Bérenger Saunière

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Icône de paronymie Cet article possède un paronyme ; voir : Saunier.
L'abbé Saunière.

François Bérenger Saunière, aussi appelé l'abbé Saunière, est un prêtre catholique français, né le 11 avril 1852 à Montazels et mort le 22 janvier 1917 à Rennes-le-Château. Il est principalement connu pour avoir acquis une fortune dont le montant et l'origine exacts sont inconnus mais qui est étroitement associée à l'imaginaire entourant le village de Rennes-le-Château.

Bérenger Saunière aurait fait une mystérieuse découverte en entreprenant des travaux de rénovation dans son église en 1891[1]. Aidé de sa fidèle servante Marie Dénarnaud, il se serait mis alors à multiplier les fouilles dans son église et aurait passé des nuits à creuser dans le cimetière. À partir de 1896, alors qu'il menait un train de vie modeste jusque-là, il investit une fortune dans d'importants travaux de rénovation et de construction. La nature de la découverte de Saunière et l'origine de sa fortune sont le sujet de nombreuses thèses dont l'une fait référence au trésor des cathares. Les explications plus sceptiques suggèrent plus prosaïquement des faits de pillage et de détournements de fonds (pour lesquels l'homme d'église a effectivement été condamné), d'autant que les éléments factuels sur l'existence même de cette fortune restent controversés.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Né tout près de Rennes-le-Château à Montazels en 1852, dans l'Aude, Bérenger est l'aîné d'une famille relativement aisée de sept enfants. Il est le fils de Joseph Saunière, métayer et maire du village de Montazels et de Marguerite Hugues[2]. Bérenger Saunière entre en 1874 au grand séminaire de Carcassonne où il apprend le latin, le grec et, fait plus exceptionnel, l'hébreu. Il devient diacre puis est ordonné prêtre le 1er juin 1879. Après quelques affectations successives dans son département (nommé vicaire à Alet-les-Bains le 16 juillet 1879, curé à Clat le 16 juin 1882), il est nommé en 1885, à l'âge de trente-trois ans, à la cure de Rennes-le-Château, village pauvre et isolé de 200 habitants à l'époque. L'église dédiée à Marie Madeleine et qui date du VIIIe siècle est délabrée, des planches remplacent les vitraux cassés par les rafales de vent, la toiture est percée, la pluie a fait des ravages à l'intérieur et le presbytère est invivable, obligeant le jeune curé arrivé le 1er juin 1885 à habiter chez une paroissienne, Antoinette Marre[3],[4].

Légitimiste, le curé n'hésite pas à diaboliser la jeune République maçonnique et, lors des élections législatives françaises de 1885, conseille un vote royaliste au cours d'une de ses homélies. Le maire de Rennes-Le-Château s'en plaint au ministre des cultes, si bien que le préfet de l'Aude lui notifie une décision ministérielle qui le suspend de tout revenu pendant six mois à partir de décembre 1885[4]. L'évêque de Carcassonne Paul-Félix Arsène Billard le nomme professeur au séminaire de Narbonne afin de ne pas le priver de ressources. Six mois plus tard, la sanction est levée et il retrouve sa cure de Rennes-Le-Château le 1er juillet 1886[5].

Saunière entame en 1886 les rénovations urgentes (toiture, presbytère) grâce aux dons de ses paroissiens et de certaines de ses connaissances extérieures au village[6]), ce qui lui permet de s'installer au presbytère. Il prend immédiatement une décision qui choque ses paroissiens : il engage comme gouvernante une jeune servante de dix-huit ans, Marie Denarnaud. Celle-ci semble très rapidement dépasser ce simple rôle ce qui entrainera dans le village d'autant plus de médisances. L'abbé la gardera pourtant auprès de lui jusqu'à sa mort le 22 janvier 1917, Marie mourant nettement plus tard en 1953[7].

