afin de rester à proximité relative de l’usine Alstom de Belfort, l’ensemble des locomotives de la série a été livré au dépôt de Dijon-Perrigny où le service après-vente Alstom avait pris place, puis réparti sur deux autres dépôts, Lens et Villeneuve.

Le caractère de machine universelle a très rapidement été mis en œuvre, avec la traction de trains de voyageurs à 200 km/h (dont le Capitole, les TER 200 d’Alsace et Interloire), et des trains de marchandises, notamment entre le Nord-Est et le Sud-Est.

Répartition par activités[modifier | modifier le code]

À la répartition par activités au 1er janvier 1999, un lot de Sybic est affecté à Grandes Lignes (VFE, pour Voyages France Europe depuis 2005), le plus gros des troupes revenant au Fret. Cette répartition étant approximative, elle est ajustée l'année suivante, avec une augmentation du lot Grandes Lignes et création d’un parc TER.

Affectation à de nouveaux dépôts[modifier | modifier le code]

Sans modification notable des services assurés, un petit parc VFE de vingt Sybic a été créé à Toulouse en décembre 2004 et a été supprimé le 5 juillet 2009 avec regroupement des Sybic Toulousaines à Villeneuve. Un groupe de machines Fret a été muté à Avignon dès décembre 2003 pour compenser le départ des BB 27000 regroupées dans le Nord et l’Est, respectivement au sein des dépôts de Lens et Thionville.

En décembre 2007, les quatorze machines affectées au TER Alsace ont été mutées de Dijon-Perrigny à Strasbourg et sont à présent équipées pour la réversibilité.

Services actuels[modifier | modifier le code]

En service voyageurs[modifier | modifier le code]

Les lignes parcourues à 200 km/h par des 26000 sont :

  • Paris-Austerlitz - Toulouse via Limoges et Brive (200 km/h d’Étampes aux Aubrais-Orléans, et des Aubrais-Orléans à Vierzon, bientôt Chateauroux) ;
  • Paris-Saint-Lazare - Caen - Cherbourg. Il existe actuellement trois sections étant aptes à la circulation à 200 km/h : de Bernay (PK 159,034) à Lisieux (PK 189,450), de PK 208,685 à Caen (PK 238,300) et de Carentan (PK 313,109) à Valognes (PK 342,617), et prochainement de Caen (PK 240,550) à Carentan (PK 313,109). Les 26000 sont uniquement utilisées prioritairement sur les trains Paris-Cherbourg sans arrêt entre Paris et Caen, même si en pratique ce n’est pas toujours le cas ;
  • Paris-Bercy - Clermont-Ferrand (V200 depuis le 14 décembre 2008, mais au roulement des 26000 depuis 1991).
  • Orléans-Tours, Tours-Nantes (Interloire 200, fait en 26000 depuis septembre 1997) ;
  • Nancy - Strasbourg - Mulhouse - Saint-Louis - Bâle (TER 200, depuis septembre 1991, en réversibilité depuis 2008, la V200 est atteinte seulement entre Strasbourg et Saint Louis) ;
  • Bruxelles - Luxembourg - Metz - Strasbourg - Bâle (EuroCity Iris et Vauban, la V200 est atteinte seulement entre Strasbourg et Saint Louis)

À la vitesse maxi de 160 km/h, les 26000 roulent en roulement régulier sur :

  • Paris-Bercy - Vallorbe (depuis l’été 1990 en roulement, après des marches au régime FAC dès mars 1990) ;
  • Metz - Lyon - Grenoble et au-delà, Marseille / Nice / Perpignan ;
  • Lyon - Grenoble (avec jusqu’en 2007, le Metz - Grenoble et retour de bout en bout, puis des Dijon - Lyon - Grenoble ou des Lyon - Grenoble) ;
  • Lyon - Genève ;
  • Strasbourg - Nice/Portbou (Intercités de nuit)
  • section Paris Est - Strasbourg du Moscou express (train de luxe Paris - Strasbourg - Berlin - Moscou depuis fin 2012)
  • les 26000 assurent les trains d'affrètements ou spéciaux, sur toutes les lignes électrifiées du réseau excepté l’extrême sud-ouest au-delà de Bordeaux et Toulouse.

Enfin à la vitesse de 140 km/h, les 26000 assurent, conjointement avec les BB 22200, les liaisons Auto-trains entre Paris-Bercy et Marseille ou Nice.

