Bétés

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Bétés

Populations significatives par région
Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire 3 086 348
Population totale 3 086 348
Autres
Langues

Bété

Religions

Christianisme, religion traditionnelle

Ethnies liées

proches: Wés, Dida, Nyabwa, Néyo, Godié, Krou, Bakwè sous-groupes:Niabré, Logobre, Nékédi, Zédi, Zabia, Guébié, Gbadi, Paccolo, Dri, Zikobouo, Kriwa, Lossom, Gotibo, Dakua, Bamo, Zuglo, Dudua, Galeba, Zakwa, Dikpi, Zebuo, Gbalongwa, Ngwadagwie, yocolo, Nogogo, Sobô, Yacolo, Jetegwie, Dogbogwie,Lobouho, Gbobouho, Badakua

Les Bétés sont un peuple vivant dans le centre-ouest de la Côte d'Ivoire, notamment dans les régions de Gagnoa, Ouragahio, Soubré, Buyo, Issia, Saïoua, Daloa et de Guibéroua, dans ce qu'on appelle la « boucle du cacao ». Ils représentent environ 18 % de la population du pays, ce qui en fait la 2e ethnie du pays après les Baoulés . Appartenant au groupe culturel des Krous comprenant les Wés et les Didas, les raisons de la migration des Bétés demeurent inconnues. Certains Bétés migrèrent dans la région de Divo pour se fondre dans une population autochtone et former une autre ethnie, les Didas. Aux Bétés se rattachent les Kouya, les Niédéboua, et les Niaboua. La langue est différente que l'on soit à Gagnoa ou à Daloa, de plus les Bétés de Gagnoa ont une organisation sociale marquée par les Akans voisins et ne connaissent pas de masque, tandis que ceux de Daloa en contact avec les Wés ont une institution du masque. Ils sont, avec les Senoufo, l'un des peuples les plus anciens du territoire dénommé "Côte d'Ivoire" dès 1893.

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources, on observe de multiples variantes : Bèti, Bètia, Betegnan, Bété, Bétés, Bokya, Kpwe, Magwe, Shien, Shiens, Tsien[1].

L'origine de l'ethnonyme du peuple Bété demeure inconnue.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Bétés constituent à la fois la population la plus importante du monde Krou de Côte d'Ivoire et celle qui occupe son espace de la manière la plus dense. Néanmoins certains ethnologues et anthropologues les font venir du Libéria (Maurice Delafosse) ou du Ghana (Jean-Pierre Dozon) ou même du Nigéria[2],[3],[4]

Populations[modifier | modifier le code]

Le peuple Bété est composé de 93 tribus, correspond tantôt au clan, tantôt à une fédération de lignages moyens[2].

Langue[modifier | modifier le code]

Il n'y avait qu'une seule langue avant la seconde dispersion des bété. Elle a connu des distorsions et des modifications avec le contact des autres peuples. La langue souche semble être celle parlée à Soubré, Guibéroua et Saïoua.[réf. nécessaire]

Religion[modifier | modifier le code]

La religion bété comporte 2 niveaux. Un niveau théorique, très englobant, qui parle de l'univers et des relations entre Dieu (Lago ou Lago Tapé) et les hommes et un niveau pratique qui gère le quotidien des hommes et apporte des solutions aux problèmes (santé, désordre social, etc.)[5]

Culture[modifier | modifier le code]

En dépit de quelque variantes notées, il y a un fond culturel commun. Le culte du bagnon est présent dans toutes les régions bété. Chaque village a son bagnon. Il est désigné selon des critères physiques et moraux. Il est respecté et consulté en raison de sa vie exemplaire. On lui voue un véritable culte. La production artistique est riche et variée. Elle est dominée par la danse et la chanson. Elles régissent les événements, heureux ou malheureux, de la vie sociale. Chaque région a son pepe ou tite, semaine artistique tournante qui rassemble plusieurs villages. Il existe plusieurs rythmes musicaux en pays bété notamment (le Towoulou, l'Aloukou, le Ziglibity, le Gbégbé, etc.)[6]

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Tenue traditionnelle[modifier | modifier le code]

Les Bétés portent un pagne traditionnel appelé tapa ou gloko en Bété de Daloa. Le nom tapa est du au fait que ce tissu d’écorce d’arbre s’obtient après plusieurs tapes. Le tapa s’obtient selon les étapes suivantes : abattement d’arbre, extraction de l’écorce du bois, frappes multiples sur l’écorce d’arbre jusqu’à dilatation de l’écorce pour donner le tissu, séchage au soleil et enfin teinture selon le goût[9].