Découverte d'étranges parchemins, d'un tombeau et d'un trésor[modifier | modifier le code]

Selon la légende, il décide le remplacement de l'autel en juillet 1887. Lorsque les ouvriers déplacent la pierre de l'autel très ancienne, ils découvrent dans l'un des piliers une cache[8] contenant des rouleaux de bois scellés à la cire, qui contiennent des petits ossements et des parchemins, probablement correspondant aux reliques et aux parchemins de la dédicace de l'église stipulant la date de la consécration, les noms de l'évêque procédant à la cérémonie et du prêtre recteur de l'époque[4]. L'ensemble est remis au curé qui prétexte qu'ils ont une grande valeur et qui va tenter de les déchiffrer. Il existe quelques variantes concernant cette découverte, pour certains ces parchemins sont découverts dans une fiole dans la cache d'un balustre en bois, pour d'autres dans un des deux piliers de l'autel[9]. Il y avait deux piliers : un de pierre brut, et le second gravé de symboles mérovingiens ou carolingiens. C'est dans ce dernier que les parchemins auraient été découverts. Ce pilier peut être admiré au musée du village. Pour ce qui concerne les parchemins, la mairie qui avait consenti difficilement un don et un prêt pour les restaurations, réclame des copies pour les archives communales, l'abbé leur aurait transmis quelques jours plus tard. La nouvelle se propage très vite dans le village ; on demande à Saunière de vendre les documents à un musée, l'argent gagné devant rembourser les frais de réparation de l'église. Personne ne sait aujourd'hui, ou n'a la preuve de ce que contenaient concrètement ces parchemins[10].

Saunière aurait réalisé de nouvelles découvertes en 1891 lors de restauration du carrelage de la nef : en face du maître-autel, il découvre avec l'aide de ses ouvriers, une dalle sculptée dite « du Chevalier » (sculpture classée en 1947, exposée au musée lapidaire de Carcassonne puis rapatriée au musée de Rennes depuis 1970) dont la face cachée présente sur le panneau de gauche un cavalier (ou une femme en amazone à cause de sa chevelure abondante) avec son cheval qui boit à une auge, de droite un cavalier tenant un javelot et un bouclier rond, dans lequel certains voient un enfant ou un second cavalier[11]. Dans la fosse recouverte par la dalle aurait été trouvé un trésor (oule remplie de pièces d'or et d'objets de culte précieux)[12]. Le prêtre congédie les ouvriers immédiatement, invoquant que ce ne sont que des médailles de Lourdes, et reste enfermé dans son église toute la journée et les jours suivants, probablement afin d'explorer le lieu lui-même[13]. Il met également à jour le 9 septembre 1891 un tombeau. Dans ses carnets personnels, il est écrit le 21 septembre 1891 « découverte d'un tombeau ».

Il est possible que ce tombeau soit une confusion avec le terme latin sepulchrum qui désigne une niche de l'autel abritant les reliques déposées lors de la dédicace[14]. C'est durant cette même année qu'il commence les aménagements extérieurs de l’église en dessinant lui-même le parc que l'on peut encore découvrir aujourd'hui malgré les nombreuses destructions qu'il a subies[4].

En 1893, Saunière se serait rendu ainsi à Paris et au château de la Madeleine près de Vernon, avec l'accord et grâce au financement de l'évêché de Carcassonne. Aucune preuve de ce voyage n'étaye cependant cette affirmation[15].

Durant son prétendu séjour parisien, il se serait entretenu avec l'abbé Vieil, directeur de l'église de Saint Sulpice, afin de déterminer la signification des documents. Il aurait également rencontré Emma Calvé, célèbre cantatrice de l'époque et férue d'ésotérisme. Quelques jours plus tard, l'abbé Vieil lui aurait expliqué le sens caché des parchemins mais le contenu de leurs discussions n'est pas connu. Saunière repart peu après, laissant les documents, mais en gardant des copies (mais il n'existe aucune preuve qui viendrait étayer ces hypothèses).