En service fret[modifier | modifier le code]

Les prestations sont de types MA 100 (100 km/h maxi) et ME 120 et ME 140 (Messageries à 120 ou 140 km/h maxi, conteneurs essentiellement) ; voici l'essentiel des roulements réguliers =⇒ :

  • Dijon - Chalindrey - Metz / Thionville (depuis mars 1990, une des premières liaisons régulières long parcours) ;
  • Dijon - Vallorbe (depuis mars 1990) ;
  • Axe Paris et Lorraine vers le Sud-Est ; tout le sud-est, de Perpignan à Marseille et Nice ;
  • Paris - Ouest (Le Mans/Rennes/Nantes/La Rochelle/Brest) ;
  • Villeneuve - Sotteville - Le Havre ;
  • Sibelin - Villeneuve / - Woippy ;
  • Woippy - Villeneuve / Dunkerque ;
  • Clermont-Ferrand - Le Havre ;
  • Dourges (Lille)-Bordeaux ;
  • Modane-Le Havre ;
  • Ambérieu - Culoz - Chambéry - Modane.

Quelques Fret à 160 km/h figurent au programme :

  • MV160 Melun-Avignon ;
  • MV160 Dourges (Lille)-Avignon : ce train no 50010/1 et retour 50000/1 de 1 100 tonnes fut le premier train utilisant les capacités des 26000 poussées au maximum, et aussi leur premier train long parcours (1 150 km de Lille à Marseille, depuis juin 1991). Au service annuel 2010 (à partir du 13 décembre 2009), ce train devient ME 140, et sera numéroté 50055 dans le sens sud-nord. Les 26000 ne seront plus obligatoirement affectées à ce train, dont la traction reviendra au pool bicourant de Combi Express (BB 26000 et BB 22200).

Machines particulières[modifier | modifier le code]

La BB 26005 qui tirait le train no 3657 lors de l'accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge.
  • BB 26008 : machine ayant été conduite par le président de la République François Mitterrand le 22 mars 1990, pour l'inauguration de la traction électrique Paris - Clermont-Ferrand. Pour l'occasion, la machine a été pavoisée de drapeaux et de pancartes « République Française ».

Ce fut aussi la première BB 26000 à être repeinte en livrée « En voyage », en octobre 2002.

  • BB 26046 : première machine repeinte en livrée « Carmillon ».
  • BB 26084 : première machine radiée, en 2001 à la suite d'un accident causé par un sabotage sur la voie à Chasse-sur-Rhône.
  • BB 26088 : locomotive restée en « utilisation spéciale » de sa sortie d'usine à fin 2005, réquisitionnée pour de nombreuses campagnes d'essais.
  • BB 26099, 26120 et 26172 : En RD (Réparation Différé) garée au cimetière des locos à Sotteville
  • BB 26140 à 153 R : locomotives aujourd'hui équipées de la réversibilité, pour service sur les trains TER 200 Alsace, sur la ligne Strasbourg-Mulhouse-Bâle.

Livrées[modifier | modifier le code]

Vue d'une BB 26000 orange en tête d'un train de marchandises
La BB 26105 (en livrée d'origine) en tête d'un train de marchandises au nord de Lyon.
  • Livrée d’origine : la série a été fournie de construction avec une livrée grise deux tons et bandeau orange sur le front de caisse et le haut.
  • Livrée TER Alsace : la 26070 a été repeinte en gris métallisé et gris sombre en 1993, avec un bandeau multicolore au niveau de la cabine de conduite. Elle était destinée au tournage d’un clip publicitaire en faveur du TER Alsace lancé à 200 km/h entre Strasbourg et Mulhouse. Elle a conservé cette livrée, mais aura été la seule à la porter.
  • Livrée Multiservices : BB 26048, 26160, 26227. À partir de 1996, les machines ayant besoin d’une remise en peinture (souvent à la suite d'un accident de carrosserie) sortent des ateliers avec une livrée proche de la 26070, mais avec une face rouge vif et un bandeau qui court en haut des flancs. Il avait été demandé au constructeur Alsthom, de fournir les derniers exemplaires avec cette livrée, mais les peintures étaient déjà commandées. On a assisté à la sortie de locomotives neuves en gris et orange dont on envisageait déjà le changement de couleurs. Destinée à être généralisée, cette livrée assortie aux voitures Corail plus, sera finalement abandonnée.
  • Livrée FRET : BB 26063, 26086, 26096, 26184, 26192. À la suite de la partition du matériel selon les affectations, la direction du Fret décide d'appliquer une livrée spécifique. Elle est constituée de deux tons de gris sur les flancs et de vert vif sur les faces. Un grosse bande blanche barre les flancs en oblique avec la mention fret en vert.
  • Livrée En voyage : BB 26001, 26002 (sortie des ateliers d’Oullins le 18 novembre 2009), 26163, 26164.

C'est la tenue adoptée pour les locomotives affectées aux activités voyageurs (Voyages France-Europe : ex-grandes lignes, Intercités, TER, etc.). La locomotive est peinte en gris métallisé, avec une face en bleu et une en mauve. Un bandeau pelliculé parcourt les flancs en passant d'une couleur à l'autre en dégradé. La mention « En Voyage » accompagne des images de visages, coquillages…

La 26008 fut repeinte en octobre 2002, les 26164 et 163 - dans cet ordre - le furent à leur tour respectivement au début 2003 et au printemps de cette même année, la 26005 sortant elle d'atelier à l’été 2003 juste à temps pour inaugurer la desserte Téoz sur Paris – Clermont-Ferrand.