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Ecriture Bété[modifier | modifier le code]

Frédéric Bruly Bouabré a crée l'alphabet Bété, il extrait de la langue Bété 400 mots monosyllabiques et les représente sous forme de pictogrammes. Seuls quelques initiés pratiquent cette écriture mais les dessins de Bruly circulent dans les musées du monde entier[10].

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Matriclans chez les Bétés[modifier | modifier le code]

Les Matriclans (Lêlé) existent chez les Bétés de Gagnoa. Le lêlé est une organisation parentale (matrilinéaire) qui prend a contre-pied l'organisation parentale (patrilinéaire) prépondérante en pays Bété. Cette organisation parentale est très répandu chez les Zédi, les Zabia et les Gbadi. Toutefois les Nékédi, les Niabré (Gnébré), les Paccolo et les Guébié ne la méconnaissent pas, car certains de leurs ressortissants (ceux qui ont une mère issue de l'une de ses trois tributs précités) se réfèrent à leur matriclan. Il faut aussi noté que le lêlé existe également chez les Didas(Yourou).

Les matriclans varient de 6 à 7 parfois 8 selon les villages, on distingue les Gatoua, les Têkpêtoua, les Médétoua, les Datoua, les Litoua, les Doutoua. Il est donc claire que chacun des Lêlé regroupe chacun des milliers de personnes. Le nom de ces matriclans est celui des six ancêtres féminines dont la connexion généalogique avec les mères vivantes sont impossibles à établir, il s'agit de figures mythique donnant lieu à une grande variété de récits.

Le lêlé c'est d'appartenir a une fratrie, on es membre de cette fratrie par sa mère. Par exemple si un Datoyou épouse une Têkpêtohonon, leurs enfants seront des Têkpêtoua. Enfin, il faut noté que les hommes et les femmes d'un même lêlé sont considérés comme frères et sœurs, ce qui a pour effet d'empêcher une éventuelle union conjugale (ce n'est pas un véritable interdit matrimoniale, ceux qui souhaite passé outre doivent faire un sacrifice d'animale pour éviter la stérilité du couple)[11],[12].

Personnalités d'origine bété[modifier | modifier le code]

Sportifs[modifier | modifier le code]

Écrivains, philosophes[modifier | modifier le code]

Musiciens[modifier | modifier le code]

Acteurs, actrices[modifier | modifier le code]

Designers[modifier | modifier le code]

Personnalités politiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Kipré Guekpossoro Edme Baroan, Mutation des noms africains : l'exemple des Bété de Côte d'Ivoire, Nouvelles Éditions Africaines, Abidjan, 1985, 253 p. (ISBN 2723607747)
  • Jean-Pierre Dozon, La société bété : histoires d'une "ethnie" de Côte-d'Ivoire, vol. 17, Éditions Karthala, coll. « Hommes et sociétés »,‎ 1985, 367 p. (ISBN 2865371212, lire en ligne)
  • E. Dunglas, Dans la forêt de la Côte d'Ivoire : coutumes et mœurs des Bété, Larose, Paris, 1939, 98 p.
  • Boniface Gbaya Ziri, Problèmes de regroupement des villages bété, Côte d'Ivoire : contribution à l'analyse des obstacles socioculturels au développement, L’Harmattan, Paris, 2005, 199 p. (ISBN 9782747595490) (d’après une thèse soutenue à l’Université de Paris 7, 1995)
  • Laurent Gbagbo, Sur les traces des Bété, PUCI, Abidjan, 2002, 174 p. (ISBN 2716600260)
  • Bohumil Holas, L'Image du monde Bété, Presses universitaires de France, Paris, 1968, 401 p.
  • Denise Paulme, Une société de Côte d'Ivoire hier et aujourd'hui : les Bété, Mouton, 1962, 200 p. (compte-rendu en ligne [2])
  • F. Dedy Séri, Les funérailles en pays Bété, Nouvelles éditions africaines, Abidjan, 1989, 27 p. (ISBN 2723615022) (tiré à part du Colloque international Funérailles et Développement en Afrique de mars-avril 1990)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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