Ces parchemins (dont personne n'a jamais vu les originaux et dont même le contenu et l'existence restent hypothétiques) seraient au nombre de quatre[16] et se référeraient à :

  1. Un arbre généalogique, sous forme de litanies, énumérant les descendants du roi Dagobert II entre l'an 681 et mars 1244 (date du mariage de Jean VII avec Elisende de Gisors). Ce document à la date du 14 mars 1244, portait le sceau de la reine Blanche de Castille[17].
  2. Un testament de François-Pierre d'Hautpoul en date du 6 novembre 1644, enregistré le 23 novembre de la même année par le notaire d'Espéraza. Ce document contenait la généalogie des mérovingiens de 1200 à 1644, ainsi que 6 lignes faisant référence à saint Vincent de Paul.
  3. Un testament d'Henri d'Hautpoul du 16 avril 1695, contenant des invocations aux cinq saints repris par Saunière dans le statuaire de son église.
  4. Un recto/verso du Chanoine JP Nègre de Fondargent, datant de 1753, supposé être écrit de la main d'Antoine Bigou, curé de Rennes-le-Château du 1774 à 1790. Ce document semble le plus mystérieux des quatre : il comporte des textes de l'Ancien Testament. La partie recto (appelée « Grand parchemin ») comporte des mots dispersés de façon apparemment incohérente, et la partie verso (appelée « Petit parchemin ») des lignes tronquées dans le désordre avec des lettres placées les unes au-dessus des autres[18].

L'attitude de l'abbé paraît de plus en plus étrange aux villageois quand, toujours selon la légende, ils se rendent compte qu'il creuse dans le cimetière, bouleverse l'agencement des tombes, s'acharne à effacer certains épitaphes dont celle de Marie de Negri d’Able épouse de François d'Hautpoul dernier seigneur de Rennes le Château[19]. Une plainte est même déposée par la mairie qui en 1892 lui demande d'arrêter[20]. Dès lors, les villageois voient Saunière de plus en plus souvent voyager et s'absenter du village, souvent pour plusieurs jours ou le surprennent à réaliser des fouilles dans l'église, le cimetière ou la campagne avoisinante. Durant ses voyages, il est muni d'une valise qu'il transporte à dos d'âne ou selon d'autres témoignages des paroissiens d'une hotte de vendangeur sur les épaules censée contenir des pierres ramassées pour la décoration de son église ou de la grotte de son jardin[21].

Un nouveau train de vie[modifier | modifier le code]

Le curé, qui vivait jusque-là dans la pauvreté, se met à partir de 1891 à faire des dépenses somptuaires dans son église, qu'il entretient désormais à ses frais. Il entreprend une rénovation complète selon ses goûts, achevée en 1897. Le style baroque saint-sulpicien en est original, et choque quelques autres ecclésiastiques[4]. En effet, outre des peintures de couleurs vives et de nombreuses statues, le bénitier est soutenu par un diable sculpté (ce qui est néanmoins courant au milieu du XIXe siècle comme dans l'église Saint-Malo de Dinan).

Tombe de l'Abbé Saunière à Rennes-le-Château
Plaque tombale de l'Abbé Saunière à Rennes-le-Château

Après avoir définitivement abandonné ses fouilles en 1897, ses constructions et ses rénovations ne s'arrêtent pas en si bon chemin. En 1899, il achète six terrains à Rennes-le-Chateau, au nom de sa servante, Marie Dénarnaud qu'il désigne comme sa légataire principale[22]. Le domaine construit jusque-là est terminé en 1906. Il aménage un jardin d'agrément avec une ménagerie (où sont réunis des singes, des aras), une serre, deux tours (une en verre et une en pierre, la tour Magdala) reliées par un chemin de ronde mais aussi une maison, la villa Béthanie, petite mais luxueuse comparée aux autres maisons du village, destinée initialement à accueillir les prêtres à la retraite mais Saunière y accueille de hautes personnalités, leur offrant les mets et les alcools les plus raffinés[23]. Selon Gérard de Sède, auteur de L'Or de Rennes qui perpétue le mythe du trésor de Rennes-le-Château, Saunière aurait dépensé un milliard et demi à deux milliards de francs entre 1891 et 1917[24], mais cette estimation est fausse par un calcul erroné sur la valeur actuelle du franc-or de 1900[25].

Son œuvre la plus célèbre est sans aucun doute la tour Magdala qu'il bâtit au bord de la colline. Cette petite tour, aujourd'hui visitable, abrite sa bibliothèque. Dans sa villa, il accueille des invités de marque qui viennent de très loin, mais dont l'identité reste obscure. Si la villa sert à loger les invités, Saunière ne vivra jamais ailleurs que dans son presbytère[26].