La 26001 est la première de la série à passer en Opération Mi-Vie (OPMV), et donc repeinte à ce titre, sortie d’atelier début juin 2009.

  • Livrée grise : BB 26003, 26004, 26005, 26006, 26007, 26008, 26009, 26010, 26012, 26019, 26020, 26021, 26024, 26025, 26026, 26033, 26049, 26083, 26091.

À la suite de la fin de la livrée « En voyage » pour cause de conflit sur le droit à l’image, les machines qui devaient adopter cette livrée ressortent aujourd’hui en livrée grise dans l’attente d’une éventuelle nouvelle livrée. La 26003 est la première 26000 à sortir ainsi d’Oullins. La 26005 est la première « En voyage » à voir son pelliculage ôté (début 2012).

Les machines propriétés de l'activité Fret (26083 et 26091) adoptent elles aussi la livrée grise à la suite de l'abandon de la livrée verte et grise.

  • Livrée Carmillon : 26011, 26013, 26014, 26015, 26017, 26028, 26029, 26034, 26042, BB 26046.

Cette livrée est prévue pour remplacer la livrée grise (ou fantôme pour les ferroviphiles). La BB 26046 est la première locomotive SNCF à porter cette livrée.

Dépôts titulaires[modifier | modifier le code]

Article connexe : Liste des BB 26000.

Au troisième trimestre 2012, le parc BB 26000 en service est de 232 exemplaires[4]. Ces locomotives sont gérées par quatre Supervisions techniques de flotte :

  • « STF Alsace », avec 14 locomotives, toutes TER Alsace aptes à la réversibilité par multiplexage MUX G NG ;
  • « STF Bourgogne Franche-Comté » (basée à Dijon, 1er dépôt de la série, toutes les BB 26000 y ont été affectées au moins une fois), avec 21 locomotives ;
  • « STF Locomotives électriques Fret », avec 137 locomotives, toutes affectées au service Fret ;
  • « STF VIC », dépendante du Technicentre de Villeneuve (2e dépôt de la série, à partir de 1992), avec 65 locomotives, réparties entre VFE, CIC, Fret et TER.

Dépôts anciennement titulaires[modifier | modifier le code]

  • Lens (de mars 1994 à décembre 2003)
  • Toulouse (de décembre 2004 jusqu'au 5 juillet 2009)

Toulouse disposait de vingt machines (26041 à 26057 et 26070 à 26072). Elles étaient engagées sur « palito ». Ligne du Capitole (Paris-Toulouse). Elles poussaient également jusqu’à Cerbère et Bourges.

  • SWING ou Service Wagon Isolé Nouvelle Génération : de décembre 2008 à décembre 2010 ; les quarante BB 26000 de ce parc spécialisé étaient entretenues conjointement par Villeneuve et à Dijon-Perrigny, en cogestion.
  • Avignon : de décembre 2003 à juin 2011.
  • Strasbourg : de décembre 2007 à mai 2012.

Modélisme[modifier | modifier le code]

Cette locomotive a été reproduite en HO par les marques Jouef, Märklin / Trix et Piko ; en N par Piko.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Denis Redoutey, Le matériel moteur de la SNCF, p. 113, La Vie du Rail, 2007 (ISBN 978-2-915034-65-3)
  2. Revue bimestrielle Voies Ferrées, Le matériel moteur de la SNCF, en plusieurs articles sur plusieurs numéros par année
  3. Revue mensuelle Rail Passion, État trimestriel du matériel moteur SNCF, un article par trimestre
  4. Denis Redoutey, Le matériel moteur SNCF en 2012, Saint-Étienne, La Vie du Rail,‎ 22 novembre 2012 (ISBN 978-2-918758-60-0), p. 206-209

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Defrance, Le matériel moteur de la SNCF, N.M. La Vie du Rail,‎ 1978
  • Denis Redoutey, Le matériel moteur de la SNCF, La Vie du Rail,‎ 2007 (ISBN 978-2-915034-65-3)
  • Jean Cuynet, La traction électrique en France 1900-2005, Paris, La Vie du Rail,‎ 2005 (ISBN 2915034389)
  • Georges Mathieu, Le matériel moteur de la SNCF, Paris, La Vie du Rail,‎ 2003 (ISBN 291503415X)
  • Denis Redoutey, Le matériel moteur SNCF en 2012, Saint-Étienne, La Vie du Rail,‎ 22 novembre 2012 (ISBN 978-2-918758-60-0), p. 200-201
  • Revues Rail Passion, Voies Ferrées et Le Train

Article connexe[modifier | modifier le code]