Le luxe de l'abbé fait murmurer les villageois et grincer des dents l'évêché qui l'accuse de trafic de messes (messe pour la guérison de maladie, messe aux défunts), c’est-à-dire de détourner l'argent expédié par les congrégations et fidèles avec qui il est en contact à travers toute l'Europe à des fins personnelles. Jean-Jacques Bedu estime ce trafic à 100 000 intentions de messes, rémunérées de 1 à 5 francs chacune entre 1893 et 1915, les gains de cette seule activité ayant permis de financer les constructions et le mobilier alors que d'autres importants donateurs (comtesse de Chambord, milieux royalistes de Paris et de Narbonne, dont le Cercle Catholique de Narbonne dans lequel le frère de Bérenger, Jean Marie Alfred Saunière, est l'aumônier puis le véritable porte-parole[26]) lui permettent d'acheter des terrains et faire don de fortes sommes aux familles nécessiteuses[25]. Il est d'ailleurs sermonné par l'évêché dès 1901, sous l'épiscopat de Monseigneur Félix-Arsène Billard, et continue à l'être régulièrement sous l'épiscopat de son successeur Monseigneur Paul-Félix Beuvain de Beauséjour, lui refusant de révéler l'origine de ses ressources et alléguant de nombreux dons de bienfaiteurs anonymes mais l'évêque consate que ses livres de compte sont truqués[27]. Accusé de simonie, Saunière est traduit devant l'officialité qui le suspend a divinis en décembre 1910. Il est alors remplacé par un autre curé. Faisant appel à Rome, il est réhabilité en 1913 puis définitivement interdit de messe en avril 1915 suite à une nouvelle démarche de son évêque[28]. Habitant toujours à Rennes-le-Château, Saunière officie dans sa villa, dans la petite chapelle placée dans la véranda où les habitants viennent le rejoindre, boudant les messes du nouveau curé. Durant la Première Guerre mondiale, Saunière, qui n'a par ailleurs pas pu récupérer son église, se voit soupçonné d'espionnage par quelques villageois[29]. Quoi qu'il en soit, les rumeurs vont bon train sur le trésor de Saunière, depuis les plus rationnelles (juteux trafic d'indulgences, pillage de tombes, dons pour participer à un complot royaliste, d'où les mises en scène par Saunière de la découverte de trésor pour brouiller les pistes et masquer l'origine douteuse ou frauduleuse de ses ressources financières) jusqu'aux plus farfelues (trésor des Wisigoths, trésor des cathares, etc.)[25].

Le mythe de Rennes-le-Château se poursuit lorsque le confrère de Saunière à Coustaussa, l'abbé Jean Antoine Gélis, y est sauvagement tué à le 1er novembre 1897, soulevant l'éventualité qu'il ait été co-détenteur du secret de Saunière (les deux hommes se connaissant bien) et que l'assassin ait cherché à récupérer des documents importants[30]. Une autre mort mystérieuse touche le 1er février 1915 un coreligionnaire voisin, l'abbé Joseph Rescanières, curé de Rennes-les-Bains et successeur de l'abbé Henri Boudet dont la rumeur prétend qu'il aurait hérité les secrets[31], Boudet étant très lié à Saunière, peut-être son mentor et l'auteur de l'ouvrage ésotérique La Vraie langue celtique[32].

Saunière meurt le 22 janvier 1917. Marie Dénarnaud hérite de sa fortune, de ses terres et de ses dettes. Seule et âgée, elle vit recluse jusqu'en 1942 où elle fait la connaissance de Noël Corbu. En 1946, elle effectue un testament stipulant M. et Mme Corbu légataires universels du domaine où ils s'installent et où ils s'occupent d'elle, en échange d'une rente viagière annuelle. Elle est frappée, le 24 janvier 1953, d'une attaque cérébrale, la laissant muette et paralysée. Elle meurt 5 jours plus tard, le 29 janvier 1953 à 85 ans[26].

Noël Corbu transforme alors la villa Bethania en hôtel-restaurant, L'hôtel de la Tour, et pour attirer un maximum de touristes, embellit la légende de l'enrichissement de Saunière par l'entremise du journaliste André Salomon. Ce dernier publie trois articles dans son quotidien La Dépêche du Midi le 12, 13 et 14 janvier 1956[33]. Titré « La fabuleuse découverte du curé aux milliards. M. Noël Corbu connaît-il la cachette du trésor de l'abbé Saunière qui s'élève à 50 milliards ? », le troisième article contient une interview de Corbu qui raconte que l'abbé est tombé par hasard sur un trésor enfoui en 1249 sous son église par Blanche de Castille pour mettre la cassette royale à l'abri de l'avidité de vassaux opprimés ou de la révolte des Pastoureaux alors que le roi est parti en croisade[34].

Cette légende d'abord locale attire le dessinateur Pierre Plantard qui effectue des fouilles à Rennes-le-Château dans les années 1950, y rencontre Noël Corbu et publie en 1965 le 2e document « Les descendants mérovingiens ou l’énigme du Razès Wisigoth » des Dossiers secrets d'Henri Lobineau qui suggère que la monarchie française descend de rois Mérovingiens liés aux mystères du pays de Razès qu'il situe dans la région de Rennes-les-Bains et de Rennes-le-Château. Plantard contacte Gérard de Sède, leur rencontre aboutissant à la rédaction en 1967 de L'or de Rennes, ouvrage qui crée notamment la légende des parchemins et popularise les mythes du trésor de Rennes-le-Château, ce livre au succès national ouvrant la voie à l'ésotérisme et servira de base au best-seller de Dan Brown, le Da Vinci Code en 2003[35].

Depuis 1956, plus de 800 ouvrages et articles, de valeurs très inégales, sont parus sur le sujet, sans compter les sites internet dédiés à cette affaire[36].

La tombe de Saunière dans le cimetière de Rennes-le-Château étant régulièrement vandalisée, sa dépouille est déplacée le 14 septembre 2004 dans le mausolée cultuel du domaine voisin, ancienne propriété de l'abbé[37].

Un trésor hypothétique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Trésor des cathares.
  • Le trésor des Wisigoths (ou une partie de ce trésor) : en août 410, ces derniers, menés par leur roi Alaric, s'emparent de Rome ; après trois jours de pillage, ils quittent la ville avec de nombreuses richesses (dont la Table de Salomon) qu'ils emportent avec eux jusque dans le sud-ouest de la France actuelle (où les Wisigoths fondèrent un royaume avec Toulouse pour capitale), sous la conduite de leur nouveau roi Athaulf, successeur d'Alaric. Dans un premier temps, le trésor des Wisigoths fut probablement placé à Toulouse, leur capitale, ou à Carcassonne, l'une des principales forteresses de leur royaume.

En 507, les Wisigoths sont battus par les Francs de Clovis à la bataille de Vouillé ; leur roi Alaric II est tué au combat. Les Wisigoths quittent la région de Toulouse avec une partie du trésor et se replient dans la région de Carcassonne et de Narbonne (deux villes qui resteront aux mains des Wisigoths jusqu'au début du VIIIe siècle). Ils auraient alors caché leur trésor dans une de leurs places fortes, Rhedae, près de Carcassonne, devenue Rennes-le-Château[réf. nécessaire].

D'autres indications de la région vont dans le même sens :

  • Les fondeurs allemands de 1156 : les Templiers affirmèrent réexploiter la mine d'or épuisée de Blanchefort. Mais ils n'embauchèrent pas de main d'œuvre locale, installant à la place une colonie de travailleurs allemands qui ne pouvaient guère communiquer avec la population. Assez toutefois pour qu'on apprenne qu'il s'agissait de fondeurs et non de mineurs[réf. nécessaire].
  • Les Faux-monnayeurs du Bézu en 1340 : Guilhen Cathala, gendre du seigneur de Rennes et neveu du pape Benoît XII (Jacques Fournier) est découvert en flagrant délit de fabrication de fausse monnaie, l'origine de l'or utilisé pour cette opération restant inconnu. L'ordre des Templiers, cependant, avait été liquidé en 1307. L'affaire a été classée[26].
  • En 1645, un jeune berger s'était signalé pour « avoir trouvé des pièces d'or » sans révéler le lieu de sa découverte[38].

On avance toutefois d'autres hypothèses plus rationnelles :

  • Pillage de tombes anciennes du cimetière (entre 1890 et 1895, le curé y aurait fait des travaux de restauration la nuit, aidé par sa seule gouvernante)[25].
  • Ancien trésor de l'église caché à la Révolution par le prédécesseur de Bérenger Saunière, le curé Antoine Bigou[18].
  • Banal trafic de messes pour lequel Saunière a effectivement été jugé et condamné à une suspense a divinis.


Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

L'abbé Bérenger Saunière et le mythe de Rennes-le-Château ont inspiré de nombreuses réalisations :

Romans[modifier | modifier le code]

Cinéma et télévision[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. voyage à Rome de M.Félix Arsène Billard, la même année et qui avait quitté son poste sans autorisation, il fût sanctionné par le garde des sceaux de cette époque M. Fallières . En effet une retenue de 500 francs sur le dernier trimestre de l'année 1891, correspondant aux traitements et salaires de l'évêque de Carcassonne M.Billard fût mis en œuvre par le ministre des cultes
  2. La famille Saunière
  3. Guy Mathelié-Guinlet, Rennes-le-Château : le mystérieux trésor de l'abbé Saunière, Aubéron,‎ 1997, p. 96
  4. a, b, c, d et e La vie extraordinaire de Bérenger Saunière - Rennes-Le-Château
  5. Jean-Luc Robin, Rennes-le-Château : le secret de Saunière, Éd. Sud-Ouest,‎ 2005, p. 27
  6. Le nom de la comtesse de chambord qui le nantit d'une suvention de 3 000 francs, est régulièrement évoqué, mais l'épouse d'Henri d'Artois, dernier descendant légitime de Louis XV, est morte en 1886.
  7. Jean-Luc Robin, op. cité, p. 241
  8. En forme de cupule, cavité en forme de petite coupe destinée à recevoir des reliques.
  9. René Descadeillas, Mythologie du trésor de Rennes, Éditions Collot,‎ 1991, p. 17-19
  10. Claude Palmeti, Rennes-le-Château, Editions Publibook,‎ 2008, p. 36-37
  11. La dalle des Chevaliers
  12. Jean-Luc Robin, op. cité, p. 57
  13. Catherine Grive, La France étrange et secrète, Editions Déclics,‎ 2009, p. 23
  14. Edina Bozóky, La politique des reliques de Constantin à Saint Louis : protection collective et légitimation du pouvoir, Editions Beauchesne,‎ 2007, p. 233
  15. L'histoire de Bérenger Saunière, luxe et décadence
  16. Les parchemins de Saunière
  17. Vincent Trovato, op. cité, p. 94
  18. a et b René Descadeillas, op. cité, p. 20
  19. L'épitaphe "Et in Arcadia ego" (« Moi, celui qui suis aussi en Arcadie ») se retrouve sur le tableau de Nicolas Poussin les bergers d'Arcadie qui intéressait vivement Saunière.
  20. Imaginaires archéologiques, Les Editions de la MSH,‎ 2008, p. 62
  21. Jean-Luc Robin, op. cité, p. 65
  22. . Marie Dénarnaud (12 août 1868 - 29 janvier 1953), fille de Guillaume et d'Alexandrine Marre, était la gouvernante et complice de l'abbé Saunière.
  23. Claude Voisenat, Imaginaires archéologiques, Les Editions de la MSH,‎ 2008, p. 62
  24. Gérard de Sède, L'Or de Rennes, ou La Vie Insolite De Bérenger Saunière curé de Rennes-le-Château, Éd. René Julliard, 1968, p. 113
  25. a, b, c et d Jean-Jacques Bedu, Rennes-le-Château, autopsie d'un mythe, Éditions Loubatières,‎ 1990, 237 p.
  26. a, b, c et d Christian Doumergue, Le secret dévoilé : enquête au cœur du mystère, L'opportun,‎ 2013, 480 p.
  27. Guy Mathelié-Guinlet, Rennes-le-Château : le mystérieux trésor de l'abbé Saunière, Aubéron,‎ 1997, p. 75
  28. Marie-France James, Ésotérisme et christianisme autour de René Guénon: ésotérisme, occultisme, franc-maçonnerie et christianisme aux XIXe et XXe siècles, Fernand Lanore,‎ 2008, p. 236
  29. Alain Cochet, Le Scriptal : Lacan et l'instance de la Lettre, Editions L'Harmattan,‎ 2011, p. 106
  30. Claude Palmeti, op. cité, p. 50-53
  31. Guy Mathelié-Guinlet, Rennes-le-Château : le mystérieux trésor de l'abbé Saunière, Aubéron,‎ 1997, p. 45
  32. Henri Boudet, La Vraie langue celtique et le Cromleck de Rennes-les-bains, Place des Éditeurs,‎ 2011
  33. (it) Massimo Introvigne, Los Illuminati y el Priorato de Sión, Ediciones Rialp,‎ 2005, p. 213
  34. Vincent Trovato, Marie Madeleine : Des écrits canoniques au Da Vinci Code, Editions L'Harmattan,‎ 2010, p. 94
  35. Alexandre Adler, Sociétés secrètes - De Léonard de Vinci à Rennes-le-Château, Bernard Grasset,‎ 2007, p. 41-44
  36. Le Bréviaire d'Alaric : aux origines du code civil, Presses Paris Sorbonne,‎ 2008, p. 359
  37. Clochemerle à Rennes-le-Château
  38. Gérard de Sède, L'Or de Rennes, ou La Vie Insolite De Bérenger Saunière curé de Rennes-le-Château, Éd. René Julliard, 1968, p. 152

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Jacques Bedu, Rennes-Le-Château: Autopsie d'un mythe, éd. Loubatières, Portet-sur-Garonne, 1990, 2003.
  • Claire Corbu et Antoine Captier, L'Héritage de l'Abbé Saunière, éd. Belisane, Nice, 1985.
  • Bruno de Monts, Bérenger Sauniére curé à Rennes-le-Château 1885-1909, éd. Belisane, 2000, collection les amis de Bérenger Sauniére.
  • René Descadeillas, « Mythologie du Trésor de Rennes: Histoire Véritable de L'Abbé Saunière, Curé de Rennes-Le-Château », Mémoires de la Société des Arts et des Sciences de Carcassonne, Années 1971-1972, 4e série, Tome VII, 2e partie; 1974; Éditions Collot, Carcassonne, 1991.
  • Gérard de Sède, Le trésor maudit de Rennes-le-Château, éditions J'ai lu, L'Aventure mystérieuse N°A196.
  • Christian Doumergue, Bérenger Saunière, prêtre libre à Rennes-le-Château, éd. Lacour, Nimes, 2000.
  • Christian Doumergue, L'Affaire de Rennes-le-Château, éd. Arqa, Marseille, 2006.
  • Jean-Pierre Garcia, Rennes-le-Château - Le Secret dans l'Art ou l'Art du Secret, ISBN 978-2-9530184-0-0, 2008.
  • Axel Graisely, Sur les traces de Bérenger Saunière - 17 ans d'enquête, éd. Daric, ISBN 2-9516661-9-5, décembre 2005.
  • Pierre Jarnac, L'Histoire du trésor de Rennes-le-Château, Ass. pour le Développement de la lecture, 1985.
  • Jean Markale, Rennes-le-Château et l'énigme de l'or maudit, éd. Pygmalion, 1989.
  • Jean-Pierre Monteils, Nouveaux trésors à Rennes-le-Château, éd. Le treizième arcane, 1974, réédité chez Bélisane en 1998 (épuisé).
  • Jean-Pierre Monteils, Les mystères de Rennes-le-Château, éd. du rayon vert, Nice, 1977.
  • Jean-Pierre Monteils, Le dossier secret de Rennes-le-Château, éd. P. Belfond, 1981.
  • Jacques Rivière, Le Fabuleux trésor de Rennes-le-Château, éd. Belisane, 1983.
  • Jean-Pierre Viguié, L'affaire Saunière, éd. APARIS, 2009, ISBN 9782353352791
  • Jean-Louis Socquet-Juglard et Jean-Pierre Monteils, Ombres et lumières sur Rennes-le-Château, livre de 168 photos sur l'histoire de l'abbé et le pays de Couiza, éd. ARQA, Marseille, 2011, 170p.
  • Kathleen McGowan "Marie Madeleine Le livre de l'Élue"
  • Vincent Berger, Rennes-le-Château par Curiosité, éd. Saint-Férriol, 2012

Articles connexes[modifier | modifier le code]